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La suite de Fibonacci appliquée aux équipes policières des séries TV

Depuis notre plus tendre enfance, nous sommes bordés par les séries policières. nous nous endormons au son des sirènes et de tous ces vaillants héros qui arrêtent ces vils délinquants et criminels qui hantent et arpentent les trottoirs de nos belles villes.

Depuis quelques années, on est passé du policier solitaire à des équipes extrêmement développées d’enquêteurs scientifiques spécialisées et pointus, des experts, quoi ! Haaaaaayyy, tondoooonnn !

Si dans ces deux onomatopées, vous avez reconnu le début du générique de « CSI : Miami » (comprenez , « les experts: Miami » en Français), alors vous comprenez exactement de quoi nous parlons, vous êtes… un expert ! Haaaaaayyy, tondoooonnn (bon, arrêtons là avec Miami) !

Mais d’où vient cette tendance du petit écran de multiplier les enquêteurs en les dotant de compétences scientifiques variées dans une seule et même série ? Nous les auteurs de Pamela Target, nous y avons longuement réfléchi et une théorie a fini par émerger, un syndrome que nous avons appelé syndrôme Fibonacci, dont les producteurs de séries policières seraient vraisemblablement victimes.

Qu’est-ce qui se cache derrière le syndrome Fibonacci ?

« Quand un médecin tourne mal, il devient le pire des criminels. Il a le sang-froid et les connaissances. » Arthur Conan Doyle cité par Spenser Reid

Vous connaissez la suite de Fibonacci ? Ah ben oui, c’est ça de parler de police scientifique, on entre dans le dur de la science. vous ne pensiez pas y couper tout de même. D’ailleurs, le personnage du docteur Spencer Reid (joué par Matthew Gray Gubler) dans l’épisode huit de la saison quatre de la série « Esprits Criminels » nous en parle très bien, et de manière illustrée :

Bon sang, la spirale d’or et les rectangles de Fibonacci pile poil devant la tête du Docteur Reid !

Mais d’où vient cette suite de Fibonacci ? Notre cher Léonardo Fibonacci, mathématicien italien du treizième siècle, en se penchant sur un problème de lapin (pas psychopathe pour le coup), est arrivé à établir cette suite particulière qui a hérité de son nom. La suite de Fibonacci est une suite d’entiers dans laquelle chaque terme est la somme des deux termes qui le précèdent. Ses premiers termes sont zéro et un. On les additionne pour trouver le terme suivant et ainsi de suite. Du coup,

0+1=1

La suite de Fibonacci démarre avec zéro, un et un.

1+1=2

Notre suite de Fibonacci continue: zéro, un, un et deux.

1+2=3

Elle continue encore: zéro, un, un, deux et trois.

2+3=5

Donc la suite de Fibonacci continue encore et encore, comme dirait Francis Cabrel, soit: zéro, un, un, deux, trois et cinq.

3+5=8

Vous avez saisi le principe ? On peut pousser ainsi longtemps, zéro, un, un, deux, trois, cinq, huit, treize, vingt-et-un, trente-quatre, cinquante-cinq et on déroule, on déroule, on déroule.

Super. Donc un gars du treizième siècle résoud ses problèmes de reproduction de lapin avec cette idée. On est bien avancé sept siècles plus tard.

Sauf que la suite de Fibonacci trouve plein d’utilisations, comme se rapprocher de la valeur du nombre d’or, définir les rectangles d’or, la spirale d’or, – permettant d’établir des proportions harmonieuses dans des dessins -, dénombrer les pétales des marguerites, la croissance des pommes de pins, le développement des anti-cyclones, et même définir le nombre de vers d’un poème particulier, le Fib.

Là, par exemple, on a les rectangles d’or et la spirale d’or, issus tout deux de la suite de Fibonacci. Vous reconnaissez la figure de la vision du docteur Reid ?

Et miracle…

Ce beau cyclone se développe selon la spirale de Fibonacci, incroyable, non ?

Alors de là à dire que son application peut concerner le développement du nombre de protagonistes de séries TV, il n’y a qu’un pas. Probablement plus d’un thérapeute vous diagnostiqueront atteint du syndrome de Fibonacci. Comprenez le malade qui voit des suites de Fibonacci partout, dans son bol de céréales, la disposition des places de parking vides ou encore… dans les séries télé ! Prêt à tenter l’aventure ?

 

0… La série avec zéro protagoniste ?

Là, vous vous dites, c’est impossible. Une série policière avec zéro protagoniste ? Finie la belle démonstration. Et bien non, la série policière avec zéro protagoniste pourrait s’interpréter comme la série policière avec zéro protagoniste récurrent. Vous pensez à la même chose que nous –  ou pas – ?

« Alfred Hitchcock présente… » ! Hé oui, cette série de deux cent soixante huit épisodes lancée en 1955 change de personnage principal à chaque épisode. En effet, ces petits épisodes format vingt-six minutes présentent à chaque fois une histoire différente avec, donc, des héros différents.

Au long de tous ces épisodes, on a vu défiler des comédiens qui aujourd’hui ont marqué l’histoire du cinéma et de la télé. Qui peut se vanter d’avoir réuni sur l’ensemble de sa série, entre autres, James Coburn, Robert Vaughn, Steve Mac Queen, Charles Bronson, William Shatner, Peter Falk, Robert Redford, Burt Reynolds, Martin Sheen, Roger Moore, Patrick Mac Nee et l’inoubliable Bette Davis ?

Ces enquêtes, histoires de vengeance, meurtres, vol et truanderies vont faire palpiter le petit écran jusqu’en 1962. La différence avec une série noire pure, c’est que l’ami Alfred sait les saupoudrer de cette dose d’humour noir qui change le point de vue et permet des chutes mémorables.

Le crime ne paie pas, la poste non plus…

De plus, on n’oubliera pas la silhouette du réalisateur qui ouvre et conclut chacun des épisodes, dans des situations plus ou moins farfelues… ni la musique du générique, adaptée d’un morceau pour piano de Charles Gounod composé en 1872 intitulé « Marche funèbre d’une marionnette ».

Mais bien des années après Alfred Hitchcock, une autre série policière sans personnage récurrent a débarqué sur nos écrans. Chaque épisode est donc une histoire différente, mais la même équipe de comédiens y joue tous les rôles, se maquillant et se grimant au fur et à mesure des épisodes. Il s’agissait de « L’heure du crime ». Ce court ovni avec ses vingt-deux épisodes pour deux saisons fut diffusée en 1991. on s’en souvient grâce à sa brochette d’acteurs : Teri Austin, Lisa Houle, Stephen McHattie, Maxine Miller, François Montagut, Sandra Nelson, Robert Paisley, Olivier Pierre et George Touliatos qui joue au caméléon à chaque épisode.

Bon, les séries policières à zéro personnage, on a validé.

1… La série avec un enquêteur solitaire

Nous n’en citerons qu’une : celle du Lieutenant Columbo. La série policière créée par Richard Levinson et William Link comptabilise 69 épisodes étalés sur 35 ans (de 1971 à 2003) avec l’incontournable Peter Falk, dans le rôle titre. Dans cette série, le meurtrier est connu dès les premières minutes de l’épisode et toute l’intrigue réside dans comment cet inspecteur de police en apparence simplet, brouillon et sans envergure parviendra à l’attraper. Le fameux :  how’s he gonna catch ’em. Le personnage de Columbo, directement inspiré du juge d’instruction Porphyre Petrovitch du roman Crime et châtiment, enquête tout en subtilité psychologique et  amène le coupable à se dénoncer.

« Euh, une dernière chose… »

Tout en subtilité psychologique chez Columbo cela réside en une tactique très simple :  poser encore et encore des questions au point d’irriter souvent ses interlocuteurs (et par la même occasion le meurtrier).

« Vous êtes un homme intelligent, mais vous le cachez. Vous jouez les lourdeaux, et à cause de quoi ? Peut-être votre physique. Vous ne pouvez guère impressionner les gens par manque de prestance, alors vous tirez avantage de cette déficience. Vous attaquez l’ennemi par surprise. Il vous sous-estime et, résultat, ils tombent dans le piège à pieds joints. » Docteur Flemming.

Avec une telle stratégie impossible d’imaginer Columbo accompagné, le lieutenant enquête toujours seul. Il n’a besoin ni d’arme, ni de médecin légiste (d’ailleurs, il ne supporte pas la vue des viscères et autres échantillons que le médecin légiste tient souvent à lui montrer).  Et la formule a si bien fonctionné que les créateurs ne l’ont pas changé en 35 ans et qu’elle a attiré un certain nombre de réalisateurs, acteurs /actrices et scénaristes célèbres. Tenez, par exemple, saviez-vous que le premier épisode de la série intitulé Murder by the book,  a été écrit par Steve Bochco (qui ensuite se penchera sur Hill Street Blues and NYPD Blue et oubliera d’ailleurs la notion d’enquêteur solitaire) ? Et pour la réalisation ? Le jeune Steven Spielberg (il n’avait que 24 ans à l’époque). Un petit chef d’oeuvre et s’il ne fallait voir qu’un seul épisode de Columbo, les afficionado vous diraient que ce devrait être celui-là.

Peter se détend avec le jeune Steven Spielberg pendant le tournage de Murder by the Book en 1971

D’aucuns pourraient remettre en question le côté solitaire de Columbo, en évoquant l’idée que son chien basset et sa femme pourraient bien faire partie de son équipe.

Columbo faux solitaire ? Non, mais a contrario, on a su démasquer la fausse équipe.

2… Starsky et Hutch, le duo de flics incorruptibles chic et choc !

« Hutch is being held at the L.A. Zoo! » – Starsky

En 1975 débarque dans un pilote de quatre-vingt dix minutes, « Starsky & Hutch », mettant en scène les deux policiers David Starsky et Ken Hutchinson (dit Hutch) incarné par Paul Michael Glaser et David Soul. La série va prendre son envol  pour quatre-vingt douze épisodes. Starsky et Hutch (au volant de leur vaillante Ford Torino rouge) coursent les méchants dans une ville qui rappelle méchamment Los Angeles.

Les deux hommes ont été immortalisés par leur enquête musclée, leurs méthodes peu conventionnelles pour des policiers et leurs deux soutiens indéfectibles, à savoir Huggy les bons tuyaux, joué par Antonio Fargas et le capitaine Dobey joué par Bernie Hamilton.

Séducteurs, drôles, persévérants, honnêtes, complices, le blond et le brun font des ravages mais c’est surtout la complicité et l’amitié entre les deux acteurs qui a permis de donner à la série une direction plus humaine, plus drôle, qui en fait tout le sel. Un sel retranscrit par un doublage qui a marqué nos jeunes oreilles, à savoir les voix de Jean-Claude Balutin (Starsky) et Francis Lax (Hutch).

Par contre, si on se souvient du générique français, on a tendance à oublier cette ambiance jazz, funk que l’on retrouve dans le générique original et au travers des épisodes, notamment quand nos héros vont dans des bars, des boîtes, bref, tout endroit où passe de la musique. D’ailleurs, la musique originale est signée Lalo Schifrin pour la première saison.

La série a abordé différent thèmes, assez novateurs pour une série télé à l’époque, comme les violences policières contre les afro-américains, l’homosexualité, la dépendance à la drogue…

Sous le cagnard de Californie, Starsky et Hutch de chaque côté de leur Ford Torino rouge.

Et finissons sur la Ford Torino, premier produit présent grâce à la décision de Ford d’ouvrir un département placement de produits. Alors effectivement, elle n’est pas très discrète pour des flics axés infiltration, mais reconnaissons qu’ on s’en souvient tous de cette Ford rouge claquant et de sa bande blanche. Pour la petite histoire, La voiture est celle de Starsky, Hutch possédant un véhicule bon pour la casse. Et Starsky est dingue de sa voiture. Par contre, Paul Michael Glaser l’était beaucoup moins car il ne la trouvait pas approprié et n’avait aucune pitié pour cette dernière.

La suite de Fibonacci est bien tenue pour l’instant et on arrive au trio.

 

3… Une série policière, ça marche aussi à trois !

« Sue, there’s two kinds of friends – those who stick around when they need you, and those who stick around when you need them. » – Pete Cochran

Sur le petit écran, une autre série, débarque en 1968. Une jeune fille fuyant sa mère prostituée, un jeune noir arrêté lors des émeutes de Watts et un fils de bonne famille qui vire délinquant, vous mélangez tout cela avec un capitaine de police sévère mais juste et vous obtenez cette série diffusée de 1968 à 1973 et composée de cent vingt-quatre épisodes.

Une équipe de trois jeunes recrutés par la police pour mener des enquêtes d’infiltration dans les milieux underground. Et pour faciliter les choses, ces trois jeunes n’ont pas d’armes, n’étant pas officiellement rattachés au service de police.

La nouvelle équipe: Pete Cochran, Julie Barnes et Linc Hayes. Heureux d’être là visiblement.

Voilà comment démarrent les aventures de Julie Barnes, Linc Hayes et Pete Cochran et de leur capitaine Adam Greer, incarné respectivement par Peggy Lipton, Clarence Williams III, Michael Cole et Tige Andrews.

Bon, nous avons un trio qui fonctionne ensemble, sous la houlette d’un boss qui n’est pas la clé de voûte de la série. Une nouvelle équipe, donc. Ça tombe bien, c’est le titre de la série, « La nouvelle équipe » ou « The Mod Squad » en VO.

Et nous nous retrouvons avec trois personnages sur un pied d’égalité. Pas de tête d’affiche et une horde de second couteaux, mais bien trois héros. Et trois représentants de minorité : le noir, la femme, et le blanc rebelle au cheveux longs (soupir), enfin, mi-longs, faut pas abuser non plus (re-soupir). Trois jeunes quand même ! Même s’il faut reconnaître que la police est présente par le capitaine Greer et que nos trois héros ne sont pas des policiers comme on l’entend.

