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La suite de Fibonacci appliquée aux équipes policières des séries TV

Depuis notre plus tendre enfance, nous sommes bordés par les séries policières. nous nous endormons au son des sirènes et de tous ces vaillants héros qui arrêtent ces vils délinquants et criminels qui hantent et arpentent les trottoirs de nos belles villes.

Depuis quelques années, on est passé du policier solitaire à des équipes extrêmement développées d’enquêteurs scientifiques spécialisées et pointus, des experts, quoi ! Haaaaaayyy, tondoooonnn !

Si dans ces deux onomatopées, vous avez reconnu le début du générique de « CSI : Miami » (comprenez , « les experts: Miami » en Français), alors vous comprenez exactement de quoi nous parlons, vous êtes… un expert ! Haaaaaayyy, tondoooonnn (bon, arrêtons là avec Miami) !

Mais d’où vient cette tendance du petit écran de multiplier les enquêteurs en les dotant de compétences scientifiques variées dans une seule et même série ? Nous les auteurs de Pamela Target, nous y avons longuement réfléchi et une théorie a fini par émerger, un syndrome que nous avons appelé syndrôme Fibonacci, dont les producteurs de séries policières seraient vraisemblablement victimes.

Qu’est-ce qui se cache derrière le syndrome Fibonacci ?

« Quand un médecin tourne mal, il devient le pire des criminels. Il a le sang-froid et les connaissances. » Arthur Conan Doyle cité par Spenser Reid

Vous connaissez la suite de Fibonacci ? Ah ben oui, c’est ça de parler de police scientifique, on entre dans le dur de la science. vous ne pensiez pas y couper tout de même. D’ailleurs, le personnage du docteur Spencer Reid (joué par Matthew Gray Gubler) dans l’épisode huit de la saison quatre de la série « Esprits Criminels » nous en parle très bien, et de manière illustrée :

Bon sang, la spirale d’or et les rectangles de Fibonacci pile poil devant la tête du Docteur Reid !

Mais d’où vient cette suite de Fibonacci ? Notre cher Léonardo Fibonacci, mathématicien italien du treizième siècle, en se penchant sur un problème de lapin (pas psychopathe pour le coup), est arrivé à établir cette suite particulière qui a hérité de son nom. La suite de Fibonacci est une suite d’entiers dans laquelle chaque terme est la somme des deux termes qui le précèdent. Ses premiers termes sont zéro et un. On les additionne pour trouver le terme suivant et ainsi de suite. Du coup,

0+1=1

La suite de Fibonacci démarre avec zéro, un et un.

1+1=2

Notre suite de Fibonacci continue: zéro, un, un et deux.

1+2=3

Elle continue encore: zéro, un, un, deux et trois.

2+3=5

Donc la suite de Fibonacci continue encore et encore, comme dirait Francis Cabrel, soit: zéro, un, un, deux, trois et cinq.

3+5=8

Vous avez saisi le principe ? On peut pousser ainsi longtemps, zéro, un, un, deux, trois, cinq, huit, treize, vingt-et-un, trente-quatre, cinquante-cinq et on déroule, on déroule, on déroule.

Super. Donc un gars du treizième siècle résoud ses problèmes de reproduction de lapin avec cette idée. On est bien avancé sept siècles plus tard.

Sauf que la suite de Fibonacci trouve plein d’utilisations, comme se rapprocher de la valeur du nombre d’or, définir les rectangles d’or, la spirale d’or, – permettant d’établir des proportions harmonieuses dans des dessins -, dénombrer les pétales des marguerites, la croissance des pommes de pins, le développement des anti-cyclones, et même définir le nombre de vers d’un poème particulier, le Fib.

Là, par exemple, on a les rectangles d’or et la spirale d’or, issus tout deux de la suite de Fibonacci. Vous reconnaissez la figure de la vision du docteur Reid ?

Et miracle…

Ce beau cyclone se développe selon la spirale de Fibonacci, incroyable, non ?

Alors de là à dire que son application peut concerner le développement du nombre de protagonistes de séries TV, il n’y a qu’un pas. Probablement plus d’un thérapeute vous diagnostiqueront atteint du syndrome de Fibonacci. Comprenez le malade qui voit des suites de Fibonacci partout, dans son bol de céréales, la disposition des places de parking vides ou encore… dans les séries télé ! Prêt à tenter l’aventure ?

 

0… La série avec zéro protagoniste ?

Là, vous vous dites, c’est impossible. Une série policière avec zéro protagoniste ? Finie la belle démonstration. Et bien non, la série policière avec zéro protagoniste pourrait s’interpréter comme la série policière avec zéro protagoniste récurrent. Vous pensez à la même chose que nous –  ou pas – ?

« Alfred Hitchcock présente… » ! Hé oui, cette série de deux cent soixante huit épisodes lancée en 1955 change de personnage principal à chaque épisode. En effet, ces petits épisodes format vingt-six minutes présentent à chaque fois une histoire différente avec, donc, des héros différents.

Au long de tous ces épisodes, on a vu défiler des comédiens qui aujourd’hui ont marqué l’histoire du cinéma et de la télé. Qui peut se vanter d’avoir réuni sur l’ensemble de sa série, entre autres, James Coburn, Robert Vaughn, Steve Mac Queen, Charles Bronson, William Shatner, Peter Falk, Robert Redford, Burt Reynolds, Martin Sheen, Roger Moore, Patrick Mac Nee et l’inoubliable Bette Davis ?

Ces enquêtes, histoires de vengeance, meurtres, vol et truanderies vont faire palpiter le petit écran jusqu’en 1962. La différence avec une série noire pure, c’est que l’ami Alfred sait les saupoudrer de cette dose d’humour noir qui change le point de vue et permet des chutes mémorables.

Le crime ne paie pas, la poste non plus…

De plus, on n’oubliera pas la silhouette du réalisateur qui ouvre et conclut chacun des épisodes, dans des situations plus ou moins farfelues… ni la musique du générique, adaptée d’un morceau pour piano de Charles Gounod composé en 1872 intitulé « Marche funèbre d’une marionnette ».

Mais bien des années après Alfred Hitchcock, une autre série policière sans personnage récurrent a débarqué sur nos écrans. Chaque épisode est donc une histoire différente, mais la même équipe de comédiens y joue tous les rôles, se maquillant et se grimant au fur et à mesure des épisodes. Il s’agissait de « L’heure du crime ». Ce court ovni avec ses vingt-deux épisodes pour deux saisons fut diffusée en 1991. on s’en souvient grâce à sa brochette d’acteurs : Teri Austin, Lisa Houle, Stephen McHattie, Maxine Miller, François Montagut, Sandra Nelson, Robert Paisley, Olivier Pierre et George Touliatos qui joue au caméléon à chaque épisode.

Bon, les séries policières à zéro personnage, on a validé.

1… La série avec un enquêteur solitaire

Nous n’en citerons qu’une : celle du Lieutenant Columbo. La série policière créée par Richard Levinson et William Link comptabilise 69 épisodes étalés sur 35 ans (de 1971 à 2003) avec l’incontournable Peter Falk, dans le rôle titre. Dans cette série, le meurtrier est connu dès les premières minutes de l’épisode et toute l’intrigue réside dans comment cet inspecteur de police en apparence simplet, brouillon et sans envergure parviendra à l’attraper. Le fameux :  how’s he gonna catch ’em. Le personnage de Columbo, directement inspiré du juge d’instruction Porphyre Petrovitch du roman Crime et châtiment, enquête tout en subtilité psychologique et  amène le coupable à se dénoncer.

« Euh, une dernière chose… »

Tout en subtilité psychologique chez Columbo cela réside en une tactique très simple :  poser encore et encore des questions au point d’irriter souvent ses interlocuteurs (et par la même occasion le meurtrier).

« Vous êtes un homme intelligent, mais vous le cachez. Vous jouez les lourdeaux, et à cause de quoi ? Peut-être votre physique. Vous ne pouvez guère impressionner les gens par manque de prestance, alors vous tirez avantage de cette déficience. Vous attaquez l’ennemi par surprise. Il vous sous-estime et, résultat, ils tombent dans le piège à pieds joints. » Docteur Flemming.

Avec une telle stratégie impossible d’imaginer Columbo accompagné, le lieutenant enquête toujours seul. Il n’a besoin ni d’arme, ni de médecin légiste (d’ailleurs, il ne supporte pas la vue des viscères et autres échantillons que le médecin légiste tient souvent à lui montrer).  Et la formule a si bien fonctionné que les créateurs ne l’ont pas changé en 35 ans et qu’elle a attiré un certain nombre de réalisateurs, acteurs /actrices et scénaristes célèbres. Tenez, par exemple, saviez-vous que le premier épisode de la série intitulé Murder by the book,  a été écrit par Steve Bochco (qui ensuite se penchera sur Hill Street Blues and NYPD Blue et oubliera d’ailleurs la notion d’enquêteur solitaire) ? Et pour la réalisation ? Le jeune Steven Spielberg (il n’avait que 24 ans à l’époque). Un petit chef d’oeuvre et s’il ne fallait voir qu’un seul épisode de Columbo, les afficionado vous diraient que ce devrait être celui-là.

Peter se détend avec le jeune Steven Spielberg pendant le tournage de Murder by the Book en 1971

D’aucuns pourraient remettre en question le côté solitaire de Columbo, en évoquant l’idée que son chien basset et sa femme pourraient bien faire partie de son équipe.

Columbo faux solitaire ? Non, mais a contrario, on a su démasquer la fausse équipe.

2… Starsky et Hutch, le duo de flics incorruptibles chic et choc !

« Hutch is being held at the L.A. Zoo! » – Starsky

En 1975 débarque dans un pilote de quatre-vingt dix minutes, « Starsky & Hutch », mettant en scène les deux policiers David Starsky et Ken Hutchinson (dit Hutch) incarné par Paul Michael Glaser et David Soul. La série va prendre son envol  pour quatre-vingt douze épisodes. Starsky et Hutch (au volant de leur vaillante Ford Torino rouge) coursent les méchants dans une ville qui rappelle méchamment Los Angeles.

Les deux hommes ont été immortalisés par leur enquête musclée, leurs méthodes peu conventionnelles pour des policiers et leurs deux soutiens indéfectibles, à savoir Huggy les bons tuyaux, joué par Antonio Fargas et le capitaine Dobey joué par Bernie Hamilton.

Séducteurs, drôles, persévérants, honnêtes, complices, le blond et le brun font des ravages mais c’est surtout la complicité et l’amitié entre les deux acteurs qui a permis de donner à la série une direction plus humaine, plus drôle, qui en fait tout le sel. Un sel retranscrit par un doublage qui a marqué nos jeunes oreilles, à savoir les voix de Jean-Claude Balutin (Starsky) et Francis Lax (Hutch).

Par contre, si on se souvient du générique français, on a tendance à oublier cette ambiance jazz, funk que l’on retrouve dans le générique original et au travers des épisodes, notamment quand nos héros vont dans des bars, des boîtes, bref, tout endroit où passe de la musique. D’ailleurs, la musique originale est signée Lalo Schifrin pour la première saison.

La série a abordé différent thèmes, assez novateurs pour une série télé à l’époque, comme les violences policières contre les afro-américains, l’homosexualité, la dépendance à la drogue…

Sous le cagnard de Californie, Starsky et Hutch de chaque côté de leur Ford Torino rouge.

Et finissons sur la Ford Torino, premier produit présent grâce à la décision de Ford d’ouvrir un département placement de produits. Alors effectivement, elle n’est pas très discrète pour des flics axés infiltration, mais reconnaissons qu’ on s’en souvient tous de cette Ford rouge claquant et de sa bande blanche. Pour la petite histoire, La voiture est celle de Starsky, Hutch possédant un véhicule bon pour la casse. Et Starsky est dingue de sa voiture. Par contre, Paul Michael Glaser l’était beaucoup moins car il ne la trouvait pas approprié et n’avait aucune pitié pour cette dernière.

La suite de Fibonacci est bien tenue pour l’instant et on arrive au trio.

 

3… Une série policière, ça marche aussi à trois !

« Sue, there’s two kinds of friends – those who stick around when they need you, and those who stick around when you need them. » – Pete Cochran

Sur le petit écran, une autre série, débarque en 1968. Une jeune fille fuyant sa mère prostituée, un jeune noir arrêté lors des émeutes de Watts et un fils de bonne famille qui vire délinquant, vous mélangez tout cela avec un capitaine de police sévère mais juste et vous obtenez cette série diffusée de 1968 à 1973 et composée de cent vingt-quatre épisodes.

Une équipe de trois jeunes recrutés par la police pour mener des enquêtes d’infiltration dans les milieux underground. Et pour faciliter les choses, ces trois jeunes n’ont pas d’armes, n’étant pas officiellement rattachés au service de police.

La nouvelle équipe: Pete Cochran, Julie Barnes et Linc Hayes. Heureux d’être là visiblement.

Voilà comment démarrent les aventures de Julie Barnes, Linc Hayes et Pete Cochran et de leur capitaine Adam Greer, incarné respectivement par Peggy Lipton, Clarence Williams III, Michael Cole et Tige Andrews.

Bon, nous avons un trio qui fonctionne ensemble, sous la houlette d’un boss qui n’est pas la clé de voûte de la série. Une nouvelle équipe, donc. Ça tombe bien, c’est le titre de la série, « La nouvelle équipe » ou « The Mod Squad » en VO.

Et nous nous retrouvons avec trois personnages sur un pied d’égalité. Pas de tête d’affiche et une horde de second couteaux, mais bien trois héros. Et trois représentants de minorité : le noir, la femme, et le blanc rebelle au cheveux longs (soupir), enfin, mi-longs, faut pas abuser non plus (re-soupir). Trois jeunes quand même ! Même s’il faut reconnaître que la police est présente par le capitaine Greer et que nos trois héros ne sont pas des policiers comme on l’entend.

Avec la nouvelle équipe, on passe à la vitesse supérieure. « The Mod Squad » va ouvrir de nouvelles pistes de série, contribuer à intégrer des personnages multi-culturels (ce que fit aussi la même année « Hawaï police d’état », mine de rien). Mais là n’est pas notre sujet. En terme d’équipe, la mod squad lance les années soixante-dix et on va voir débarquer d’autres trio mais surtout des équipes plus conséquentes.

Et pour notre réflexion sur l’application de la suite de Fibonacci aux séries télévisuelles, on arrive à un point complexe. A priori, ça peut marcher s’il n’y a pas de série policière avec quatre personnes. C’est là que tout va se jouer. D’ailleurs, connaissez-vous des séries policières comptant quatre personnes ? On pense aux « Incorruptibles » avec Robert Stack, mais on oublie que si de nombreuses photos les montrent à quatre, ils étaient cinq, mais pas forcément tous là en même temps. Certains diront la légendaire « Agence tous risques », mais ils étaient cinq également en comptant leur partenaire féminine.

Bon, tiens, en parlant de cinq,  on a des petites séries surprises de ce côté-là…

 

5… La bonne équipe de flics en uniforme !

« Check your pidmaps!… Hit the streets! » – Lieutenant Ryker

On va s’attarder sur deux cas. Mais deux cas qui sont liés. Deux séries dont l’une dérive de l’autre. C’est en effet dans “The Rookies” que va apparaître pour la première fois l’équipe de la future série « SWAT ».

Et bien sûr, il s’agit de deux séries policières avec des équipes de policiers !

Dans l’ordre, Gerald S. O’Loughlin, Georg stanford Brown, Michael Ontkean, Sam Melville et… Kate Jackson, future drôle de dame qui joue la femme de l’agent Mike Danko (Sam Melville) et qui est, elle, contente d’être là !

« The Rookies » démarre en 1972 et nous fait suivre les débuts dans la police de trois nouveaux, des “rookies” comme on dit en américain. Les agents Mike Danko, Terry Webster et Willie Gillis joué par Sam Melville, Georg Stanford Brown et Michael Ontkean. Ils sont supervisés par leur officier supérieur, le lieutenant Ryker incarné par Gerald S. O’Loughlin.

Cette série jamais diffusée en France compte quatre-vingt quatorze épisodes. Que vous dire de cette bande de bleus ? Inspira-t-elle la série française “Des bleus dans la police” débarqué sur nos écrans des décennies plus tard ? Nous ne le saurons peut-être jamais. Mais ce qui est sûr, ce que dans la troisième saison des Rookies, avec les épisodes vingt et vingt-et-un, il se passe quelque chose…

Les Rookies voient intervenir une équipe du SWAT. Les “Special Weapons And Tactics”, ces unités tout en noir chargé des prises d’otage, des braquages, bref, tout ces gugusses qui débarquent dans des camionnettes et qui se positionnent sur les toits avec de fusils à lunettes que vous voyez régulièrement dans les films à chaque braquage et autre prise d’otage.

