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Archive de l’étiquette Brad Pitt

Les pires idées à ne surtout pas piquer aux équipes de héros au cinéma pour développer le collectif au bureau

Le cinéma nous a livré dans différents genres tout un tas d’équipes de (super) héros, d’aventuriers, de mercenaires, de voleurs, soldats et bien plus encore. Alors c’est vrai qu’il y a plein de bonnes raisons de rejoindre une équipe : à plusieurs, on fait plus de choses, on apprend les uns des autres, on sort de sa solitude, on apprend à s’aimer soi-même, et blablabla, que de jolies raisons… issues de deux mille ans de morale Judéo chrétienne et de scoutisme où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Mais la vérité est ailleurs !

Nous, on va vous expliquer pourquoi, selon nous, ce n’est vraiment pas cool d’intégrer une équipe comme celle des (super) héros au bureau !

Le recrutement  : Quelque soit votre (sale) caractère, il y a toujours une équipe pour vous accepter

Franchement,  des boulets, comme héros, nous  en avons un paquet au cinéma.

      – « No Comment. » Logan

 

  • L’individualiste forcené

Prenez un peu de recul et répondez honnêtement à cette question: s’il fallait se baser uniquement sur le caractère, qui aurait envie d’avoir dans son équipe un individualiste forcené, râleur et chiant qui passe son temps à vous envoyer paître, à n’en faire qu’à sa tête et à empaler tout ceux qui se mettent sur son chemin, comme Logan, plus connu sous le nom de Wolverine ?

Logan sévit dans X-Men. Le premier X-Men date de 2000 et a été réalisé par Bryan Singer.  Il s’agissait d’adapter la série de comics de Stan Lee et Jack Kirby ayant démarré en 1963. Trente-sept ans d’histoire, vous voyez le challenge !

Wolverine (Logan de son petit nom) apparaît dans une histoire Marvel en 1974 et on le retrouve pour la première fois chez les X-Men en 1975. Ça réduit le challenge de Bryan Singer à vingt-cinq ans.

Uniquement présent au départ car il fallait un super-héros canadien dans l’équipe, Logan trouve sa place au fur et à mesure des années. Ce personnage irascible et sans pitié submerge le cœur des fans et devait donc être forcément présent dans l’adaptation cinéma. Là encore, incarné par Hugh Jackman, il s’incruste si fort dans le cœur des nouveaux fans (encore) qu’il est de tous les films et développe même sa propre trilogie !

X-Men Origins : Wolverine de Gavin Hood en 2009, qui laisse une impression bizarre d’inabouti,

Wolverine, le combat de l’immortel de James Mangold en 2013, qui relance la machine

et le crépusculaire Logan de James Mangold (encore lui) en 2017.

 

Franchement, vous voudriez vraiment arriver le lundi matin et vous retrouver avec un Logan dans votre équipe ?

Imaginez la scène :

« – Logan, à propos du dossier Bidochon, vous en êtes où ?

– Nulle part, et je m’en fous.

– Logan, ça ne pourra pas durer éternellement, cette attitude négative.

– Mon attitude négative et moi, on déglingue Magnéto ! c’est pas un tâcheron comme toi qui va m’apprendre à mener ma vie. Alors dégage de mon bureau.

– Logan, nous sommes dans mon bureau…

– Ca c’était avant ! (regard méchant alors qu’il plante ses griffes dans votre clavier, et vous sortez)”

Vous voyez le tableau !

A première vue, le caractère de Logan semble insupportable à gérer. Il est une forte tête, qui se fiche de la hiérarchie, limite anarchiste, et en plus, il est quasi-immortel. Il passe son temps à vider des bières et à vous regarder méchamment. Certes c’est un solitaire, indépendant, sans pitié, mais avec un grand coeur. Et quoique l’on puisse dire, plus d’une fois, il a fini par sauver la mise aux X-men, et on aime Logan pour toutes ces caractéristiques…  Mais si vous avez un peu d’expérience du management d’équipe, vous savez que la réponse est non, on ne le prend pas dans son équipe !

  • Le jusqu’au boutiste

Prenons un deuxième exemple. Si nous vous disons Rorschach, vous pensez soit au psychodiagnostic de Rorschach inventé par le docteur éponyme en 1921, soit à l’un des membres de l’équipe des Watchmen.

