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Archive de l’étiquette nucléaire

Comment le cinéma a appris à aimer la bombe… ou pas.

La bombe nucléaire, ça crée des radiations, ça provoque des cancers, ça explose à tort et surtout à travers, ça donne des milliers de morts d’un coup, ça marche au nucléaire qui génère des déchets dont on ne sait plus quoi faire, à part pourrir la planète avec. Bref, la bombe nucléaire, c’est pas le must du top cool. Il paraît même que son utilisation fait bondir en avant l’horloge de l’apocalypse, celle qui sonne la fin du monde à minuit, c’est vous dire. Mais contre toute attente, la bombe a un avantage ! Elle a donné pléthore et kyrielle de scénarios et de situations dramatiques qui ont abouti à d’innombrables films dont quelques oeuvres immortelles qui marqueront l’histoire du septième art, sans laisser de déchets nucléaires derrière elle.

Elles auraient été quatre avec des chevaux, on les aurait appelées les quatre cavalières de l’horloge de l’apocalypse. Mais bon…

Comme source de film catastrophe, on s’en doute, la bombe nucléaire se pose là.

Et Dieu seul sait que des films catastrophes, on peut en faire à partir de tout et n’importe quoi. Mais de tout cela, nous reparlerons dans un autre article. La bombe donc, on l’a traité de plusieurs manières au cinéma. Et tout d’abord, comme cause de la fin du monde !

La bombe, responsable de la fin du monde !

Do you think you’re the only one that’s suffered ? We’ve all been through it in here. But we haven’t give up. We’re still human beings, with dignity. But you ? You’re out there with the garbage. You’re nothing.” – Papagallo

Notons que le premier film à traiter du nucléaire date de 1951. Il a été écrit et réalisé par un homme nommé Arch Oboler et se nomme “Les cinq survivants”.

Le film met en scène les cinq derniers survivants (à juste titre) du cataclysme nucléaire. Quatre hommes et une femme enceinte (ça ferait pas six, ça ?) ! Comment vont-ils (sur)vivre maintenant ? La réponse fera ressortir les travers et autres défauts de l’humanité. je ne vous en dirait pas plus pour ne pas spoiler.

William Phipps, Earl Lee et Susan Douglas Rubes, Trois survivants  sur cinq…

De manière plus fantastique, “Day The World Ended”, sorti en 1955 et réalisé par Roger Corman, met en place un groupe de survivants après l’holocauste nucléaire. Mais ceux-ci se retrouvent face à un homme irradié qui a muté et devient petit à petit… cannibale.

Mais si pendant un temps, les survivants de l’apocalypse ont été les premiers à être filmés, après, c’est la nouvelle société issue du chaos nucléaire qui fut montrée et analysée.

Comme dans l’anticipation de manière générale, l’idée est de faire ressortir les travers de l’humain voire même au sens plus large les dérives de la société.

D’ailleurs, ce type de film montrant un monde post-apocalyptique a pris un nom: les films post-apo.

Mad Max 2, le défi” de Georges Miller sorti en 1981 en est un bel exemple. La société s’est reconstruite petit à petit mais de manière primitive, avec quelques objets modernes, voitures, armes à feu… et dans cette société, règne la loi du plus fort, et parfois du plus malin, s’il a de bonnes jambes ! Bref, un monde brutal et sans pitié.

Le monde post-apo de MadMax 2, The Road Warrior -1981

Mais de manière plus sophistiquée, on peut penser aussi à “Equilibrium”.

Ce film, réalisé par Kurt Wimmer et sorti en 2002, met en scène une société déshumanisée où les hommes ont décidé de se priver de leurs émotions à l’aide d’une drogue, le prozium – toute ressemblance avec le prozac serait purement fortuite ou pas -.