En haut, James Coleman, Marc Shera et en bas, Steve forrest, Rod Perry et Robert Urich « Attention les gars, le temps se couvre »

Et bien, les SWAT, et même cette équipe de SWAT intervenue dans « The Rookies », ils ont eu leur séries, “SWAT”, en 1975, de trente-neuf épisodes qui s’arrêta au bout d’un an.

Mais contrairement au Rookies, et allez savoir pourquoi, ils arrivèrent jusqu’en France sous le titre de « Section Quatre ». Pourquoi section quatre ? On peut les joindre uniquement à l’heure du goûter ? Passons. Cette série met en scène une véritable équipe de spécialistes de l’intervention tout-terrain.

Sous les ordres du lieutenant “Hondo” joué par Steve Forrest, on trouve le sergent David Kay (joué par Rod Perry), Dominic Luca (Mark Shera), ancien agent infiltré, le tireur d’élite Mac Cabe (James Coleman) et le rookie, le bleu donc – car il en faut un –  Jim Street – quel nom- (Robert Urich – qu’on retrouvera dans le rôle phares des séries « Las Vegas » et « Spenser for hire » ).

Dans cette série, on trouve un vrai esprit d’équipe. Hondo est le chef mais non la star. Le groupe agit de concert et le but de « SWAT » est de vous montrer avec un certain réalisme comment agissent ces professionnels de l’intervention. La violence a valu quelques volées de bois vert à la série mais depuis « les Incorruptibles », hein, on sait que bon, on n’y coupera pas à ces râleries concernant la violence. Et quand on la revoit maintenant, on est loin de la faire figurer dans son top dix des séries ultra-violentes.

Mais si l’équipe est au cœur du concept, elle ne comporte toujours pas de scientifiques. A moins de considérer un tireur d’élite comme un vaillant représentant de la science moderne. Notons que la série a aussi été rebootée en 2017 sous le titre « SWAT » avec Shemar Moore  dans le rôle de Hondo.

Bon, on a notre suite Fibonaccienne à cinq. On peut passer à l’équipe de huit. Là, on franchit un cap avec également l’arrivée des scientifiques…

 

8… La première série policière avec des experts, et même une huitaine d’experts

« I don’t trust people, they tend to lie. Evidence nevers lies. » – Gil Grissom

En l’an 2000, pas de bug informatique finalement mais une série de scientifiques de la police. « Les Experts », de son titre original « CSI : Crime Scene investigation ». La série dure quinze saisons et donc trois cent trente-sept épisodes. La diffusion s’étend jusqu’à 2015 ! Mais de quoi parle donc cette série au long cours ? Nous suivons les investigations menées par la brigade de nuit de Las Vegas. Mais loin du terrain, la majeure partie de l’action se joue dans les locaux de la police et surtout dans les labos de la scientifique. Gil Grissom (William Petersen), Catherine Willows (Marg Helgenberger), Warrick Brown (Gary Dourdan), Sara Sidle (Jorja Fox), Nick Stokes (Georges Eads) et Jim Brass (Paul Guilfoyle) mènent des enquêtes à la pointe du microscope et des relevés d’indice sur les scènes de crime. D’autres enquêteurs sont venus avec les années gonfler l’équipe ou même la renouveler.  Tout cela au cœur de la cité du jeu et du vice. Le tout lancé sur la musique « Who Are You » des Who.

Paul Guilfoyle, Robert David Hall (Robbins, le médecin légiste), Gary Dourdan, William Petersen, Jorja Fox, Marg Helgenberger, Georges Eads et Eric Szmanda (Sanders, le petit nouveau). Effets visuels, gros plan, ça commence à se la péter un peu…

Cette série a trouvé son public puisqu’elle a permis de lancer trois autres séries dérivées, à savoir « les Experts: Miami » (rappelez-vous, Haaaayyyyy, tondooon !) en 2002, « les Experts: Manhattan » en 2004 et « Les Experts: Cyber » en 2015. Aucune des trois n’a survécu à leur grande sœur. Le principe était le même décliné dans d’autres villes et, pour la petite dernière, orientée cyber-criminalité. Cette série, rien qu’avec ses petites sœurs, a rempli nos écrans, mais elle a aussi permis à la concurrence de lancer leur propre série scientifique.

Citons dans le désordre « NCIS, enquêtes spéciales » (2003) et ses petits frères « NCIS Los Angeles » (2009) et « NCIS Nouvelle Orléans » (2014), mais aussi « Faute de Preuves » (2001), « Body of Proof » (2011), « Bones » (2005) et tant d’autres…

Pour Fibonacci, on a donc notre suite zéro, un, un, deux, trois, cinq, huit. On n’a vu qu’on n’avait pas de séries policières avec des équipes de quatre, a priori, mais il faudrait, pour que cela fonctionne, que l’on n’ait ni d’équipe de six, de sept, et d’ailleurs, ni d’équipe de neuf, de dix, de onze et de douze ! Ce qui peut paraître assez compliqué, vu que dans « The Closer », il y a dix enquêteurs, Dans « Cold Case », ils sont six… Notre syndrome Fibonacci commence à battre un peu de l’aile.

En attendant, « CSI: Crime Scene Investigation » et ses équivalents ne pourront effacer les années quatre-vingt et nous faire oublier la plus formidable série d’équipe policière from all time (point de vue qui n’engage que nous bien sûr) avec tout plein de gens dedans. Bon, là, on arrête de compter et on oublie Fibonacci pour vous parler de…

 

13… L’équipe de flics polyvalente pas forcément efficace mais bien la plus émouvante, drôle, folle qu’on n’ait jamais vue

« I just came from your house, even the cockroaches moved out! » – Detective Neal Washington

Si vous avez découvert les orgies de série devant la cinq quand vous étiez jeune, si les noms de « Flamingo Road », « Misfits », « Beretta » et autre « Riptide » évoquent tout de suite des images dans votre tête, alors vous savez de quoi, voire de qui, nous allons parler.

En 1981 sort sur les petits écrans « Hill Street Blues », série (mal) traduite en France sous le titre « Capitaine Furillo », voire, pire encore, « Le capitaine et l’avocate » (méga-soupir). Cette traduction est à dénoncer haut et fort, car elle fait oublier le concept même de la série.

Ca y est, nous avons envie de revoir « Hill Street Blues »…

« Hill street Blues » raconte la vie d’un commissariat de quartier, série chorale mettant en scène le capitaine du poste mais aussi avocats, agents en uniformes, agents en civils, dans leur vie professionnelle et aussi personnelle. Les problèmes s’accumulent et on finit par s’attacher à toute cette bande de policiers, loin des surhommes, tellement humains et souvent au bout du rouleau.

Vous n’oublierez pas les premières notes de piano du générique de Mike Post s’envolant sur les sirènes de ces voitures qui s’en vont sous la pluie dans une ville délabrée pour commencer leur dure journée de boulot.

La série fonctionne sur des arcs feuilletonnants (s’étalant sur plusieurs épisodes), une première pour une série policière, qui comptera pas moins de cent quarante six épisodes. Ces arcs feuilletonnants permettent de mélanger les intrigues. Donc, des policiers mènent des enquêtes, certaines se résolvent, d’autres pas, mais plusieurs dossiers se mélangent au cours d’un épisode et du coup, ça renforce l’impression de réalisme.

« Hill Street Blues » présente donc toute l’équipe d’un petit commissariat, et pour vous en donner une mince idée, rien qu’au générique de début, vous verrez le capitaine Furillo, incarné par Daniel J.  Travanti mais aussi, le sergent Phil Esterhaus,  l’homme qui briefe les équipes à chaque matinée en début d’épisode, joué par Michael Conrad, ainsi que les agents en uniformes Robert Hill, joué par Michael Warren, la dure-à-cuire Lucille Bates, jouée par Betty Thomas et son partenaire le sympathique Joe Coffey joué par Ed Marinaro, le nerveux Renko joué par Charles Haid, sans oublier le sergent Howard Hunter, qui dirige la troupe d’intervention, un autre drôle de numéro, joué par James B.Sikking, mais aussi les policiers en civils, comme le sergent Belker, qui n’hésite pas à grogner à tour de bras, joué par Bruce Weitz, le sensible Henry Goldblum, joué par Joe Spano, Le cool Neal Washington joué par Taurean Blacque, et son inséparable partenaire JD Larue, joué par Kiel Martin, Le futur capitaine Ray Calletano, joué par René Enriquez, et sur le plan personnel, Barbara Bosson joue Faye Furillo, l’ex-femme du capitaine, et à mi-chemin entre le personnel et le professionnel, Veronica Hamel interprète l’avocate Joyce Davenport, également amante du capitaine.

Ils sont nombreux mais pourtant, il en manque encore ! Dans l’ordre en partant du haut à gauche: René Enriquez, Howard B. Sikking, Ed Marinaro, Robert Hirschfeld (Leo Schnitz), Taurean Blacque, Barbara Bosson, Mimy Kuzik (Patricia Mayo), Ken Olin (Harry Garibaldi), Kiel Martin, Daniel J. Travanti, Bruce Weitz, Robert Prosky (Sergent Jablonsky) et Veronica Hamel

Une belle troupe rien qu’au générique, donc, plus tous les seconds rôles, on est vraiment dans la série chorale.

Tout le monde finit par trouver un ou des personnages fétiches dans cette nombreuse équipe. On enchaîne situations comiques et moments dramatiques, comme vous l’avez surement compris, le personnel se mélange au professionnel et ces flics débordés, qui se battent pour préserver au quotidien la tranquillité de leur quartier, ne vous laisseront pas indifférents.

« Hill Street Blues » sera le ferment d’où naîtront d’autre série mélangeant des points de vue pluriels dans différents milieux, comme « NYPD Blue » (où l’on retrouve – curieux hasard – Dennis Franz, déjà présent dans « Hill Street Blues ») diffusée de de 1993 à 2005 – hé oui, deux cent soixante et un épisodes au compteur – ou « L.A. Law » (plus connu chez nous sous le titre « La Loi de Los Angeles », merci la Cinq) de 1986 à 1994 avec cent soixante dix épisodes et un pilote.

Alors quelle conclusion fournir sur cette série magnifique ? Et bien, il apparaît que la suite de Fibonacci appliquée au série ne fonctionne pas si bien que ça. On a déjà quatorze personnes au générique de « Hill Street Blues », il en faudrait sept de plus pour arriver à vingt-et-un ou une de moins pour arriver à treize et respecter la suite du mathématicien Italien.

Mais Fibonacci nous a permis de découvrir que quelque soit le nombre d’enquêteurs, que ce nombre appartienne à la suite de Fibonacci ou pas, on aime voir ces policiers, détectives, chercheurs, anthropologues se battre pour résoudre le crime.  Et ces sont ces séries modernes d’experts en masse qui nous ont donné envie de leur adresser un petit clin d’oeil avec l’épisode 13 de Pamela Target “P.T.I. : Portés Disparus (Pamela Target Investigation)” :

En tous cas, lançons un défi aux nouveaux producteurs de série policière : à quand l’équipe policière à 21 ? Et vous, quelle est votre série d’équipe policière préférée ? Dites-le nous en commentaire…

 

La PT-Team

 

 

Ces vilains qui ne savent pas rester méchants !

Dans quel monde vivons-nous si les méchants, ces horribles bad guys sur qui on peut cristalliser notre haine deviennent tout d’un coup sympathiques ?

Euh… Ben… Dans notre monde en fait. Hé oui, notre bonne vieille terre avec ses humains qui ne sont ni tout à fait blancs ni tout à fait noirs. Un monde loin du manichéisme des méchants et des gentils où les zones d’ombre zèbrent les chevaliers blancs et où la part de lumière éclaire l’âme obscure et perdue de ceux qui dominent le monde par tous les moyens.

Le cinéma, la télévision, le jeu vidéo, la BD et tous les arts narratifs se plaisent à montrer la part d’humanité de ceux que l’on croyait perdu pour toujours pour les forces du bien.

Mais suffit-il de montrer un affreux jojo prénommé Adolf – au hasard – qui massacre des gens innocents pendant la moitié de l’histoire et regarde soudain la caméra en lâchant tendrement “je voulais devenir peintre moi mais ils m’ont refusé à l’école d’art…” pour que nos yeux s’humidifient et que l’on verse des hectolitres de pleurs sur ce pauvre incompris ? Vous y croyez ? Non, on est d’accord.

Bon, rendre un méchant sympathique, ce n’est pas si simple. Mais y a-t-il une recette miracle pour cela ? Bonne question. Nous n’aurons pas la prétention de connaître la réponse à cette question. Mais on peut trouver quelques pistes qui ont marché… De temps en temps.

 

Faire évoluer un méchant en gentil, ça prend du temps.

-« Pour une fois, laisse moi te regarder avec mes propres yeux. » Dark Vador

 

Franchement, quel méchant devient gentil en un tour de manivelle ? Il faut du temps pour cela. Tout d’abord, parce qu’il faut du temps pour poser le méchant comme un méchant. Et après, il doit faire son long long chemin vers la route de la gentille attitude.

Prenons le top exemple, celui de l’infâme Darth Vader, plus connu en France par les fans de la première heure sous le nom de Dark Vador.

La Guerre des Étoiles, réalisé par Georges Lucas, sort en 1977. Y apparaît un méchant qui marquera l’histoire, par sa cruauté, son look noir et son souffle étrange qui l’annonce avant même qu’on le voit. Le chevalier du Sith, le représentant du côté obscur, Dark Vador !

« Luke, j’ai un message pour toi… »

Le gars, dès que vous le voyez, vous sentez que ça va mal se passer. Tous tremblent autour de lui, même ses hommes. Cette âme damnée a assassiné le père de Luke Skywalker, nous explique Obi-Wan Kenobi, vieux jedi et membre de l’alliance rebelle à la retraite. Mais en plus, voilà Dark Vador qui assassine de sang-froid le vieux Jedi ! Avant d’être envoyé valdinguer dans les confins de l’espace lors de l’attaque de l’étoile noire.

Deux ans plus tard, en 1980, sort l’Empire contre-attaque, réalisé par Irvin Kershner. Tous nos héros y reviennent mais Dark Vador aussi. Le méchant d’entre les méchants, celui qui obéit à l’empereur, le super méchant dont tout le monde se moque car seul Dark Vador et son souffle asthmatique nous font trembler jusque dans le fond de nos chaussettes. Dark Vador est toujours aussi méchant, rappelez-vous son légendaire “Excuses acceptées, capitaine Needa !”.

Et tout d’un coup, à la fin du film, la claque, la phrase ultime qui marquera toute l’histoire du cinéma, tombe : “Je suis ton père… »

BIM ! Tout se retourne. Comment ? Le grand ennemi est en fait le père du héros ? Obi-Wan Kenobi nous aurait donc menti ? Tout s’écroule. mais comment un si méchant personnage peut engendrer un si gentil héros ? Et Darkie propose à son fils de le rejoindre ? Il ne veut pas le tuer dans le fond ? Mais il lui a quand même coupé la main ? La carapace se fissure, le méchant tient à son fils, sentiment universel s’il en est… pour lui proposer de dominer la galaxie à ses côtés. Moins cool, mais Darkie nous touche !

 

Et voilà qu’en 1983 sort Le retour du Jedi réalisé par Richard Marquand. Dark Vador est toujours là, aussi méchant, mais on sait qu’il tient à avoir son fils à ses côtés. Et finalement, dans l’ordre des choses, le gentil Luke bat l’horrible Darth Vader et lui coupe la main. Mais il n’achève pas son père. C’est à ce moment que l’empereur décide d’intervenir et d’éliminer Luke puisqu’il ne se pliera pas. Et de le faire souffrir.

« Qui est chargé du ménage, ici ? » « Euh… Le premier cadavre à votre droite, lord Vador. »

Et là, LE retournement de situation: Dark Vador, mourant, se relève et vient se joindre au combat. Luke est-il vraiment perdu ? Non, car le sith, touché par les appels à l’aide de son fils, décide de se sacrifier en tuant l’Empereur pour sauver son sang, et du même coup, libérer la galaxie du joug de l’empire. Et là, scène d’émotion, Dark Vador demande à Luke d’enlever son casque pour le voir avec ses vrais yeux, au moins une fois.