Avec la nouvelle équipe, on passe à la vitesse supérieure. « The Mod Squad » va ouvrir de nouvelles pistes de série, contribuer à intégrer des personnages multi-culturels (ce que fit aussi la même année « Hawaï police d’état », mine de rien). Mais là n’est pas notre sujet. En terme d’équipe, la mod squad lance les années soixante-dix et on va voir débarquer d’autres trio mais surtout des équipes plus conséquentes.

Et pour notre réflexion sur l’application de la suite de Fibonacci aux séries télévisuelles, on arrive à un point complexe. A priori, ça peut marcher s’il n’y a pas de série policière avec quatre personnes. C’est là que tout va se jouer. D’ailleurs, connaissez-vous des séries policières comptant quatre personnes ? On pense aux « Incorruptibles » avec Robert Stack, mais on oublie que si de nombreuses photos les montrent à quatre, ils étaient cinq, mais pas forcément tous là en même temps. Certains diront la légendaire « Agence tous risques », mais ils étaient cinq également en comptant leur partenaire féminine.

Bon, tiens, en parlant de cinq,  on a des petites séries surprises de ce côté-là…

 

5… La bonne équipe de flics en uniforme !

« Check your pidmaps!… Hit the streets! » – Lieutenant Ryker

On va s’attarder sur deux cas. Mais deux cas qui sont liés. Deux séries dont l’une dérive de l’autre. C’est en effet dans “The Rookies” que va apparaître pour la première fois l’équipe de la future série « SWAT ».

Et bien sûr, il s’agit de deux séries policières avec des équipes de policiers !

Dans l’ordre, Gerald S. O’Loughlin, Georg stanford Brown, Michael Ontkean, Sam Melville et… Kate Jackson, future drôle de dame qui joue la femme de l’agent Mike Danko (Sam Melville) et qui est, elle, contente d’être là !

« The Rookies » démarre en 1972 et nous fait suivre les débuts dans la police de trois nouveaux, des “rookies” comme on dit en américain. Les agents Mike Danko, Terry Webster et Willie Gillis joué par Sam Melville, Georg Stanford Brown et Michael Ontkean. Ils sont supervisés par leur officier supérieur, le lieutenant Ryker incarné par Gerald S. O’Loughlin.

Cette série jamais diffusée en France compte quatre-vingt quatorze épisodes. Que vous dire de cette bande de bleus ? Inspira-t-elle la série française “Des bleus dans la police” débarqué sur nos écrans des décennies plus tard ? Nous ne le saurons peut-être jamais. Mais ce qui est sûr, ce que dans la troisième saison des Rookies, avec les épisodes vingt et vingt-et-un, il se passe quelque chose…

Les Rookies voient intervenir une équipe du SWAT. Les “Special Weapons And Tactics”, ces unités tout en noir chargé des prises d’otage, des braquages, bref, tout ces gugusses qui débarquent dans des camionnettes et qui se positionnent sur les toits avec de fusils à lunettes que vous voyez régulièrement dans les films à chaque braquage et autre prise d’otage.

En haut, James Coleman, Marc Shera et en bas, Steve forrest, Rod Perry et Robert Urich « Attention les gars, le temps se couvre »

Et bien, les SWAT, et même cette équipe de SWAT intervenue dans « The Rookies », ils ont eu leur séries, “SWAT”, en 1975, de trente-neuf épisodes qui s’arrêta au bout d’un an.

Mais contrairement au Rookies, et allez savoir pourquoi, ils arrivèrent jusqu’en France sous le titre de « Section Quatre ». Pourquoi section quatre ? On peut les joindre uniquement à l’heure du goûter ? Passons. Cette série met en scène une véritable équipe de spécialistes de l’intervention tout-terrain.

Sous les ordres du lieutenant “Hondo” joué par Steve Forrest, on trouve le sergent David Kay (joué par Rod Perry), Dominic Luca (Mark Shera), ancien agent infiltré, le tireur d’élite Mac Cabe (James Coleman) et le rookie, le bleu donc – car il en faut un –  Jim Street – quel nom- (Robert Urich – qu’on retrouvera dans le rôle phares des séries « Las Vegas » et « Spenser for hire » ).

Dans cette série, on trouve un vrai esprit d’équipe. Hondo est le chef mais non la star. Le groupe agit de concert et le but de « SWAT » est de vous montrer avec un certain réalisme comment agissent ces professionnels de l’intervention. La violence a valu quelques volées de bois vert à la série mais depuis « les Incorruptibles », hein, on sait que bon, on n’y coupera pas à ces râleries concernant la violence. Et quand on la revoit maintenant, on est loin de la faire figurer dans son top dix des séries ultra-violentes.

Mais si l’équipe est au cœur du concept, elle ne comporte toujours pas de scientifiques. A moins de considérer un tireur d’élite comme un vaillant représentant de la science moderne. Notons que la série a aussi été rebootée en 2017 sous le titre « SWAT » avec Shemar Moore  dans le rôle de Hondo.

Bon, on a notre suite Fibonaccienne à cinq. On peut passer à l’équipe de huit. Là, on franchit un cap avec également l’arrivée des scientifiques…

 

8… La première série policière avec des experts, et même une huitaine d’experts

« I don’t trust people, they tend to lie. Evidence nevers lies. » – Gil Grissom

En l’an 2000, pas de bug informatique finalement mais une série de scientifiques de la police. « Les Experts », de son titre original « CSI : Crime Scene investigation ». La série dure quinze saisons et donc trois cent trente-sept épisodes. La diffusion s’étend jusqu’à 2015 ! Mais de quoi parle donc cette série au long cours ? Nous suivons les investigations menées par la brigade de nuit de Las Vegas. Mais loin du terrain, la majeure partie de l’action se joue dans les locaux de la police et surtout dans les labos de la scientifique. Gil Grissom (William Petersen), Catherine Willows (Marg Helgenberger), Warrick Brown (Gary Dourdan), Sara Sidle (Jorja Fox), Nick Stokes (Georges Eads) et Jim Brass (Paul Guilfoyle) mènent des enquêtes à la pointe du microscope et des relevés d’indice sur les scènes de crime. D’autres enquêteurs sont venus avec les années gonfler l’équipe ou même la renouveler.  Tout cela au cœur de la cité du jeu et du vice. Le tout lancé sur la musique « Who Are You » des Who.

Paul Guilfoyle, Robert David Hall (Robbins, le médecin légiste), Gary Dourdan, William Petersen, Jorja Fox, Marg Helgenberger, Georges Eads et Eric Szmanda (Sanders, le petit nouveau). Effets visuels, gros plan, ça commence à se la péter un peu…

Cette série a trouvé son public puisqu’elle a permis de lancer trois autres séries dérivées, à savoir « les Experts: Miami » (rappelez-vous, Haaaayyyyy, tondooon !) en 2002, « les Experts: Manhattan » en 2004 et « Les Experts: Cyber » en 2015. Aucune des trois n’a survécu à leur grande sœur. Le principe était le même décliné dans d’autres villes et, pour la petite dernière, orientée cyber-criminalité. Cette série, rien qu’avec ses petites sœurs, a rempli nos écrans, mais elle a aussi permis à la concurrence de lancer leur propre série scientifique.

Citons dans le désordre « NCIS, enquêtes spéciales » (2003) et ses petits frères « NCIS Los Angeles » (2009) et « NCIS Nouvelle Orléans » (2014), mais aussi « Faute de Preuves » (2001), « Body of Proof » (2011), « Bones » (2005) et tant d’autres…

Pour Fibonacci, on a donc notre suite zéro, un, un, deux, trois, cinq, huit. On n’a vu qu’on n’avait pas de séries policières avec des équipes de quatre, a priori, mais il faudrait, pour que cela fonctionne, que l’on n’ait ni d’équipe de six, de sept, et d’ailleurs, ni d’équipe de neuf, de dix, de onze et de douze ! Ce qui peut paraître assez compliqué, vu que dans « The Closer », il y a dix enquêteurs, Dans « Cold Case », ils sont six… Notre syndrome Fibonacci commence à battre un peu de l’aile.

En attendant, « CSI: Crime Scene Investigation » et ses équivalents ne pourront effacer les années quatre-vingt et nous faire oublier la plus formidable série d’équipe policière from all time (point de vue qui n’engage que nous bien sûr) avec tout plein de gens dedans. Bon, là, on arrête de compter et on oublie Fibonacci pour vous parler de…

 

13… L’équipe de flics polyvalente pas forcément efficace mais bien la plus émouvante, drôle, folle qu’on n’ait jamais vue

« I just came from your house, even the cockroaches moved out! » – Detective Neal Washington

Si vous avez découvert les orgies de série devant la cinq quand vous étiez jeune, si les noms de « Flamingo Road », « Misfits », « Beretta » et autre « Riptide » évoquent tout de suite des images dans votre tête, alors vous savez de quoi, voire de qui, nous allons parler.

En 1981 sort sur les petits écrans « Hill Street Blues », série (mal) traduite en France sous le titre « Capitaine Furillo », voire, pire encore, « Le capitaine et l’avocate » (méga-soupir). Cette traduction est à dénoncer haut et fort, car elle fait oublier le concept même de la série.

Ca y est, nous avons envie de revoir « Hill Street Blues »…

« Hill street Blues » raconte la vie d’un commissariat de quartier, série chorale mettant en scène le capitaine du poste mais aussi avocats, agents en uniformes, agents en civils, dans leur vie professionnelle et aussi personnelle. Les problèmes s’accumulent et on finit par s’attacher à toute cette bande de policiers, loin des surhommes, tellement humains et souvent au bout du rouleau.

Vous n’oublierez pas les premières notes de piano du générique de Mike Post s’envolant sur les sirènes de ces voitures qui s’en vont sous la pluie dans une ville délabrée pour commencer leur dure journée de boulot.

La série fonctionne sur des arcs feuilletonnants (s’étalant sur plusieurs épisodes), une première pour une série policière, qui comptera pas moins de cent quarante six épisodes. Ces arcs feuilletonnants permettent de mélanger les intrigues. Donc, des policiers mènent des enquêtes, certaines se résolvent, d’autres pas, mais plusieurs dossiers se mélangent au cours d’un épisode et du coup, ça renforce l’impression de réalisme.

« Hill Street Blues » présente donc toute l’équipe d’un petit commissariat, et pour vous en donner une mince idée, rien qu’au générique de début, vous verrez le capitaine Furillo, incarné par Daniel J.  Travanti mais aussi, le sergent Phil Esterhaus,  l’homme qui briefe les équipes à chaque matinée en début d’épisode, joué par Michael Conrad, ainsi que les agents en uniformes Robert Hill, joué par Michael Warren, la dure-à-cuire Lucille Bates, jouée par Betty Thomas et son partenaire le sympathique Joe Coffey joué par Ed Marinaro, le nerveux Renko joué par Charles Haid, sans oublier le sergent Howard Hunter, qui dirige la troupe d’intervention, un autre drôle de numéro, joué par James B.Sikking, mais aussi les policiers en civils, comme le sergent Belker, qui n’hésite pas à grogner à tour de bras, joué par Bruce Weitz, le sensible Henry Goldblum, joué par Joe Spano, Le cool Neal Washington joué par Taurean Blacque, et son inséparable partenaire JD Larue, joué par Kiel Martin, Le futur capitaine Ray Calletano, joué par René Enriquez, et sur le plan personnel, Barbara Bosson joue Faye Furillo, l’ex-femme du capitaine, et à mi-chemin entre le personnel et le professionnel, Veronica Hamel interprète l’avocate Joyce Davenport, également amante du capitaine.

Ils sont nombreux mais pourtant, il en manque encore ! Dans l’ordre en partant du haut à gauche: René Enriquez, Howard B. Sikking, Ed Marinaro, Robert Hirschfeld (Leo Schnitz), Taurean Blacque, Barbara Bosson, Mimy Kuzik (Patricia Mayo), Ken Olin (Harry Garibaldi), Kiel Martin, Daniel J. Travanti, Bruce Weitz, Robert Prosky (Sergent Jablonsky) et Veronica Hamel

Une belle troupe rien qu’au générique, donc, plus tous les seconds rôles, on est vraiment dans la série chorale.

Tout le monde finit par trouver un ou des personnages fétiches dans cette nombreuse équipe. On enchaîne situations comiques et moments dramatiques, comme vous l’avez surement compris, le personnel se mélange au professionnel et ces flics débordés, qui se battent pour préserver au quotidien la tranquillité de leur quartier, ne vous laisseront pas indifférents.

« Hill Street Blues » sera le ferment d’où naîtront d’autre série mélangeant des points de vue pluriels dans différents milieux, comme « NYPD Blue » (où l’on retrouve – curieux hasard – Dennis Franz, déjà présent dans « Hill Street Blues ») diffusée de de 1993 à 2005 – hé oui, deux cent soixante et un épisodes au compteur – ou « L.A. Law » (plus connu chez nous sous le titre « La Loi de Los Angeles », merci la Cinq) de 1986 à 1994 avec cent soixante dix épisodes et un pilote.

Alors quelle conclusion fournir sur cette série magnifique ? Et bien, il apparaît que la suite de Fibonacci appliquée au série ne fonctionne pas si bien que ça. On a déjà quatorze personnes au générique de « Hill Street Blues », il en faudrait sept de plus pour arriver à vingt-et-un ou une de moins pour arriver à treize et respecter la suite du mathématicien Italien.

Mais Fibonacci nous a permis de découvrir que quelque soit le nombre d’enquêteurs, que ce nombre appartienne à la suite de Fibonacci ou pas, on aime voir ces policiers, détectives, chercheurs, anthropologues se battre pour résoudre le crime.  Et ces sont ces séries modernes d’experts en masse qui nous ont donné envie de leur adresser un petit clin d’oeil avec l’épisode 13 de Pamela Target “P.T.I. : Portés Disparus (Pamela Target Investigation)” :

En tous cas, lançons un défi aux nouveaux producteurs de série policière : à quand l’équipe policière à 21 ? Et vous, quelle est votre série d’équipe policière préférée ? Dites-le nous en commentaire…

 

La PT-Team

 

 

Comment bluffer votre manager sur les Films d’aviation avant la sortie de Top Gun 2 ?

