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S02 E04 : Comment Baywatch atteint le rang de série mythique… avec un ralenti.

Aujourd’hui, penchons-nous sur une série mondialement connue, dont une des comédiennes a inspiré le nom de notre série audio barrée et funky. Le choix est vaste et on ne va pas tourner autour du pot avant de tout vous dévoiler.

Retour donc sur le succès planétaire qu’a été « Baywatch », plus connu en France sous le titre « Alerte à Malibu ».

Alerte à Malibu, une référence interplanétaire !

« Alerte à Malibu » a débarqué en France le 2 janvier 1991 et a permis à Pamela Anderson avec son maillot rouge de devenir l’égérie de toute une génération (et même plus encore). Tout cela grâce à ces scènes de jolies blondes – et brunes parfois – courant au ralenti sur les plages de Malibu, où s’est échoué quelques décennies plus tôt l’homme à tête de Chou de Gainsbourg, mais ça, c’est une autre histoire…

Si on connaît tous ces scènes de sauveteurs en maillot rouge courant sur la plage, c’est peut-être parce que cette série, avec ses onze saisons,  a été un succès PHENOMENAL. Il faut dire qu’elle a été diffusée dans 142 pays et a atteint des audiences de 1,1 milliard de personnes dans le monde !

L’inconscient collectif, on le comprend mieux à la vue de ces chiffres, non ?

« Are you sure that is a life guard initiation thing ? »

David Hasselhoff and Pamela Anderson- Pearson Television

Comment cette série qu’on connaît tous, sans connaître une seule personne qui la suivait hebdomadairement, a pu lancer Pamela Anderson sur le devant de la scène ?

Cette série met en scène David Hasselhoff dans le rôle de Mitch Buchannon et Pamela Anderson dans le rôle de CJ Parker. Avec d’autres vaillants comédiens et comédiennes à la plastique onirique, ils interprètent un groupe de sauveteurs sur la plage de Malibu. Enfin, pour neuf saisons, puisque pour les deux dernières, tout le monde a migré à Hawaï. Dommage pour le titre français qui est devenu « Alerte à Hawaï » ! Ont-ils rencontré le paisible retraité Jack Lord, héros de « Hawaï police d’état » ? rien n’est moins sûr mais ceci est à nouveau une autre histoire.

Les ralentis légendaires de Baywatch

Mais revenons à Pamela Anderson. Son personnage de CJ Parker n’apparaît que dans les saisons 3 à 7, soit moins de la moitié de la durée de la série. Et pourtant, aujourd’hui, on se souvient beaucoup plus de Pamela Anderson que des autres actrices de la série. Plus fort que pas mal d’autres personnages de série, non ? Hé oui, plus blonde, mais moins rapide que Jason Bourne (ralenti oblige), Pamela Anderson nous a donc tous marqué.

On pourrait se demander comment une scène si simple, si banale même, a pu marquer autant de gens.

Connaissez-vous la véritable raison de ces scènes de ralenti qui ont même marqué les héros de Friends ?

Joey et Chandler regardant Baywatch, avec sous titre espagnol parce que c’est plus fun 

Voilà comment David Hasselhoff, qui, en passant, a chanté le générique de fin de la série, explique les origines de ces ralentis : La production n’avait pas assez d’argent pour tourner des épisodes correspondant à la durée de diffusion. Passer des scènes au ralenti, ça permettait d’économiser de l’argent et d’atteindre la durée d’épisode voulue !

Le tour est joué, et le monde ne sera plus jamais pareil…

Comment ne pas sourire à l’idée qu’une série aussi populaire qu’Alerte à Malibu puisse autant inspirer ? 

La série ayant bien fonctionné, on n’est guère surpris qu’elle ait donné lieu à quatre téléfilms, une autre série dérivée mettant en scène David Hasselhoff (encore lui), retrouvant pour l’occasion le même blouson noir qu’il portait alors qu’il incarnait Michael Knight dans K2000… Mais on s’éloigne du sujet.

La série est finalement remontée à la surface en 2017 avec l’adaptation cinéma sobrement appelée « Baywatch ». Film pour lequel une ligne éditoriale claire a été définie.

Comme le dit Dwayne Johnson, alias The Rock, alias Mitch Buchannon, « Dès le départ, l’une de mes préoccupations était que le film puisse être interdit aux mineurs de moins de 17 ans non accompagnés. Il fallait mettre le paquet ! ».