 

Watchmen est une série de comics publié de 1986 à 1987 est créé par Alan Moore et Dave Gibbons. Mais vous connaissez peut-être la version cinématographique de Zack Snyder paru en 2009.

Rorchach, de son vrai nom Walter Kovacs, est un personnage qui a tendance à régler les problèmes en balançant les responsables dans le vide-ordures. Il s’affuble d’un masque noir et blanc rappelant les tâches que l’on trouve dans les planches dessinées du Docteur Rorschach (d’où son nom de super-héros). C’est Jackie Earle Haley qui tient ce rôle.

Pour dire les choses simplement, Rorschach est violent, meurtrier et limite psychopathe. Il a oublié le sens du mot douche (ça fait perdre du temps alors qu’il y a tellement de criminels à purger) et celui du mot loi (c’est pour les gens qui ont du temps à perdre alors qu’il y a tellement de criminels à purger) .

Honnêtement, lundi matin, arrivée au bureau,

“- Snif, snif, ah, ça pue, Rorschach est arrivé. Je m’y ferais jamais… Bonjour Rorschach, vous en êtes où sur le dossier Bidochon ?

– J’ai découvert que Bidochon gonflait ses prix.

– Ah ? vous avez négocié ferme alors ?

– On ne négocie pas avec le mal.

– Euh… Mais alors…

– Je l’ai noyé dans les toilettes de votre bureau.”

Voilà voilà…

L’intransigeance du personnage et son côté jusqu’au-boutiste ont touché beaucoup de gens. Il est celui qui sent dès le départ que quelque chose cloche dans le suicide d’un ancien super-héros et il ne lâchera jamais avant de trouver la vérité.

Et malgré son côté… intolérant, il trouve toujours bon accueil chez son ami Dan Dreiberg, ancien Watchmen aussi et il est même toléré par d’autres membres de l’équipe. Bref, il a trouvé un endroit où on l’écoute, mais ce ne sera pas votre bureau.

  • Le dépressif chronique

Un troisième pour la route, Avec Frodon, le hobbit, membre de la communauté de l’anneau chargé d’aller détruire l’anneau du mal dans les laves du volcan de Mordor dans le récit en trois volumes “Le Seigneur des Anneaux” de J.R.R. Tolkien paru en 1954 et 1955.

Vous pensez alors au doux visage de Elijah Wood qui joue le rôle dans les trois films de la trilogie de Peter Jackson parus en 2001, 2002 et 2003 !

A priori, celui-ci, vous vous dites “Oh ben non, un gentil hobbit, c’est le pied (poilu) dans son équipe”.

Frodon ou l’incessant questionnement existentiel : »Mais… Comment vais-je faire pour me sortir de là… Suis-je vraiment fait pour cette mission ? »

Frodon est un hobbit, comprenez, il est petit, souriant, incapable de se battre de base. Mais en plus, ce Hobbit-là, rongé par le doute, devient d’une lancinante incapacité à mener sa mission. Le type qui vous pompe votre énergie tellement il déprime. D’ailleurs, sans Sam Gamegie, Frodon ne s’en sortirait pas, de sa mission.

Et bien malgré cela, on l’accepte dans la communauté de l’anneau. Aux côtés des elfes archers olympiques, des nains machines de guerre et des humains ardent défenseur des libertés. Tout le monde est content du gentil Hobbit.

Même nous, d’ailleurs. Malgré sa dépression chronique – alors oui, l’anneau du mal ultime qu’il transporte y est pour quelque chose, il faut le reconnaître -, on le supporte. Mais repensez-y, lundi matin, bureau…

“- Bonjour Frodon, vous en êtes où sur le dossier Bidochon ?

– Je ne sais pas, la tâche semble tellement dure, je perds pied, je n’y arriverai jamais.

– Pas de panique, vous l’appelez, prenez rendez-vous et présentez-lui le contrat.

– L’appeler ? Mais le téléphone semble tellement loin, c’est comme si une force intérieure m’empêchait de tendre la main jusqu’au combiné.”

Vous regardez le calendrier et vous réalisez que Frodon doit passer ce coup de fil depuis trois mois et soudain, devant son regard désespéré errant du téléphone à ses mains, vous aussi, vous vous sentez très très fatigué… et cela vous fera dire: TU NE PASSERAS PAS ta période d’essai.