Top gun 2 sort cet été. C’est le moment de faire un retour sur les meilleurs films d’aviation depuis leur création. Aujourd’hui, on peut voir voler à travers l’espace infini des chasseurs spatiaux détruisant à coups de lasers photoniques les navettes aliens malgré leurs champs de force. Tout ça, vous vous en doutez, réalisé en image de synthèse. 

Rien de surprenant. De même, des chasseurs F-Cat tirant à coup de roquettes ou de missiles exocet sur des avions ennemis, au hasard, les Messerschmidt allemands ou les Mig russes, Les avions atteints qui explosent en flammes, qui s’écrasent au sol ou disparaissent en vrille vers un destin inconnu, rien de surprenant à savoir que tout cela relève aussi de l’image de synthèse.

« Mais tout cela, c’est du budget ! » Et vous avez raison, ça coûte cher les CGI.

Mais revenons à un temps plus ancien, et pas si lointain, où ces avions de guerre étaient vraiment utilisés sur les tournages et où des pilotes expérimentés et des cascadeurs aériens experts intervenaient sur les plateaux pour réaliser ces scènes de combat et d’acrobatie.

Plongeons-nous aux sources du film d’aviation…

LES FILMS D’AVIATION : LA FOLIE DES GRANDEURS ?

Passion will make you crazy, but is there any other way to live?” – Howard Hughes

Le premier à mettre les pieds dans le plan, ou plutôt, les ailes dans les airs, c’est William Wellman dans un film de la paramount sobrement baptisé “Wings” et sorti en 1927, enfin, remonté et ressorti en 1929, pour s’adapter à l’arrivée du parlant. 

L’idée est de raconter les épisodes de la première guerre mondiale au travers d’une escadrille d’aviateurs en France.

Et donc de filmer des avions comme jamais ! Parce qu’en 1926, pas d’images de synthèse ! Et les maquettes n’étaient pas au programme de ce film.

Voilà ce que c’est que filmer dans les airs dans les années vingt

Wellmann n’a que deux films à son actif. Mais il a un atout majeur, c’est un ancien pilote médaillé de la première guerre mondiale et un cascadeur aérien !

La réalisation du film part dans une direction qui en surprendrait plus d’un aujourd’hui.

Imaginez, les acteurs vont devoir apprendre à piloter, car ils vont voler dans les airs et être filmés dans leurs batailles aériennes.

Les personnages principaux sont donc d’abord un ancien pilote devenu acteur (Richard Arlen), puis un jeune acteur qui va se former sur le tas Charles Rogers. Le premier rôle féminin sera attribué à Clara Bow.

Wellmann et ses comédiens de « Wings »- 1930

Sans oublier tout un tas de figurants pour piloter les avions formant les deux flottes qui vont s’opposer dans les airs, et les techniciens embarqués dans des avions pour capter tout cela.

Le film reçoit le soutien logistique et humain de l’armée de l’air.

Et bien, pour une première de ce type, tout aurait pu se passer au mieux mais malheureusement, si seulement un cascadeur se blesse, un des pilotes décède dans une chute mortelle.

Reste la première bataille aérienne de l’histoire du cinéma réalisé entièrement avec des vrais avions. Caméras embarquées pour filmer les acteurs, et chorégraphies ahurissantes pour l’époque et pour un budget de Deux millions de dollars au total.

Le film restera dans les annales du cinéma, non seulement pour cette prouesse de mise en scène aérienne, mais aussi pour ces choix de réalisation dans les scènes terrestres. Succès public, mais aussi succès critique car il fut le premier film à gagner l’oscar du meilleur film !

Et il ouvre la voie à tout un tas de successeurs.

En 1930, on peut citer le film “Les Ange de l’enfer” de Howard Hughes, qui excelle dans la folie des grandeurs, puisque Hughes rachète des avions à tire-larigot pour meubler son film, et qu’il réalise lui-même une cascade qui lui vaudra un accident et un morceau de métal dans le crâne. Alors qu’on le pensait perdu, Howard se lève un matin à l’hôpital et veut retourner tourner son film. Mais ce morceau de métal influencera probablement la santé mentale du milliardaire.

La voie s’ouvre alors aux films monumentaux sur les batailles aériennes.

Mais à un moment, un autre souci va s’imposer, une envie de revenir à une réalité plus documentée.

LES FILMS D’AVION : DE LA FICTION DOCUMENTEE ?

I fear all we have done is to awaken a sleeping giant and fill him with a terrible resolve.” – Amiral Isoroku Yamamoto

Ce sont les Anglais qui vont prendre le pli. Un besoin de raconter la guerre d’un autre point de vue. En revenant aux hommes et aux missions, à un aspect plus documentée, pas forcément d’une fidélité historique incontestable, car nous sommes toujours dans la fiction.

Rien ne vaut un bon exemple. Alors en route !

En 1955 sort “Les briseurs de barrage”, de Michael Anderson. Le film raconte les opérations Anglaises qui ont visé à bombarder les barrages allemands pour ralentir la production industrielle nazie pendant la seconde guerre mondiale.

Visant la sobriété, il relate les différentes étapes de la mission, de la conception de la bombe, aux discussions pour convaincre les têtes décisionnaires du bien fondé de la mission, sans oublier les entraînements à l’utilisation et au lancement de ce type de bombe pour les pilotes et bien sûr, les missions de bombardements.

Des avions en mission secrète dans la nuit noire de l’Allemagne

Mais Anderson ne voulait pas uniquement faire un documentaire, il s’investit pour donner au film rythme et énergie, sans trop donner dans le spectaculaire.

L’homme, aux différents postes, qu’il soit pilote, concepteur, ou autre, reconnus ou anonymes, reste au centre du film. Même si les avions ont une belle part !

Les Américains prennent le pli et décident de parler d’un drame de la deuxième guerre mondiale, le bombardement de Pearl Harbor.

Mais bien avant le film du même nom de Michael Bay sorti en 2001, c’est une collaboration franco-japonaise qui donnera naissance à un film réalisé en 1970 par Richard Fleischer, Kinji fukasaku et Toshio Masuda et qui s’appellera “Tora ! Tora ! Tora !”.

Le film « Tora !Tora ! Tora !  » réalisé par Richard Fleischer et Kinji Fukasaku – 1970

Oui, vous avez bien lu, Richard Fleischer, qui réalisera plus tard entre autres“Soleil Vert” et “Conan le Destructeur” puis nous quittera en 2006 et Kinji Fusakaku qui réalisera entre autres “Le cimetière de la morale” et “Battle Royale” avant de s’éteindre en 2003.

Le film mettra en scène certes de vrais avions, mais aussi de nombreuses maquettes, parfois énormes.

Paradoxalement, s’il ne fut pas un énorme succès aux Etats-Unis, il a cartonné au Japon.

Nous n’irons pas jusqu’à dire que le côté documenté des films d’aviation en prit un coup mais dans les années quatre-vingt, on allait partir sur de nouvelles bases.

LES FILMS D’AVIATION : DE LA CLASSE ET DU STYLE ?

Et ces nouvelles bases, ce sont Jerry Bruckheimer et Don Simpson qui allaient les poser avec des films d’action calibrés pour le grand public, des blockbusters qui dépotent. Premier exemple, “le Flic de Beverly Hills”. Mais qu’est-ce que ça peut donner version film d’aviation ? Et bien le devenu cultissime “Top Gun” de Tony Scott sorti en 1986.

Cultissime, mais possible grâce au soutien de l’armée de l’air américaine, à nouveau, la boucle est bouclée avec “Wings” dont on parlait plus haut.

Remember, boys, no points for second place.” – Slider – Topgun

Deux autre points commun, “Top Gun” est aussi un film Paramount. Et le scénario comporte également une histoire d’amour.

Mais après, on change de registre. Nous ne sommes plus en guerre mais bien dans une école chargée de former la crème des pilotes.

Et si l’histoire s’inspire d’un fait réel, la fameuse école de formation Marine Corps Air Station Miramar, elle part ensuite dans la fiction totale.

Une des contraintes des scènes d’avion a été les changements depuis la deuxième guerre mondiale. Les chasseurs modernes se combattent dès huit cent mètres de distance pour pouvoir s’envoyer des roquettes dans le cockpit ! Certains avions ont été abattus par des tirs effectués à plus de deux kilomètres de distance.

On vous laisse imaginer ce que ça peut rendre à la caméra… Si les avions sont trop proches, ils ne peuvent pas tirer de missiles, c’est trop risqué pour les deux ! Ils ont recours au mitrailleuses incorporées.

Le parcours initiatique de Mitchell, joué par Tom Cruise, qui va acquérir son surnom de Maverick au fur et à mesure de du film, reste classique.

Le film marquera par

  • sa bataille aérienne,
  • Tom Cruise (qui commença par refuser le rôle, jusqu’à l’arrivée d’un chèque d’un million de dollar)
  • et la BO de Berlin “Take my breath away”.

A quoi voit-on qu’un film est devenu cultissime ? Quand il devient l’objet d’un parodie !

Et donc, en 1991, débarque sur les écrans “Hot Shots” de Jim Abrahams. Confirmant le statut de film culte de « Top Gun » !

Tout est dit…

Si le film est truffé de gags et de détournement de pleins de scènes cultes d’autres films, sa base est essentiellement de parodier “Top Gun” et Charlie Sheen reprend le rôle de Tom Cruise.

Contre toute attente, ce film aussi met en scène de vrais avions. Certes, faute de budget, la fidélité historique n’est pas de mise (et puis on est dans la parodie) mais le matériel est là.

Et vu l’ambiance, on peut se douter que l’aéronavale américaine n’était pas partante pour prêter des avions.

Mais voilà, les images numériques commence à se déverser sur les écrans, et il devient plus facile de créer des avions virtuels que d’en sortir des véritables.

LE FILM D’AVIATION : DES PROUESSES VIRTUELLES ?

We shall never surrender.” – Soldier

Dans les années qui suivirent, on peut lister nombre d’exemples de films dotés d’avions virtuels, où les acteurs pilotent dans la sécurité des studios et des fonds verts.

Au hasard, “Flyboys” sorti en 2006 et réalisé par Tony Bill avec James Franco et Jean Reno. Retour à la première guerre mondiale avec l’escadrille d’Américain envoyé en France.

Ou bien “Baron Rouge” sorti en 2008 et réalisé par Nikolai Mullerschon qui raconte l’histoire de l’as de l’aviation allemande de la première guerre mondiale, le baron rouge, de son vrai nom Manfred Von Richthofen.

Ou encore “Red Tails” sorti en 2012, réalisé par Anthony Hemingway, raconte l’histoire de la première escadre de pilotes de chasse Afro-Américains pendant la deuxième guerre mondiale. Notons que Georges Lucas est à la production et qu’il aurait réalisé quelques scènes du film. Et que l’on est peu surpris du coup par la présence des effets spéciaux et des images numériques.

Mais la question n’est pas tant la présence d’images numériques que de savoir si le résultat final est crédible et qu’il vous entraîne dans l’appréhension de ces combats aériens. Là, ce sera à vous de vous faire votre avis !

Une exception de taille : Dunkerque de Christopher Nolan en 2017

Notons qu’il reste quelques exceptions. On pourrait citer le “Dunkerque” de Christopher Nolan sorti en 2017 et qui nous immerge au côté des pilotes. Christopher Nolan a voulu limiter au maximum les images de synthèses pour immerger au mieux le spectateur.

Exception de taille : Dunkerque (Dunkirk en VO) de Christopher Nolan

Le film comporte donc de vrais avions et aussi son lot de modèles réduits. Mais le résultat fonctionne à merveille, et par un vrai travail sur l’image et surtout sur le son, vous vous retrouvez en plein coeur de ces carlingues brinquebalantes, dans l’inquiétude de savoir si votre avion tiendra jusqu’à l’atterrissage.

 

Les ravages de l’aviation sur les troupes Anglaises. On frissonne avec eux.

Fasciné par toutes ces scènes cultes d’avions fendant les cieux, nous ne pouvions faire autrement que de placer une référence à un film d’aviation dans Pamela Target. Et forcément, que choisir comme clin d’oeil sinon le classique “Top Gun” pour le nouvel épisode de Pamela Target, TopGuts :

Et vous, quel est votre film d’aviation préféré ? Celui que vous avez le moins aimé ? Celui qui vous a marqué à jamais ? Dites-nous donc tout cela en commentaire.

A bientôt,

La PT-Team

Les 5 raisons pour lesquelles vous devriez parler de Godzilla en soirée

Cette année, débarque sur nos écrans un nouveau film de monstre, ou même de monstreS devrait-on dire. “Godzilla, King of monsters” qui va réunir les plus grands bestiaux légendaires du cinéma nippon.

Toutes ces charmantes créatures se regroupent sous le terme générique, et japonais, de Kaiju ! Et les films où ils s’illustrent sont des Kaiju Eiga. Jusqu’ici, tout va bien.

Et donc, se préparent avec ce roi des monstres un beau Kaiju Eiga Américain. Car il faut préciser que pendant des années, les japonais avait la main mise sur ce type de film, à quelques exceptions près, comme l’inoubliable King Kong de 1933 réalisé par Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper.

Mais les kaijus, faut reconnaître qu’on les adore, et on en parle depuis un petit moment dans notre série, comme vous avez pu le découvrir dans l’épisode 12 de la saison 1 “Kaiju, Just Run” :

Et quitte à parler de Kaïju, on pourrait s’attarder un instant sur le plus célèbre d’entre eux, le bizarrement nommé GODZILLA !

Le seul monstre qui a réussi à nous rappeler à travers les âges les méfaits du nucléaire et le riff mortel de Led Zeppelin qui lance leur cultissime Kashmir !

Alors un Kaiju écolo-rock qui a atteint l’âge de la retraite, ça se fête.