Inutile de dire que votre cœur a cessé de battre. Non pas pour Luke, mais bien pour Dark Vador qui fait le grand saut, et quand, à la fin du film, – on parle de la version de 1983 pas numériquement retouchée par George Lucas -, l’esprit de Anakin Skywalker, le vrai nom de Darth Vader, se dresse aux côtés d’Obi-Wan et de Yoda, on est soulagé, apaisé, comme Luke. Le méchant a trouvé la paix. Bon, dans la mort, certes, mais il l’a trouvée. Et nous aussi. A cette occasion, on découvre pour la première fois le visage de David Prowse, qui joua le pilier des Sith dans cette première trilogie.

Et Anakin devient plus qu’un méchant, il devient une légende du cinéma.

Trois films pour passer du mal extrême à la pure rédemption et emporter avec lui le cœur de tous les spectateurs ! Qui dit mieux ?

 

Un autre exemple moins réussi. Vous vous rappelez la série Hercule ? Ses cinq téléfilms et ses cent onze épisodes ont été diffusés entre janvier 1995 et 1999. Vous avez peut-être dû en croiser un, involontairement, cela va de soi…

« C’est toi le gentil et moi la méchante, compris ? »

Hercule parcourt un monde naturel de forêt et d’auberge pourrie et affronte des méchants dont il aime botter gaiement l’arrière-train pour ramener un peu de justice. C’était l’époque où on avait conclu que des gens dans la nature avec des épées et du cuir, ça avait tout de suite un look d’Heroic Fantasy.

Dans cette série oubliable, un personnage secondaire, une méchante, apparaît dans six épisodes. Six sur cent onze, c’est peu… Mais suffisant ! Ce personnage de méchante que Hercule, par un discours convaincant, va ramener dans le droit chemin assez rapidement d’ailleurs, puisque c’est à leur troisième rencontre qu’il la retourne. Oui, vous nous voyez venir. Qui est ce personnage ? vous l’avez deviné, il s’agit de Xéna la Guerrière ! Une héroïne, enfin, une ex-méchante devenue héroïne qui aura sa propre série de cent trente quatre épisodes diffusés entre septembre 1995 et 2001.

« Je deviens gentille si je veux, OKAAAAYYY ! »

Mais bon, la rapidité du changement ne fait pas de Xéna une méchante inoubliable. On s’en souvient beaucoup plus comme héroïne de sa série que comme bad girl de la série Hercule. En bref, elle n’a pas été une méchante charismatique. Convaincue par Hercule rapidement de son “erreur de jugement”, elle vire gentille. Et il restera l’image d’un pendant féminin de Hercule, tout aussi Kitsch que lui, en insistant sur le K majuscule.

Donc, il faut savoir prendre le temps de faire évoluer son méchant vers le bon côté. Mais le temps ne suffit pas.

 

Un méchant qui vire sa cuti, il lui faut du charisme !

– « Je veux tes vêtements, tes bottes et ta moto… » Terminator

 

Oui, la transformation peut être rapide, mais le méchant est tellement charismatique que ça marche.

Prenons le cas de Terminator, robot tueur du film portant son nom réalisé par James Cameron en 1984.

 

« Y a pas d’âge pour dégommer Sarah Connor ! »

Son job ? se rendre dans le passé pour tuer celle qui deviendra la mère de celui qui deviendra le chef de la résistance anti-robot dans le futur et qui voudra le tuer avant qu’il se rende dans le passé pour… Vous nous suivez ?

Terminator est incarné par Arnold Schwarzenegger. Sa phrase clé qu’il répète incessamment est “Sarah Connor ?”. Oui, c’et important de savoir qu’il va descendre la bonne personne.

Terminator est une machine à tuer, une arme de guerre redoutable qui ne pardonne rien. D’ailleurs, son vrai nom, T-800, nous rappelle sa condition de machine sans âme. Il ne sourit pas, ne rit pas, fait la tête, traque et tue. Même quand il ne reste plus que son squelette, il traque encore, et tue encore.

Brrref, le méchant qui fait froid dans le dos. Cette froideur contribue à lui créer cette aura d’invincibilité. C’est le charisme du méchant,  il a quelque chose de plus. La classe dans le meurtre.

Terminator, étant le méchant, se fait dégager par les gentils à la fin de l’histoire. Les gentils, ce sont Sarah Connor, joué par Linda Hamilton, la future mère de celui qui viendra du futur etc… et Kyle, joué par Michael Biehn, le résistant envoyé dans le passé pour sauver Sarah connor du robot envoyé dans le passé pour la tuer. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Sept ans plus tard, en 1991, James Cameron remet le couvert et réalise la suite avec Terminator 2 : Le jugement dernier.

Mais comment ne pas faire de ce deux un numéro un bis ?

James Cameron commence par faire réapparaître le Terminator. C’est un nouveau modèle, puisque le Terminator du premier est écrasé sous une presse hydraulique. Le Même, mais pas le même. Qui part pourchasser non pas Sarah connor, mais John Connor, son fils, donc, avant qu’il ne devienne chef de la résistance dans le futur vous connaissez la suite du raisonnement.

Et arrive du futur un autre humain qui cherche aussi John Connor. Bon, là, l’originalité, c’est pas vraiment ça.

Mais soudain, renversement de situation. L’autre humain renvoyé dans le passé trouve John avant le Terminator et… tente de le tuer, mais John est sauvé de justesse par… le Terminator ! Et l’humain du futur se révèle être lui aussi un Terminator d’une nouvelle génération, le T-1000, plus puissant, plus rapide, plus tout que notre bon vieux Schwarzie…

Et le robot tueur du premier opus devient le robot protecteur du deuxième. Il est toujours aussi froid et pour marquer le coup, James Cameron joue sur cette froideur et fait évoluer le robot, lui faisant découvrir tout ce qui fait le charme de la vie des humains et s’attacher à ceux qu’il a été programmé pour détruire.

« Chauffe marcel ! »

Et tout d’un coup, on s’attache à ce robot sans âme au moment où il se sacrifie pour sauver le futur. Certes, le temps a joué, mais le méchant qui a de la gu… (vous voyez ce que l’on veut dire) ben ça compte. Terminator, ses lunettes de soleil, son blouson de cuir, son fusil, c’est le robot dans toute sa classe. Prenez la même histoire avec un autre acteur, un autre robot tueur et bien, ça ne marcherait peut-être pas. Et que fait le Terminator pour finir de nous convaincre ? Il plonge dans une cuve de métal en fusion. Ce qui nous amène au point suivant.

 

Un méchant qui devient gentil doit se sacrifier pour la bonne cause

– « Pauvre observateur, votre vie s’est mise à défiler devant vos yeux : tasse de thé, tasse de thé, dépucelage raté, tasse de thé… » Spike – Buffy contre les vampires

 

Ben oui, c’est la vie. Enfin, plutôt, c’est la mort. Arrêtons-nous un instant sur le cas de Spike le vampire, joué par James Marsters, de la série Buffy contre les vampires.

Cette série fit la joie des téléspectateurs pendant cent quarante-quatre épisodes (pour sept saisons) et fut diffusée de 1997 à 2001. nous passerons sur les spin-off comme la série Angel ou la huitième saison en comic.

« Je suis un méchant, et j’aime poser comme une star de rock tourmentée. »

Dans cette série où Buffy la tueuse de vampires doit latter des démons à tour de bras, afin de protéger le monde, apparaît dès la saison deux un curieux personnage nommé Spike, vampire blond décoloré violent et éprouvant des sentiments assez humains mais quand même bien blond décoloré et bien violent.

Spike est un bad guy, un vrai de vrai. Assassin de sang-froid sans remords mais en même temps habité par des sentiments humains. A l’inverse de Angel qui fatigue tout le monde en se lamentant sans cesse sur sa condition de vampire meurtrier et qui veut trouver la paix, Spike assume totalement sa condition et ses pulsions meurtrières.

Et en plus de tout cela, il veut tuer Buffy. Mais leur relation va évoluer et voilà que notre vampire va tomber amoureux de la belle tueuse. Pas de bol. Mais tout se complique quand Buffy et lui entament une relation torride et un brin SM. Spike ne devient pas bon par bonté d’âme, mais il aide à lutter contre les forces du mal, car une puce l’empêche de frapper les humains, et qu’il faut bien frapper quelqu’un pour vivre, alors pourquoi pas les autres méchants !

C’est dans l’ultime saison de la série télé que Spike va franchir le grand pas, et se sacrifier pour fermer la porte des enfers, protégeant ses amis et devenir ainsi un héros aimé et regretté de tous. Surtout de Buffy d’ailleurs ! Quand Spike se consume, nous, spectateurs attendris, regrettons déjà sa mort. Mais en apprenant que c’est le tout dernier épisode, on réalise aussi que c’est tout cet univers qui va s’arrêter et que nous ne verrons plus aucun de ces personnages. Ce chagrin général occulte un peu la mort de Spike, pour le coup. Mais en tout cas, ce vampire a rejoint le panthéon des méchants devenus gentils qu’on gardera dans notre cœur.

 

Prenons un autre exemple. Le cas du capitaine Barbossa joué par Geoffrey Rush dans la franchise Pirate des Caraïbes. Cette série cinéma, composée pour l’instant de cinq films s’étalant de 2003 à 2017, met en scène une galerie de personnages récurrents, dont l’ignoble capitaine Barbossa, mort-vivant de son état, qui veut se venger de Jack Sparrow et lever la malédiction qui les condamne, lui et son équipage, à se transformer en de terrifiants squelettes chaque nuit jusqu’à la fin des temps.

« Ton rire débile contre mon regard qui tue ? Tu n’as aucune chance, Jack ! »

Voilà ce que l’on apprend dans le premier film “la malédiction du Black Pearl” réalisé par Gore Verbinski en 2003. A la fin de ce premier opus, Barbossa meurt, comme tout bon méchant, tué par le gentil Jack Sparrow.

Mais l’histoire de Barbossa ne s’arrête pas là. Tout à la fin du second volet, « le secret du coffre maudit » sorti en 2006 et réalisé aussi par Gore Verbinski, il revient avec l’intention d’aider ses ennemis à aller chercher son pire ennemi dans le monde des morts ! Ah ? Il est devenu sympa ?

Bon, au travers des films suivants, Barbossa reste l’éternel rival de Jack, jouant pour ses intérêts personnels, un coup dans un camp, un coup dans l’autre. Ce n’est que lors du dernier opus que les choses se bousculent et basculent. « La vengeance de Salazar » réalisé en 2017 par Joachim Ronning et Espen Sandberg. Barbossa, toujours lui, repart sur les mers avec son rival Jack Sparrow (incarné par Johnny Depp) à la recherche d’un trident magique (après la fontaine magique, le sabre magique, le coffre magique et on en passe, pourquoi pas, Aquaman cherchera le même). Mais à la fin de ce film, Barbossa se sacrifie pour sauver sa fille, ultime revirement qui transcende ce personnage (qui en avait bien besoin). Bon, après, les héros de cette franchise étant habitués à revenir du monde des morts, cela peut laisser croire que rien n’est figé et ça gâche un peu la force émotionnelle de la scène. Si on s’attache dans les premiers films à Hector Barbossa, on finit par se lasser de lui, un peu comme on risque de se lasser de cette franchise qui semble ne pas vouloir s’achever. Petite remarque un rien méchante mais on parle de méchants, alors c’est justifié. Et cela nous mène au point suivant.

 

Un méchant qui devient gentil reste toujours un peu méchant

– « Tu as peut-être envahi mon esprit et mon corps, mais un Saiyen garde toujours sa fierté. » Vegeta

 

Hé oui, même foncièrement gentil, le méchant reconverti garde une petite trace de mauvais garçon. C’est aussi pour ça qu’on l’aime, mine de rien.

Penchons-nous sur le cas de Vegeta ! Oui, Végéta, l’ennemi de  Son Goku, héros de Dragon Ball, célèbre manga de Akira Toryiama. la première série dessinée est éditée de 1984 à 1995 et une première série animé fut diffusée de 1986 à 1989.

« Ca, ça s’appelle un look qui déchire ! »

S’ensuivit de nouvelles séries et de nouveaux mangas (Dragpn Ball Z, GT, Kai Kai, et consorts) jusqu’à aujourd’hui avec Super Dragon Ball Heroes.

Bref, Son Goku, Saiyen habitant la terre, veut remporter un tournoi d’arts martiaux alors que Vegeta, pensant être le dernier Saiyen (race de guerriers légendaires, comportant un unique super Saiyen, destiné à devenir le super guerrier légendaire de la galaxie), travaille pour un dénommé Freezer à trouver les sept dragon balls permettant d’acquérir l’immortalité. Pour cela, il parcourt l’espace. Et finit par arriver sur terre !

Végéta, pensant être le dernier des Saiyen, est sûr d’être le super Saiyen. il va vite déchanter quand sa route croisera celle de Son Goku. Les deux Saiyen vont s’affronter et Vegeta va devoir admettre qu’il a affaire à plus fort que lui.

De série en série, la rivalité augmente, et si Vegeta finit par s’allier au groupe d’amis de Son Goku, il gardera toujours au fond de lui le besoin non pas de dominer l’univers mais d’être le plus fort. Et parfois, il va jusqu’à mettre la terre et l’univers en péril pour gagner plus de puissance et défier Goku, toujours au mauvais moment !

Vegeta, méchant cruel qui n’hésite pas à achever ses adversaires mourant, va évoluer. Il va même parfois épargner ses ennemis. Il va se marier avec Bulma, intégrer le clan de Son Goku, devenir père de famille mais gardera au fond de lui cette insatiable soif de vaincre Son Goku en combat singulier. Même du côté des bons, Vegeta reste Vegeta et son air d’éternel énervé lui permet de garder tout son charme…

Et pour finir en beauté, voici un point qui peut balayer tous les autres…

 

Un méchant qui ne devient pas gentil peut aussi devenir un héros !

– « Veuillez m’excuser de ne pas me joindre à vous mais j’ai déjà copieusement diné, et je ne bois jamais… de vin. » Dracula

 

Et là, on pense à un cas précis, Le comte Dracula joué par Gary Oldman dans le film de Francis Ford Coppola “Bram’s Stoker Dracula” sorti en 1992.

« Je fais ce que je veux avec mes cheveux ! »

Cet affreux personnage, pour employer un doux euphémisme, rencontre Jonathan Harker (joué par Keanu Reeves) venu lui parler immobilier (quelle drôle d’idée) dans son château de Transylvanie (quelle deuxième drôle d’idée) et découvre que la fiancée de Jonathan, Mina, (jouée parWinona Ryder) ressemble trait pour trait à sa femme perdue des siècles auparavant (quelle coïncidence). Voilà notre vampire qui s’embarque pour Londres en charrette et bateau pour rencontrer Mina et plus si affinités !

Une fois sur place, le comte tue, détruit, maudit ce qui l’entoure et surtout ceux qui entourent Mina pour arriver à ses fins. Il ensorcelle la pauvre Mina, femme de Jonathan Harker.

Harker et ses amis vont tout faire pour arrêter Dracula mais la créature est difficile, voire même impossible à battre. Combat et course-poursuite au programme donc, dans une ambiance fantastique et un peu sanglante. Le tout jusqu’au climax de l’histoire, le final de folie dans la cour du château Transylvanien.

Mais la fin de l’histoire où le vampire demande à Mina la paix (par la mort donc) en fait soudain le héros romantique par excellence. Avec cette scène, tout bascule. On éprouve soudain une sorte de paix à imaginer ce méchant trouver le chemin jusqu’au ciel pour retrouver sa femme…

 

Dans cette lignée, nous aussi, nous avons voulu faire évoluer un de nos méchants dans Pamela Target. On procède par jalons. Vous pourrez découvrir le premier jalon au cours de l’épisode 12 de la saison 2 “Taser Mécanique” :

Et vous, quel est le méchant qui vous a tout d’un coup touché au détour d’une révélation ? dites-le nous en commentaire !

 

La PT-Team

Les pires idées à ne surtout pas piquer aux équipes de héros au cinéma pour développer le collectif au bureau

Le cinéma nous a livré dans différents genres tout un tas d’équipes de (super) héros, d’aventuriers, de mercenaires, de voleurs, soldats et bien plus encore. Alors c’est vrai qu’il y a plein de bonnes raisons de rejoindre une équipe : à plusieurs, on fait plus de choses, on apprend les uns des autres, on sort de sa solitude, on apprend à s’aimer soi-même, et blablabla, que de jolies raisons… issues de deux mille ans de morale Judéo chrétienne et de scoutisme où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Mais la vérité est ailleurs !

Nous, on va vous expliquer pourquoi, selon nous, ce n’est vraiment pas cool d’intégrer une équipe comme celle des (super) héros au bureau !