Le monde post-apo d’Equilibrium -2002

Mais pourquoi donc cette lubie bizarre ? Tout simplement car un conflit nucléaire a ravagé le monde et que les survivants se sont dits que l’usage de la bombe, c’est la faute à l’émotivité et aux émotions négatives. Alors autant supprimer les émotions et tout ira mieux !

Christian Bale et Sean Bean font les frais de cette décision, faisant partie de la brigade chargée de chasser ceux qui refusent de brider leurs émotions, les viles racailles !

Dans les deux premiers cas, on est pile poil après la fin du monde et ce sont les quelques survivants qui nous intéressent. Puis, ce sont des sociétés reconstruites un certain temps après la guerre nucléaire. Et finalement, des sociétés reconstruites longtemps après la bombe.

Elle reste la source de destruction qui donne un monde nouveau, à bâtir, en construction ou totalement finalisé. La bombe au cinéma, c’est la mort mais parfois, c’est aussi la menace de mort.

La bombe comme menace à enrayer

Gentlemen, you can’t fight in here ! This is the war room !” – President Merkin Muffley

En effet, de nombreux films se sont penchés sur comment empêcher que la bombe explose. Ou comment la faire exploser !

En 1964, un ovni sort sur nos écrans, “Docteur Folamour ou comment j’ai appris à aimer la bombe” de Stanley Kubrick. Satire militaire mordante mettant en scène un personnage de savant fou, joué par Peter Sellers, qui va pousser tout le conseil de guerre des Etats-Unis à utiliser la bombe pour régler les problèmes de guerre froide avec les russes.

Et le film finira effectivement par des bombardements. Mais pas avant que le docteur Folamour et l’élite de la nation se soient réfugiés en sécurité, se préparant à devenir les survivants de l’apocalypse évoqué dans le chapitre précédent.

Lâcher de bombe dans Dr Folamour ou comment j’ai appris à aimer la bombe  – 1964

Après cette explosion de comédie, la bombe atomique est abordée sous l’angle de la peur. Plusieurs films vont mettre en scène de vaillants héros chargés d’empêcher que de vils trafiquants, terroristes, maniaques psychotiques et autres foudingues assoiffés de fin du monde fassent exploser des ogives nucléaires pour meubler leur week-end.

On peut penser à titre d’exemple à “La somme de toutes les peurs”, nouvelle aventure de Jack Ryan, réalisée par Phil Alden Robinson en 2002. Avec dans le rôle de Jack Ryan, non plus Harrison Ford mais… Ben Affleck. Ce dernier, aidé par un autre agent de la CIA, va tenter de déjouer un complot visant à commettre un attentat nucléaire contre les Etats-Unis.

Autre exemple, moins connu, “Le pacificateur”, film de Mimi Leder sorti en 1997. Là encore, vol de têtes nucléaires par des terroristes plutôt russes d’ailleurs. Mais dans ce film, une fois n’est pas coutume, c’est une femme qui va être l’héroïne sauveuse du monde, le Docteur Julia Kelly jouée par Nicole Kidman, bon, aidée pour la circonstance par le lieutenant colonel Thomas Devoe, incarné par Georges Clooney.

La bombe nucléaire représente toujours l’ennemie, mais celle qu’on peut combattre, pas celle qui nous a détruit d’entrée. Et parfois, elle devient même un allié !

La bombe comme moyen de détruire le danger !

Life is a journey, not a destination” – Armageddon

Hé oui, cette bombe nucléaire qu’on craint, et bien devant des ennemis encore plus dangereux qu’elle, elle devient le dernier recours pour se défendre.

Tout d’abord, le cas de la menace impossible, nos éternels ennemis les aliens ! Quoi de mieux qu’une bonne ogive nucléaire dans la tronche pour leur dire gentiment de rentrer chez eux et d’aller envahir ailleurs !

C’est le défi que relèvent les héros de “Independance Day”, film de Roland Emmerich sorti en 1996. Avec Will Smith en pilote de chasse au taquet pour dégommer de l’alien et Bill Paxton en président des Etats-Unis prêt à tout pour donner l’exemple.