 

La communication  : Dans une équipe de héros, il y a toujours quelqu’un pour rigoler de vos vannes, aussi pourries soient-elles

– « Rest in pieces. » Barney Ross

Oh Yeah !

Prenons l’équipe des Gardiens de la Galaxie, film réalisé par James Gunn en 2014 et issu tout droit d’un comic Marvel réalisé par Dan Abnett et Andy Lanning paru en 2008. La série initiale est plus ancienne, et la première équipe (qui n’est pas celle adaptée au cinéma) date de 1969.

Dans le film, Peter Quill, joué par Chris Pratt, et ses compagnons parcourent l’espace pour sauver la galaxie ou pour sauver leur peau, selon les situations – et les points de vue – et histoire de garder le moral, on a droit à un festival de blagues :

« – Les métaphores lui passent au-dessus de la tête.

– Rien ne peut me passer au-dessus de la tête. Mes réflexes sont trop rapides, je l’attraperai. »

Bien envoyé (au-dessus de la tête)…

 

« C’est une pratique courante le balai dans le cul ? Ça doit être douloureux ! »

On veut son dictionnaire de vannes.

 

« – Je viens de sauver Quill.

– On est tombé d’accord pour dire que bombarder quelqu’un c’est pas le sauver !

– Quand ça on est tombé d’accord ?

– Mais il y a 3 secondes !

– J’avais la tête ailleurs, j’écoutais pas. »

Arf ! Vous êtes plié en quatre et vous vous dites « Ouais, c’est cool ça ! »

Mais principal corollaire de ce deuxième point, dans une équipe de héros, il y a toujours quelqu’un pour faire des vannes pourries à côté de vous. Et ça c’est plus douloureux si vous n’aimez pas l’humour lourd. Vous serez obligé de faire des checks aux vannes les plus terribles de l’histoire du rire.

Bon, dans une équipe de héros, y a toujours malheureusement une place pour tout le monde et on se fend la poire à des blagues qui fendent pas grand-chose, mais votre malheur ne s’arrête pas là.

Le Modus operandi   : la fin justifie les moyens.

– « Il est venu, il a pris son dû, ils l’ont battu. » Ocean’s eleven

Dans une équipe de (super) héros, pas de réflexion métaphysique, on fait ce qu’on a à faire, quelque soit le prix.

Chacun sa mission en fonction de ses compétences ! Et rien ne vaut la démonstration par l’exemple.

La belle brochette réunie par Danny Ocean pour un casse de folie.

Alors penchons-nous sur Ocean’s eleven, réalisé par Steven Soderbergh en 2001. Rappelons que ce film est un remake de l’inconnu de Las Vegas par Lewis Milestone en 1960.

Danny Ocean mène une banque de braqueurs professionnels à l’assaut de trois des plus grands casinos de Las Vegas (c’était Cinq dans la version de 1960, ils sont devenus petit bras avec le temps).

Danny Ocean, joué par Georges clooney, réunit donc une brochette de pros pour l’aider.

– Rusty Ryan, le roi du bluff, joué par Brad Pitt,

– Linus Caldwell, le pickpocket hors pair, incarné par Matt Damon,

– Basher Tarr, le roi des explosifs, joué par Don Cheadle,

– Ruben Tishkoff, spécialiste des systèmes de sécurité, rôle tenu par Elliott Gould…

Nous pourrions vous faire la liste des onze mais a priori, vous avez saisi l’idée. Chacun va faire ce pour quoi il est doué.

Ryan ment, Caldwell vole à la tire, Basher Tarr fait péter des bombes (enfin, pas trop non plus) et ainsi de suite. Non, le scénario ne propose pas d’envoyer Linus faire péter des bombes, de faire bluffer au poker Basher et de demander à Ryan de pickpocketer ses voisins !

Du coup, on évite de se perdre et on avance pépère sur son point fort. Bon, ça n’empêche pas qu’il y en a un qui doit se décarcasser pour pondre des plans. Là, c’est Danny Ocean qui s’y colle. Moins cool pour lui.

 

Mais le cœur du problème est ailleurs. En effet, la plupart des équipes de héros ont un souci, ils ont des membres mono-tâches et les dommages collatéraux occasionnés sont un peu le cadet des soucis de tout le monde.