Le recrutement  : Quelque soit votre (sale) caractère, il y a toujours une équipe pour vous accepter

Franchement,  des boulets, comme héros, nous  en avons un paquet au cinéma.

      – « No Comment. » Logan

 

  • L’individualiste forcené

Prenez un peu de recul et répondez honnêtement à cette question: s’il fallait se baser uniquement sur le caractère, qui aurait envie d’avoir dans son équipe un individualiste forcené, râleur et chiant qui passe son temps à vous envoyer paître, à n’en faire qu’à sa tête et à empaler tout ceux qui se mettent sur son chemin, comme Logan, plus connu sous le nom de Wolverine ?

Logan sévit dans X-Men. Le premier X-Men date de 2000 et a été réalisé par Bryan Singer.  Il s’agissait d’adapter la série de comics de Stan Lee et Jack Kirby ayant démarré en 1963. Trente-sept ans d’histoire, vous voyez le challenge !

Wolverine (Logan de son petit nom) apparaît dans une histoire Marvel en 1974 et on le retrouve pour la première fois chez les X-Men en 1975. Ça réduit le challenge de Bryan Singer à vingt-cinq ans.

Uniquement présent au départ car il fallait un super-héros canadien dans l’équipe, Logan trouve sa place au fur et à mesure des années. Ce personnage irascible et sans pitié submerge le cœur des fans et devait donc être forcément présent dans l’adaptation cinéma. Là encore, incarné par Hugh Jackman, il s’incruste si fort dans le cœur des nouveaux fans (encore) qu’il est de tous les films et développe même sa propre trilogie !

X-Men Origins : Wolverine de Gavin Hood en 2009, qui laisse une impression bizarre d’inabouti,

Wolverine, le combat de l’immortel de James Mangold en 2013, qui relance la machine

et le crépusculaire Logan de James Mangold (encore lui) en 2017.

 

Franchement, vous voudriez vraiment arriver le lundi matin et vous retrouver avec un Logan dans votre équipe ?

Imaginez la scène :

« – Logan, à propos du dossier Bidochon, vous en êtes où ?

– Nulle part, et je m’en fous.

– Logan, ça ne pourra pas durer éternellement, cette attitude négative.

– Mon attitude négative et moi, on déglingue Magnéto ! c’est pas un tâcheron comme toi qui va m’apprendre à mener ma vie. Alors dégage de mon bureau.

– Logan, nous sommes dans mon bureau…

– Ca c’était avant ! (regard méchant alors qu’il plante ses griffes dans votre clavier, et vous sortez)”

Vous voyez le tableau !

A première vue, le caractère de Logan semble insupportable à gérer. Il est une forte tête, qui se fiche de la hiérarchie, limite anarchiste, et en plus, il est quasi-immortel. Il passe son temps à vider des bières et à vous regarder méchamment. Certes c’est un solitaire, indépendant, sans pitié, mais avec un grand coeur. Et quoique l’on puisse dire, plus d’une fois, il a fini par sauver la mise aux X-men, et on aime Logan pour toutes ces caractéristiques…  Mais si vous avez un peu d’expérience du management d’équipe, vous savez que la réponse est non, on ne le prend pas dans son équipe !

  • Le jusqu’au boutiste

Prenons un deuxième exemple. Si nous vous disons Rorschach, vous pensez soit au psychodiagnostic de Rorschach inventé par le docteur éponyme en 1921, soit à l’un des membres de l’équipe des Watchmen.

 

Watchmen est une série de comics publié de 1986 à 1987 est créé par Alan Moore et Dave Gibbons. Mais vous connaissez peut-être la version cinématographique de Zack Snyder paru en 2009.

Rorchach, de son vrai nom Walter Kovacs, est un personnage qui a tendance à régler les problèmes en balançant les responsables dans le vide-ordures. Il s’affuble d’un masque noir et blanc rappelant les tâches que l’on trouve dans les planches dessinées du Docteur Rorschach (d’où son nom de super-héros). C’est Jackie Earle Haley qui tient ce rôle.

Pour dire les choses simplement, Rorschach est violent, meurtrier et limite psychopathe. Il a oublié le sens du mot douche (ça fait perdre du temps alors qu’il y a tellement de criminels à purger) et celui du mot loi (c’est pour les gens qui ont du temps à perdre alors qu’il y a tellement de criminels à purger) .

Honnêtement, lundi matin, arrivée au bureau,

“- Snif, snif, ah, ça pue, Rorschach est arrivé. Je m’y ferais jamais… Bonjour Rorschach, vous en êtes où sur le dossier Bidochon ?

– J’ai découvert que Bidochon gonflait ses prix.

– Ah ? vous avez négocié ferme alors ?

– On ne négocie pas avec le mal.

– Euh… Mais alors…

– Je l’ai noyé dans les toilettes de votre bureau.”

Voilà voilà…

L’intransigeance du personnage et son côté jusqu’au-boutiste ont touché beaucoup de gens. Il est celui qui sent dès le départ que quelque chose cloche dans le suicide d’un ancien super-héros et il ne lâchera jamais avant de trouver la vérité.

Et malgré son côté… intolérant, il trouve toujours bon accueil chez son ami Dan Dreiberg, ancien Watchmen aussi et il est même toléré par d’autres membres de l’équipe. Bref, il a trouvé un endroit où on l’écoute, mais ce ne sera pas votre bureau.

  • Le dépressif chronique

Un troisième pour la route, Avec Frodon, le hobbit, membre de la communauté de l’anneau chargé d’aller détruire l’anneau du mal dans les laves du volcan de Mordor dans le récit en trois volumes “Le Seigneur des Anneaux” de J.R.R. Tolkien paru en 1954 et 1955.

Vous pensez alors au doux visage de Elijah Wood qui joue le rôle dans les trois films de la trilogie de Peter Jackson parus en 2001, 2002 et 2003 !

A priori, celui-ci, vous vous dites “Oh ben non, un gentil hobbit, c’est le pied (poilu) dans son équipe”.

Frodon ou l’incessant questionnement existentiel : »Mais… Comment vais-je faire pour me sortir de là… Suis-je vraiment fait pour cette mission ? »

Frodon est un hobbit, comprenez, il est petit, souriant, incapable de se battre de base. Mais en plus, ce Hobbit-là, rongé par le doute, devient d’une lancinante incapacité à mener sa mission. Le type qui vous pompe votre énergie tellement il déprime. D’ailleurs, sans Sam Gamegie, Frodon ne s’en sortirait pas, de sa mission.

Et bien malgré cela, on l’accepte dans la communauté de l’anneau. Aux côtés des elfes archers olympiques, des nains machines de guerre et des humains ardent défenseur des libertés. Tout le monde est content du gentil Hobbit.

Même nous, d’ailleurs. Malgré sa dépression chronique – alors oui, l’anneau du mal ultime qu’il transporte y est pour quelque chose, il faut le reconnaître -, on le supporte. Mais repensez-y, lundi matin, bureau…

“- Bonjour Frodon, vous en êtes où sur le dossier Bidochon ?

– Je ne sais pas, la tâche semble tellement dure, je perds pied, je n’y arriverai jamais.

– Pas de panique, vous l’appelez, prenez rendez-vous et présentez-lui le contrat.

– L’appeler ? Mais le téléphone semble tellement loin, c’est comme si une force intérieure m’empêchait de tendre la main jusqu’au combiné.”

Vous regardez le calendrier et vous réalisez que Frodon doit passer ce coup de fil depuis trois mois et soudain, devant son regard désespéré errant du téléphone à ses mains, vous aussi, vous vous sentez très très fatigué… et cela vous fera dire: TU NE PASSERAS PAS ta période d’essai.

 

La communication  : Dans une équipe de héros, il y a toujours quelqu’un pour rigoler de vos vannes, aussi pourries soient-elles

– « Rest in pieces. » Barney Ross

Oh Yeah !

Prenons l’équipe des Gardiens de la Galaxie, film réalisé par James Gunn en 2014 et issu tout droit d’un comic Marvel réalisé par Dan Abnett et Andy Lanning paru en 2008. La série initiale est plus ancienne, et la première équipe (qui n’est pas celle adaptée au cinéma) date de 1969.

Dans le film, Peter Quill, joué par Chris Pratt, et ses compagnons parcourent l’espace pour sauver la galaxie ou pour sauver leur peau, selon les situations – et les points de vue – et histoire de garder le moral, on a droit à un festival de blagues :

« – Les métaphores lui passent au-dessus de la tête.

– Rien ne peut me passer au-dessus de la tête. Mes réflexes sont trop rapides, je l’attraperai. »

Bien envoyé (au-dessus de la tête)…

 

« C’est une pratique courante le balai dans le cul ? Ça doit être douloureux ! »

On veut son dictionnaire de vannes.

 

« – Je viens de sauver Quill.

– On est tombé d’accord pour dire que bombarder quelqu’un c’est pas le sauver !

– Quand ça on est tombé d’accord ?

– Mais il y a 3 secondes !

– J’avais la tête ailleurs, j’écoutais pas. »

Arf ! Vous êtes plié en quatre et vous vous dites « Ouais, c’est cool ça ! »

Mais principal corollaire de ce deuxième point, dans une équipe de héros, il y a toujours quelqu’un pour faire des vannes pourries à côté de vous. Et ça c’est plus douloureux si vous n’aimez pas l’humour lourd. Vous serez obligé de faire des checks aux vannes les plus terribles de l’histoire du rire.

Bon, dans une équipe de héros, y a toujours malheureusement une place pour tout le monde et on se fend la poire à des blagues qui fendent pas grand-chose, mais votre malheur ne s’arrête pas là.

Le Modus operandi   : la fin justifie les moyens.

– « Il est venu, il a pris son dû, ils l’ont battu. » Ocean’s eleven

Dans une équipe de (super) héros, pas de réflexion métaphysique, on fait ce qu’on a à faire, quelque soit le prix.

Chacun sa mission en fonction de ses compétences ! Et rien ne vaut la démonstration par l’exemple.

La belle brochette réunie par Danny Ocean pour un casse de folie.

Alors penchons-nous sur Ocean’s eleven, réalisé par Steven Soderbergh en 2001. Rappelons que ce film est un remake de l’inconnu de Las Vegas par Lewis Milestone en 1960.

Danny Ocean mène une banque de braqueurs professionnels à l’assaut de trois des plus grands casinos de Las Vegas (c’était Cinq dans la version de 1960, ils sont devenus petit bras avec le temps).

Danny Ocean, joué par Georges clooney, réunit donc une brochette de pros pour l’aider.

– Rusty Ryan, le roi du bluff, joué par Brad Pitt,

– Linus Caldwell, le pickpocket hors pair, incarné par Matt Damon,

– Basher Tarr, le roi des explosifs, joué par Don Cheadle,

– Ruben Tishkoff, spécialiste des systèmes de sécurité, rôle tenu par Elliott Gould…

Nous pourrions vous faire la liste des onze mais a priori, vous avez saisi l’idée. Chacun va faire ce pour quoi il est doué.

Ryan ment, Caldwell vole à la tire, Basher Tarr fait péter des bombes (enfin, pas trop non plus) et ainsi de suite. Non, le scénario ne propose pas d’envoyer Linus faire péter des bombes, de faire bluffer au poker Basher et de demander à Ryan de pickpocketer ses voisins !

Du coup, on évite de se perdre et on avance pépère sur son point fort. Bon, ça n’empêche pas qu’il y en a un qui doit se décarcasser pour pondre des plans. Là, c’est Danny Ocean qui s’y colle. Moins cool pour lui.

 

Mais le cœur du problème est ailleurs. En effet, la plupart des équipes de héros ont un souci, ils ont des membres mono-tâches et les dommages collatéraux occasionnés sont un peu le cadet des soucis de tout le monde.

Dans le cas d’ Ocean’s Eleven, nous avons affaire à des braqueurs, on pourrait se dire « Non mais c’est normal qu’ils cassent tout, ils font des casses après tout ! » Là, check à cette vanne (hé oui, vous êtes obligés, vous vous rappelez le point précédent ?)

Pour clarifier le propos, évoquons un deuxième exemple avec le roi du plan, Hannibal Smith de L’Agence Tous Risques.

 

Best of the best…

Le film réalisé par Joe Carnahan est sorti en 2010. il est adapté, bien sûr, de la monumentale série télévisée L’Agence Tous Risques, 98 épisodes diffusée de 1983 à 1987, créée par Frank Lupo et Stephen J. Cannell.

L’Agence Tous Risques est une bande d’anciens soldats recherchée par la police militaire et qui mettent leurs gros bras au service de la veuve et de l’orphelin. Là aussi, on retrouve une équipe organisée, mais plus réduite que celle de Danny Ocean.

– Barracuda, roi de la mécanique et gros bras, musculairement incarné par Mister T, que l’on retrouvera dans Rocky III,

– Futé, maître du charme et du baratin, joué par Dirk Benedict, vu précédemment dans Galactica d’ailleurs,

– Looping, le dieu des pilotes tous appareils confondus, follement incarné par Dwight Schultz,

– Hannibal Smith, le stratège hors pair qui renvoie Scipion et Napoléon au placard, dont on retiendra la phrase culte, semi-ironique : “J’adore qu’un plan se déroule sans accroc”, et joué par George Peppard.

Notons que l’équipe d’Hannibal répond aux points précédents, Looping est sorti d’un asile à chaque épisode car il est complètement fou, mais tout le monde l’aime et ils échangent des vannes qui ne resteront pas dans l’histoire du rire… Mais dès qu’il s’agit d’atteindre leur objectif, y a plus aucun contrôle sur la casse et tout y passe autour d’eux: hommes, voitures, bâtiments, ça explose de partout pour aller faire des courses et ça passe à travers les murs pour promener le chien !

Vous aurez beaucoup de mal à justifier, dans la vraie vie, les factures de chaque action entreprise. Lundi matin, bureau…

« – Hannibal, vous en êtes où avec le dossier Bidochon ?

– Il a signé !

– Génial, il va fournir tous les robinets commandés ?

– Oh ben ça, ça m’étonnerait, vu qu’on a détruit la totalité de son usine avant qu’il signe.

– Mais Hannibal…

– J’adore qu’un plan se déroule sans accroc… »

On vous avait prévenus. Mais si ça ne vous suffit pas pour comprendre qu’une équipe de héros dans la vraie vie, c’est pas cool, alors voilà l’argument massue…

 

Suppression du plan retraite : parce que y a pas d’âge pour s’éclater dans une équipe de héros !

– « Can I kill her now ? » Frank Moses

Oui, les équipes de héros sont “age-open” ! Vous pouvez en trouver de sept à soixante-dix sept ans !

Ah, Les Goonies. Souvenez-vous, l’aventure était au coin de la rue.

Regardons les extrêmes. Les plus jeunes s’éclateront à faire un bout de route avec les Goonies. Ce film, réalisé par Richard Donner en 1985, met en scène un groupe d’enfants découvrant une carte au trésor dans un grenier et décidant de trouver le trésor afin d’aider à sauver leur quartier menacé de destruction par un promoteur. Mais évidemment, les choses ne vont pas être si simples. Les enfants vont agir ensemble pour atteindre leur but. Notons, pour boucler la boucle, que Brand, le frère d’un des quatre Goonies, est joué par Josh Brolin, qui incarnera bien des années plus tard Thanos dans Avengers, une équipe plus adulte (enfin, ça dépend des scènes) !

Sautons vers une équipe située à l’autre bout de la pyramide d’âge, on aurait pu citer  les Expendables mais on choisira le film RED réalisé par Robert Schwentke sorti en 2010. RED, pour Retired and Extremely Dangerous, est l’adaptation d’un comic de Warren Ellis et Cully Hammer paru en 2003 chez une filiale de DC Comics.

La bande de retraités que tu voudrais pas dans ta maison de retraite…

Frank Moses, joué par Bruce Willis, est un ancien agent de la CIA à la retraite. Le jour où on attente à sa vie, il décide de réunir son ancienne équipe pour comprendre ce qui se passe et optionnellement régler le problème à l’ancienne. Et voilà les retraités qui reprennent la route, du poil de la bête et toutes leurs armes pour en montrer à ces petits millenials bureaucrates !

Bon, vous avez saisi, y a pas de retraite pour les équipes de héros, même ceux qui sont à la retraite ! En activité jusqu’au dernier jour !