Il faut reconnaître que la partie de chasse entre Will Smith, alias le capitaine Steven Hiller et les aliens en chasseurs stellaires aurait pu figurer dans notre article sur les films d’aviation. (rappelez-vous, c’était ici).

Will Smith, le petit cigare avant le gros boum !

Et deux ans après, en 1998, un nouvel ennemi surgit qui va nécessiter qu’on ressorte le nucléaire. Des aliens encore plus sauvages ? Non, juste un gros météorite qui va percuter la terre ! Dans le célèbre “Armageddon” réalisé par Michael Bay qui a valu à Bruce Willis un nouveau succès dans le rôle du sergent Harry Stamper, notre sergent va mener une équipe au cœur du météorite agressif pour y déposer une charge nucléaire qui est censée régler le problème.

Dans les deux opus cités, la bombe nucléaire va tout résoudre et se débarrasser des ennemis. Mais à côté de ces films où le spectaculaire joue la surenchère et où le nucléaire sauve le monde, il est d’autres films qui n’oublient pas que la bombe, ça peut faire mal, pas seulement dans l’immédiat mais aussi sur le long terme.

La bombe nucléaire comme cause de maladie et mutation

J’ai vécu l’enfer de la bombe ! Rien me fait peur maintenant ! Je peux affronter toutes les difficultés ! Je vais avoir la belle vie !” – Gen d’Hiroshima

  • De manière symbolique.

On pourrait citer Godzilla de Ishiro Honda de 1954, où les essais nucléaires américains donnent naissance à un monstre assoiffé de destruction qui vient… détruire le japon. Mais pour en savoir plus sur Godzilla, vous pourrez lire notre article traitant de ce Kaiju qui a traversé les ans ici.

  • De manière beaucoup plus dramatique, mais fictive

On ne peut parler de la bombe nucléaire et de ses effets au cinéma sans citer “Pluie Noire” de Shohei Imamura, sorti en 1989 et tiré du roman de Masuji Ibuse. Tout commence le 6 aout 1945 à Hiroshima. Explosion, destruction. Et alentour, des campagnards qui vivent leur vie sous la pluie noire tombant après le désastre.

Mais cette pluie noire porte la radiation à ceux qu’elle touche, et donc la maladie. Et effectivement, quelques années après, ces personnages vivant dans un village paisible vont voir leur vie décliner, happée par la maladie, la méfiance de ceux qui les entourent, la folie qui s’étend. Parmi eux, la jeune Yasuko, qui voit petit à petit son monde péricliter, en plus des privations d’après-guerre. Un drame dur sans jamais tomber dans le mélo. A voir, ou à revoir…

Yoshiko Tanaka, qui joue Yasuko. Une goutte de pluie noire, et toute une vie bascule…

Et comment évoquer les effets du nucléaire sans parler du film d’animation “Gen d’Hiroshima”, réalisé par Mamuro Shinzaki et sorti en 1983, adapté du manga de Keiji Nakazawa publié entre 1973 et 1985.

Les premières minutes du film, sur l’explosion d’Hiroshima, devrait convertir n’importe quelle personne ayant toute sa tête à la destruction massive des armes nucléaires.

Dans le film, après le drame, c’est Gen, son frère et leur tentative de survie dans un japon détruit que nous suivons au jour le jour.

Ce film a eu une suite sortie en 1986 et, ce que l’on sait moins, a été précédé d’une trilogie en prise de vue réelle sortie en 1976, 1977 et 1980.

Et si ça ne vous suffit pas, allez donc voir “Dans un recoin de ce monde”, réalisé par Sunao Katabuchi, sorti en 2016 et adapté du manga de Fumiyo Kono. Ce film racontant la vie dans la région d’Hiroshima avant, pendant et après la bombe au travers du quotidien de la jeune Suzu a récolté le prix du Jury au festival du film d’animation d’Annecy.