Dans le cas d’ Ocean’s Eleven, nous avons affaire à des braqueurs, on pourrait se dire « Non mais c’est normal qu’ils cassent tout, ils font des casses après tout ! » Là, check à cette vanne (hé oui, vous êtes obligés, vous vous rappelez le point précédent ?)

Pour clarifier le propos, évoquons un deuxième exemple avec le roi du plan, Hannibal Smith de L’Agence Tous Risques.

 

Best of the best…

Le film réalisé par Joe Carnahan est sorti en 2010. il est adapté, bien sûr, de la monumentale série télévisée L’Agence Tous Risques, 98 épisodes diffusée de 1983 à 1987, créée par Frank Lupo et Stephen J. Cannell.

L’Agence Tous Risques est une bande d’anciens soldats recherchée par la police militaire et qui mettent leurs gros bras au service de la veuve et de l’orphelin. Là aussi, on retrouve une équipe organisée, mais plus réduite que celle de Danny Ocean.

– Barracuda, roi de la mécanique et gros bras, musculairement incarné par Mister T, que l’on retrouvera dans Rocky III,

– Futé, maître du charme et du baratin, joué par Dirk Benedict, vu précédemment dans Galactica d’ailleurs,

– Looping, le dieu des pilotes tous appareils confondus, follement incarné par Dwight Schultz,

– Hannibal Smith, le stratège hors pair qui renvoie Scipion et Napoléon au placard, dont on retiendra la phrase culte, semi-ironique : “J’adore qu’un plan se déroule sans accroc”, et joué par George Peppard.

Notons que l’équipe d’Hannibal répond aux points précédents, Looping est sorti d’un asile à chaque épisode car il est complètement fou, mais tout le monde l’aime et ils échangent des vannes qui ne resteront pas dans l’histoire du rire… Mais dès qu’il s’agit d’atteindre leur objectif, y a plus aucun contrôle sur la casse et tout y passe autour d’eux: hommes, voitures, bâtiments, ça explose de partout pour aller faire des courses et ça passe à travers les murs pour promener le chien !

Vous aurez beaucoup de mal à justifier, dans la vraie vie, les factures de chaque action entreprise. Lundi matin, bureau…

« – Hannibal, vous en êtes où avec le dossier Bidochon ?

– Il a signé !

– Génial, il va fournir tous les robinets commandés ?

– Oh ben ça, ça m’étonnerait, vu qu’on a détruit la totalité de son usine avant qu’il signe.

– Mais Hannibal…

– J’adore qu’un plan se déroule sans accroc… »

On vous avait prévenus. Mais si ça ne vous suffit pas pour comprendre qu’une équipe de héros dans la vraie vie, c’est pas cool, alors voilà l’argument massue…

 

Suppression du plan retraite : parce que y a pas d’âge pour s’éclater dans une équipe de héros !

– « Can I kill her now ? » Frank Moses

Oui, les équipes de héros sont “age-open” ! Vous pouvez en trouver de sept à soixante-dix sept ans !

Ah, Les Goonies. Souvenez-vous, l’aventure était au coin de la rue.

Regardons les extrêmes. Les plus jeunes s’éclateront à faire un bout de route avec les Goonies. Ce film, réalisé par Richard Donner en 1985, met en scène un groupe d’enfants découvrant une carte au trésor dans un grenier et décidant de trouver le trésor afin d’aider à sauver leur quartier menacé de destruction par un promoteur. Mais évidemment, les choses ne vont pas être si simples. Les enfants vont agir ensemble pour atteindre leur but. Notons, pour boucler la boucle, que Brand, le frère d’un des quatre Goonies, est joué par Josh Brolin, qui incarnera bien des années plus tard Thanos dans Avengers, une équipe plus adulte (enfin, ça dépend des scènes) !

Sautons vers une équipe située à l’autre bout de la pyramide d’âge, on aurait pu citer  les Expendables mais on choisira le film RED réalisé par Robert Schwentke sorti en 2010. RED, pour Retired and Extremely Dangerous, est l’adaptation d’un comic de Warren Ellis et Cully Hammer paru en 2003 chez une filiale de DC Comics.