« Baywatch » : une des affiches américaines © Paramount Pictures

Le producteur Beau Flynn précise : « On s’est donc permis beaucoup de choses au niveau des dialogues et de la nudité des acteurs comme des actrices. On est fiers des moments un peu osés pour lesquels on s’est battus. »L’affiche se passe d’ailleurs de commentaire.

Si vous voulez voir le film, vous êtes prévenus. Ca n’a pas empêché plus de 1,5 millions de personnes de se ruer dans les salles de cinéma française.

Mais Pamela Target la série audio dans tout ça ?

Pamela Anderson / Pamela Target, c’est quoi le rapport ?

Connaissez-vous Pamela Anderson ?

Pamela Anderson aurait pu devenir saxophoniste… Hé oui, dans sa jeunesse, elle a pratiqué cet instrument. Mais elle devint mannequin, puis fut repérée pour faire de la publicité et enchaîna comme playmate avant d’être engagée dans une première série. On vous entend vous exclamer « Ben oui, c ‘était Alerte à Malibu, je connais ! ». Perdu, il s’agit de « Papa Bricole ». Ce n’est qu’après qu’elle interprètera CJ Parker et qu’elle connaîtra la célébrité dans « Baywatch ».

Maintenant, vous concluez : « Ben oui, elle a sauvé des gens sur la plage dans Baywatch, c’est normal qu’elle puisse sauver des animaux dans l’arche ! Et que ces derniers décident de faire une soirée Baywatch. » Mais là encore, ce serait allé un peu vite en besogne. Si Pamela Anderson est une idole pour certains de nos animaux, au point d’être l’invitée d’une soirée dans l’arche, ce n’est pas uniquement pour son rôle légendaire en maillot de bain rouge.

« My gut says there’s some bad shit going on over there and my balls say we need to check it out. »

Ce que l’on sait moins, c’est que Pamela Anderson se bat pour la cause animale. Elle a rejoint PETA, l’association fondée en 1980 qui lutte contre, principalement, l’élevage industriel, l’élevage d’animaux à fourrure, les expérimentations sur les animaux et les spectacles avec les animaux. Mais l’activité de l’association s’est élargie et tout combat pour aider et défendre la cause animale s’ajoute à cette courte liste.

Pamela Anderson défendant les mêmes idées que PETA, la rencontre était inévitable. Notons que l’actrice boycotte KFC pour leur mauvais traitement des volailles et qu’en 2016, elle s’exprime contre le gavage des oies à l’Assemblée Nationale Française. Pamela défend les animaux, à sa manière, sans violence.

Laissons-lui la parole : « Kindness is the mightiest force in the world. Sensuality is a sexy kindness. I hope I’m a part of the sensual revolution that holds us together, instead of this bizarre divisiveness tearing loved ones apart.* »

Même quand elle est découpée en morceaux de boucherie, elle est sexy !

Pamela Anderson la cible idéale pour Pamela Target.

Si Pamela sauve des vies humaines dans Alerte à Malibu, elle sauve des vies animales dans la vraie vie. Maillot de bain rouge mythique  et icône protectrice des animaux  : voilà les deux raisons pour laquelle elle prend un rôle si important et symbolique pour les animaux de l’arche dans Pamela Target. Voilà pourquoi nous avons eu l’idée, en découvrant cette partie de sa vie, de l’intégrer dans notre série. Et ce dès le titre même « Pamela Target ».

Dans la série, elle arrive très tôt, puisque dès l’épisode 1, « J’suis pas venu pour beurrer des sandwiches », si vous tendez savamment l’oreille aux propos de Riton le chaton, elle est évoquée très rapidement :

Et tant qu’à faire, réécoutez l’épisode 23, « une situation de crise à la 24H chrono » là, ce n’est plus de l’indice, mais de l’annonce déclamée :

 

Dans une série, tout se construit petit à petit. C’est aussi ce genre de surprise que permet la narration s’étalant sur de nombreux épisodes et plusieurs saisons.

Mais pourquoi vous parler de tout cela maintenant, après un an de diffusion ?

D’après vous ? Allez donc écouter le quatrième épisode de la nouvelle saison de « Pamela Target » intitulé «Alerte à la soirée BAYWATCH » :

Maintenant, vous savez !

A bientôt,

La PT-Team !

PS : Et vous, que pensez-vous de Pamela Anderson ? Dites-le nous en commentaire.