  • Et encore plus dramatique, mais malheureusement réel.

Pour ceux qui croient que les effets néfastes de la bombe nucléaire c’est de la fiction, il faut parler du film “Le Conquérant” de Dick Powell sorti en 1956.

Le film raconte la vie de Temujin – incarné par John Wayne -, qui deviendra le redoutable Genghis Khan (Temujin, hein, pas John Wayne). Quel rapport a le nucléaire avec la vie des hordes de Genghis Khan ? Aucun.

Mais le tournage de ce film est tristement instructif à plus d’un titre. Le tournage s’est déroulé en 1954 aux environs de Yucca Flats, site d’essai nucléaire de l’armée américaine dans les années cinquante.

L’équipe de tournage, sans le savoir, est donc exposée aux radiations soufflées par les vents de l’Utah. Et à de grosses doses de radiations, du genre à affoler les compteurs Geiger.

 

Sur les deux cent vingt personnes présentes pour le tournage, quatre-vingt onze auront un cancer dans les années qui suivent et quarante-six en mourront, dont… John Wayne en 1979.

Le nucléaire ne détruit pas seulement nos vies, et les menaces alentours, dans une explosion cataclysmique, mais il grignote nos corps de l’intérieur par l’intermédiaire des radiations, petit à petit, dans la souffrance, inexorablement.

S’il ne faut pas oublier ces faits graves, on peut néanmoins reconnaître au cinéma de savoir aussi atténuer l’impact de l’horreur. En effet, parfois, la bombe nucléaire, c’est juste, pour de vaillants héros, un obstacle à surmonter.

La bombe comme obstacle à affronter

Quand on parle du loup, on en voit le masque.” – Bane

Hé oui, on peut citer deux héros, à la limite du super-héros, qui ont affronté la bombe et y ont survécu haut la main.

Tout d’abord, Batman dans “The Dark Knight rises” de Christopher Nolan, film sorti en 2012, où le justicier masqué, joué par Christian Bale, s’envole dans les airs en Batplane pour emmener loin de Gotham une bombe nucléaire. Explosera-t-il avec ? La réponse est déjà connue de tous.

Tom Hardy et Christian Bale, une petite valse avant la fatidique Heure H ?

Et le second, non le moindre, c’est Indiana Jones dans “Indiana Jones et le royaume du crâne de Cristal” sorti en 2008 et réalisé par Steven Spielberg. Là, Indy se retrouve dans une fausse ville destinée à être soufflée par la fameuse bombe ! Notre héros a le réflexe de se réfugier dans un frigidaire pour se protéger. Bonne idée car le frigo est soufflé dans les airs et s’écrase plus loin. Indiana n’a plus qu’à s’extraire de l’appareil électro-ménager et à reprendre la course folle de ses aventures.

 Karen Allen et Harrison Ford, après l’explosion nucléaire et d’autres déboires, le grand sourire !

Et c’est ce clin d’oeil que nous avons choisi comme référence pour le nouvel épisode de Pamela Target “Les X-Animen et le frigidaire de cristal” :

Ce que l’on peut dire c’est que la bombe nucléaire est bonne pour la santé du cinéma bien plus que pour la nôtre. Et vous avez remarqué, on a pu vous présenter tout un article sur la bombe sans une seule image de champignon nucléaire. Comme disaient les anciens d’avant l’apocalypse, quand on veut…

Et vous, quels sont vos souvenirs de films traitant de la bombe ? Votre vision de la bombe nucléaire au cinéma ? Dites-le nous en commentaire…

Les 5 raisons pour lesquelles vous devriez parler de Godzilla en soirée

Cette année, débarque sur nos écrans un nouveau film de monstre, ou même de monstreS devrait-on dire. “Godzilla, King of monsters” qui va réunir les plus grands bestiaux légendaires du cinéma nippon.