Hé oui, on vous parle de retraite car le petit Godzilla vit le jour en 1954 dans le film éponyme de Ishiro Honda. Ce qui lui fait soixante-cinq ans au compteur. Ah, nous avons parlé trop vite, avec la retraite à soixante-sept ans, Godzilla va devoir encore se remuer un peu le popotin avant de se reposer.

Et c’est ce qu’il compte faire cette année en organisant une méga teuf avec tous ses potes dans “Godzilla King of monsters”.

1. GODZILLA, C’EST TOUJOURS D’ACTUALITE, COMME LE NUCLEAIRE

I can’t believe that Godzilla was the only surviving member of its species… But if we continue conducting nuclear tests, it’s possible that another Godzilla might appear somewhere in the world again.” – Kyohei Yamane-hakase

 

Sur le pont d’Avignon, on y danse…, sur celui de Tokyo, c’est plus chaud…

Mais bon, revenons en 1954 où un film sort sur les écrans japonais, qui va changer la face du monde. En tout cas celle de Tokyo. En effet, petit résumé, les essais nucléaires américains dans le pacifique ont eu une conséquence désastreuse, ils ont réveillé un monstre souterrain, Godzilla. Assez agacé d’être interrompu en pleine sieste millénaire, Godzilla va ravager tout ce qu’il trouve sur son chemin. Ca tombe bien, y a un petit archipel à piétiner pas loin. Bon, cet archipel, c’est le Japon, et Godzilla va se lâcher. Heureusement, à la fin, une puissante arme l’atomise et tout rentre dans l’ordre. Bref, un film de monstre. Mais en y regardant de plus près, ça va un peu plus loin. Tout d’abord, Godzilla, né du nucléaire, en devient le symbole tout puissant. Il ravage tout dans sa fureur aveugle comme le ferait une bombe. Il crache un souffle radioactif.

Les images des blessés débordant les hôpitaux renvoient les spectateurs à un triste passé qui a à peine plus de dix ans.

Dans le film, les Etats-Unis sont responsables de ce bazar. Là encore, le message sous-jacent est assez clair.

Mais les messages ne s’arrêtent pas là. Il faut inventer une arme plus puissante pour arrêter le Kaiju. Rappelant que la violence engendre une violence plus dure encore. Et le savant qui fait ce choix dans l’histoire prend une décision lourde de conséquence, il se sacrifiera avec son arme en arrêtant Godzilla car il sait que l’humanité n’est pas prête à disposer de quelque chose de plus puissant que le nucléaire.

Derrière la victoire sur le monstre, il y a un message fort pour les générations à venir qui n’est pas uniquement “attention, le nucléaire c’est mal”.

Le film fut un succès considérable.

Tellement considérable qu’il a déclenché un souffle godzillien sur le monde. Pas moins de seize films sur vingt-et-un ans, jusqu’en 1975 où tout tourna court avec “Mecha Godzilla contre-attaque” de Ishiro Honda. La boucle est bouclée. En effet, Jun Fukura, Motoyoshi Oda et Ishiro Honda ont réalisé à eux trois les seize films.

Tous ces films sont regroupés sous le nom de films de l’ère Showa.

Godzilla confirme aussi la technique de tournage, loin des images de synthèse, où un acteur enfile une lourd costume solidement charpenté par des armatures, le tout pouvant atteindre les cent kilos.

Le comédien qui joue Godzilla teste le costume !

2. LES COMBATS DE GODZILLA, C’EST AUSSI SEXY QU’UN MATCH DE CATCH. 

He’s a product of civilisation. Men are the only real monsters. Godzilla’s more like a nuclear weapon.” – Dr. Hayashida

Là, pendant neuf ans, plus de Godzilla. Le monstre serait-il reparti pour une sieste éternelle ?

C’était compter sans le fait que l’année 1984 marque, non pas l’arrivée de l’année effroyablement décrite par Georges Orwell dans son roman éponyme, mais bien les trente ans de Godzilla !

Godzilla en couleur, ça fait peur.

Et pour fêter ça, Koji Hashimoto réalise “Le retour de Godzilla”. Film qui marque le début des films de l’ère Heisei, avec pas moins de sept opus au compteur entre 1984 et 1995.

Tout cela finit en apogée avec “Godzilla versus Destroyah” de Takao Okawara en 1995.

Notons que sorti du retour de Godzilla, tous les autres films de cette période oppose Godzilla à d’autres Kaijus pas piqué des hannetons, citons dans le désordre, Biollante, Space Godzilla (sérieusement ? Oui), MechaGodzilla (oui, encore lui), King Ghidorah et Mothra (La mite géante, si, si), tous deux aussi déjà présents dans l’ère Showa.

Notre Kaiju serait devenu juste bon à enfiler des gants et à affronter des adversaires dans des matchs de catch dont les tours de Tokyo formeraient le ring ?

Les films de l’ère Heisei semblent avoir perdu le message de la première période. Et aussi Ishiro Honda, qui ne reprendra pas le flambeau. Et qui d’ailleurs ne le reprendra plus car il nous quitte en 1993, l’année où sort “Godzilla versus Mechagodzilla 2”. Deux ans avant la fin de l’ère Heisei et un nouveau sommeil du monstre.

Mais cette deuxième pause permet à Roland Emmerich, en 1998, de sortir son Godzilla, mettant en scène Jean Reno (non, pas dans le rôle du monstre mais d’un agent secret Français).

Jean Reno agent secret français dans le Godzilla de Roland Emmerich 

Ce Godzilla dont la musique restera iconique pour les puristes, car elle fait se rencontrer Puff Daddy et Led Zeppelin sur une adaptation du Kashmir évoqué en intro. La boucle serait bouclée ?

3. GODZILLA, C’EST LE MONSTRE ULTIME DE l’UNIVERS DES MONSTRES (OU MONSTERVERSE).

We scientists produced this monster… Godzilla. And ever since, we tried to destroy him.” – Shiro Miyasaka

Rien n’est moins sûr. Les Japonais décident de reprendre la main en 1999 avec “Godzilla 2000” de Takao Okawara.

Et c’est reparti pour de folles années jusqu’en 2004 avec “Godzilla final Wars” de Ryuhei Kitamura où tout se mélange : vaisseau spatial, manipulation génétique, monstre, aliens, minigodzilla et on en passe. Ce film sorti pour les cinquante ans de Godzilla marque la fin de l’ère des films Millenium entamée avec “Godzilla 2000”.

Et le montre se rendort. Un court retour en 2007 pour un petit caméo (ou apparition fugace) et puis plus rien.

Gareth Edwards, en profite pour réaliser son Godzilla aux US en 2014 qui prépare le terrain au “Kong, Skull Island” de Jordan Vogt-Roberts sorti en 2017. Les deux films lancent le monsterverse !

Le monsterverse, ça peut donner ça :

C’est mieux que ça, après tout:

Ca va se compliquer encore un peu, car si les états-unis lancent le MONSTERVERSE, à l’image du cinematic universe de marvel et de celui de DC, mettant en scène des monstres issus de différentes licences dans un même film, les Japonais n’ont pas dit leur dernier mot avec en 2016 “Godzilla Resurgence” de Shinji Higuchi et Hideaki Anno qui va être suivi de trois films en deux ans marquant le retour en fanfare de Godzilla sur l’archipel.

Et nous voilà aujourd’hui, avec “Godzilla : King of monsters” de Michael Dougherty qui débarque, réunissant Godzilla, donc, mais aussi King Ghidorah, Rodan et l’inévitable Mothra (rappelez-vous, la mite géante). Ce film s’intègre au monsterverse évoqué plus haut et annonce “Kong Versus Godzilla” prévu pour 2020 et réalisé par Adam Wingard.

A la lecture de tout cela, vous comprendrez que la série mythique des Sharknado devient d’une simplicité consternante. (pour ceux qui ne connaissent pas il s’agit d’une série où des requins tombent du ciel au large du Mexique). 

Mais laissons là les requins volants pour revenir au Kaiju.

Godzilla est le phare de ces monstres et en introduit même certains d’entre eux dans ses films (on ne citera pas à nouveau Mothra, c’est promis). En-dehors des longs métrages, il y a eu des séries et des jeux vidéos (le plaisir incroyable de pouvoir jouer Mothra avec votre manette PS4 mais bref…)

Mothra, du pur gameplay ! On vous avait prévenus…

4. AVEC SES 37 FILMS, GODZILLA EST LE KAIJU INCONTOURNABLE 

In a word… her birth was an accident, and so was her death. Old people have always said… that an animal which kills a human… should be torn limb from limb. That it’s a human’s duty to do so. Until I slit that beast’s stomach… and at least find Hyun-seo’s body… I’ll never leave this world in peace.” – Park Hie-bong

A côté de cela, dans l’ombre de Godzilla, il y a aussi d’autres licences. Gamera, par exemple, et ses treize films ! King Kong et ses dix films (dont “King Kong contre godzilla” de Ishiro Honda sorti en 1962). Mais avec ses 37 films, il va être difficile de détrôner Godzilla, le patriarche des Kaiju !

Et dans la trace du patriarche, un lot de films mettant en scène un monstre apparaissant le temps d’une pellicule, comme “Cloverfield” de Matt Reese en 2008 ou aussi notre petit chouchou, “The Host” de Bong Joon-ho sorti en 2006, qui nous offre un film aux multiples lectures doté d’un humour grinçant et d’un sens du contretemps admirable.

Mais où il est parti le monstre de « The Host » ?

Bien sûr, on pourrait parler de Pacific Rim où les Kaijus jouent un rôle clé, mais nous gardons cette exception pour un autre article à venir afin de revenir à Godzilla.

Godzilla, dont le nom serait dû au mix entre celui de baleine et de gorille (en japonais of course), n’a pas fini de faire parler de lui.

5. PAMELA TARGET ENTRE DANS LE MONSTERVERSE AVEC SON GODZILLAPIN 

Et avec de telles sources animalières, et surtout pour marquer notre profonde admiration à ses films, nous ne pouvions faire moins que de placer une référence dans le nouvel épisode de Pamela Target intitulé sobrement “Godzillapin, Fuyez” :

PTS02E08

Et pour finir sur une note d’humour :

Non, ce n’est pas une parodie, c’est un extrait de “Invasion planète X” de Ishiro Honda, sorti en 1965 ! resté dans les annales sous le titre de la danse de Godzilla.

Et vous, quel est votre kaiju préféré ? Venez nous le dire en commentaire !

 

A bientôt,

la PT-Team

Ce que votre mère ne vous a jamais raconté sur les courses poursuite à pied

Vous avez compris le sujet du jour :  on va se pencher sur les “Foot Chase” – traduction de Course-poursuite à pied en Anglais, tellement plus classe à dire – au cinéma.

La course à pied, c’est bon pour la santé. Une fois qu’on a dit ça, on peut aller passer une paire de baskets, un survêtement jaune et partir pour un jogging ou aller se coucher… Aller se coucher, oui mais devant votre écran. Non pas pour regarder des kilomètres de marathon ou des sprints des Jeux olympiques, mais bien pour vous régaler des courses-poursuites à pied émaillant l’histoire du cinéma.

Parce que si la course à pied, c’est bon pour la santé, et bien la course-poursuite à pied, c’est vraiment le pied !

  • LA FOOT CHASE, C’EST FUN !

Ces fameuses courses insensées, le cinéma nous en propose de magnifiques depuis plus d’un siècle. Charles Chaplin, créateur de Charlot le vagabond, nous a offert quelques belles surprises, comme dans “The Adventurer”, petit film de 1917. Mais il faut noter que là, il joue plus sur la bousculade et la course-poursuite en elle-même est certes drôle mais limitée.

L’année suivante, Harold Lloyd nous fait découvrir, dans “Why pick on me”, une course-poursuite de folie avec deux policiers pas très malins. Course, acrobatie, gag, cascade, tout y passe pour échapper à ses deux représentants des forces de l’ordre.

Mais le maître incontesté de la course poursuite et de la cascade toute catégorie de cette époque, le créateur original de tellement d’images entrées dans l’inconscient collectif et reprises par tant et tant de films, séries ou autres œuvres audiovisuelles reste Buster Keaton. Surnommé l’homme qui ne sourit jamais, Buster était acteur, réalisateur, scénariste et producteur. Rajoutons Cascadeur ! Il a joué dans plus de soixante courts-métrages, et plus de soixante long-métrages.

 

A comedian does funny things. A good comedian does things funny.” – Buster Keaton

 

Avant de signer un contrat à la MGM, qui a bridé son talent et l’a réduit à devenir un simple “faiseur de films”, Keaton a signé certaines des plus belles pépites du cinéma muet d’humour, où son talent pour le gag mais aussi pour les foot-chase et les cascades resta presque inégalé dans l’histoire du cinéma.

A titre d’exemple, ce petit bijou extrait de “Cops”, film de 1922, vous donnera une idée des compétences athlétiques du bonhomme, sous son costume trop large.

On parlait des compétences athlétiques de Buster Keaton. Car dans la Foot-Chase, c’est aussi cela qui nous touche : l’homme face à l’adversité, et qui va s’en sortir en alliant sa ruse et son physique.

Si Harold Lloyd, Buster Keaton sont des sacrés acrobates, c’est aussi par des coups de génie qu’ils parviennent à se dépêtrer des pires situations. Ces pionniers du début du siècle dernier ont posé les bases de la course poursuite à pied. L’effort physique incroyable, les renversements de situation inattendus, tout cela au service du rire !

Le mélange entre l’humour et l’action trouve sa source chez eux. Une recette qui marche toujours un siècle plus tard.

  • LA FOOT CHASE, C’EST UN DEFI SANS VIOLENCE

Mais rire d’une bonne foot-chase, est-ce simplement cela qui la rend si attractive ? Non, il y a autre chose.

Parfois, je me dis que je vais partir sur un road-movie à la cool avec une équipe réduite. Je commence à écrire, mais je finis toujours par taper : « Et Là, une armée de Vikings entre dans le champs » – Alain Chabat

Contrairement à la horde sauvage de Vikings, l’intérêt qui nous emmène dans la course poursuite, c’est le héros seul, qui va affronter la nature, ses adversaires, le monde, non dans un combat violent où les coups volent et le sang gicle, mais bien dans une course contre la montre, et souvent contre la mort. C’est là qu’on vibre avec lui.