Malgré tout et pour notre plus grand plaisir, le cinéma continue à nous servir des équipes de super héros, toujours aussi peu adaptés au bureau  !  Et ce n’est pas pour rien si dans Pamela Target, nous avons fondé l’équipe des X-Animen, que vous pouvez voir à l’entraînement dans l’épisode 26 de la saison 1 “je connais le kung-Fu à la Matrix” :

que vous pouvez découvrir commençant à interagir ensemble dans l’épisode dix de la saison 2 “Les X-Animen et le frigidaire de cristal” :

et qui se dresse de toutes ses forces contre un ennemi commun, à  découvrir dans “The Beginning of Endgame”, l’épisode 11 de la deuxième saison de Pamela Target :

Et vous, malgré tout ce que l’on vient de vous expliquer,  quelle équipe de héros au cinéma pourrait vous inspirer dans votre vie au bureau ?

Dites-le nous en commentaires !

La PT-Team

Comment le cinéma a appris à aimer la bombe… ou pas.

La bombe nucléaire, ça crée des radiations, ça provoque des cancers, ça explose à tort et surtout à travers, ça donne des milliers de morts d’un coup, ça marche au nucléaire qui génère des déchets dont on ne sait plus quoi faire, à part pourrir la planète avec. Bref, la bombe nucléaire, c’est pas le must du top cool. Il paraît même que son utilisation fait bondir en avant l’horloge de l’apocalypse, celle qui sonne la fin du monde à minuit, c’est vous dire. Mais contre toute attente, la bombe a un avantage ! Elle a donné pléthore et kyrielle de scénarios et de situations dramatiques qui ont abouti à d’innombrables films dont quelques oeuvres immortelles qui marqueront l’histoire du septième art, sans laisser de déchets nucléaires derrière elle.

Elles auraient été quatre avec des chevaux, on les aurait appelées les quatre cavalières de l’horloge de l’apocalypse. Mais bon…

Comme source de film catastrophe, on s’en doute, la bombe nucléaire se pose là.

Et Dieu seul sait que des films catastrophes, on peut en faire à partir de tout et n’importe quoi. Mais de tout cela, nous reparlerons dans un autre article. La bombe donc, on l’a traité de plusieurs manières au cinéma. Et tout d’abord, comme cause de la fin du monde !

La bombe, responsable de la fin du monde !

Do you think you’re the only one that’s suffered ? We’ve all been through it in here. But we haven’t give up. We’re still human beings, with dignity. But you ? You’re out there with the garbage. You’re nothing.” – Papagallo

Notons que le premier film à traiter du nucléaire date de 1951. Il a été écrit et réalisé par un homme nommé Arch Oboler et se nomme “Les cinq survivants”.

Le film met en scène les cinq derniers survivants (à juste titre) du cataclysme nucléaire. Quatre hommes et une femme enceinte (ça ferait pas six, ça ?) ! Comment vont-ils (sur)vivre maintenant ? La réponse fera ressortir les travers et autres défauts de l’humanité. je ne vous en dirait pas plus pour ne pas spoiler.

William Phipps, Earl Lee et Susan Douglas Rubes, Trois survivants  sur cinq…

De manière plus fantastique, “Day The World Ended”, sorti en 1955 et réalisé par Roger Corman, met en place un groupe de survivants après l’holocauste nucléaire. Mais ceux-ci se retrouvent face à un homme irradié qui a muté et devient petit à petit… cannibale.

Mais si pendant un temps, les survivants de l’apocalypse ont été les premiers à être filmés, après, c’est la nouvelle société issue du chaos nucléaire qui fut montrée et analysée.

Comme dans l’anticipation de manière générale, l’idée est de faire ressortir les travers de l’humain voire même au sens plus large les dérives de la société.

D’ailleurs, ce type de film montrant un monde post-apocalyptique a pris un nom: les films post-apo.

Mad Max 2, le défi” de Georges Miller sorti en 1981 en est un bel exemple. La société s’est reconstruite petit à petit mais de manière primitive, avec quelques objets modernes, voitures, armes à feu… et dans cette société, règne la loi du plus fort, et parfois du plus malin, s’il a de bonnes jambes ! Bref, un monde brutal et sans pitié.

Le monde post-apo de MadMax 2, The Road Warrior -1981

Mais de manière plus sophistiquée, on peut penser aussi à “Equilibrium”.

Ce film, réalisé par Kurt Wimmer et sorti en 2002, met en scène une société déshumanisée où les hommes ont décidé de se priver de leurs émotions à l’aide d’une drogue, le prozium – toute ressemblance avec le prozac serait purement fortuite ou pas -.

Le monde post-apo d’Equilibrium -2002

Mais pourquoi donc cette lubie bizarre ? Tout simplement car un conflit nucléaire a ravagé le monde et que les survivants se sont dits que l’usage de la bombe, c’est la faute à l’émotivité et aux émotions négatives. Alors autant supprimer les émotions et tout ira mieux !

Christian Bale et Sean Bean font les frais de cette décision, faisant partie de la brigade chargée de chasser ceux qui refusent de brider leurs émotions, les viles racailles !

Dans les deux premiers cas, on est pile poil après la fin du monde et ce sont les quelques survivants qui nous intéressent. Puis, ce sont des sociétés reconstruites un certain temps après la guerre nucléaire. Et finalement, des sociétés reconstruites longtemps après la bombe.

Elle reste la source de destruction qui donne un monde nouveau, à bâtir, en construction ou totalement finalisé. La bombe au cinéma, c’est la mort mais parfois, c’est aussi la menace de mort.

La bombe comme menace à enrayer

Gentlemen, you can’t fight in here ! This is the war room !” – President Merkin Muffley

En effet, de nombreux films se sont penchés sur comment empêcher que la bombe explose. Ou comment la faire exploser !

En 1964, un ovni sort sur nos écrans, “Docteur Folamour ou comment j’ai appris à aimer la bombe” de Stanley Kubrick. Satire militaire mordante mettant en scène un personnage de savant fou, joué par Peter Sellers, qui va pousser tout le conseil de guerre des Etats-Unis à utiliser la bombe pour régler les problèmes de guerre froide avec les russes.

Et le film finira effectivement par des bombardements. Mais pas avant que le docteur Folamour et l’élite de la nation se soient réfugiés en sécurité, se préparant à devenir les survivants de l’apocalypse évoqué dans le chapitre précédent.

Lâcher de bombe dans Dr Folamour ou comment j’ai appris à aimer la bombe  – 1964

Après cette explosion de comédie, la bombe atomique est abordée sous l’angle de la peur. Plusieurs films vont mettre en scène de vaillants héros chargés d’empêcher que de vils trafiquants, terroristes, maniaques psychotiques et autres foudingues assoiffés de fin du monde fassent exploser des ogives nucléaires pour meubler leur week-end.

On peut penser à titre d’exemple à “La somme de toutes les peurs”, nouvelle aventure de Jack Ryan, réalisée par Phil Alden Robinson en 2002. Avec dans le rôle de Jack Ryan, non plus Harrison Ford mais… Ben Affleck. Ce dernier, aidé par un autre agent de la CIA, va tenter de déjouer un complot visant à commettre un attentat nucléaire contre les Etats-Unis.

Autre exemple, moins connu, “Le pacificateur”, film de Mimi Leder sorti en 1997. Là encore, vol de têtes nucléaires par des terroristes plutôt russes d’ailleurs. Mais dans ce film, une fois n’est pas coutume, c’est une femme qui va être l’héroïne sauveuse du monde, le Docteur Julia Kelly jouée par Nicole Kidman, bon, aidée pour la circonstance par le lieutenant colonel Thomas Devoe, incarné par Georges Clooney.

La bombe nucléaire représente toujours l’ennemie, mais celle qu’on peut combattre, pas celle qui nous a détruit d’entrée. Et parfois, elle devient même un allié !

La bombe comme moyen de détruire le danger !

Life is a journey, not a destination” – Armageddon

Hé oui, cette bombe nucléaire qu’on craint, et bien devant des ennemis encore plus dangereux qu’elle, elle devient le dernier recours pour se défendre.

Tout d’abord, le cas de la menace impossible, nos éternels ennemis les aliens ! Quoi de mieux qu’une bonne ogive nucléaire dans la tronche pour leur dire gentiment de rentrer chez eux et d’aller envahir ailleurs !

C’est le défi que relèvent les héros de “Independance Day”, film de Roland Emmerich sorti en 1996. Avec Will Smith en pilote de chasse au taquet pour dégommer de l’alien et Bill Paxton en président des Etats-Unis prêt à tout pour donner l’exemple.

Il faut reconnaître que la partie de chasse entre Will Smith, alias le capitaine Steven Hiller et les aliens en chasseurs stellaires aurait pu figurer dans notre article sur les films d’aviation. (rappelez-vous, c’était ici).

Will Smith, le petit cigare avant le gros boum !

Et deux ans après, en 1998, un nouvel ennemi surgit qui va nécessiter qu’on ressorte le nucléaire. Des aliens encore plus sauvages ? Non, juste un gros météorite qui va percuter la terre ! Dans le célèbre “Armageddon” réalisé par Michael Bay qui a valu à Bruce Willis un nouveau succès dans le rôle du sergent Harry Stamper, notre sergent va mener une équipe au cœur du météorite agressif pour y déposer une charge nucléaire qui est censée régler le problème.

Dans les deux opus cités, la bombe nucléaire va tout résoudre et se débarrasser des ennemis. Mais à côté de ces films où le spectaculaire joue la surenchère et où le nucléaire sauve le monde, il est d’autres films qui n’oublient pas que la bombe, ça peut faire mal, pas seulement dans l’immédiat mais aussi sur le long terme.

La bombe nucléaire comme cause de maladie et mutation

J’ai vécu l’enfer de la bombe ! Rien me fait peur maintenant ! Je peux affronter toutes les difficultés ! Je vais avoir la belle vie !” – Gen d’Hiroshima

  • De manière symbolique.

On pourrait citer Godzilla de Ishiro Honda de 1954, où les essais nucléaires américains donnent naissance à un monstre assoiffé de destruction qui vient… détruire le japon. Mais pour en savoir plus sur Godzilla, vous pourrez lire notre article traitant de ce Kaiju qui a traversé les ans ici.

  • De manière beaucoup plus dramatique, mais fictive

On ne peut parler de la bombe nucléaire et de ses effets au cinéma sans citer “Pluie Noire” de Shohei Imamura, sorti en 1989 et tiré du roman de Masuji Ibuse. Tout commence le 6 aout 1945 à Hiroshima. Explosion, destruction. Et alentour, des campagnards qui vivent leur vie sous la pluie noire tombant après le désastre.

Mais cette pluie noire porte la radiation à ceux qu’elle touche, et donc la maladie. Et effectivement, quelques années après, ces personnages vivant dans un village paisible vont voir leur vie décliner, happée par la maladie, la méfiance de ceux qui les entourent, la folie qui s’étend. Parmi eux, la jeune Yasuko, qui voit petit à petit son monde péricliter, en plus des privations d’après-guerre. Un drame dur sans jamais tomber dans le mélo. A voir, ou à revoir…

Yoshiko Tanaka, qui joue Yasuko. Une goutte de pluie noire, et toute une vie bascule…

Et comment évoquer les effets du nucléaire sans parler du film d’animation “Gen d’Hiroshima”, réalisé par Mamuro Shinzaki et sorti en 1983, adapté du manga de Keiji Nakazawa publié entre 1973 et 1985.

Les premières minutes du film, sur l’explosion d’Hiroshima, devrait convertir n’importe quelle personne ayant toute sa tête à la destruction massive des armes nucléaires.

Dans le film, après le drame, c’est Gen, son frère et leur tentative de survie dans un japon détruit que nous suivons au jour le jour.

Ce film a eu une suite sortie en 1986 et, ce que l’on sait moins, a été précédé d’une trilogie en prise de vue réelle sortie en 1976, 1977 et 1980.

Et si ça ne vous suffit pas, allez donc voir “Dans un recoin de ce monde”, réalisé par Sunao Katabuchi, sorti en 2016 et adapté du manga de Fumiyo Kono. Ce film racontant la vie dans la région d’Hiroshima avant, pendant et après la bombe au travers du quotidien de la jeune Suzu a récolté le prix du Jury au festival du film d’animation d’Annecy.

  • Et encore plus dramatique, mais malheureusement réel.

Pour ceux qui croient que les effets néfastes de la bombe nucléaire c’est de la fiction, il faut parler du film “Le Conquérant” de Dick Powell sorti en 1956.

Le film raconte la vie de Temujin – incarné par John Wayne -, qui deviendra le redoutable Genghis Khan (Temujin, hein, pas John Wayne). Quel rapport a le nucléaire avec la vie des hordes de Genghis Khan ? Aucun.

Mais le tournage de ce film est tristement instructif à plus d’un titre. Le tournage s’est déroulé en 1954 aux environs de Yucca Flats, site d’essai nucléaire de l’armée américaine dans les années cinquante.

L’équipe de tournage, sans le savoir, est donc exposée aux radiations soufflées par les vents de l’Utah. Et à de grosses doses de radiations, du genre à affoler les compteurs Geiger.

 

Sur les deux cent vingt personnes présentes pour le tournage, quatre-vingt onze auront un cancer dans les années qui suivent et quarante-six en mourront, dont… John Wayne en 1979.

Le nucléaire ne détruit pas seulement nos vies, et les menaces alentours, dans une explosion cataclysmique, mais il grignote nos corps de l’intérieur par l’intermédiaire des radiations, petit à petit, dans la souffrance, inexorablement.

S’il ne faut pas oublier ces faits graves, on peut néanmoins reconnaître au cinéma de savoir aussi atténuer l’impact de l’horreur. En effet, parfois, la bombe nucléaire, c’est juste, pour de vaillants héros, un obstacle à surmonter.

La bombe comme obstacle à affronter

Quand on parle du loup, on en voit le masque.” – Bane

Hé oui, on peut citer deux héros, à la limite du super-héros, qui ont affronté la bombe et y ont survécu haut la main.

Tout d’abord, Batman dans “The Dark Knight rises” de Christopher Nolan, film sorti en 2012, où le justicier masqué, joué par Christian Bale, s’envole dans les airs en Batplane pour emmener loin de Gotham une bombe nucléaire. Explosera-t-il avec ? La réponse est déjà connue de tous.

Tom Hardy et Christian Bale, une petite valse avant la fatidique Heure H ?

Et le second, non le moindre, c’est Indiana Jones dans “Indiana Jones et le royaume du crâne de Cristal” sorti en 2008 et réalisé par Steven Spielberg. Là, Indy se retrouve dans une fausse ville destinée à être soufflée par la fameuse bombe ! Notre héros a le réflexe de se réfugier dans un frigidaire pour se protéger. Bonne idée car le frigo est soufflé dans les airs et s’écrase plus loin. Indiana n’a plus qu’à s’extraire de l’appareil électro-ménager et à reprendre la course folle de ses aventures.

 Karen Allen et Harrison Ford, après l’explosion nucléaire et d’autres déboires, le grand sourire !

Et c’est ce clin d’oeil que nous avons choisi comme référence pour le nouvel épisode de Pamela Target “Les X-Animen et le frigidaire de cristal” :

Ce que l’on peut dire c’est que la bombe nucléaire est bonne pour la santé du cinéma bien plus que pour la nôtre. Et vous avez remarqué, on a pu vous présenter tout un article sur la bombe sans une seule image de champignon nucléaire. Comme disaient les anciens d’avant l’apocalypse, quand on veut…

Et vous, quels sont vos souvenirs de films traitant de la bombe ? Votre vision de la bombe nucléaire au cinéma ? Dites-le nous en commentaire…

Comment bluffer votre manager sur les Films d’aviation avant la sortie de Top Gun 2 ?

Top gun 2 sort cet été. C’est le moment de faire un retour sur les meilleurs films d’aviation depuis leur création. Aujourd’hui, on peut voir voler à travers l’espace infini des chasseurs spatiaux détruisant à coups de lasers photoniques les navettes aliens malgré leurs champs de force. Tout ça, vous vous en doutez, réalisé en image de synthèse. 

Rien de surprenant. De même, des chasseurs F-Cat tirant à coup de roquettes ou de missiles exocet sur des avions ennemis, au hasard, les Messerschmidt allemands ou les Mig russes, Les avions atteints qui explosent en flammes, qui s’écrasent au sol ou disparaissent en vrille vers un destin inconnu, rien de surprenant à savoir que tout cela relève aussi de l’image de synthèse.

« Mais tout cela, c’est du budget ! » Et vous avez raison, ça coûte cher les CGI.

Mais revenons à un temps plus ancien, et pas si lointain, où ces avions de guerre étaient vraiment utilisés sur les tournages et où des pilotes expérimentés et des cascadeurs aériens experts intervenaient sur les plateaux pour réaliser ces scènes de combat et d’acrobatie.