*

S02 E03 : Pourquoi le personnage amnésique est une valeur sûre?

What a man can’t remember doesn’t exist for him. – R. Ludlum {accent américain}

Pamela Target a lancé sa deuxième saison, et nous en sommes au troisième épisode. Qui dit deuxième saison, et même série, dit intrigues et arcs narratifs de loooongue haleine. Et les intrigues doivent avancer, rebondir se dévoiler petit à petit, garder du suspense et finir par se résoudre.

Pour l’un de nos personnages principaux, le moment est venu de remettre en avant son intrigue. Nous parlons bien sûr de Bill le Bousier, plus connu sous le nom de Bilbil par ses amis !

Quelle référence ciné se cache derrière l’intrigue de Bill le bousier ?

N’allez pas chercher midi à quatorze heures, mais laissez vous guider, tout va venir si vous tirez la ficelle.
Rappelez-vous l’épisode trois « Pourquoi cet air si sérieux ? » de la première saison ?

Hé oui, Bill le bousier est amnésique. Je vois l’étincelle briller dans votre oeil de cinéphile averti. Besoin d’un indice de plus ? Auriez-vous déjà oublié l’épisode 15 « J’vais te pointer, moi ? » de la saison 1 :

Oui, notre personnage s’est découvert de manière inattendue des incroyables talents de combattant. Oui, je le vois, le voile s’est déchiré. Vous avez compris: Bill le bousier s’inspire de Jason Bourne.

Marie Kreutz: Do you have ID? Jason Bourne: Not really.

Bill le bousier s’inspire de Jason Bourne, incarné par Matt Damon à l’écran.

Si vous avez vécu le début de ce siècle dans une zone coupée d’électricité et de toutes communication avec le monde, vous avez peut-être raté en 2002 la sortie de « La mémoire dans la peau », premier volet réalisé par Doug Liman, qui fut suivi en 2004 de « La mort dans la peau », puis de « la Vengeance dans la peau » en 2007 et enfin de la sortie de « Jason Bourne » en 2016. Les trois derniers opus étant réalisés par Paul Greengrass. (si on excepte « Jason Bourne l’héritage, sorte de pin-off sans Matt Damon » de 2012 réalisé par Tony Gilroy),

Cette trilogie (ou quadrilogie ou pentalogie ou… bref) est adaptée de la trilogie de romans écrite par Robert Ludlum. La aussi, trilogie n’est peut-être pas le terme qui convient le mieux, car même sur le papier, l’univers de Jason Bourne dépasse son créateur. Après le talentueux Robert Ludlum, Eric Van Lustbader prend le relais et pond pas moins de… douze romans !

Bon, ne nous éparpillons pas.

Jason Bourne, c’est quoi ?

Le premier roman sort en 1980 et raconte l’histoire d’un homme repêché dans la mer au large de Marseille, qui ne se rappelle plus qui il est, et se retrouve bien étonné de découvrir sur lui un microfilm qui l’amène à une banque qui l’amène à un tas d’ennuis. Au travers des mésaventures qui lui tombent dessus, il va découvrir qu’il parle plusieurs langues, sait se battre, est un assassin officieux et que beaucoup de gens lui en veulent, dont la CIA, ou plutôt une branche de la CIA particulière et mystérieuse. Et surtout que Jason Bourne n’est pas son vrai nom ! Action et enquête au programme.

He was the perfect weapon until he became the target.

Le premier roman a fait des émules, on retrouve cette intrigue de l’assassin amnésique qui va enquêter pour retrouver son identité dans le scénario de la BD XIII de Jean Van Hamme et William Vance dont le premier tome « Le Jour du Soleil Noir » sort en 1984.

Et quatre ans plus tard, en 1988 donc, ce même roman a été adapté en un téléfilm en deux parties, avec dans le rôle de Jason Bourne… le comédien Richard Chamberlain !

Je m’en souviens et je vous garantis que ça dépotait quand même moins que Matt Damon point de vue combat et action.

En 2002, l’adaptation cinéma du premier roman met en contact deux personnages étonnants pour la mise sur pied d’un tel blockbuster : Doug Liman, dont « La Mémoire dans la peau » est le premier film gros budget de studio, et Matt Damon, dont ce fut le premier gros film d’action !