La bande de retraités que tu voudrais pas dans ta maison de retraite…

Frank Moses, joué par Bruce Willis, est un ancien agent de la CIA à la retraite. Le jour où on attente à sa vie, il décide de réunir son ancienne équipe pour comprendre ce qui se passe et optionnellement régler le problème à l’ancienne. Et voilà les retraités qui reprennent la route, du poil de la bête et toutes leurs armes pour en montrer à ces petits millenials bureaucrates !

Bon, vous avez saisi, y a pas de retraite pour les équipes de héros, même ceux qui sont à la retraite ! En activité jusqu’au dernier jour !

Malgré tout et pour notre plus grand plaisir, le cinéma continue à nous servir des équipes de super héros, toujours aussi peu adaptés au bureau  !  Et ce n’est pas pour rien si dans Pamela Target, nous avons fondé l’équipe des X-Animen, que vous pouvez voir à l’entraînement dans l’épisode 26 de la saison 1 “je connais le kung-Fu à la Matrix” :

que vous pouvez découvrir commençant à interagir ensemble dans l’épisode dix de la saison 2 “Les X-Animen et le frigidaire de cristal” :

et qui se dresse de toutes ses forces contre un ennemi commun, à  découvrir dans “The Beginning of Endgame”, l’épisode 11 de la deuxième saison de Pamela Target :

Et vous, malgré tout ce que l’on vient de vous expliquer,  quelle équipe de héros au cinéma pourrait vous inspirer dans votre vie au bureau ?

Dites-le nous en commentaires !

La PT-Team

Ce que votre mère ne vous a jamais raconté sur les courses poursuite à pied

Vous avez compris le sujet du jour :  on va se pencher sur les “Foot Chase” – traduction de Course-poursuite à pied en Anglais, tellement plus classe à dire – au cinéma.

La course à pied, c’est bon pour la santé. Une fois qu’on a dit ça, on peut aller passer une paire de baskets, un survêtement jaune et partir pour un jogging ou aller se coucher… Aller se coucher, oui mais devant votre écran. Non pas pour regarder des kilomètres de marathon ou des sprints des Jeux olympiques, mais bien pour vous régaler des courses-poursuites à pied émaillant l’histoire du cinéma.

Parce que si la course à pied, c’est bon pour la santé, et bien la course-poursuite à pied, c’est vraiment le pied !

  • LA FOOT CHASE, C’EST FUN !

Ces fameuses courses insensées, le cinéma nous en propose de magnifiques depuis plus d’un siècle. Charles Chaplin, créateur de Charlot le vagabond, nous a offert quelques belles surprises, comme dans “The Adventurer”, petit film de 1917. Mais il faut noter que là, il joue plus sur la bousculade et la course-poursuite en elle-même est certes drôle mais limitée.

L’année suivante, Harold Lloyd nous fait découvrir, dans “Why pick on me”, une course-poursuite de folie avec deux policiers pas très malins. Course, acrobatie, gag, cascade, tout y passe pour échapper à ses deux représentants des forces de l’ordre.

Mais le maître incontesté de la course poursuite et de la cascade toute catégorie de cette époque, le créateur original de tellement d’images entrées dans l’inconscient collectif et reprises par tant et tant de films, séries ou autres œuvres audiovisuelles reste Buster Keaton. Surnommé l’homme qui ne sourit jamais, Buster était acteur, réalisateur, scénariste et producteur. Rajoutons Cascadeur ! Il a joué dans plus de soixante courts-métrages, et plus de soixante long-métrages.

 

A comedian does funny things. A good comedian does things funny.” – Buster Keaton

 

Avant de signer un contrat à la MGM, qui a bridé son talent et l’a réduit à devenir un simple “faiseur de films”, Keaton a signé certaines des plus belles pépites du cinéma muet d’humour, où son talent pour le gag mais aussi pour les foot-chase et les cascades resta presque inégalé dans l’histoire du cinéma.

A titre d’exemple, ce petit bijou extrait de “Cops”, film de 1922, vous donnera une idée des compétences athlétiques du bonhomme, sous son costume trop large.

On parlait des compétences athlétiques de Buster Keaton. Car dans la Foot-Chase, c’est aussi cela qui nous touche : l’homme face à l’adversité, et qui va s’en sortir en alliant sa ruse et son physique.