 

La Cité de la Peur – Serge Karamazov – https://www.youtube.com/watch?v=Frhx3p-yyus

Peut-être que le héros va se blesser, mais paradoxalement, le but est d’arrêter l’autre, ou d’éviter de se faire arrêter, mais pas de détruire dans un combat sanglant un adversaire.

Et du coup, l’humour peut rester toujours de mise, comme l’ont montré les Nuls dans “La Cité de la Peur” film de Alain Berbérian sorti en 1994 et écrit par le trio des Nuls (et non plus le quatuor, Bruno Carette étant décédé en 1989). Dans cet extrait, Alain Chabat, jouant le rôle de Serge Karamazov, court après un tueur en série.

Pour la petite histoire, cette course-poursuite pleine d’humour et de cascade, comporte quelques références, comme son final qui renvoie à la fin de la course-poursuite de Point Break, réalisé par la talentueuse Kathryn Bigelow et sorti en 1991 :

Course poursuite de Point Break https://www.youtube.com/watch?v=VF7dPKXwag4

Cette action simple de courir, que nous avons tous connu, voire pratiqué pour attraper un bus, un métro, arriver avant la fermeture des magasins, valider son épreuve d’EPS pour le bac, devient tout d’un coup pour le héros la dernière ressource pour atteindre son but – dans les deux cas précédents, capturer un méchant -.

Une dernière ressource que nous partageons tous.

Mais cette ressource, on peut l’utiliser aussi pour fuir, car la Foot chase peut mettre en scène la course du héros pour attraper son ennemi ou bien pour le fuir.

Est-ce que voir une Foot chase renvoie notre cerveau reptilien au temps où nous fuyions devant les fauves affamés ou les mammouths enragés ? Peut-être bien…

Dans tous les cas, entamer une course-poursuite va revenir à se dépasser !

 

  • LA FOOT CHASE, C’EST LE DÉPASSEMENT DE SOI

La Foot Chase, c’est aussi reculer ses limites pour atteindre son but, c’est le dépassement de soi.

Quand le combat ne fonctionne plus, il ne reste que la course ou la cavalcade comme le constate Jackie chan dans “Police Story 4 : First Strike”, réalisé par Stanley tong en 1996. 

On écrivait tout à l’heure que Buster Keaton était presque inégalé. Le presque faisait allusion à Jackie Chan. Comme Buster, il est acteur, scénariste, réalisateur, producteur… Et cascadeur ! Il faut dire que de sept à dix-sept ans, il est formé à la China Drama Academy où il s’entraîne rigoureusement et devient très fort en acrobatie et arts martiaux. Puis, il se lie d’amitié avec Sammo hung et Yuen Biao.

Ce petit trio sera surnommé plus tard les trois frères ou encore les trois dragons.

Nothing is impossible. Even the word itself says “I’m possible”- Jackie Chan

Avant sa majorité, Jackie aura joué dans “l’Hirondelle d’Or” en 1966 et dans “Touch of Zen” en 1971, deux films de King Hu qui vont devenir cultes. Et il enchaîne comme cascadeur sur “la Fureur de Vaincre” et “Opération Dragon” avec Bruce Lee l’année suivante.

C’est en 1978 que sa carrière se lance avec “Le Chinois se déchaîne”. Jackie Chan, après un premier tour aux Etats-Unis sans réussir vraiment à percer, revient à Hong Kong. Il va enchaîner alors sur une série de comédie à succès avec la complicité de ses deux frères dragons, Sammo Hung et Yuen Biao. Le premier film de cette alliance prometteuse sera “le marin des mers de Chine” en 1985. Les dés et la carrière de Jackie sont lancés.

Ce cocktail d’action, d’humour, de combats comiques, de cascades improbables et de valeurs positives resteront les marques de fabrique de ses plus grands succès.

Comme Buster, Jackie Chan a poussé loin l’art de la cascade et de la course poursuite tout en y intégrant, comme son illustre prédécesseur, de bonnes touches d’humour mais aussi des techniques moderne, comme le câblage.

Par exemple, dans “le Médaillon” film réalisé par Gordon Chan en 2003, Jackie s’illustre dans cette poursuite où il mélange acrobatie, parcours, et câbles :

 

Avec Buster Keaton, Jackie Chan restera lui aussi une star inégalée du mélange réussi du rire et de l’action !

En gardant des doses d’humour, mais en beaucoup plus violent et moins pacifiste, cette même année 2003, le jeune Ting, un autre personnage de justicier, courait aussi sur les têtes, mais dans une course poursuite incroyable réalisée quasi sans trucages grâce aux prouesses physiques de l’acteur Tony Jaa. Tout cela se passait dans “Ong Bak” de Prachya Pinkaew. Il court, il court, Tony Jaa, regardez-le donc :

Dans la réalisation, c’est moins réussi que les films de Jackie Chan mais ça n’enlève rien au dynamisme de cette chasse de rue.

Jackie Chan n’a pas hésité à se dépasser pour créer des Foot chase incroyables. Et parfois sans trucage. Mais d’autres fois, le trucage ne sert pas à amplifier les effets de la course mais à recréer l’impossible. et l’impossible, c’est quand…

 

  • LA FOOT CHASE, C’EST L’HORREUR

Hé oui, dans les films d’horreur, le héros (ou l’héroïne) est souvent appelée à courir sans fin pour échapper à un tueur en série qui, lui, marche pesamment. Et pourtant, il n’est jamais semé par ses victimes.

Mais outre ce curieux code du film d’horreur, on peut assister à de monstrueuses (au sens premier du terme) – courses-poursuite dans ce genre de récit.

On peut penser à « 28 semaines plus tard », réalisé par Juan Carlos Fresnadillo et sorti en 2007. Lui-même la suite de « 28 jours plus tard » le film de Danny Boyle sorti en 2002, où les zombies en ont marre de marcher et apprennent à courir. Et même à sprinter !

Robert Carlyle va vite le comprendre, mais pas à ses dépens : https://www.youtube.com/watch?v=VVnz6hlC3pQ

Dans ce cas, la fuite prend son sens à cause de la masse d’adversaire. Une masse qu’on peut retrouver dans d’autres films de Zombies, comme World War Z réalisé par Marc Forster en 2013. Là, les héros sont poursuivis par des hordes indénombrables de Zombies affamés. Et ça fait peur !

World war Z

Mais l’horreur peut se resserrer sur un personnage. Repensez au final de Shining de Stanley Kubrick, film de 1980 où Danny fuit son père, totalement possédé par la folie ou le mal, voire les deux ! Cette course-poursuite filmée au niveau du regard de Danny laisse des frissons inoubliables…

La course-poursuite, dernier moyen d’échapper à la mort ? On peut le voir comme ça. Mais ce serait oublier une nouvelle vague – non, pas celle de Godard, Truffaut et leurs amis – qui nous propose un retour aux sources.

 

  • LA FOOT CHASE, C’EST UN RETOUR AUX SOURCES

Aujourd’hui, à l’heure du numérique, des câbles, des CGI, de la Motion Capture, que reste-t-il de nos amours de jeunesse, ces scènes de course poursuite incroyable réalisées à la force des jambes ? A quoi peut-on se fier aujourd’hui ? La course poursuite à pied, c’est pas un peu dépassé ? Contre toute attente, la réponse à la question précédente est non.

A notre époque de cinéma numérique où le trucage devient l’essence et non plus l’exploit des images visionnées, on constate un retour aux sources. Au-delà de la technologie, des pouvoirs incroyables, des voitures rugissantes, prenez une paire de jambes, de bras, et tout est remis en jeu !

Et certains réalisateurs l’ont très bien compris. 

Prenons deux exemples. Vous vous rappelez Matrix, le film sorti en 1999 des ex-frères Andy et Lary, aujourd’hui Lana et Lilly Wachowski ?

Ce film de science-fiction nous présentait un univers, ou plutôt deux univers, l’un âpre et plutôt bleu, la réalité où les hommes sont emprisonnés et exploités par les machines comme piles et l’autre plutôt vert, rêve d’une société où évoluent les esprits des hommes, les empêchant de prendre conscience de leur condition véritable ?

Ce monde méga high-tech nous offre une belle scène de course poursuite à pied. La technologie n’y est présente que par le biais d’un radioguidage, permettant à l’Elu, Néo, joué par Keanu Reeves, de fuir les agents de la matrice. Sinon, ben, il court, et les agents tentent de le tuer :

 

« Mister Wizard, get me out of here » – Néo – https://www.youtube.com/watch?v=RwtifqCmGuw

 

Au milieu de tout ces technologies à la fois dans le film et autour du film, pour le réaliser, on a un gars qui court sans autre pouvoir avec un téléphone à l’oreille et des poursuivants qui le rattrapent sans cesse. En fait, le seul pouvoir utilisé dans cette scène est celui de ne pas s’essouffler dans une course interminable.

Prenons un autre exemple où l’objectif de la course est inversée. Le héros ne cherche pas à fuir des adversaires trop dangereux pour lui, mais à rattraper un ennemi pour l’empêcher de mener à terme ces plans.

Mais là aussi, on est dans un film mettant en scène une technologie hyper-poussée, super gadgets, masques de latex, méga capteurs, bombe atomique de poche, vous nous avez compris, on parle de “Mission Impossible”.

Bon, “Mission Impossible”, c’est vaste, entre les deux séries télé et les films, il faut s’y retrouver. Alors précisons.

On parle de “Mission Impossible : Fallout” avec Tom Cruise, film réalisé par Christopher Mac Quarrie et sorti en 2018.

Aucun rêve n’est jamais qu’un rêve.” – Tom Cruise

La scène qui nous intéresse est celle où l’agent Ethan Hunt prend en chasse son impitoyable adversaire (oui, il change à chaque épisode, vu qu’il se fait dégommer à la fin du film et qu’il en faut donc un nouveau pour le film suivant, mais là n’est pas notre débat du jour) sur les toits de Londres. Il est soutenu par son collègue et ami Benjamin Dunn, interprété par Simon Pegg, qui radio-guide à distance Tom Cruise pour qu’il ne perde pas la trace de sa cible.

Là aussi, on abandonne véhicule et gadget, Tom court, et bon dieu qu’est-ce qu’il court ! Seules traces de technologie, c’est le contact radio avec Dunn et le GPS de ce dernier pour guider Ethan Hunt.

Et voilà le résultat :

Là aussi, on revient à l’essentiel dans cette scène incroyable. Là aussi, c’est le retour aux sources d’un homme et de ses jambes, et là aussi, mine de rien, se glisse un peu d’humour permettant de détendre les nerfs des spectateurs mis à rude épreuve, et laissant l’occasion à Tom Cruise de reprendre son souffle.

Cette course est la référence que nous avons voulu évoquer dans le nouvel épisode de Pamela Target, “Battrape-moi si tu peux”. Un épisode qui démarre par une course poursuite pédestre où notre héros, BatBruce le justicier solitaire, est guidé par radio pour retrouver la trace de l’horrible Peter Pan Pan le lapin péteur et psychopathe !

Pour en savoir plus, venez écouter l’épisode 7 de Pamela Target, Battrape moi si tu peux ! :

Et vous, que pensez-vous de la Foot chase ? Ca vous manque ? Et quelle a été votre course poursuite à pied préférée au cinéma ou à la télévision ? Dites-le nous en commentaire.

A bientôt,

la PT-Team

S02E06 : Bruce ou Les 5 bonnes raisons pour ne pas être justicier

Aujourd’hui, nous allons nous attarder sur un autre héros de Pamela Target. Rien moins qu’un des personnages clés – de voûte, pourrions-nous ajouter – de la série, il s’agit de Bruce l’Emeu. De qui s’inspire Bruce l’émeu ? Comment sa lourde destinée de justicier a-t-elle été imaginée ? et quelles sont les 5 bonnes raisons pour lesquelles il ne fait pas bon être un justicier.

Un émeu ça n’émeut pas !

Avant de  commencer, voici un cours accéléré de zoologie, car il faut lever avant tout toute équivoque sur  la question de base qui revient souvent chez certains d’entre vous : mais par tous les dieux, c’est quoi un émeu ?

« Ce que vous appelez l’enfer, il l’appelle chez lui » – Colonel Trautmann – Rambo.

Et pour cause, l’émeu est un animal vivant uniquement sur le continent Australien. En d’autres termes, peu de chance qu’on en croise chez nous.  C’est un des trois plus gros oiseaux au monde. Avec qui partage-t-il cette place sur le podium ? Rien moins que l’autruche et le casoar. Si le casoar ne vous évoque rien, l’autruche vous parle sans doute plus. L’émeu, lui non plus, ne peut pas voler. Il est de la famille des ratites, comme… L’autruche et le casoar.

Casoar ? Emeu ? Ratites ? Bon, ça va cinq minutes les noms d’oiseaux que personne connaît, mettons des images sur tout ça :

 

Si Autruche et Emeu ne peuvent voler, une différence notable les oppose. L’autruche a des ailes alors que l’émeu ne dispose que de tristes embryons d’aile tout petits petits petits ne pouvant même pas servir à chasser une mouche ! Par contre, comme l’autruche, un émeu, ça trace ! Voyageur infatigable, l’émeu peut parcourir de grandes distance allant jusqu’à cinq cent kilomètres et même sprinter à plus de cinquante kilomètre / heure.

Vous comprenez d’autant mieux la situation mettant en scène Darryl Charwin en voiturette de golf et Bruce à pied, enfin, plutôt à pattes dans l’épisode 5 de la saison 1 de Pamela Target « Le Pet, mon professeur » :

Mais l’émeu, animal grégaire, est aussi bon père de famille. Et il ne rigole pas avec ses responsabilités. C’est lui qui couve les oeufs sans jamais quitter sa place, quitte à ne pas s’alimenter. Puis, papa émeu protège sa portée, une fois éclose, de tous les curieux et même… des dames émeu ! Il peut accueillir d’autres petits émeus dont les nids ont été attaqués et ravagés, augmentant la taille de sa famille.