Et après cette aventure, qu’en disent les principaux intéressés :

Matt Damon, investi sur des détails qui font la différence : « J’ai surtout été surpris que Doug me propose le rôle. Et je me souviens n’avoir eu que 6 mois pour justement m’y préparer physiquement. Doug Liman m’avait expliqué qu’il voulait que ma démarche ressemble à celle d’un boxeur. J’ai alors contacté Terry Clayborn qui avait coaché Denzel Washington pour le film dans lequel il interprétait le boxeur Hurricane Carter. Et c’est avec lui que j’ai travaillé pendant 6 mois. »

Et Doug Liman, philosophe après le premier film : « I am an independent film maker at heart so that’ll be how I will continue to do films: Indie credibility but maybe now with the studio perks. »

 

« Indie credibility ? » C’est exactement la démarche DIY de Pamela Target.

Créer un blockbuster enregistré dans le salon ! Démarche à ne pas oublier, pour sûr ! :^))

Pour cela, on écrit et construit à trois des intrigues et sous-intrigues pour nos personnages qu’on dissémine dans les épisodes, en jouant sur la dramaturgie, certes mais aussi sur le fun et les références cultes.

Bill le bousier, interprété par Jérôme Thevenet, en fusion avec Jason Bourne.

Alors si vous vous dites maintenant avoir tout capté, avoir compris que Bill le bousier est un ancien agent de la CIA amnésique et d’en conclure : « C’est bon, je sais ce qui va se passer ». Vous vous emballez un peu vite. En effet, Jason Bourne n’est qu’une référence pour créer le personnage de Bill, et non une source d’adaptation. Donc, ce n’est pas aussi simple.

D’ailleurs, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? C’est ce que vous allez découvrir au fur et à mesure de la série.

Ce troisième épisode était l’occasion rêvée de remettre sur le tapis l’intrigue de Bill, sans tout révéler non plus. Et surtout de le faire avec l’humour qui caractérise l’univers complètement barré et funky de notre série.

Bill le bousier, amnésique ? Oui. Combattant émérite ? Oui. Ancien Militaire ? Oui mais l’étau se resserre et le passé va bientôt (ou un peu plus tard) refaire surface.

Comment ?

Venez le découvrir en écoutant le nouvel épisode de la saison deux de Pamela Target « La mémoire dans le slip » :

La PT-Team

S02 E02 : One shot, One opportunity !

Nouvel épisode,  nouveau défi ! Pour écrire les scenarii de Pamela Target, en général nous faisons progresser nos intrigues principales et secondaires et nos personnages. Une fois que la trame est bien solide, c’est à ce moment-là que nous vient l’envie d’insuffler des références ciné et culture pop : épisode après épisode.  Dans l’épisode 2 de la saison 2,  The Battle à la Notorious PIG,  titre qui nous est venu bien plus tard, vous comprendrez en lisant l’article, nous avions mis en place une rivalité  entre deux personnages.

Comment traiter cette rivalité dans un mode purement audio, tout en respectant notre dramaturgie, le fun et nos références !?

Quelles références cinéma choisir ? Un duel western à la Sergio Leone, un combat de rapières digne de Errol Flynn, un affrontement de boxe à la Rocky ?

« Fuck the beat, I’ll go acapella »

Et c’est alors que nous avons eu l’idée qui tue ! Pourquoi ce défi ne consisterait-il pas en un Battle ? Un de ces légendaires battle de rap comme on en a tous en tête, surtout si on a des réminiscences de la célèbre émission H.I.P. H.O.P de Sidney ?

Un battle qu’on tournerait en dérision, car le fun est l’ADN de Pamela Target, c’était ça l’idée !

Les premières battles remontent aux années soixante-dix, à l’époque des premiers pas du hip-hop. Un micro, deux MC, comprenez Maître de cérémonie, un DJ – Disc-Jockey, ça, vous connaissez – et c’est parti pour un défi en vers, balancé sur un flow qui déchire en surfant sur le beat du DJ. Le MC doit montrer son talent d’impro, mais aussi défoncer son adversaire. Tous les coups (verbaux) sont permis. Comment sait-on qui a gagné ? A l’applaudimètre du public qui adore !

Avec le temps, l’esprit a perduré et s’est même développé au cours de soirées Open Mic dans des lieux underground. Et dans les années quatre-vingt-dix, les battles font rage, le rap se régalant de ce genre de conflits. Des défis épiques, comme Curtis Hanson  les montre dans… « 8 Mile »  ? Et hop, la référence débarque.

« If the streets had a voice, this would be the story they tell. » 8 mile.