Si Harold Lloyd, Buster Keaton sont des sacrés acrobates, c’est aussi par des coups de génie qu’ils parviennent à se dépêtrer des pires situations. Ces pionniers du début du siècle dernier ont posé les bases de la course poursuite à pied. L’effort physique incroyable, les renversements de situation inattendus, tout cela au service du rire !

Le mélange entre l’humour et l’action trouve sa source chez eux. Une recette qui marche toujours un siècle plus tard.

  • LA FOOT CHASE, C’EST UN DEFI SANS VIOLENCE

Mais rire d’une bonne foot-chase, est-ce simplement cela qui la rend si attractive ? Non, il y a autre chose.

Parfois, je me dis que je vais partir sur un road-movie à la cool avec une équipe réduite. Je commence à écrire, mais je finis toujours par taper : « Et Là, une armée de Vikings entre dans le champs » – Alain Chabat

Contrairement à la horde sauvage de Vikings, l’intérêt qui nous emmène dans la course poursuite, c’est le héros seul, qui va affronter la nature, ses adversaires, le monde, non dans un combat violent où les coups volent et le sang gicle, mais bien dans une course contre la montre, et souvent contre la mort. C’est là qu’on vibre avec lui.

 

La Cité de la Peur – Serge Karamazov – https://www.youtube.com/watch?v=Frhx3p-yyus

Peut-être que le héros va se blesser, mais paradoxalement, le but est d’arrêter l’autre, ou d’éviter de se faire arrêter, mais pas de détruire dans un combat sanglant un adversaire.

Et du coup, l’humour peut rester toujours de mise, comme l’ont montré les Nuls dans “La Cité de la Peur” film de Alain Berbérian sorti en 1994 et écrit par le trio des Nuls (et non plus le quatuor, Bruno Carette étant décédé en 1989). Dans cet extrait, Alain Chabat, jouant le rôle de Serge Karamazov, court après un tueur en série.

Pour la petite histoire, cette course-poursuite pleine d’humour et de cascade, comporte quelques références, comme son final qui renvoie à la fin de la course-poursuite de Point Break, réalisé par la talentueuse Kathryn Bigelow et sorti en 1991 :

Course poursuite de Point Break https://www.youtube.com/watch?v=VF7dPKXwag4

Cette action simple de courir, que nous avons tous connu, voire pratiqué pour attraper un bus, un métro, arriver avant la fermeture des magasins, valider son épreuve d’EPS pour le bac, devient tout d’un coup pour le héros la dernière ressource pour atteindre son but – dans les deux cas précédents, capturer un méchant -.

Une dernière ressource que nous partageons tous.

Mais cette ressource, on peut l’utiliser aussi pour fuir, car la Foot chase peut mettre en scène la course du héros pour attraper son ennemi ou bien pour le fuir.

Est-ce que voir une Foot chase renvoie notre cerveau reptilien au temps où nous fuyions devant les fauves affamés ou les mammouths enragés ? Peut-être bien…

Dans tous les cas, entamer une course-poursuite va revenir à se dépasser !

 

  • LA FOOT CHASE, C’EST LE DÉPASSEMENT DE SOI

La Foot Chase, c’est aussi reculer ses limites pour atteindre son but, c’est le dépassement de soi.

Quand le combat ne fonctionne plus, il ne reste que la course ou la cavalcade comme le constate Jackie chan dans “Police Story 4 : First Strike”, réalisé par Stanley tong en 1996. 

On écrivait tout à l’heure que Buster Keaton était presque inégalé. Le presque faisait allusion à Jackie Chan. Comme Buster, il est acteur, scénariste, réalisateur, producteur… Et cascadeur ! Il faut dire que de sept à dix-sept ans, il est formé à la China Drama Academy où il s’entraîne rigoureusement et devient très fort en acrobatie et arts martiaux. Puis, il se lie d’amitié avec Sammo hung et Yuen Biao.

Ce petit trio sera surnommé plus tard les trois frères ou encore les trois dragons.

Nothing is impossible. Even the word itself says “I’m possible”- Jackie Chan

Avant sa majorité, Jackie aura joué dans “l’Hirondelle d’Or” en 1966 et dans “Touch of Zen” en 1971, deux films de King Hu qui vont devenir cultes. Et il enchaîne comme cascadeur sur “la Fureur de Vaincre” et “Opération Dragon” avec Bruce Lee l’année suivante.