Toutes ces charmantes créatures se regroupent sous le terme générique, et japonais, de Kaiju ! Et les films où ils s’illustrent sont des Kaiju Eiga. Jusqu’ici, tout va bien.

Et donc, se préparent avec ce roi des monstres un beau Kaiju Eiga Américain. Car il faut préciser que pendant des années, les japonais avait la main mise sur ce type de film, à quelques exceptions près, comme l’inoubliable King Kong de 1933 réalisé par Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper.

Mais les kaijus, faut reconnaître qu’on les adore, et on en parle depuis un petit moment dans notre série, comme vous avez pu le découvrir dans l’épisode 12 de la saison 1 “Kaiju, Just Run” :

Et quitte à parler de Kaïju, on pourrait s’attarder un instant sur le plus célèbre d’entre eux, le bizarrement nommé GODZILLA !

Le seul monstre qui a réussi à nous rappeler à travers les âges les méfaits du nucléaire et le riff mortel de Led Zeppelin qui lance leur cultissime Kashmir !

Alors un Kaiju écolo-rock qui a atteint l’âge de la retraite, ça se fête.

Hé oui, on vous parle de retraite car le petit Godzilla vit le jour en 1954 dans le film éponyme de Ishiro Honda. Ce qui lui fait soixante-cinq ans au compteur. Ah, nous avons parlé trop vite, avec la retraite à soixante-sept ans, Godzilla va devoir encore se remuer un peu le popotin avant de se reposer.

Et c’est ce qu’il compte faire cette année en organisant une méga teuf avec tous ses potes dans “Godzilla King of monsters”.

1. GODZILLA, C’EST TOUJOURS D’ACTUALITE, COMME LE NUCLEAIRE

I can’t believe that Godzilla was the only surviving member of its species… But if we continue conducting nuclear tests, it’s possible that another Godzilla might appear somewhere in the world again.” – Kyohei Yamane-hakase

 

Sur le pont d’Avignon, on y danse…, sur celui de Tokyo, c’est plus chaud…

Mais bon, revenons en 1954 où un film sort sur les écrans japonais, qui va changer la face du monde. En tout cas celle de Tokyo. En effet, petit résumé, les essais nucléaires américains dans le pacifique ont eu une conséquence désastreuse, ils ont réveillé un monstre souterrain, Godzilla. Assez agacé d’être interrompu en pleine sieste millénaire, Godzilla va ravager tout ce qu’il trouve sur son chemin. Ca tombe bien, y a un petit archipel à piétiner pas loin. Bon, cet archipel, c’est le Japon, et Godzilla va se lâcher. Heureusement, à la fin, une puissante arme l’atomise et tout rentre dans l’ordre. Bref, un film de monstre. Mais en y regardant de plus près, ça va un peu plus loin. Tout d’abord, Godzilla, né du nucléaire, en devient le symbole tout puissant. Il ravage tout dans sa fureur aveugle comme le ferait une bombe. Il crache un souffle radioactif.

Les images des blessés débordant les hôpitaux renvoient les spectateurs à un triste passé qui a à peine plus de dix ans.

Dans le film, les Etats-Unis sont responsables de ce bazar. Là encore, le message sous-jacent est assez clair.

Mais les messages ne s’arrêtent pas là. Il faut inventer une arme plus puissante pour arrêter le Kaiju. Rappelant que la violence engendre une violence plus dure encore. Et le savant qui fait ce choix dans l’histoire prend une décision lourde de conséquence, il se sacrifiera avec son arme en arrêtant Godzilla car il sait que l’humanité n’est pas prête à disposer de quelque chose de plus puissant que le nucléaire.

Derrière la victoire sur le monstre, il y a un message fort pour les générations à venir qui n’est pas uniquement “attention, le nucléaire c’est mal”.

Le film fut un succès considérable.