(C) Universal Pictures France

(C) Universal Pictures France

Bien sûr, parler d’un rappeur blanc comme Eminem pour aborder les battles, certains pourraient trouver à redire sur le côté historique. On pourrait citer DJ Kool Herc, Afrika Bambaataa ou Grand Master Flash et ainsi remonter aux sources même des battles avec les sound system dans les block-parties (ces fêtes de quartier aux Etats-Unis qui ont eu une influence très importante dans l’éclosion de la culture hip-hop, du rap, ou du dee jaying.)…

Mais pour nous, quand on disait Battle, les premières images qui nous  venaient, ce ne sont pas celles de « Boyz’n the hood » (1991) ou de « Straight outta Compton » (2015), mais bien celles des battles de « 8 Mile » (2002)!

Mamoudou Athie, who plays Grandmaster Flash in The Get Down. Photo: David Lee/Netflix

« 8 Mile », qu’est-ce que c’est d’ailleurs ?

C’est L’histoire de Jimmy Smith Junior, B-Rabbit de son nom de rappeur en herbe, qui va tenter de percer dans le rap à Détroit. Ce personnage est incarné par Marshall Bruce Mathers III, Eminem de son nom de rappeur. Alors ce film sorti en 2002, ce serait juste une fiction biographique ou une biographie fictive sur le rappeur Eminem, un biopic racontant vraiment sa vie ou une version romancée s’en inspirant ?

Curtis Hanson, le réalisateur du film, avait sans aucun doute la réponse. Mais – paix à son âme -, il nous a quittés le 20 septembre 2016… Eminem a dit de lui : « Curtis Hanson a cru en moi et à notre idée dingue de faire un film sur les battles de rap. […] Il a simplement fait de moi un acteur pour 8 Mile… ». C’est donc cela !  Le sujet de « 8 Mile », c’est la battle, bien plus que la vie d’Eminem !

Alors certes, aujourd’hui, certains de nos rappeurs français règlent leurs compte en se tapant dans les aéroports et les soirées mondaines. Pour eux, il est loin le temps où c’était le talent, la verve, la force d’impro qui tranchaient les rivalités, autour d’un micro et sans violence physique. Mais pour parler Battle, « 8 Mile » s’avère une très bonne source d’inspiration et pour nous, une référence incontournable.

 DJ ! Spin that shit ! , façon Pamela Target

Alors on a retroussé nos manches et on s’est jetés à l’eau pour notre série audio Pamela Target. Nous avons  sorti nos stylos, nos micros, immergé nos comédiens dans les vidéos des block-parties du Bronx et on s’est lâchés !

A l’enregistrement, au montage, nous avons rencontré de nombreuses difficultés. Fallait-il le même beat pour chaque duelliste ? Comment le passer ? Sur une enceinte derrière eux, mais bonjour la qualité du son de leur voix ! Leur faire écouter au casque et peut-être brider leur flow ? Leur faire découvrir en amont pour qu’ils s’entraînent un peu ? Tester une solution différente convenant à chacun d’eux ?

Nous avons essayé différentes méthodes et finalement, nous avons trouvé… Soutenu par notre beatbox humaine, Jérôme Thévenet (un peu aidé, nous l’avouerons sans honte par MATTC90), David Chamalet, notre Eminem national, a pu relever le gant avec Frans Boyer, notre super Tupac.

Et finalement, notre battle pour raconter un défi dans une série audio, elle se tient…

Le résultat ? Vous pouvez l’écouter juste ici, dans l’épisode 2 de Pamela Target saison 2 « The Battle à la Notorious PIG » :

 

S02 E01: Un nouveau modèle de «Badass Villain»

Quand nous avons commencé à travailler sur la deuxième saison de Pamela Target, nous avions Peter Pan Pan et Le Professeur Charwin comme principaux méchants de la première saison : un psychopathe et un professeur fou. Mais petit à petit est venu s’imposer à notre esprit une autre référence commune qui nous avait frappée il y a quelques années. Un méchant et un univers que nous voulions absolument citer tellement la claque visuelle avait été grande… Mais je ne vais pas tout vous dévoiler comme ça. Alors, si je vous dis :

« It is by my hand, you will rise from the ashes of this world! »

C’est par ma main que vous renaîtrez sur les cendres de ce monde !

Vous pensez à quelqu’un en particulier ?