C’est en 1978 que sa carrière se lance avec “Le Chinois se déchaîne”. Jackie Chan, après un premier tour aux Etats-Unis sans réussir vraiment à percer, revient à Hong Kong. Il va enchaîner alors sur une série de comédie à succès avec la complicité de ses deux frères dragons, Sammo Hung et Yuen Biao. Le premier film de cette alliance prometteuse sera “le marin des mers de Chine” en 1985. Les dés et la carrière de Jackie sont lancés.

Ce cocktail d’action, d’humour, de combats comiques, de cascades improbables et de valeurs positives resteront les marques de fabrique de ses plus grands succès.

Comme Buster, Jackie Chan a poussé loin l’art de la cascade et de la course poursuite tout en y intégrant, comme son illustre prédécesseur, de bonnes touches d’humour mais aussi des techniques moderne, comme le câblage.

Par exemple, dans “le Médaillon” film réalisé par Gordon Chan en 2003, Jackie s’illustre dans cette poursuite où il mélange acrobatie, parcours, et câbles :

 

Avec Buster Keaton, Jackie Chan restera lui aussi une star inégalée du mélange réussi du rire et de l’action !

En gardant des doses d’humour, mais en beaucoup plus violent et moins pacifiste, cette même année 2003, le jeune Ting, un autre personnage de justicier, courait aussi sur les têtes, mais dans une course poursuite incroyable réalisée quasi sans trucages grâce aux prouesses physiques de l’acteur Tony Jaa. Tout cela se passait dans “Ong Bak” de Prachya Pinkaew. Il court, il court, Tony Jaa, regardez-le donc :

Dans la réalisation, c’est moins réussi que les films de Jackie Chan mais ça n’enlève rien au dynamisme de cette chasse de rue.

Jackie Chan n’a pas hésité à se dépasser pour créer des Foot chase incroyables. Et parfois sans trucage. Mais d’autres fois, le trucage ne sert pas à amplifier les effets de la course mais à recréer l’impossible. et l’impossible, c’est quand…

 

  • LA FOOT CHASE, C’EST L’HORREUR

Hé oui, dans les films d’horreur, le héros (ou l’héroïne) est souvent appelée à courir sans fin pour échapper à un tueur en série qui, lui, marche pesamment. Et pourtant, il n’est jamais semé par ses victimes.

Mais outre ce curieux code du film d’horreur, on peut assister à de monstrueuses (au sens premier du terme) – courses-poursuite dans ce genre de récit.

On peut penser à « 28 semaines plus tard », réalisé par Juan Carlos Fresnadillo et sorti en 2007. Lui-même la suite de « 28 jours plus tard » le film de Danny Boyle sorti en 2002, où les zombies en ont marre de marcher et apprennent à courir. Et même à sprinter !

Robert Carlyle va vite le comprendre, mais pas à ses dépens : https://www.youtube.com/watch?v=VVnz6hlC3pQ

Dans ce cas, la fuite prend son sens à cause de la masse d’adversaire. Une masse qu’on peut retrouver dans d’autres films de Zombies, comme World War Z réalisé par Marc Forster en 2013. Là, les héros sont poursuivis par des hordes indénombrables de Zombies affamés. Et ça fait peur !

World war Z

Mais l’horreur peut se resserrer sur un personnage. Repensez au final de Shining de Stanley Kubrick, film de 1980 où Danny fuit son père, totalement possédé par la folie ou le mal, voire les deux ! Cette course-poursuite filmée au niveau du regard de Danny laisse des frissons inoubliables…

La course-poursuite, dernier moyen d’échapper à la mort ? On peut le voir comme ça. Mais ce serait oublier une nouvelle vague – non, pas celle de Godard, Truffaut et leurs amis – qui nous propose un retour aux sources.

 

  • LA FOOT CHASE, C’EST UN RETOUR AUX SOURCES

Aujourd’hui, à l’heure du numérique, des câbles, des CGI, de la Motion Capture, que reste-t-il de nos amours de jeunesse, ces scènes de course poursuite incroyable réalisées à la force des jambes ? A quoi peut-on se fier aujourd’hui ? La course poursuite à pied, c’est pas un peu dépassé ? Contre toute attente, la réponse à la question précédente est non.