Tellement considérable qu’il a déclenché un souffle godzillien sur le monde. Pas moins de seize films sur vingt-et-un ans, jusqu’en 1975 où tout tourna court avec “Mecha Godzilla contre-attaque” de Ishiro Honda. La boucle est bouclée. En effet, Jun Fukura, Motoyoshi Oda et Ishiro Honda ont réalisé à eux trois les seize films.

Tous ces films sont regroupés sous le nom de films de l’ère Showa.

Godzilla confirme aussi la technique de tournage, loin des images de synthèse, où un acteur enfile une lourd costume solidement charpenté par des armatures, le tout pouvant atteindre les cent kilos.

Le comédien qui joue Godzilla teste le costume !

2. LES COMBATS DE GODZILLA, C’EST AUSSI SEXY QU’UN MATCH DE CATCH. 

He’s a product of civilisation. Men are the only real monsters. Godzilla’s more like a nuclear weapon.” – Dr. Hayashida

Là, pendant neuf ans, plus de Godzilla. Le monstre serait-il reparti pour une sieste éternelle ?

C’était compter sans le fait que l’année 1984 marque, non pas l’arrivée de l’année effroyablement décrite par Georges Orwell dans son roman éponyme, mais bien les trente ans de Godzilla !

Godzilla en couleur, ça fait peur.

Et pour fêter ça, Koji Hashimoto réalise “Le retour de Godzilla”. Film qui marque le début des films de l’ère Heisei, avec pas moins de sept opus au compteur entre 1984 et 1995.

Tout cela finit en apogée avec “Godzilla versus Destroyah” de Takao Okawara en 1995.

Notons que sorti du retour de Godzilla, tous les autres films de cette période oppose Godzilla à d’autres Kaijus pas piqué des hannetons, citons dans le désordre, Biollante, Space Godzilla (sérieusement ? Oui), MechaGodzilla (oui, encore lui), King Ghidorah et Mothra (La mite géante, si, si), tous deux aussi déjà présents dans l’ère Showa.

Notre Kaiju serait devenu juste bon à enfiler des gants et à affronter des adversaires dans des matchs de catch dont les tours de Tokyo formeraient le ring ?

Les films de l’ère Heisei semblent avoir perdu le message de la première période. Et aussi Ishiro Honda, qui ne reprendra pas le flambeau. Et qui d’ailleurs ne le reprendra plus car il nous quitte en 1993, l’année où sort “Godzilla versus Mechagodzilla 2”. Deux ans avant la fin de l’ère Heisei et un nouveau sommeil du monstre.

Mais cette deuxième pause permet à Roland Emmerich, en 1998, de sortir son Godzilla, mettant en scène Jean Reno (non, pas dans le rôle du monstre mais d’un agent secret Français).

Jean Reno agent secret français dans le Godzilla de Roland Emmerich 

Ce Godzilla dont la musique restera iconique pour les puristes, car elle fait se rencontrer Puff Daddy et Led Zeppelin sur une adaptation du Kashmir évoqué en intro. La boucle serait bouclée ?

3. GODZILLA, C’EST LE MONSTRE ULTIME DE l’UNIVERS DES MONSTRES (OU MONSTERVERSE).

We scientists produced this monster… Godzilla. And ever since, we tried to destroy him.” – Shiro Miyasaka

Rien n’est moins sûr. Les Japonais décident de reprendre la main en 1999 avec “Godzilla 2000” de Takao Okawara.

Et c’est reparti pour de folles années jusqu’en 2004 avec “Godzilla final Wars” de Ryuhei Kitamura où tout se mélange : vaisseau spatial, manipulation génétique, monstre, aliens, minigodzilla et on en passe. Ce film sorti pour les cinquante ans de Godzilla marque la fin de l’ère des films Millenium entamée avec “Godzilla 2000”.

Et le montre se rendort. Un court retour en 2007 pour un petit caméo (ou apparition fugace) et puis plus rien.

Gareth Edwards, en profite pour réaliser son Godzilla aux US en 2014 qui prépare le terrain au “Kong, Skull Island” de Jordan Vogt-Roberts sorti en 2017. Les deux films lancent le monsterverse !