Plongeons-nous aux sources du film d’aviation…

LES FILMS D’AVIATION : LA FOLIE DES GRANDEURS ?

Passion will make you crazy, but is there any other way to live?” – Howard Hughes

Le premier à mettre les pieds dans le plan, ou plutôt, les ailes dans les airs, c’est William Wellman dans un film de la paramount sobrement baptisé “Wings” et sorti en 1927, enfin, remonté et ressorti en 1929, pour s’adapter à l’arrivée du parlant. 

L’idée est de raconter les épisodes de la première guerre mondiale au travers d’une escadrille d’aviateurs en France.

Et donc de filmer des avions comme jamais ! Parce qu’en 1926, pas d’images de synthèse ! Et les maquettes n’étaient pas au programme de ce film.

Voilà ce que c’est que filmer dans les airs dans les années vingt

Wellmann n’a que deux films à son actif. Mais il a un atout majeur, c’est un ancien pilote médaillé de la première guerre mondiale et un cascadeur aérien !

La réalisation du film part dans une direction qui en surprendrait plus d’un aujourd’hui.

Imaginez, les acteurs vont devoir apprendre à piloter, car ils vont voler dans les airs et être filmés dans leurs batailles aériennes.

Les personnages principaux sont donc d’abord un ancien pilote devenu acteur (Richard Arlen), puis un jeune acteur qui va se former sur le tas Charles Rogers. Le premier rôle féminin sera attribué à Clara Bow.

Wellmann et ses comédiens de « Wings »- 1930

Sans oublier tout un tas de figurants pour piloter les avions formant les deux flottes qui vont s’opposer dans les airs, et les techniciens embarqués dans des avions pour capter tout cela.

Le film reçoit le soutien logistique et humain de l’armée de l’air.

Et bien, pour une première de ce type, tout aurait pu se passer au mieux mais malheureusement, si seulement un cascadeur se blesse, un des pilotes décède dans une chute mortelle.

Reste la première bataille aérienne de l’histoire du cinéma réalisé entièrement avec des vrais avions. Caméras embarquées pour filmer les acteurs, et chorégraphies ahurissantes pour l’époque et pour un budget de Deux millions de dollars au total.

Le film restera dans les annales du cinéma, non seulement pour cette prouesse de mise en scène aérienne, mais aussi pour ces choix de réalisation dans les scènes terrestres. Succès public, mais aussi succès critique car il fut le premier film à gagner l’oscar du meilleur film !

Et il ouvre la voie à tout un tas de successeurs.

En 1930, on peut citer le film “Les Ange de l’enfer” de Howard Hughes, qui excelle dans la folie des grandeurs, puisque Hughes rachète des avions à tire-larigot pour meubler son film, et qu’il réalise lui-même une cascade qui lui vaudra un accident et un morceau de métal dans le crâne. Alors qu’on le pensait perdu, Howard se lève un matin à l’hôpital et veut retourner tourner son film. Mais ce morceau de métal influencera probablement la santé mentale du milliardaire.

La voie s’ouvre alors aux films monumentaux sur les batailles aériennes.

Mais à un moment, un autre souci va s’imposer, une envie de revenir à une réalité plus documentée.

LES FILMS D’AVION : DE LA FICTION DOCUMENTEE ?

I fear all we have done is to awaken a sleeping giant and fill him with a terrible resolve.” – Amiral Isoroku Yamamoto

Ce sont les Anglais qui vont prendre le pli. Un besoin de raconter la guerre d’un autre point de vue. En revenant aux hommes et aux missions, à un aspect plus documentée, pas forcément d’une fidélité historique incontestable, car nous sommes toujours dans la fiction.

Rien ne vaut un bon exemple. Alors en route !

En 1955 sort “Les briseurs de barrage”, de Michael Anderson. Le film raconte les opérations Anglaises qui ont visé à bombarder les barrages allemands pour ralentir la production industrielle nazie pendant la seconde guerre mondiale.

Visant la sobriété, il relate les différentes étapes de la mission, de la conception de la bombe, aux discussions pour convaincre les têtes décisionnaires du bien fondé de la mission, sans oublier les entraînements à l’utilisation et au lancement de ce type de bombe pour les pilotes et bien sûr, les missions de bombardements.

Des avions en mission secrète dans la nuit noire de l’Allemagne

Mais Anderson ne voulait pas uniquement faire un documentaire, il s’investit pour donner au film rythme et énergie, sans trop donner dans le spectaculaire.

L’homme, aux différents postes, qu’il soit pilote, concepteur, ou autre, reconnus ou anonymes, reste au centre du film. Même si les avions ont une belle part !

Les Américains prennent le pli et décident de parler d’un drame de la deuxième guerre mondiale, le bombardement de Pearl Harbor.

Mais bien avant le film du même nom de Michael Bay sorti en 2001, c’est une collaboration franco-japonaise qui donnera naissance à un film réalisé en 1970 par Richard Fleischer, Kinji fukasaku et Toshio Masuda et qui s’appellera “Tora ! Tora ! Tora !”.

Le film « Tora !Tora ! Tora !  » réalisé par Richard Fleischer et Kinji Fukasaku – 1970

Oui, vous avez bien lu, Richard Fleischer, qui réalisera plus tard entre autres“Soleil Vert” et “Conan le Destructeur” puis nous quittera en 2006 et Kinji Fusakaku qui réalisera entre autres “Le cimetière de la morale” et “Battle Royale” avant de s’éteindre en 2003.

Le film mettra en scène certes de vrais avions, mais aussi de nombreuses maquettes, parfois énormes.

Paradoxalement, s’il ne fut pas un énorme succès aux Etats-Unis, il a cartonné au Japon.

Nous n’irons pas jusqu’à dire que le côté documenté des films d’aviation en prit un coup mais dans les années quatre-vingt, on allait partir sur de nouvelles bases.

LES FILMS D’AVIATION : DE LA CLASSE ET DU STYLE ?

Et ces nouvelles bases, ce sont Jerry Bruckheimer et Don Simpson qui allaient les poser avec des films d’action calibrés pour le grand public, des blockbusters qui dépotent. Premier exemple, “le Flic de Beverly Hills”. Mais qu’est-ce que ça peut donner version film d’aviation ? Et bien le devenu cultissime “Top Gun” de Tony Scott sorti en 1986.

Cultissime, mais possible grâce au soutien de l’armée de l’air américaine, à nouveau, la boucle est bouclée avec “Wings” dont on parlait plus haut.

Remember, boys, no points for second place.” – Slider – Topgun

Deux autre points commun, “Top Gun” est aussi un film Paramount. Et le scénario comporte également une histoire d’amour.

Mais après, on change de registre. Nous ne sommes plus en guerre mais bien dans une école chargée de former la crème des pilotes.

Et si l’histoire s’inspire d’un fait réel, la fameuse école de formation Marine Corps Air Station Miramar, elle part ensuite dans la fiction totale.

Une des contraintes des scènes d’avion a été les changements depuis la deuxième guerre mondiale. Les chasseurs modernes se combattent dès huit cent mètres de distance pour pouvoir s’envoyer des roquettes dans le cockpit ! Certains avions ont été abattus par des tirs effectués à plus de deux kilomètres de distance.

On vous laisse imaginer ce que ça peut rendre à la caméra… Si les avions sont trop proches, ils ne peuvent pas tirer de missiles, c’est trop risqué pour les deux ! Ils ont recours au mitrailleuses incorporées.

Le parcours initiatique de Mitchell, joué par Tom Cruise, qui va acquérir son surnom de Maverick au fur et à mesure de du film, reste classique.

Le film marquera par

  • sa bataille aérienne,
  • Tom Cruise (qui commença par refuser le rôle, jusqu’à l’arrivée d’un chèque d’un million de dollar)
  • et la BO de Berlin “Take my breath away”.

A quoi voit-on qu’un film est devenu cultissime ? Quand il devient l’objet d’un parodie !

Et donc, en 1991, débarque sur les écrans “Hot Shots” de Jim Abrahams. Confirmant le statut de film culte de « Top Gun » !

Tout est dit…

Si le film est truffé de gags et de détournement de pleins de scènes cultes d’autres films, sa base est essentiellement de parodier “Top Gun” et Charlie Sheen reprend le rôle de Tom Cruise.

Contre toute attente, ce film aussi met en scène de vrais avions. Certes, faute de budget, la fidélité historique n’est pas de mise (et puis on est dans la parodie) mais le matériel est là.

Et vu l’ambiance, on peut se douter que l’aéronavale américaine n’était pas partante pour prêter des avions.

Mais voilà, les images numériques commence à se déverser sur les écrans, et il devient plus facile de créer des avions virtuels que d’en sortir des véritables.

LE FILM D’AVIATION : DES PROUESSES VIRTUELLES ?

We shall never surrender.” – Soldier

Dans les années qui suivirent, on peut lister nombre d’exemples de films dotés d’avions virtuels, où les acteurs pilotent dans la sécurité des studios et des fonds verts.

Au hasard, “Flyboys” sorti en 2006 et réalisé par Tony Bill avec James Franco et Jean Reno. Retour à la première guerre mondiale avec l’escadrille d’Américain envoyé en France.

Ou bien “Baron Rouge” sorti en 2008 et réalisé par Nikolai Mullerschon qui raconte l’histoire de l’as de l’aviation allemande de la première guerre mondiale, le baron rouge, de son vrai nom Manfred Von Richthofen.

Ou encore “Red Tails” sorti en 2012, réalisé par Anthony Hemingway, raconte l’histoire de la première escadre de pilotes de chasse Afro-Américains pendant la deuxième guerre mondiale. Notons que Georges Lucas est à la production et qu’il aurait réalisé quelques scènes du film. Et que l’on est peu surpris du coup par la présence des effets spéciaux et des images numériques.

Mais la question n’est pas tant la présence d’images numériques que de savoir si le résultat final est crédible et qu’il vous entraîne dans l’appréhension de ces combats aériens. Là, ce sera à vous de vous faire votre avis !

Une exception de taille : Dunkerque de Christopher Nolan en 2017

Notons qu’il reste quelques exceptions. On pourrait citer le “Dunkerque” de Christopher Nolan sorti en 2017 et qui nous immerge au côté des pilotes. Christopher Nolan a voulu limiter au maximum les images de synthèses pour immerger au mieux le spectateur.

Exception de taille : Dunkerque (Dunkirk en VO) de Christopher Nolan

Le film comporte donc de vrais avions et aussi son lot de modèles réduits. Mais le résultat fonctionne à merveille, et par un vrai travail sur l’image et surtout sur le son, vous vous retrouvez en plein coeur de ces carlingues brinquebalantes, dans l’inquiétude de savoir si votre avion tiendra jusqu’à l’atterrissage.

 

Les ravages de l’aviation sur les troupes Anglaises. On frissonne avec eux.

Fasciné par toutes ces scènes cultes d’avions fendant les cieux, nous ne pouvions faire autrement que de placer une référence à un film d’aviation dans Pamela Target. Et forcément, que choisir comme clin d’oeil sinon le classique “Top Gun” pour le nouvel épisode de Pamela Target, TopGuts :

Et vous, quel est votre film d’aviation préféré ? Celui que vous avez le moins aimé ? Celui qui vous a marqué à jamais ? Dites-nous donc tout cela en commentaire.

A bientôt,

La PT-Team

Les 5 raisons pour lesquelles vous devriez parler de Godzilla en soirée

Cette année, débarque sur nos écrans un nouveau film de monstre, ou même de monstreS devrait-on dire. “Godzilla, King of monsters” qui va réunir les plus grands bestiaux légendaires du cinéma nippon.

Toutes ces charmantes créatures se regroupent sous le terme générique, et japonais, de Kaiju ! Et les films où ils s’illustrent sont des Kaiju Eiga. Jusqu’ici, tout va bien.

Et donc, se préparent avec ce roi des monstres un beau Kaiju Eiga Américain. Car il faut préciser que pendant des années, les japonais avait la main mise sur ce type de film, à quelques exceptions près, comme l’inoubliable King Kong de 1933 réalisé par Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper.

Mais les kaijus, faut reconnaître qu’on les adore, et on en parle depuis un petit moment dans notre série, comme vous avez pu le découvrir dans l’épisode 12 de la saison 1 “Kaiju, Just Run” :

Et quitte à parler de Kaïju, on pourrait s’attarder un instant sur le plus célèbre d’entre eux, le bizarrement nommé GODZILLA !

Le seul monstre qui a réussi à nous rappeler à travers les âges les méfaits du nucléaire et le riff mortel de Led Zeppelin qui lance leur cultissime Kashmir !

Alors un Kaiju écolo-rock qui a atteint l’âge de la retraite, ça se fête.

Hé oui, on vous parle de retraite car le petit Godzilla vit le jour en 1954 dans le film éponyme de Ishiro Honda. Ce qui lui fait soixante-cinq ans au compteur. Ah, nous avons parlé trop vite, avec la retraite à soixante-sept ans, Godzilla va devoir encore se remuer un peu le popotin avant de se reposer.

Et c’est ce qu’il compte faire cette année en organisant une méga teuf avec tous ses potes dans “Godzilla King of monsters”.

1. GODZILLA, C’EST TOUJOURS D’ACTUALITE, COMME LE NUCLEAIRE

I can’t believe that Godzilla was the only surviving member of its species… But if we continue conducting nuclear tests, it’s possible that another Godzilla might appear somewhere in the world again.” – Kyohei Yamane-hakase

 

Sur le pont d’Avignon, on y danse…, sur celui de Tokyo, c’est plus chaud…

Mais bon, revenons en 1954 où un film sort sur les écrans japonais, qui va changer la face du monde. En tout cas celle de Tokyo. En effet, petit résumé, les essais nucléaires américains dans le pacifique ont eu une conséquence désastreuse, ils ont réveillé un monstre souterrain, Godzilla. Assez agacé d’être interrompu en pleine sieste millénaire, Godzilla va ravager tout ce qu’il trouve sur son chemin. Ca tombe bien, y a un petit archipel à piétiner pas loin. Bon, cet archipel, c’est le Japon, et Godzilla va se lâcher. Heureusement, à la fin, une puissante arme l’atomise et tout rentre dans l’ordre. Bref, un film de monstre. Mais en y regardant de plus près, ça va un peu plus loin. Tout d’abord, Godzilla, né du nucléaire, en devient le symbole tout puissant. Il ravage tout dans sa fureur aveugle comme le ferait une bombe. Il crache un souffle radioactif.

Les images des blessés débordant les hôpitaux renvoient les spectateurs à un triste passé qui a à peine plus de dix ans.

Dans le film, les Etats-Unis sont responsables de ce bazar. Là encore, le message sous-jacent est assez clair.

Mais les messages ne s’arrêtent pas là. Il faut inventer une arme plus puissante pour arrêter le Kaiju. Rappelant que la violence engendre une violence plus dure encore. Et le savant qui fait ce choix dans l’histoire prend une décision lourde de conséquence, il se sacrifiera avec son arme en arrêtant Godzilla car il sait que l’humanité n’est pas prête à disposer de quelque chose de plus puissant que le nucléaire.

Derrière la victoire sur le monstre, il y a un message fort pour les générations à venir qui n’est pas uniquement “attention, le nucléaire c’est mal”.

Le film fut un succès considérable.

Tellement considérable qu’il a déclenché un souffle godzillien sur le monde. Pas moins de seize films sur vingt-et-un ans, jusqu’en 1975 où tout tourna court avec “Mecha Godzilla contre-attaque” de Ishiro Honda. La boucle est bouclée. En effet, Jun Fukura, Motoyoshi Oda et Ishiro Honda ont réalisé à eux trois les seize films.

Tous ces films sont regroupés sous le nom de films de l’ère Showa.

Godzilla confirme aussi la technique de tournage, loin des images de synthèse, où un acteur enfile une lourd costume solidement charpenté par des armatures, le tout pouvant atteindre les cent kilos.

Le comédien qui joue Godzilla teste le costume !

2. LES COMBATS DE GODZILLA, C’EST AUSSI SEXY QU’UN MATCH DE CATCH. 

He’s a product of civilisation. Men are the only real monsters. Godzilla’s more like a nuclear weapon.” – Dr. Hayashida

Là, pendant neuf ans, plus de Godzilla. Le monstre serait-il reparti pour une sieste éternelle ?

C’était compter sans le fait que l’année 1984 marque, non pas l’arrivée de l’année effroyablement décrite par Georges Orwell dans son roman éponyme, mais bien les trente ans de Godzilla !

Godzilla en couleur, ça fait peur.