Je vous donne d’autres indices :

Une longue crinière de cheveux peroxydés, un respirateur orné d’un râtelier de dents de cheval, une armure transparente ornée de médailles, un homme corpulent maquillé de blanc et des yeux cernés de noir. Alors ? Un portrait se dessine ?

Oui, nous parlons bien d’Immortan Joe, le méchant de Fury Road, le quatrième opus de Mad Max.

 

Tout au long du film, ce personnage mystérieux à l’allure baroque ne nous dévoilera rien de son passé. Mais son monde parle pour lui. Ces médailles à son revers pourraient laisser penser qu’il serait un ancien militaire… Son ambition démesurée ressort dans ce qu’il a bâti. Il se présente comme un demi-Dieu. D’ailleurs, ce nom « Immortan » n’est pas une faute de frappe, mais bien la contraction d’Immortal et de Man.

Il a mis la main sur une ressource clé de ce monde de sang et de violence : l’eau. Il la distribue comme un seigneur à ses ouailles, s’en servant pour les asservir, tout en leur tenant un discours moralisateur, comme toute bonne divinité démoniaque qui se respecte.

« Do not, my friends, become addicted to water, or it will take hold of you and you will resent its absence! »

Ainsi, il a pris le pouvoir. Mais comment compte-t’il le garder ? Par le fanatisme !

Il a enrôlé pour le servir une bande de jeunes condamnés par la maladie, renommés les War Boyz, qui sont prêts à se sacrifier pour lui afin de conduire éternellement sur les routes du Valhalla.

Tout ce qui touche à la voiture devient objet sacré et source de divinité.

Le dieu V8, en référence au moteur éponyme, est vénéré dans des chants, Les volants sont objets de culte. Le chrome dont ces jeunes s’aspergent avant le sacrifice relève du rituel religieux, tout comme la phrase clé, qui reste dans toutes les mémoires en sortant du film « Witness Me » lancée avant le sacrifice pour la cause de leur Dieu, Immortan Joe.

« You shall ride eternal. Shiny, and chrome. »

 

Entourés de ses guerriers et kamikazes, Immortan Joe a poussé encore plus loin sa domination par le look qu’il s’est choisi. Son masque instille la peur dans le coeur de ses ennemis, mais aussi de ses troupes. Son ambition ne s’arrête pas là, il vise à instaurer une lignée et pour cela il enferme ses femmes dans un coffre. Les autres qu’il ne peut engrosser endosseront le rôle de mère laitière, condamnées à produire du lait sous trayeuse.

Vision qui met la femme loin – mais très loin – du pied d’égalité.

Derrière ce monde barré se cache bien sûr la vision incroyable du réalisateur Georges Miller.

Il reprend les rennes trente-cinq ans après « Mad Max 3 » pour délivrer un nouvel opus visuellement époustouflant. Georges Miller qu’il ne faut pas cantonner aux quatre Mad Max. On peut rappeler qu’il a aussi réalisé « Babe le cochon devenu chien de berger » ainsi que « Happy Feet » ! Réalisateur de film pour enfants et de la sauvagerie madmaxienne, c’est incroyable, voire schizophrénique, non ? Laissons parler l’intéressé dans cet extrait d’une interview accordée à Première :
Crédits photo Créateur :Mark Mohell Droits d'auteur :National Portrait Gallery Informations extraites des métadonnées photo IPTC

Crédits photo: Créateur :Mark Mohell Droits d’auteur :National Portrait Gallery Informations extraites des métadonnées photo IPTC

 

« Schizophrénique ? Mais c’est notre nature à tous, non ? D’un côté laisser s’exprimer sa rage et ses pulsions, de l’autre s’efforcer de les maîtriser. C’est une lutte morale vieille comme le monde. On y est confronté dans les moments les plus intimes de la vie. Et c’est ce qui crée la peur qui pousse tant d’entre nous vers les croyances religieuses. »

Merci de cette précision, Georges.

Mais revenons à notre vilain ! Celui de Pamela Target.

S’inspirer de ce personnage d’Immortan Joe pour créer un roi fou, avide de pouvoir prenait tout son sens pour nous dans la deuxième saison de notre série audio. D’autant plus que ce roi ne sort pas de nulle part, il s’agit d’un personnage que vous avez déjà découvert dans la première saison. Qui ? Venez donc écouter « Quelle Belle journée à la Mad Max ! » le premier épisode de la nouvelle saison de Pamela Target pour le savoir.

A bientôt pour un nouvel article,

La PT-Team.