Le monsterverse, ça peut donner ça :

C’est mieux que ça, après tout:

Ca va se compliquer encore un peu, car si les états-unis lancent le MONSTERVERSE, à l’image du cinematic universe de marvel et de celui de DC, mettant en scène des monstres issus de différentes licences dans un même film, les Japonais n’ont pas dit leur dernier mot avec en 2016 “Godzilla Resurgence” de Shinji Higuchi et Hideaki Anno qui va être suivi de trois films en deux ans marquant le retour en fanfare de Godzilla sur l’archipel.

Et nous voilà aujourd’hui, avec “Godzilla : King of monsters” de Michael Dougherty qui débarque, réunissant Godzilla, donc, mais aussi King Ghidorah, Rodan et l’inévitable Mothra (rappelez-vous, la mite géante). Ce film s’intègre au monsterverse évoqué plus haut et annonce “Kong Versus Godzilla” prévu pour 2020 et réalisé par Adam Wingard.

A la lecture de tout cela, vous comprendrez que la série mythique des Sharknado devient d’une simplicité consternante. (pour ceux qui ne connaissent pas il s’agit d’une série où des requins tombent du ciel au large du Mexique). 

Mais laissons là les requins volants pour revenir au Kaiju.

Godzilla est le phare de ces monstres et en introduit même certains d’entre eux dans ses films (on ne citera pas à nouveau Mothra, c’est promis). En-dehors des longs métrages, il y a eu des séries et des jeux vidéos (le plaisir incroyable de pouvoir jouer Mothra avec votre manette PS4 mais bref…)

Mothra, du pur gameplay ! On vous avait prévenus…

4. AVEC SES 37 FILMS, GODZILLA EST LE KAIJU INCONTOURNABLE 

In a word… her birth was an accident, and so was her death. Old people have always said… that an animal which kills a human… should be torn limb from limb. That it’s a human’s duty to do so. Until I slit that beast’s stomach… and at least find Hyun-seo’s body… I’ll never leave this world in peace.” – Park Hie-bong

A côté de cela, dans l’ombre de Godzilla, il y a aussi d’autres licences. Gamera, par exemple, et ses treize films ! King Kong et ses dix films (dont “King Kong contre godzilla” de Ishiro Honda sorti en 1962). Mais avec ses 37 films, il va être difficile de détrôner Godzilla, le patriarche des Kaiju !

Et dans la trace du patriarche, un lot de films mettant en scène un monstre apparaissant le temps d’une pellicule, comme “Cloverfield” de Matt Reese en 2008 ou aussi notre petit chouchou, “The Host” de Bong Joon-ho sorti en 2006, qui nous offre un film aux multiples lectures doté d’un humour grinçant et d’un sens du contretemps admirable.

Mais où il est parti le monstre de « The Host » ?

Bien sûr, on pourrait parler de Pacific Rim où les Kaijus jouent un rôle clé, mais nous gardons cette exception pour un autre article à venir afin de revenir à Godzilla.

Godzilla, dont le nom serait dû au mix entre celui de baleine et de gorille (en japonais of course), n’a pas fini de faire parler de lui.

5. PAMELA TARGET ENTRE DANS LE MONSTERVERSE AVEC SON GODZILLAPIN 

Et avec de telles sources animalières, et surtout pour marquer notre profonde admiration à ses films, nous ne pouvions faire moins que de placer une référence dans le nouvel épisode de Pamela Target intitulé sobrement “Godzillapin, Fuyez” :

PTS02E08

Et pour finir sur une note d’humour :

Non, ce n’est pas une parodie, c’est un extrait de “Invasion planète X” de Ishiro Honda, sorti en 1965 ! resté dans les annales sous le titre de la danse de Godzilla.

Et vous, quel est votre kaiju préféré ? Venez nous le dire en commentaire !

 

A bientôt,

la PT-Team