Voilà une des raisons pour laquelle nous avons placé Bruce comme chef de la sécurité de l’arche, et pourquoi il décide de protéger ses ouailles, les animaux hébergés par Charwin, vaille que vaille, contre vents, marées et… Purin comme le montre l’épisode 9 de la première saison « Oh My god, pas la fosse à Purin » :

Mais bon, il faut bien l’admettre, malgré tout ça, un émeu, ça n’émeut pas et c’est sans doute pour cette raison que nous lui avons donné un autre dimension en l’appelant Bruce et en le transformant en justicier. Mais était-ce vraiment une bonne idée ? Selon nous, non. Et voilà les 5 raisons pour lesquelles il ne fait pas bon s’appeler Bruce et être un justicier. 

Raison 01 Un justicier solitaire, ben c’est solitaire

De Bruce l’émeu  à Bruce Willis : Hé oui, Bruce l’émeu est directement inspiré de Bruce Willis. L’acteur aux multiples rôles qui a incarné le modèle du héros solitaire des années quatre-vingt dix, celui qui ne lâche jamais rien, policier de la série de films “Die Hard”, agent de sécurité dans “Incassable” ou encore plus récemment agent secret retraité dans “Red”. Mais avant de devenir le modèle du action man de la fin du siècle précédent, Bruce s’est illustré en jouant le rôle de David Addison Junior, détective privé désinvolte à l’humour cinglant, dans les soixante-six épisodes (dont un pilote d’une heure et demie) de la série “Clair de Lune” diffusée à partir de 1987 sur M6. Rien qu’à évoquer cette série, “Moonlighting”, son générique chanté par Al Jarreau et écrit par Lee Holdridge et Al Jarreau, vient bercer nos oreilles… “Some walk by night, Some fly by day…”

 

Revenons à Bruce Willis. Raflant quelques prix au passage, le comédien se tourne alors vers des rôles plus musclés et devient, contre toute attente, le héros de “Die Hard”, plus connu en France sous le titre “Piège de Cristal”, film de John McTiernan sorti en 1988. Casting qu’il remporte de manière totalement inattendu, car étaient pressentis avant lui pour incarner John Mac Lane, dans le désordre : Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone, Clint Eastwood, Burt Reynolds et même Charles Bronson ! Et finalement, Bruce Willis récupère le rôle !

John Mac Lane, ce flic solitaire et intraitable, aux répliques caustiques, qui va risquer sa vie pour sauver sa famille tout au long de la pentalogie “Die Hard”, est basé sur le détective Joe Leland du roman Nothing Lasts Forever écrit par Roderick Thorp dont le film Piège de Cristal est une adaptation.

 

« La dernière fois que je l’ai vu, elle était dans une cage d’ascenseur avec un 4X4 dans le cul. » – John Mac Lane

Bon, faut reconnaître aussi que John Mac Lane a un léger souci. Sa femme le quitte tout le temps, ses enfants veulent plus lui parler, et ses amis, ben, on ne les revoit jamais dans le film suivant ! Oui, notre bon vieux Bruce Willis fait ressortir un point important, ben le justicier solitaire, il est solitaire. pas de vie de famille pépère pour lui !Même quand on est le roi de la super-vanne comme Bruce Willis.

Du coup, le côté intrépide, risque-tout, solitaire malgré lui de John Mac Lane nous parlait comme auteurs de Pamela Target pour servir de modèle à Bruce l’émeu. Par contre, l’aspect caustique du policier new-yorkais, son humour ravageur ne nous convenait pas pour notre Bruce, ancien militaire qui a fait le Vietnam, L’Indochine (un véritable aventurier, même s’il s’appelle pas Bob, vous voyez le clin d’oeil), la Corée et que sais-je encore, pour finir actuellement nouveau chef de la sécurité de l’arche.

Pour tout avouer, on imaginait même pendant un temps Bruce avec la voix rocailleuse de Sly – Sylvester Stallone pour les intimes ! On a quand même eu une sacrée voix grave, jouée par notre cher David Chamalet. 

Sly ayant failli incarner John Mac Lane, la boucle était bouclée… Mais la solitude est pas la seule raison pour laquelle ça craint d’être un justicier masqué. Pour illustrer une autre raison, nous avons pensé à un autre Bruce.  celui joué par Jim Carrey dans le Film « Bruce Tout-Puissant » sorti en 2003.

Raison 02 Un justicier solitaire, ça peut devenir très con

De Bruce Willis à Bruce Tout Puissant : Imaginez un Bruce à qui on donne le pouvoir d’un Dieu ! Que va faire notre héros ? Sauver le monde ? Arrêter la famine sur terre ? mettre fin aux guerres ? Non, rien de tout ça, il va juste changer son quotidien pour que la vie soit plus cool !

« Je suis l’alpha et l’omega, baby !  » – Bruce

Jim Carrey, donnant toute sa fougue comique à ce personnage, offre donc de belles tranches de fou rire. Mais le scénario du film va le confronter au parcours initiatique qui va le sortir de son égoïsme  pour l’amener à assumer ses pouvoirs, à la Spider-Man, « grands pouvoirs, grandes responsabilités ». Mais Bruce va bien sûr tout faire planter.

Parce qu’il faut bien reconnaître une chose, c’est que parfois, un justicier solitaire, ça peut devenir très con ! Et Bruce tout-Puissant en tient une sacrée couche. Et là, vous pouvez penser « Non, c’est la comédie qui fait qu’il est con, mais ils sont pas tous comme ça, les justiciers ». Alors petite question, pourriez-vous compter le nombre de fois où voyant un film ou un téléfilm et suivant avec passion (ou avec un plateau-repas, au choix) les déboires du héros, vous vous êtes dits « Mais il est con ou quoi, c’est pas ça qu’il faut faire ! » ou alors « Mais quel crétin, pourquoi y fait pas ça ? »

Quand vous aurez répondu honnêtement à cette question, vous réaliserez que effectivement, parfois, un justicier, ça peut devenir très con !

Donc, Bruce tout-puissant est un bonne exemple illustrant magistralement à quel point un justicier peut être con. MAis pour revenir à Bruce, ce n’est pas Bruce tout-puissant qui nous a inspiré pour compléter l’aspect Bruce Willis,  mais c’et un autre Bruce. Dans la lignée du héros solitaire toujours, mais moins drôle, plus sombre. Il s’agit non plus d’un héros de cinéma, mais bien d’une autre figure de la pop culture, issu du comics. On parle de Bruce Wayne !

Raison 03 Un justicier solitaire, c’est un psychopathe en puissance !

De Bruce Tout Puissant à Bruce Wayne He fights against all injustices in the world. He fights the battle for the little man. » – Bob Kane

Bruce Wayne, l’homme qui la nuit enfile son costume de Batman pour aller rendre la justice et chasser les truands. Mais Batman, d’où viens-tu ?

 

Batman vient au monde le 30 mars 1939 dans le magazine de comics “Detective Comic” N° 27 ! Ces heureux parents, Bob Kane au dessin et Bill Fingers au scénario, furent très heureux de voir leur enfant trouver la route du succès dès ses premiers mois, détrônant même en popularité les autres séries bien ancrées du magazine pour finir par flirter avec un autre héros de la maison : Superman himself !

Mais si Superman est un extra-terrestre doté de pouvoir le rendant invulnérable, porté par une vision positive de la justice, et volant sous un soleil éclatant entre les gratte-ciel lumineux de Metropolis, son petit cousin, Batman, est un humain sans pouvoirs, aidé par la technologie, agissant au départ par vengeance et louvoyant à la lueur de la lune dans les rues poisseuses de la sinistre Gotham City. Il faut en effet préciser qu’à ses débuts, Batman use de violence et parfois achève même ses adversaires sans pitié !

Sa véritable identité est Bruce Wayne, et il a assisté enfant au meurtre de ses parents et depuis… Mais tout ça, entre les comics, les séries télé et les films sur Batman, vous le savez déjà et on va pas s’attarder sur les origines du marasme psychologique de Bruce Wayne.

Mais parlons des sources ayant inspiré Kane et Fingers pour leur personnage ! On peut citer pêle-mêle “Le masque de Zorro” un film des années vingt, un feuilleton radio des années trente nommé “The Shadow” (personnage qui finira aussi en comics d’ailleurs, et incarné à la radio par… Orson Welles) et un film de 1930 appelé “The Bat Whispers” de Roland West qui met en scène un criminel doté d’une cape et d’un signe de chauve-souris qu’il projette sur les murs avant de frapper ! Quel hasard !

Bon, vous noterez que dans ces sources d’inspiration, y avait quand même des gens pas très équilibrés dans leur tête : Le tueur à la chauve-souris, le shadow qui abat les criminels et Zorro, le type qui s’entoure d’un cheval et d’un valet muet pour rendre la justice ! On voit le résultat, car comme on l’a dit, Batman a démarré en étant dur et sans pitié avec ses ennemis. D’ailleurs, quand on voit Bruce Wayne, on se dit assez vite que le justicier, ben, c’est un psychopathe qui est juste du bon côté de la barrière. A peu de choses près !

Mais tout cela n’a pas empêché le justicier masqué d’avoir encore de beaux jours devant lui, comme l’ont prouvé les décennies suivantes. Et DC Comics avait enfin trouvé une nouvelle license à succès qui fait encore son bonheur !

Ce justicier masqué, pourchassé par l’ordre autant que par ses ennemis criminels, cet homme qui pourrait gagner une dizaines de séances gratuites chez le psy, nous a servi d’inspiration pour Bruce mais surtout pour son avatar masqué, BatBruce, traqué autant par Charwin et ses robots patrouilleurs que par Peter Pan Pan et son gang !

Un justicier solitaire, c’est solitaire, ça peut être con, voire psychopathe et il y a un autre problème à jouer les justiciers…

Raison 04 Un justicier solitaire, ça meurt

De Bruce l’émeu à Bruce Lee : Bruce Lee, le petit dragon, naquît le 27 novembre 1940 à San Francisco. Il grandit à Hong-Kong avec ses quatre frères et soeurs, où il s’initie adolescent au Wing Chun, forme de Kung-Fu enseigné par Yip Man – homme de renom auquel a été consacré plusieurs films de Kung-Fu -. Bruce fut donc à bonne école. Il a commencé à jouer très tôt dans des films, des rôles d’enfants, orphelins  ou autres. Et en plus, Bruce faisait du Cha Cha Cha. Il a même remporté le Hong Kong Cha Cha championship de 1958 ! Mais malgré ses débuts impressionnants, le succès arrivera plus tard avec son premier film en tant que personnage principal, « Big Boss », réalisé par Lo Wei, en 1971. S’ensuit les mythiques « La Fureur de Vaincre » et « La Fureur du Dragon », « Opération Dragon » et « Le Jeu de la Mort », tout cela rien qu’en… 1972. Cinq films pour créer le mythe du petit dragon. Un héros qui vient aider les faibles et les opprimés contre les grands méchants, escrocs, racketteurs, et autres empêcheurs de vivre tranquille.

« Il n’y a plus de loi dans cette concession? A quoi sert la police? » – Chen Zhen

Mais au-delà du justicier, Bruce Lee incarne le héros vengeur. Schéma classique : On tue ses proches (frère, sœur, mère, oncle au troisième degré, maître de Kung-Fu…), il s’énerve, vient, atomise tous les méchants et s’en va. Ouaouh, ça calme. La meilleure illustration de ce parcours du justicier vengeur est « la Fureur de vaincre » réalisé aussi par Lo Wei, avec des interventions de Bruce pour les chorégraphies, et la présence d’un jeune cascadeur le temps d’une scène, le petit… Jacky Chan !

Mais revenons sur le film. Nous sommes dans les années trente. Huo, grand maître d’arts martiaux, meurt et laisse son école de Shanghaï orpheline. C’est la vie. Mais Le jeune Chen Zhen, le plus doué de ses élèves,  revient au pays et refusant la triste vérité, enquête pour découvrir que son maître n’est pas décédé de mort naturelle mais qu’il a été empoisonné par des sbires des odieux Japonais. De là, le personnage de Bruce Lee n’a qu’un but : Remonter la piste et défoncer les assassins, quelque soit le prix, quitte à défier tous les Japonais, la loi et l’ordre, à finir pourchassé par la police, l’armée japonaise, et par les autres élèves de son école qui voudraient bien calmer le jeu et couler des jours paisibles. Et après moult combats et cassages de tronches, une fois son maître vengé, Bruce se rend. Mais il finit par une dernière charge qui lui vaudra une fusillade. Et le héros… meurt ! oui, parce que les héros vengeurs, ben, souvent, ça finit mal.

D’ailleurs, Bruce Lee meurt en 1973, – soit un an après son maître, Yip Man, décédé en 1972 -. Son succès fulgurant aura duré trois ans…  Le Petit Dragon nous laissera cette image mythique de la dernière charge du héros vengeur sur le son des fusils qui claquent… et le recul pour réfléchir au fait qu’être justicier, si c’est pour être abattu en plein vol, ça craint !

Bon, un justicier, ça prend des balles et ça va pas très loin. voilà une information qui calme. Notre émeu, lui, a hérité de Bruce son talent pour le Kung-Fu ! Parce que les émeus, en terme de jeu de jambes, ça se pose un peu là.

 

Raison n°5 Un justicier solitaire, ca fait bien rire… 

De Batman à BatBruce : Why do we fall? So we can learn to pick ourselves back up.” – Thomas Wayne

Cette phrase du papa de Bruce Wayne pourrait tout à fait s’appliquer à notre Bruce l’émeu. Capturé, torturé, évadé, poursuivi, il pourrait se terrer dans un coin et attendre que l’orage passe mais non ! Il enfile son costume – son Batcostume devrions-nous dire – de super-héros et repart traquer les méchants.