A notre époque de cinéma numérique où le trucage devient l’essence et non plus l’exploit des images visionnées, on constate un retour aux sources. Au-delà de la technologie, des pouvoirs incroyables, des voitures rugissantes, prenez une paire de jambes, de bras, et tout est remis en jeu !

Et certains réalisateurs l’ont très bien compris. 

Prenons deux exemples. Vous vous rappelez Matrix, le film sorti en 1999 des ex-frères Andy et Lary, aujourd’hui Lana et Lilly Wachowski ?

Ce film de science-fiction nous présentait un univers, ou plutôt deux univers, l’un âpre et plutôt bleu, la réalité où les hommes sont emprisonnés et exploités par les machines comme piles et l’autre plutôt vert, rêve d’une société où évoluent les esprits des hommes, les empêchant de prendre conscience de leur condition véritable ?

Ce monde méga high-tech nous offre une belle scène de course poursuite à pied. La technologie n’y est présente que par le biais d’un radioguidage, permettant à l’Elu, Néo, joué par Keanu Reeves, de fuir les agents de la matrice. Sinon, ben, il court, et les agents tentent de le tuer :

 

« Mister Wizard, get me out of here » – Néo – https://www.youtube.com/watch?v=RwtifqCmGuw

 

Au milieu de tout ces technologies à la fois dans le film et autour du film, pour le réaliser, on a un gars qui court sans autre pouvoir avec un téléphone à l’oreille et des poursuivants qui le rattrapent sans cesse. En fait, le seul pouvoir utilisé dans cette scène est celui de ne pas s’essouffler dans une course interminable.

Prenons un autre exemple où l’objectif de la course est inversée. Le héros ne cherche pas à fuir des adversaires trop dangereux pour lui, mais à rattraper un ennemi pour l’empêcher de mener à terme ces plans.

Mais là aussi, on est dans un film mettant en scène une technologie hyper-poussée, super gadgets, masques de latex, méga capteurs, bombe atomique de poche, vous nous avez compris, on parle de “Mission Impossible”.

Bon, “Mission Impossible”, c’est vaste, entre les deux séries télé et les films, il faut s’y retrouver. Alors précisons.

On parle de “Mission Impossible : Fallout” avec Tom Cruise, film réalisé par Christopher Mac Quarrie et sorti en 2018.

Aucun rêve n’est jamais qu’un rêve.” – Tom Cruise

La scène qui nous intéresse est celle où l’agent Ethan Hunt prend en chasse son impitoyable adversaire (oui, il change à chaque épisode, vu qu’il se fait dégommer à la fin du film et qu’il en faut donc un nouveau pour le film suivant, mais là n’est pas notre débat du jour) sur les toits de Londres. Il est soutenu par son collègue et ami Benjamin Dunn, interprété par Simon Pegg, qui radio-guide à distance Tom Cruise pour qu’il ne perde pas la trace de sa cible.

Là aussi, on abandonne véhicule et gadget, Tom court, et bon dieu qu’est-ce qu’il court ! Seules traces de technologie, c’est le contact radio avec Dunn et le GPS de ce dernier pour guider Ethan Hunt.

Et voilà le résultat :

Là aussi, on revient à l’essentiel dans cette scène incroyable. Là aussi, c’est le retour aux sources d’un homme et de ses jambes, et là aussi, mine de rien, se glisse un peu d’humour permettant de détendre les nerfs des spectateurs mis à rude épreuve, et laissant l’occasion à Tom Cruise de reprendre son souffle.

Cette course est la référence que nous avons voulu évoquer dans le nouvel épisode de Pamela Target, “Battrape-moi si tu peux”. Un épisode qui démarre par une course poursuite pédestre où notre héros, BatBruce le justicier solitaire, est guidé par radio pour retrouver la trace de l’horrible Peter Pan Pan le lapin péteur et psychopathe !

Pour en savoir plus, venez écouter l’épisode 7 de Pamela Target, Battrape moi si tu peux ! :

Et vous, que pensez-vous de la Foot chase ? Ca vous manque ? Et quelle a été votre course poursuite à pied préférée au cinéma ou à la télévision ? Dites-le nous en commentaire.

A bientôt,

la PT-Team