Et pour fêter ça, Koji Hashimoto réalise “Le retour de Godzilla”. Film qui marque le début des films de l’ère Heisei, avec pas moins de sept opus au compteur entre 1984 et 1995.

Tout cela finit en apogée avec “Godzilla versus Destroyah” de Takao Okawara en 1995.

Notons que sorti du retour de Godzilla, tous les autres films de cette période oppose Godzilla à d’autres Kaijus pas piqué des hannetons, citons dans le désordre, Biollante, Space Godzilla (sérieusement ? Oui), MechaGodzilla (oui, encore lui), King Ghidorah et Mothra (La mite géante, si, si), tous deux aussi déjà présents dans l’ère Showa.

Notre Kaiju serait devenu juste bon à enfiler des gants et à affronter des adversaires dans des matchs de catch dont les tours de Tokyo formeraient le ring ?

Les films de l’ère Heisei semblent avoir perdu le message de la première période. Et aussi Ishiro Honda, qui ne reprendra pas le flambeau. Et qui d’ailleurs ne le reprendra plus car il nous quitte en 1993, l’année où sort “Godzilla versus Mechagodzilla 2”. Deux ans avant la fin de l’ère Heisei et un nouveau sommeil du monstre.

Mais cette deuxième pause permet à Roland Emmerich, en 1998, de sortir son Godzilla, mettant en scène Jean Reno (non, pas dans le rôle du monstre mais d’un agent secret Français).

Jean Reno agent secret français dans le Godzilla de Roland Emmerich 

Ce Godzilla dont la musique restera iconique pour les puristes, car elle fait se rencontrer Puff Daddy et Led Zeppelin sur une adaptation du Kashmir évoqué en intro. La boucle serait bouclée ?

3. GODZILLA, C’EST LE MONSTRE ULTIME DE l’UNIVERS DES MONSTRES (OU MONSTERVERSE).

We scientists produced this monster… Godzilla. And ever since, we tried to destroy him.” – Shiro Miyasaka

Rien n’est moins sûr. Les Japonais décident de reprendre la main en 1999 avec “Godzilla 2000” de Takao Okawara.

Et c’est reparti pour de folles années jusqu’en 2004 avec “Godzilla final Wars” de Ryuhei Kitamura où tout se mélange : vaisseau spatial, manipulation génétique, monstre, aliens, minigodzilla et on en passe. Ce film sorti pour les cinquante ans de Godzilla marque la fin de l’ère des films Millenium entamée avec “Godzilla 2000”.

Et le montre se rendort. Un court retour en 2007 pour un petit caméo (ou apparition fugace) et puis plus rien.

Gareth Edwards, en profite pour réaliser son Godzilla aux US en 2014 qui prépare le terrain au “Kong, Skull Island” de Jordan Vogt-Roberts sorti en 2017. Les deux films lancent le monsterverse !

Le monsterverse, ça peut donner ça :

C’est mieux que ça, après tout:

Ca va se compliquer encore un peu, car si les états-unis lancent le MONSTERVERSE, à l’image du cinematic universe de marvel et de celui de DC, mettant en scène des monstres issus de différentes licences dans un même film, les Japonais n’ont pas dit leur dernier mot avec en 2016 “Godzilla Resurgence” de Shinji Higuchi et Hideaki Anno qui va être suivi de trois films en deux ans marquant le retour en fanfare de Godzilla sur l’archipel.

Et nous voilà aujourd’hui, avec “Godzilla : King of monsters” de Michael Dougherty qui débarque, réunissant Godzilla, donc, mais aussi King Ghidorah, Rodan et l’inévitable Mothra (rappelez-vous, la mite géante). Ce film s’intègre au monsterverse évoqué plus haut et annonce “Kong Versus Godzilla” prévu pour 2020 et réalisé par Adam Wingard.

A la lecture de tout cela, vous comprendrez que la série mythique des Sharknado devient d’une simplicité consternante. (pour ceux qui ne connaissent pas il s’agit d’une série où des requins tombent du ciel au large du Mexique). 

Mais laissons là les requins volants pour revenir au Kaiju.

Godzilla est le phare de ces monstres et en introduit même certains d’entre eux dans ses films (on ne citera pas à nouveau Mothra, c’est promis). En-dehors des longs métrages, il y a eu des séries et des jeux vidéos (le plaisir incroyable de pouvoir jouer Mothra avec votre manette PS4 mais bref…)

Mothra, du pur gameplay ! On vous avait prévenus…

4. AVEC SES 37 FILMS, GODZILLA EST LE KAIJU INCONTOURNABLE 

In a word… her birth was an accident, and so was her death. Old people have always said… that an animal which kills a human… should be torn limb from limb. That it’s a human’s duty to do so. Until I slit that beast’s stomach… and at least find Hyun-seo’s body… I’ll never leave this world in peace.” – Park Hie-bong

A côté de cela, dans l’ombre de Godzilla, il y a aussi d’autres licences. Gamera, par exemple, et ses treize films ! King Kong et ses dix films (dont “King Kong contre godzilla” de Ishiro Honda sorti en 1962). Mais avec ses 37 films, il va être difficile de détrôner Godzilla, le patriarche des Kaiju !

Et dans la trace du patriarche, un lot de films mettant en scène un monstre apparaissant le temps d’une pellicule, comme “Cloverfield” de Matt Reese en 2008 ou aussi notre petit chouchou, “The Host” de Bong Joon-ho sorti en 2006, qui nous offre un film aux multiples lectures doté d’un humour grinçant et d’un sens du contretemps admirable.

Mais où il est parti le monstre de « The Host » ?

Bien sûr, on pourrait parler de Pacific Rim où les Kaijus jouent un rôle clé, mais nous gardons cette exception pour un autre article à venir afin de revenir à Godzilla.

Godzilla, dont le nom serait dû au mix entre celui de baleine et de gorille (en japonais of course), n’a pas fini de faire parler de lui.

5. PAMELA TARGET ENTRE DANS LE MONSTERVERSE AVEC SON GODZILLAPIN 

Et avec de telles sources animalières, et surtout pour marquer notre profonde admiration à ses films, nous ne pouvions faire moins que de placer une référence dans le nouvel épisode de Pamela Target intitulé sobrement “Godzillapin, Fuyez” :

PTS02E08

Et pour finir sur une note d’humour :

Non, ce n’est pas une parodie, c’est un extrait de “Invasion planète X” de Ishiro Honda, sorti en 1965 ! resté dans les annales sous le titre de la danse de Godzilla.

Et vous, quel est votre kaiju préféré ? Venez nous le dire en commentaire !

 

A bientôt,

la PT-Team

Ce que votre mère ne vous a jamais raconté sur les courses poursuite à pied

Vous avez compris le sujet du jour :  on va se pencher sur les “Foot Chase” – traduction de Course-poursuite à pied en Anglais, tellement plus classe à dire – au cinéma.

La course à pied, c’est bon pour la santé. Une fois qu’on a dit ça, on peut aller passer une paire de baskets, un survêtement jaune et partir pour un jogging ou aller se coucher… Aller se coucher, oui mais devant votre écran. Non pas pour regarder des kilomètres de marathon ou des sprints des Jeux olympiques, mais bien pour vous régaler des courses-poursuites à pied émaillant l’histoire du cinéma.

Parce que si la course à pied, c’est bon pour la santé, et bien la course-poursuite à pied, c’est vraiment le pied !

  • LA FOOT CHASE, C’EST FUN !

Ces fameuses courses insensées, le cinéma nous en propose de magnifiques depuis plus d’un siècle. Charles Chaplin, créateur de Charlot le vagabond, nous a offert quelques belles surprises, comme dans “The Adventurer”, petit film de 1917. Mais il faut noter que là, il joue plus sur la bousculade et la course-poursuite en elle-même est certes drôle mais limitée.

L’année suivante, Harold Lloyd nous fait découvrir, dans “Why pick on me”, une course-poursuite de folie avec deux policiers pas très malins. Course, acrobatie, gag, cascade, tout y passe pour échapper à ses deux représentants des forces de l’ordre.

Mais le maître incontesté de la course poursuite et de la cascade toute catégorie de cette époque, le créateur original de tellement d’images entrées dans l’inconscient collectif et reprises par tant et tant de films, séries ou autres œuvres audiovisuelles reste Buster Keaton. Surnommé l’homme qui ne sourit jamais, Buster était acteur, réalisateur, scénariste et producteur. Rajoutons Cascadeur ! Il a joué dans plus de soixante courts-métrages, et plus de soixante long-métrages.

 

A comedian does funny things. A good comedian does things funny.” – Buster Keaton

 

Avant de signer un contrat à la MGM, qui a bridé son talent et l’a réduit à devenir un simple “faiseur de films”, Keaton a signé certaines des plus belles pépites du cinéma muet d’humour, où son talent pour le gag mais aussi pour les foot-chase et les cascades resta presque inégalé dans l’histoire du cinéma.

A titre d’exemple, ce petit bijou extrait de “Cops”, film de 1922, vous donnera une idée des compétences athlétiques du bonhomme, sous son costume trop large.

On parlait des compétences athlétiques de Buster Keaton. Car dans la Foot-Chase, c’est aussi cela qui nous touche : l’homme face à l’adversité, et qui va s’en sortir en alliant sa ruse et son physique.

Si Harold Lloyd, Buster Keaton sont des sacrés acrobates, c’est aussi par des coups de génie qu’ils parviennent à se dépêtrer des pires situations. Ces pionniers du début du siècle dernier ont posé les bases de la course poursuite à pied. L’effort physique incroyable, les renversements de situation inattendus, tout cela au service du rire !

Le mélange entre l’humour et l’action trouve sa source chez eux. Une recette qui marche toujours un siècle plus tard.

  • LA FOOT CHASE, C’EST UN DEFI SANS VIOLENCE

Mais rire d’une bonne foot-chase, est-ce simplement cela qui la rend si attractive ? Non, il y a autre chose.

Parfois, je me dis que je vais partir sur un road-movie à la cool avec une équipe réduite. Je commence à écrire, mais je finis toujours par taper : « Et Là, une armée de Vikings entre dans le champs » – Alain Chabat

Contrairement à la horde sauvage de Vikings, l’intérêt qui nous emmène dans la course poursuite, c’est le héros seul, qui va affronter la nature, ses adversaires, le monde, non dans un combat violent où les coups volent et le sang gicle, mais bien dans une course contre la montre, et souvent contre la mort. C’est là qu’on vibre avec lui.

 

La Cité de la Peur – Serge Karamazov – https://www.youtube.com/watch?v=Frhx3p-yyus

Peut-être que le héros va se blesser, mais paradoxalement, le but est d’arrêter l’autre, ou d’éviter de se faire arrêter, mais pas de détruire dans un combat sanglant un adversaire.

Et du coup, l’humour peut rester toujours de mise, comme l’ont montré les Nuls dans “La Cité de la Peur” film de Alain Berbérian sorti en 1994 et écrit par le trio des Nuls (et non plus le quatuor, Bruno Carette étant décédé en 1989). Dans cet extrait, Alain Chabat, jouant le rôle de Serge Karamazov, court après un tueur en série.

Pour la petite histoire, cette course-poursuite pleine d’humour et de cascade, comporte quelques références, comme son final qui renvoie à la fin de la course-poursuite de Point Break, réalisé par la talentueuse Kathryn Bigelow et sorti en 1991 :

Course poursuite de Point Break https://www.youtube.com/watch?v=VF7dPKXwag4

Cette action simple de courir, que nous avons tous connu, voire pratiqué pour attraper un bus, un métro, arriver avant la fermeture des magasins, valider son épreuve d’EPS pour le bac, devient tout d’un coup pour le héros la dernière ressource pour atteindre son but – dans les deux cas précédents, capturer un méchant -.

Une dernière ressource que nous partageons tous.

Mais cette ressource, on peut l’utiliser aussi pour fuir, car la Foot chase peut mettre en scène la course du héros pour attraper son ennemi ou bien pour le fuir.

Est-ce que voir une Foot chase renvoie notre cerveau reptilien au temps où nous fuyions devant les fauves affamés ou les mammouths enragés ? Peut-être bien…

Dans tous les cas, entamer une course-poursuite va revenir à se dépasser !

 

  • LA FOOT CHASE, C’EST LE DÉPASSEMENT DE SOI

La Foot Chase, c’est aussi reculer ses limites pour atteindre son but, c’est le dépassement de soi.

Quand le combat ne fonctionne plus, il ne reste que la course ou la cavalcade comme le constate Jackie chan dans “Police Story 4 : First Strike”, réalisé par Stanley tong en 1996. 

On écrivait tout à l’heure que Buster Keaton était presque inégalé. Le presque faisait allusion à Jackie Chan. Comme Buster, il est acteur, scénariste, réalisateur, producteur… Et cascadeur ! Il faut dire que de sept à dix-sept ans, il est formé à la China Drama Academy où il s’entraîne rigoureusement et devient très fort en acrobatie et arts martiaux. Puis, il se lie d’amitié avec Sammo hung et Yuen Biao.

Ce petit trio sera surnommé plus tard les trois frères ou encore les trois dragons.

Nothing is impossible. Even the word itself says “I’m possible”- Jackie Chan

Avant sa majorité, Jackie aura joué dans “l’Hirondelle d’Or” en 1966 et dans “Touch of Zen” en 1971, deux films de King Hu qui vont devenir cultes. Et il enchaîne comme cascadeur sur “la Fureur de Vaincre” et “Opération Dragon” avec Bruce Lee l’année suivante.

C’est en 1978 que sa carrière se lance avec “Le Chinois se déchaîne”. Jackie Chan, après un premier tour aux Etats-Unis sans réussir vraiment à percer, revient à Hong Kong. Il va enchaîner alors sur une série de comédie à succès avec la complicité de ses deux frères dragons, Sammo Hung et Yuen Biao. Le premier film de cette alliance prometteuse sera “le marin des mers de Chine” en 1985. Les dés et la carrière de Jackie sont lancés.

Ce cocktail d’action, d’humour, de combats comiques, de cascades improbables et de valeurs positives resteront les marques de fabrique de ses plus grands succès.

Comme Buster, Jackie Chan a poussé loin l’art de la cascade et de la course poursuite tout en y intégrant, comme son illustre prédécesseur, de bonnes touches d’humour mais aussi des techniques moderne, comme le câblage.

Par exemple, dans “le Médaillon” film réalisé par Gordon Chan en 2003, Jackie s’illustre dans cette poursuite où il mélange acrobatie, parcours, et câbles :

 

Avec Buster Keaton, Jackie Chan restera lui aussi une star inégalée du mélange réussi du rire et de l’action !

En gardant des doses d’humour, mais en beaucoup plus violent et moins pacifiste, cette même année 2003, le jeune Ting, un autre personnage de justicier, courait aussi sur les têtes, mais dans une course poursuite incroyable réalisée quasi sans trucages grâce aux prouesses physiques de l’acteur Tony Jaa. Tout cela se passait dans “Ong Bak” de Prachya Pinkaew. Il court, il court, Tony Jaa, regardez-le donc :

Dans la réalisation, c’est moins réussi que les films de Jackie Chan mais ça n’enlève rien au dynamisme de cette chasse de rue.

Jackie Chan n’a pas hésité à se dépasser pour créer des Foot chase incroyables. Et parfois sans trucage. Mais d’autres fois, le trucage ne sert pas à amplifier les effets de la course mais à recréer l’impossible. et l’impossible, c’est quand…

 

  • LA FOOT CHASE, C’EST L’HORREUR

Hé oui, dans les films d’horreur, le héros (ou l’héroïne) est souvent appelée à courir sans fin pour échapper à un tueur en série qui, lui, marche pesamment. Et pourtant, il n’est jamais semé par ses victimes.

Mais outre ce curieux code du film d’horreur, on peut assister à de monstrueuses (au sens premier du terme) – courses-poursuite dans ce genre de récit.

On peut penser à « 28 semaines plus tard », réalisé par Juan Carlos Fresnadillo et sorti en 2007. Lui-même la suite de « 28 jours plus tard » le film de Danny Boyle sorti en 2002, où les zombies en ont marre de marcher et apprennent à courir. Et même à sprinter !

Robert Carlyle va vite le comprendre, mais pas à ses dépens : https://www.youtube.com/watch?v=VVnz6hlC3pQ

Dans ce cas, la fuite prend son sens à cause de la masse d’adversaire. Une masse qu’on peut retrouver dans d’autres films de Zombies, comme World War Z réalisé par Marc Forster en 2013. Là, les héros sont poursuivis par des hordes indénombrables de Zombies affamés. Et ça fait peur !