David Chamalet la voix de notre Bat Bruce dans Pamela Target- photo JCHBeauvallet

Notre BatBruce, incompris, ne lâche rien et court sauver ses amis, sa copine, les habitants de l’arche, la terre entière. Parce que ce devoir de protecteur, ce sentiment de justice à rendre est dans son sang. BatBruce se portera toujours au secours des innocents, soit sous son costume, soit sans masque. Par contre, il faut bien reconnaître que le justicier masqué, ça fait un peu rire, et notre Bruce, perdu dans sa mission, ne se rend pas compte du regard des autres sur lui. Après tout, un émeu déguisé en justicier chauve-souris, ça peut faire bizarre et surtout, ça peut faire sourire. Mais quoiqu’il en soit, il n’est pas au bout de ses peines, comme vous allez le découvrir dans le nouvel épisode de la saison deux justement intitulé “BatBruce Returns” :

PTS02E06 : BatBruce returns.

Voilà, vous savez tout sur Batbruce, en fait, non, il vous reste encore des tas de choses à apprendre. Pour en savoir plus sur les origines mystérieuses de Bruce, sur son passé, il va falloir suivre les prochains épisodes de notre série…

Et vous, que pensez-vous de BatBruce et de sa quête effrénée pour arrêter Peter Pan Pan ? Voyez-vous une autre raison pour laquelle ça craint d’être un justicier masqué ? Venez nous le dire en écrivant un commentaire.

La PT-Team

S02 E05 : Pourquoi les lapins sont tous des salauds ? 

Dans ce nouvel article, nous nous penchons sur le cas de Peter Pan Pan, le lapin de Pamela Target. Pourquoi ? Parce qu’en cette période de Pâques, il nous semblait essentiel de vous expliquer, pourquoi les lapins sont les meilleurs salauds.

Peter Pan Pan le lapin est la fusion improbable entre Le gardien de la caverne de « la quête du Graal » et le « Joker ».
Si vous percutez sur ces deux références, vous êtes bien un enfant de la culture pop dans ses deux extrêmes, iconoclastes-absurde et machiavélico-destructrice.
Mais rentrons un peu dans le détail…

S02 E04 : Comment Baywatch atteint le rang de série mythique… avec un ralenti.

Aujourd’hui, penchons-nous sur une série mondialement connue, dont une des comédiennes a inspiré le nom de notre série audio barrée et funky. Le choix est vaste et on ne va pas tourner autour du pot avant de tout vous dévoiler.

Retour donc sur le succès planétaire qu’a été « Baywatch », plus connu en France sous le titre « Alerte à Malibu ».

Alerte à Malibu, une référence interplanétaire !

« Alerte à Malibu » a débarqué en France le 2 janvier 1991 et a permis à Pamela Anderson avec son maillot rouge de devenir l’égérie de toute une génération (et même plus encore). Tout cela grâce à ces scènes de jolies blondes – et brunes parfois – courant au ralenti sur les plages de Malibu, où s’est échoué quelques décennies plus tôt l’homme à tête de Chou de Gainsbourg, mais ça, c’est une autre histoire…

Si on connaît tous ces scènes de sauveteurs en maillot rouge courant sur la plage, c’est peut-être parce que cette série, avec ses onze saisons,  a été un succès PHENOMENAL. Il faut dire qu’elle a été diffusée dans 142 pays et a atteint des audiences de 1,1 milliard de personnes dans le monde !

L’inconscient collectif, on le comprend mieux à la vue de ces chiffres, non ?

« Are you sure that is a life guard initiation thing ? »

David Hasselhoff and Pamela Anderson- Pearson Television

Comment cette série qu’on connaît tous, sans connaître une seule personne qui la suivait hebdomadairement, a pu lancer Pamela Anderson sur le devant de la scène ?

Cette série met en scène David Hasselhoff dans le rôle de Mitch Buchannon et Pamela Anderson dans le rôle de CJ Parker. Avec d’autres vaillants comédiens et comédiennes à la plastique onirique, ils interprètent un groupe de sauveteurs sur la plage de Malibu. Enfin, pour neuf saisons, puisque pour les deux dernières, tout le monde a migré à Hawaï. Dommage pour le titre français qui est devenu « Alerte à Hawaï » ! Ont-ils rencontré le paisible retraité Jack Lord, héros de « Hawaï police d’état » ? rien n’est moins sûr mais ceci est à nouveau une autre histoire.

Les ralentis légendaires de Baywatch

Mais revenons à Pamela Anderson. Son personnage de CJ Parker n’apparaît que dans les saisons 3 à 7, soit moins de la moitié de la durée de la série. Et pourtant, aujourd’hui, on se souvient beaucoup plus de Pamela Anderson que des autres actrices de la série. Plus fort que pas mal d’autres personnages de série, non ? Hé oui, plus blonde, mais moins rapide que Jason Bourne (ralenti oblige), Pamela Anderson nous a donc tous marqué.

On pourrait se demander comment une scène si simple, si banale même, a pu marquer autant de gens.

Connaissez-vous la véritable raison de ces scènes de ralenti qui ont même marqué les héros de Friends ?

Joey et Chandler regardant Baywatch, avec sous titre espagnol parce que c’est plus fun 

Voilà comment David Hasselhoff, qui, en passant, a chanté le générique de fin de la série, explique les origines de ces ralentis : La production n’avait pas assez d’argent pour tourner des épisodes correspondant à la durée de diffusion. Passer des scènes au ralenti, ça permettait d’économiser de l’argent et d’atteindre la durée d’épisode voulue !

Le tour est joué, et le monde ne sera plus jamais pareil…

Comment ne pas sourire à l’idée qu’une série aussi populaire qu’Alerte à Malibu puisse autant inspirer ? 

La série ayant bien fonctionné, on n’est guère surpris qu’elle ait donné lieu à quatre téléfilms, une autre série dérivée mettant en scène David Hasselhoff (encore lui), retrouvant pour l’occasion le même blouson noir qu’il portait alors qu’il incarnait Michael Knight dans K2000… Mais on s’éloigne du sujet.

La série est finalement remontée à la surface en 2017 avec l’adaptation cinéma sobrement appelée « Baywatch ». Film pour lequel une ligne éditoriale claire a été définie.

Comme le dit Dwayne Johnson, alias The Rock, alias Mitch Buchannon, « Dès le départ, l’une de mes préoccupations était que le film puisse être interdit aux mineurs de moins de 17 ans non accompagnés. Il fallait mettre le paquet ! ».

« Baywatch » : une des affiches américaines © Paramount Pictures

Le producteur Beau Flynn précise : « On s’est donc permis beaucoup de choses au niveau des dialogues et de la nudité des acteurs comme des actrices. On est fiers des moments un peu osés pour lesquels on s’est battus. »L’affiche se passe d’ailleurs de commentaire.

Si vous voulez voir le film, vous êtes prévenus. Ca n’a pas empêché plus de 1,5 millions de personnes de se ruer dans les salles de cinéma française.

Mais Pamela Target la série audio dans tout ça ?

Pamela Anderson / Pamela Target, c’est quoi le rapport ?

Connaissez-vous Pamela Anderson ?

Pamela Anderson aurait pu devenir saxophoniste… Hé oui, dans sa jeunesse, elle a pratiqué cet instrument. Mais elle devint mannequin, puis fut repérée pour faire de la publicité et enchaîna comme playmate avant d’être engagée dans une première série. On vous entend vous exclamer « Ben oui, c ‘était Alerte à Malibu, je connais ! ». Perdu, il s’agit de « Papa Bricole ». Ce n’est qu’après qu’elle interprètera CJ Parker et qu’elle connaîtra la célébrité dans « Baywatch ».

Maintenant, vous concluez : « Ben oui, elle a sauvé des gens sur la plage dans Baywatch, c’est normal qu’elle puisse sauver des animaux dans l’arche ! Et que ces derniers décident de faire une soirée Baywatch. » Mais là encore, ce serait allé un peu vite en besogne. Si Pamela Anderson est une idole pour certains de nos animaux, au point d’être l’invitée d’une soirée dans l’arche, ce n’est pas uniquement pour son rôle légendaire en maillot de bain rouge.

« My gut says there’s some bad shit going on over there and my balls say we need to check it out. »

Ce que l’on sait moins, c’est que Pamela Anderson se bat pour la cause animale. Elle a rejoint PETA, l’association fondée en 1980 qui lutte contre, principalement, l’élevage industriel, l’élevage d’animaux à fourrure, les expérimentations sur les animaux et les spectacles avec les animaux. Mais l’activité de l’association s’est élargie et tout combat pour aider et défendre la cause animale s’ajoute à cette courte liste.

Pamela Anderson défendant les mêmes idées que PETA, la rencontre était inévitable. Notons que l’actrice boycotte KFC pour leur mauvais traitement des volailles et qu’en 2016, elle s’exprime contre le gavage des oies à l’Assemblée Nationale Française. Pamela défend les animaux, à sa manière, sans violence.

Laissons-lui la parole : « Kindness is the mightiest force in the world. Sensuality is a sexy kindness. I hope I’m a part of the sensual revolution that holds us together, instead of this bizarre divisiveness tearing loved ones apart.* »

Même quand elle est découpée en morceaux de boucherie, elle est sexy !

Pamela Anderson la cible idéale pour Pamela Target.

Si Pamela sauve des vies humaines dans Alerte à Malibu, elle sauve des vies animales dans la vraie vie. Maillot de bain rouge mythique  et icône protectrice des animaux  : voilà les deux raisons pour laquelle elle prend un rôle si important et symbolique pour les animaux de l’arche dans Pamela Target. Voilà pourquoi nous avons eu l’idée, en découvrant cette partie de sa vie, de l’intégrer dans notre série. Et ce dès le titre même « Pamela Target ».

Dans la série, elle arrive très tôt, puisque dès l’épisode 1, « J’suis pas venu pour beurrer des sandwiches », si vous tendez savamment l’oreille aux propos de Riton le chaton, elle est évoquée très rapidement :

Et tant qu’à faire, réécoutez l’épisode 23, « une situation de crise à la 24H chrono » là, ce n’est plus de l’indice, mais de l’annonce déclamée :

 

Dans une série, tout se construit petit à petit. C’est aussi ce genre de surprise que permet la narration s’étalant sur de nombreux épisodes et plusieurs saisons.

Mais pourquoi vous parler de tout cela maintenant, après un an de diffusion ?

D’après vous ? Allez donc écouter le quatrième épisode de la nouvelle saison de « Pamela Target » intitulé «Alerte à la soirée BAYWATCH » :

Maintenant, vous savez !

A bientôt,

La PT-Team !

PS : Et vous, que pensez-vous de Pamela Anderson ? Dites-le nous en commentaire.

*

S02 E03 : Pourquoi le personnage amnésique est une valeur sûre?

What a man can’t remember doesn’t exist for him. – R. Ludlum {accent américain}

Pamela Target a lancé sa deuxième saison, et nous en sommes au troisième épisode. Qui dit deuxième saison, et même série, dit intrigues et arcs narratifs de loooongue haleine. Et les intrigues doivent avancer, rebondir se dévoiler petit à petit, garder du suspense et finir par se résoudre.

Pour l’un de nos personnages principaux, le moment est venu de remettre en avant son intrigue. Nous parlons bien sûr de Bill le Bousier, plus connu sous le nom de Bilbil par ses amis !

Quelle référence ciné se cache derrière l’intrigue de Bill le bousier ?

N’allez pas chercher midi à quatorze heures, mais laissez vous guider, tout va venir si vous tirez la ficelle.
Rappelez-vous l’épisode trois « Pourquoi cet air si sérieux ? » de la première saison ?

Hé oui, Bill le bousier est amnésique. Je vois l’étincelle briller dans votre oeil de cinéphile averti. Besoin d’un indice de plus ? Auriez-vous déjà oublié l’épisode 15 « J’vais te pointer, moi ? » de la saison 1 :

Oui, notre personnage s’est découvert de manière inattendue des incroyables talents de combattant. Oui, je le vois, le voile s’est déchiré. Vous avez compris: Bill le bousier s’inspire de Jason Bourne.

Marie Kreutz: Do you have ID? Jason Bourne: Not really.

Bill le bousier s’inspire de Jason Bourne, incarné par Matt Damon à l’écran.

Si vous avez vécu le début de ce siècle dans une zone coupée d’électricité et de toutes communication avec le monde, vous avez peut-être raté en 2002 la sortie de « La mémoire dans la peau », premier volet réalisé par Doug Liman, qui fut suivi en 2004 de « La mort dans la peau », puis de « la Vengeance dans la peau » en 2007 et enfin de la sortie de « Jason Bourne » en 2016. Les trois derniers opus étant réalisés par Paul Greengrass. (si on excepte « Jason Bourne l’héritage, sorte de pin-off sans Matt Damon » de 2012 réalisé par Tony Gilroy),

Cette trilogie (ou quadrilogie ou pentalogie ou… bref) est adaptée de la trilogie de romans écrite par Robert Ludlum. La aussi, trilogie n’est peut-être pas le terme qui convient le mieux, car même sur le papier, l’univers de Jason Bourne dépasse son créateur. Après le talentueux Robert Ludlum, Eric Van Lustbader prend le relais et pond pas moins de… douze romans !

Bon, ne nous éparpillons pas.

Jason Bourne, c’est quoi ?

Le premier roman sort en 1980 et raconte l’histoire d’un homme repêché dans la mer au large de Marseille, qui ne se rappelle plus qui il est, et se retrouve bien étonné de découvrir sur lui un microfilm qui l’amène à une banque qui l’amène à un tas d’ennuis. Au travers des mésaventures qui lui tombent dessus, il va découvrir qu’il parle plusieurs langues, sait se battre, est un assassin officieux et que beaucoup de gens lui en veulent, dont la CIA, ou plutôt une branche de la CIA particulière et mystérieuse. Et surtout que Jason Bourne n’est pas son vrai nom ! Action et enquête au programme.

He was the perfect weapon until he became the target.

Le premier roman a fait des émules, on retrouve cette intrigue de l’assassin amnésique qui va enquêter pour retrouver son identité dans le scénario de la BD XIII de Jean Van Hamme et William Vance dont le premier tome « Le Jour du Soleil Noir » sort en 1984.

Et quatre ans plus tard, en 1988 donc, ce même roman a été adapté en un téléfilm en deux parties, avec dans le rôle de Jason Bourne… le comédien Richard Chamberlain !

Je m’en souviens et je vous garantis que ça dépotait quand même moins que Matt Damon point de vue combat et action.

En 2002, l’adaptation cinéma du premier roman met en contact deux personnages étonnants pour la mise sur pied d’un tel blockbuster : Doug Liman, dont « La Mémoire dans la peau » est le premier film gros budget de studio, et Matt Damon, dont ce fut le premier gros film d’action !

Et après cette aventure, qu’en disent les principaux intéressés :

Matt Damon, investi sur des détails qui font la différence : « J’ai surtout été surpris que Doug me propose le rôle. Et je me souviens n’avoir eu que 6 mois pour justement m’y préparer physiquement. Doug Liman m’avait expliqué qu’il voulait que ma démarche ressemble à celle d’un boxeur. J’ai alors contacté Terry Clayborn qui avait coaché Denzel Washington pour le film dans lequel il interprétait le boxeur Hurricane Carter. Et c’est avec lui que j’ai travaillé pendant 6 mois. »

Et Doug Liman, philosophe après le premier film : « I am an independent film maker at heart so that’ll be how I will continue to do films: Indie credibility but maybe now with the studio perks. »

 

« Indie credibility ? » C’est exactement la démarche DIY de Pamela Target.

Créer un blockbuster enregistré dans le salon ! Démarche à ne pas oublier, pour sûr ! :^))

Pour cela, on écrit et construit à trois des intrigues et sous-intrigues pour nos personnages qu’on dissémine dans les épisodes, en jouant sur la dramaturgie, certes mais aussi sur le fun et les références cultes.

Bill le bousier, interprété par Jérôme Thevenet, en fusion avec Jason Bourne.

Alors si vous vous dites maintenant avoir tout capté, avoir compris que Bill le bousier est un ancien agent de la CIA amnésique et d’en conclure : « C’est bon, je sais ce qui va se passer ». Vous vous emballez un peu vite. En effet, Jason Bourne n’est qu’une référence pour créer le personnage de Bill, et non une source d’adaptation. Donc, ce n’est pas aussi simple.

D’ailleurs, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? C’est ce que vous allez découvrir au fur et à mesure de la série.

Ce troisième épisode était l’occasion rêvée de remettre sur le tapis l’intrigue de Bill, sans tout révéler non plus. Et surtout de le faire avec l’humour qui caractérise l’univers complètement barré et funky de notre série.

Bill le bousier, amnésique ? Oui. Combattant émérite ? Oui. Ancien Militaire ? Oui mais l’étau se resserre et le passé va bientôt (ou un peu plus tard) refaire surface.

Comment ?

Venez le découvrir en écoutant le nouvel épisode de la saison deux de Pamela Target « La mémoire dans le slip » :

La PT-Team

S02 E02 : One shot, One opportunity !

Nouvel épisode,  nouveau défi ! Pour écrire les scenarii de Pamela Target, en général nous faisons progresser nos intrigues principales et secondaires et nos personnages. Une fois que la trame est bien solide, c’est à ce moment-là que nous vient l’envie d’insuffler des références ciné et culture pop : épisode après épisode.  Dans l’épisode 2 de la saison 2,  The Battle à la Notorious PIG,  titre qui nous est venu bien plus tard, vous comprendrez en lisant l’article, nous avions mis en place une rivalité  entre deux personnages.

Comment traiter cette rivalité dans un mode purement audio, tout en respectant notre dramaturgie, le fun et nos références !?

Quelles références cinéma choisir ? Un duel western à la Sergio Leone, un combat de rapières digne de Errol Flynn, un affrontement de boxe à la Rocky ?

« Fuck the beat, I’ll go acapella »

Et c’est alors que nous avons eu l’idée qui tue ! Pourquoi ce défi ne consisterait-il pas en un Battle ? Un de ces légendaires battle de rap comme on en a tous en tête, surtout si on a des réminiscences de la célèbre émission H.I.P. H.O.P de Sidney ?

Un battle qu’on tournerait en dérision, car le fun est l’ADN de Pamela Target, c’était ça l’idée !

Les premières battles remontent aux années soixante-dix, à l’époque des premiers pas du hip-hop. Un micro, deux MC, comprenez Maître de cérémonie, un DJ – Disc-Jockey, ça, vous connaissez – et c’est parti pour un défi en vers, balancé sur un flow qui déchire en surfant sur le beat du DJ. Le MC doit montrer son talent d’impro, mais aussi défoncer son adversaire. Tous les coups (verbaux) sont permis. Comment sait-on qui a gagné ? A l’applaudimètre du public qui adore !

Avec le temps, l’esprit a perduré et s’est même développé au cours de soirées Open Mic dans des lieux underground. Et dans les années quatre-vingt-dix, les battles font rage, le rap se régalant de ce genre de conflits. Des défis épiques, comme Curtis Hanson  les montre dans… « 8 Mile »  ? Et hop, la référence débarque.

« If the streets had a voice, this would be the story they tell. » 8 mile.

(C) Universal Pictures France

(C) Universal Pictures France

Bien sûr, parler d’un rappeur blanc comme Eminem pour aborder les battles, certains pourraient trouver à redire sur le côté historique. On pourrait citer DJ Kool Herc, Afrika Bambaataa ou Grand Master Flash et ainsi remonter aux sources même des battles avec les sound system dans les block-parties (ces fêtes de quartier aux Etats-Unis qui ont eu une influence très importante dans l’éclosion de la culture hip-hop, du rap, ou du dee jaying.)…

Mais pour nous, quand on disait Battle, les premières images qui nous  venaient, ce ne sont pas celles de « Boyz’n the hood » (1991) ou de « Straight outta Compton » (2015), mais bien celles des battles de « 8 Mile » (2002)!

Mamoudou Athie, who plays Grandmaster Flash in The Get Down. Photo: David Lee/Netflix

« 8 Mile », qu’est-ce que c’est d’ailleurs ?

C’est L’histoire de Jimmy Smith Junior, B-Rabbit de son nom de rappeur en herbe, qui va tenter de percer dans le rap à Détroit. Ce personnage est incarné par Marshall Bruce Mathers III, Eminem de son nom de rappeur. Alors ce film sorti en 2002, ce serait juste une fiction biographique ou une biographie fictive sur le rappeur Eminem, un biopic racontant vraiment sa vie ou une version romancée s’en inspirant ?

Curtis Hanson, le réalisateur du film, avait sans aucun doute la réponse. Mais – paix à son âme -, il nous a quittés le 20 septembre 2016… Eminem a dit de lui : « Curtis Hanson a cru en moi et à notre idée dingue de faire un film sur les battles de rap. […] Il a simplement fait de moi un acteur pour 8 Mile… ». C’est donc cela !  Le sujet de « 8 Mile », c’est la battle, bien plus que la vie d’Eminem !

Alors certes, aujourd’hui, certains de nos rappeurs français règlent leurs compte en se tapant dans les aéroports et les soirées mondaines. Pour eux, il est loin le temps où c’était le talent, la verve, la force d’impro qui tranchaient les rivalités, autour d’un micro et sans violence physique. Mais pour parler Battle, « 8 Mile » s’avère une très bonne source d’inspiration et pour nous, une référence incontournable.

 DJ ! Spin that shit ! , façon Pamela Target

Alors on a retroussé nos manches et on s’est jetés à l’eau pour notre série audio Pamela Target. Nous avons  sorti nos stylos, nos micros, immergé nos comédiens dans les vidéos des block-parties du Bronx et on s’est lâchés !

A l’enregistrement, au montage, nous avons rencontré de nombreuses difficultés. Fallait-il le même beat pour chaque duelliste ? Comment le passer ? Sur une enceinte derrière eux, mais bonjour la qualité du son de leur voix ! Leur faire écouter au casque et peut-être brider leur flow ? Leur faire découvrir en amont pour qu’ils s’entraînent un peu ? Tester une solution différente convenant à chacun d’eux ?

Nous avons essayé différentes méthodes et finalement, nous avons trouvé… Soutenu par notre beatbox humaine, Jérôme Thévenet (un peu aidé, nous l’avouerons sans honte par MATTC90), David Chamalet, notre Eminem national, a pu relever le gant avec Frans Boyer, notre super Tupac.

Et finalement, notre battle pour raconter un défi dans une série audio, elle se tient…

Le résultat ? Vous pouvez l’écouter juste ici, dans l’épisode 2 de Pamela Target saison 2 « The Battle à la Notorious PIG » :

 

S02 E01: Un nouveau modèle de «Badass Villain»

Quand nous avons commencé à travailler sur la deuxième saison de Pamela Target, nous avions Peter Pan Pan et Le Professeur Charwin comme principaux méchants de la première saison : un psychopathe et un professeur fou. Mais petit à petit est venu s’imposer à notre esprit une autre référence commune qui nous avait frappée il y a quelques années. Un méchant et un univers que nous voulions absolument citer tellement la claque visuelle avait été grande… Mais je ne vais pas tout vous dévoiler comme ça. Alors, si je vous dis :

« It is by my hand, you will rise from the ashes of this world! »

C’est par ma main que vous renaîtrez sur les cendres de ce monde !

Vous pensez à quelqu’un en particulier ?

Je vous donne d’autres indices :

Une longue crinière de cheveux peroxydés, un respirateur orné d’un râtelier de dents de cheval, une armure transparente ornée de médailles, un homme corpulent maquillé de blanc et des yeux cernés de noir. Alors ? Un portrait se dessine ?

Oui, nous parlons bien d’Immortan Joe, le méchant de Fury Road, le quatrième opus de Mad Max.

 

Tout au long du film, ce personnage mystérieux à l’allure baroque ne nous dévoilera rien de son passé. Mais son monde parle pour lui. Ces médailles à son revers pourraient laisser penser qu’il serait un ancien militaire… Son ambition démesurée ressort dans ce qu’il a bâti. Il se présente comme un demi-Dieu. D’ailleurs, ce nom « Immortan » n’est pas une faute de frappe, mais bien la contraction d’Immortal et de Man.

Il a mis la main sur une ressource clé de ce monde de sang et de violence : l’eau. Il la distribue comme un seigneur à ses ouailles, s’en servant pour les asservir, tout en leur tenant un discours moralisateur, comme toute bonne divinité démoniaque qui se respecte.

« Do not, my friends, become addicted to water, or it will take hold of you and you will resent its absence! »

Ainsi, il a pris le pouvoir. Mais comment compte-t’il le garder ? Par le fanatisme !

Il a enrôlé pour le servir une bande de jeunes condamnés par la maladie, renommés les War Boyz, qui sont prêts à se sacrifier pour lui afin de conduire éternellement sur les routes du Valhalla.

Tout ce qui touche à la voiture devient objet sacré et source de divinité.

Le dieu V8, en référence au moteur éponyme, est vénéré dans des chants, Les volants sont objets de culte. Le chrome dont ces jeunes s’aspergent avant le sacrifice relève du rituel religieux, tout comme la phrase clé, qui reste dans toutes les mémoires en sortant du film « Witness Me » lancée avant le sacrifice pour la cause de leur Dieu, Immortan Joe.

« You shall ride eternal. Shiny, and chrome. »

 

Entourés de ses guerriers et kamikazes, Immortan Joe a poussé encore plus loin sa domination par le look qu’il s’est choisi. Son masque instille la peur dans le coeur de ses ennemis, mais aussi de ses troupes. Son ambition ne s’arrête pas là, il vise à instaurer une lignée et pour cela il enferme ses femmes dans un coffre. Les autres qu’il ne peut engrosser endosseront le rôle de mère laitière, condamnées à produire du lait sous trayeuse.

Vision qui met la femme loin – mais très loin – du pied d’égalité.

Derrière ce monde barré se cache bien sûr la vision incroyable du réalisateur Georges Miller.

Il reprend les rennes trente-cinq ans après « Mad Max 3 » pour délivrer un nouvel opus visuellement époustouflant. Georges Miller qu’il ne faut pas cantonner aux quatre Mad Max. On peut rappeler qu’il a aussi réalisé « Babe le cochon devenu chien de berger » ainsi que « Happy Feet » ! Réalisateur de film pour enfants et de la sauvagerie madmaxienne, c’est incroyable, voire schizophrénique, non ? Laissons parler l’intéressé dans cet extrait d’une interview accordée à Première :

Crédits photo Créateur :Mark Mohell Droits d'auteur :National Portrait Gallery Informations extraites des métadonnées photo IPTC

Crédits photo: Créateur :Mark Mohell Droits d’auteur :National Portrait Gallery Informations extraites des métadonnées photo IPTC

 

« Schizophrénique ? Mais c’est notre nature à tous, non ? D’un côté laisser s’exprimer sa rage et ses pulsions, de l’autre s’efforcer de les maîtriser. C’est une lutte morale vieille comme le monde. On y est confronté dans les moments les plus intimes de la vie. Et c’est ce qui crée la peur qui pousse tant d’entre nous vers les croyances religieuses. »

Merci de cette précision, Georges.

Mais revenons à notre vilain ! Celui de Pamela Target.

S’inspirer de ce personnage d’Immortan Joe pour créer un roi fou, avide de pouvoir prenait tout son sens pour nous dans la deuxième saison de notre série audio. D’autant plus que ce roi ne sort pas de nulle part, il s’agit d’un personnage que vous avez déjà découvert dans la première saison. Qui ? Venez donc écouter « Quelle Belle journée à la Mad Max ! » le premier épisode de la nouvelle saison de Pamela Target pour le savoir.

A bientôt pour un nouvel article,

La PT-Team.