World war Z

Mais l’horreur peut se resserrer sur un personnage. Repensez au final de Shining de Stanley Kubrick, film de 1980 où Danny fuit son père, totalement possédé par la folie ou le mal, voire les deux ! Cette course-poursuite filmée au niveau du regard de Danny laisse des frissons inoubliables…

La course-poursuite, dernier moyen d’échapper à la mort ? On peut le voir comme ça. Mais ce serait oublier une nouvelle vague – non, pas celle de Godard, Truffaut et leurs amis – qui nous propose un retour aux sources.

 

  • LA FOOT CHASE, C’EST UN RETOUR AUX SOURCES

Aujourd’hui, à l’heure du numérique, des câbles, des CGI, de la Motion Capture, que reste-t-il de nos amours de jeunesse, ces scènes de course poursuite incroyable réalisées à la force des jambes ? A quoi peut-on se fier aujourd’hui ? La course poursuite à pied, c’est pas un peu dépassé ? Contre toute attente, la réponse à la question précédente est non.

A notre époque de cinéma numérique où le trucage devient l’essence et non plus l’exploit des images visionnées, on constate un retour aux sources. Au-delà de la technologie, des pouvoirs incroyables, des voitures rugissantes, prenez une paire de jambes, de bras, et tout est remis en jeu !

Et certains réalisateurs l’ont très bien compris. 

Prenons deux exemples. Vous vous rappelez Matrix, le film sorti en 1999 des ex-frères Andy et Lary, aujourd’hui Lana et Lilly Wachowski ?

Ce film de science-fiction nous présentait un univers, ou plutôt deux univers, l’un âpre et plutôt bleu, la réalité où les hommes sont emprisonnés et exploités par les machines comme piles et l’autre plutôt vert, rêve d’une société où évoluent les esprits des hommes, les empêchant de prendre conscience de leur condition véritable ?

Ce monde méga high-tech nous offre une belle scène de course poursuite à pied. La technologie n’y est présente que par le biais d’un radioguidage, permettant à l’Elu, Néo, joué par Keanu Reeves, de fuir les agents de la matrice. Sinon, ben, il court, et les agents tentent de le tuer :

 

« Mister Wizard, get me out of here » – Néo – https://www.youtube.com/watch?v=RwtifqCmGuw

 

Au milieu de tout ces technologies à la fois dans le film et autour du film, pour le réaliser, on a un gars qui court sans autre pouvoir avec un téléphone à l’oreille et des poursuivants qui le rattrapent sans cesse. En fait, le seul pouvoir utilisé dans cette scène est celui de ne pas s’essouffler dans une course interminable.

Prenons un autre exemple où l’objectif de la course est inversée. Le héros ne cherche pas à fuir des adversaires trop dangereux pour lui, mais à rattraper un ennemi pour l’empêcher de mener à terme ces plans.

Mais là aussi, on est dans un film mettant en scène une technologie hyper-poussée, super gadgets, masques de latex, méga capteurs, bombe atomique de poche, vous nous avez compris, on parle de “Mission Impossible”.

Bon, “Mission Impossible”, c’est vaste, entre les deux séries télé et les films, il faut s’y retrouver. Alors précisons.

On parle de “Mission Impossible : Fallout” avec Tom Cruise, film réalisé par Christopher Mac Quarrie et sorti en 2018.

Aucun rêve n’est jamais qu’un rêve.” – Tom Cruise

La scène qui nous intéresse est celle où l’agent Ethan Hunt prend en chasse son impitoyable adversaire (oui, il change à chaque épisode, vu qu’il se fait dégommer à la fin du film et qu’il en faut donc un nouveau pour le film suivant, mais là n’est pas notre débat du jour) sur les toits de Londres. Il est soutenu par son collègue et ami Benjamin Dunn, interprété par Simon Pegg, qui radio-guide à distance Tom Cruise pour qu’il ne perde pas la trace de sa cible.

Là aussi, on abandonne véhicule et gadget, Tom court, et bon dieu qu’est-ce qu’il court ! Seules traces de technologie, c’est le contact radio avec Dunn et le GPS de ce dernier pour guider Ethan Hunt.

Et voilà le résultat :

Là aussi, on revient à l’essentiel dans cette scène incroyable. Là aussi, c’est le retour aux sources d’un homme et de ses jambes, et là aussi, mine de rien, se glisse un peu d’humour permettant de détendre les nerfs des spectateurs mis à rude épreuve, et laissant l’occasion à Tom Cruise de reprendre son souffle.

Cette course est la référence que nous avons voulu évoquer dans le nouvel épisode de Pamela Target, “Battrape-moi si tu peux”. Un épisode qui démarre par une course poursuite pédestre où notre héros, BatBruce le justicier solitaire, est guidé par radio pour retrouver la trace de l’horrible Peter Pan Pan le lapin péteur et psychopathe !

Pour en savoir plus, venez écouter l’épisode 7 de Pamela Target, Battrape moi si tu peux ! :

Et vous, que pensez-vous de la Foot chase ? Ca vous manque ? Et quelle a été votre course poursuite à pied préférée au cinéma ou à la télévision ? Dites-le nous en commentaire.

A bientôt,

la PT-Team

S02E06 : Bruce ou Les 5 bonnes raisons pour ne pas être justicier

Aujourd’hui, nous allons nous attarder sur un autre héros de Pamela Target. Rien moins qu’un des personnages clés – de voûte, pourrions-nous ajouter – de la série, il s’agit de Bruce l’Emeu. De qui s’inspire Bruce l’émeu ? Comment sa lourde destinée de justicier a-t-elle été imaginée ? et quelles sont les 5 bonnes raisons pour lesquelles il ne fait pas bon être un justicier.

Un émeu ça n’émeut pas !

Avant de  commencer, voici un cours accéléré de zoologie, car il faut lever avant tout toute équivoque sur  la question de base qui revient souvent chez certains d’entre vous : mais par tous les dieux, c’est quoi un émeu ?

« Ce que vous appelez l’enfer, il l’appelle chez lui » – Colonel Trautmann – Rambo.

Et pour cause, l’émeu est un animal vivant uniquement sur le continent Australien. En d’autres termes, peu de chance qu’on en croise chez nous.  C’est un des trois plus gros oiseaux au monde. Avec qui partage-t-il cette place sur le podium ? Rien moins que l’autruche et le casoar. Si le casoar ne vous évoque rien, l’autruche vous parle sans doute plus. L’émeu, lui non plus, ne peut pas voler. Il est de la famille des ratites, comme… L’autruche et le casoar.

Casoar ? Emeu ? Ratites ? Bon, ça va cinq minutes les noms d’oiseaux que personne connaît, mettons des images sur tout ça :

 

Si Autruche et Emeu ne peuvent voler, une différence notable les oppose. L’autruche a des ailes alors que l’émeu ne dispose que de tristes embryons d’aile tout petits petits petits ne pouvant même pas servir à chasser une mouche ! Par contre, comme l’autruche, un émeu, ça trace ! Voyageur infatigable, l’émeu peut parcourir de grandes distance allant jusqu’à cinq cent kilomètres et même sprinter à plus de cinquante kilomètre / heure.

Vous comprenez d’autant mieux la situation mettant en scène Darryl Charwin en voiturette de golf et Bruce à pied, enfin, plutôt à pattes dans l’épisode 5 de la saison 1 de Pamela Target « Le Pet, mon professeur » :

Mais l’émeu, animal grégaire, est aussi bon père de famille. Et il ne rigole pas avec ses responsabilités. C’est lui qui couve les oeufs sans jamais quitter sa place, quitte à ne pas s’alimenter. Puis, papa émeu protège sa portée, une fois éclose, de tous les curieux et même… des dames émeu ! Il peut accueillir d’autres petits émeus dont les nids ont été attaqués et ravagés, augmentant la taille de sa famille.

Voilà une des raisons pour laquelle nous avons placé Bruce comme chef de la sécurité de l’arche, et pourquoi il décide de protéger ses ouailles, les animaux hébergés par Charwin, vaille que vaille, contre vents, marées et… Purin comme le montre l’épisode 9 de la première saison « Oh My god, pas la fosse à Purin » :

Mais bon, il faut bien l’admettre, malgré tout ça, un émeu, ça n’émeut pas et c’est sans doute pour cette raison que nous lui avons donné un autre dimension en l’appelant Bruce et en le transformant en justicier. Mais était-ce vraiment une bonne idée ? Selon nous, non. Et voilà les 5 raisons pour lesquelles il ne fait pas bon s’appeler Bruce et être un justicier. 

Raison 01 Un justicier solitaire, ben c’est solitaire

De Bruce l’émeu  à Bruce Willis : Hé oui, Bruce l’émeu est directement inspiré de Bruce Willis. L’acteur aux multiples rôles qui a incarné le modèle du héros solitaire des années quatre-vingt dix, celui qui ne lâche jamais rien, policier de la série de films “Die Hard”, agent de sécurité dans “Incassable” ou encore plus récemment agent secret retraité dans “Red”. Mais avant de devenir le modèle du action man de la fin du siècle précédent, Bruce s’est illustré en jouant le rôle de David Addison Junior, détective privé désinvolte à l’humour cinglant, dans les soixante-six épisodes (dont un pilote d’une heure et demie) de la série “Clair de Lune” diffusée à partir de 1987 sur M6. Rien qu’à évoquer cette série, “Moonlighting”, son générique chanté par Al Jarreau et écrit par Lee Holdridge et Al Jarreau, vient bercer nos oreilles… “Some walk by night, Some fly by day…”

 

Revenons à Bruce Willis. Raflant quelques prix au passage, le comédien se tourne alors vers des rôles plus musclés et devient, contre toute attente, le héros de “Die Hard”, plus connu en France sous le titre “Piège de Cristal”, film de John McTiernan sorti en 1988. Casting qu’il remporte de manière totalement inattendu, car étaient pressentis avant lui pour incarner John Mac Lane, dans le désordre : Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone, Clint Eastwood, Burt Reynolds et même Charles Bronson ! Et finalement, Bruce Willis récupère le rôle !

John Mac Lane, ce flic solitaire et intraitable, aux répliques caustiques, qui va risquer sa vie pour sauver sa famille tout au long de la pentalogie “Die Hard”, est basé sur le détective Joe Leland du roman Nothing Lasts Forever écrit par Roderick Thorp dont le film Piège de Cristal est une adaptation.

 

« La dernière fois que je l’ai vu, elle était dans une cage d’ascenseur avec un 4X4 dans le cul. » – John Mac Lane

Bon, faut reconnaître aussi que John Mac Lane a un léger souci. Sa femme le quitte tout le temps, ses enfants veulent plus lui parler, et ses amis, ben, on ne les revoit jamais dans le film suivant ! Oui, notre bon vieux Bruce Willis fait ressortir un point important, ben le justicier solitaire, il est solitaire. pas de vie de famille pépère pour lui !Même quand on est le roi de la super-vanne comme Bruce Willis.

Du coup, le côté intrépide, risque-tout, solitaire malgré lui de John Mac Lane nous parlait comme auteurs de Pamela Target pour servir de modèle à Bruce l’émeu. Par contre, l’aspect caustique du policier new-yorkais, son humour ravageur ne nous convenait pas pour notre Bruce, ancien militaire qui a fait le Vietnam, L’Indochine (un véritable aventurier, même s’il s’appelle pas Bob, vous voyez le clin d’oeil), la Corée et que sais-je encore, pour finir actuellement nouveau chef de la sécurité de l’arche.

Pour tout avouer, on imaginait même pendant un temps Bruce avec la voix rocailleuse de Sly – Sylvester Stallone pour les intimes ! On a quand même eu une sacrée voix grave, jouée par notre cher David Chamalet. 

Sly ayant failli incarner John Mac Lane, la boucle était bouclée… Mais la solitude est pas la seule raison pour laquelle ça craint d’être un justicier masqué. Pour illustrer une autre raison, nous avons pensé à un autre Bruce.  celui joué par Jim Carrey dans le Film « Bruce Tout-Puissant » sorti en 2003.

Raison 02 Un justicier solitaire, ça peut devenir très con

De Bruce Willis à Bruce Tout Puissant : Imaginez un Bruce à qui on donne le pouvoir d’un Dieu ! Que va faire notre héros ? Sauver le monde ? Arrêter la famine sur terre ? mettre fin aux guerres ? Non, rien de tout ça, il va juste changer son quotidien pour que la vie soit plus cool !

« Je suis l’alpha et l’omega, baby !  » – Bruce

Jim Carrey, donnant toute sa fougue comique à ce personnage, offre donc de belles tranches de fou rire. Mais le scénario du film va le confronter au parcours initiatique qui va le sortir de son égoïsme  pour l’amener à assumer ses pouvoirs, à la Spider-Man, « grands pouvoirs, grandes responsabilités ». Mais Bruce va bien sûr tout faire planter.

Parce qu’il faut bien reconnaître une chose, c’est que parfois, un justicier solitaire, ça peut devenir très con ! Et Bruce tout-Puissant en tient une sacrée couche. Et là, vous pouvez penser « Non, c’est la comédie qui fait qu’il est con, mais ils sont pas tous comme ça, les justiciers ». Alors petite question, pourriez-vous compter le nombre de fois où voyant un film ou un téléfilm et suivant avec passion (ou avec un plateau-repas, au choix) les déboires du héros, vous vous êtes dits « Mais il est con ou quoi, c’est pas ça qu’il faut faire ! » ou alors « Mais quel crétin, pourquoi y fait pas ça ? »

Quand vous aurez répondu honnêtement à cette question, vous réaliserez que effectivement, parfois, un justicier, ça peut devenir très con !

Donc, Bruce tout-puissant est un bonne exemple illustrant magistralement à quel point un justicier peut être con. MAis pour revenir à Bruce, ce n’est pas Bruce tout-puissant qui nous a inspiré pour compléter l’aspect Bruce Willis,  mais c’et un autre Bruce. Dans la lignée du héros solitaire toujours, mais moins drôle, plus sombre. Il s’agit non plus d’un héros de cinéma, mais bien d’une autre figure de la pop culture, issu du comics. On parle de Bruce Wayne !

Raison 03 Un justicier solitaire, c’est un psychopathe en puissance !

De Bruce Tout Puissant à Bruce Wayne He fights against all injustices in the world. He fights the battle for the little man. » – Bob Kane

Bruce Wayne, l’homme qui la nuit enfile son costume de Batman pour aller rendre la justice et chasser les truands. Mais Batman, d’où viens-tu ?

 

Batman vient au monde le 30 mars 1939 dans le magazine de comics “Detective Comic” N° 27 ! Ces heureux parents, Bob Kane au dessin et Bill Fingers au scénario, furent très heureux de voir leur enfant trouver la route du succès dès ses premiers mois, détrônant même en popularité les autres séries bien ancrées du magazine pour finir par flirter avec un autre héros de la maison : Superman himself !

Mais si Superman est un extra-terrestre doté de pouvoir le rendant invulnérable, porté par une vision positive de la justice, et volant sous un soleil éclatant entre les gratte-ciel lumineux de Metropolis, son petit cousin, Batman, est un humain sans pouvoirs, aidé par la technologie, agissant au départ par vengeance et louvoyant à la lueur de la lune dans les rues poisseuses de la sinistre Gotham City. Il faut en effet préciser qu’à ses débuts, Batman use de violence et parfois achève même ses adversaires sans pitié !

Sa véritable identité est Bruce Wayne, et il a assisté enfant au meurtre de ses parents et depuis… Mais tout ça, entre les comics, les séries télé et les films sur Batman, vous le savez déjà et on va pas s’attarder sur les origines du marasme psychologique de Bruce Wayne.

Mais parlons des sources ayant inspiré Kane et Fingers pour leur personnage ! On peut citer pêle-mêle “Le masque de Zorro” un film des années vingt, un feuilleton radio des années trente nommé “The Shadow” (personnage qui finira aussi en comics d’ailleurs, et incarné à la radio par… Orson Welles) et un film de 1930 appelé “The Bat Whispers” de Roland West qui met en scène un criminel doté d’une cape et d’un signe de chauve-souris qu’il projette sur les murs avant de frapper ! Quel hasard !

Bon, vous noterez que dans ces sources d’inspiration, y avait quand même des gens pas très équilibrés dans leur tête : Le tueur à la chauve-souris, le shadow qui abat les criminels et Zorro, le type qui s’entoure d’un cheval et d’un valet muet pour rendre la justice ! On voit le résultat, car comme on l’a dit, Batman a démarré en étant dur et sans pitié avec ses ennemis. D’ailleurs, quand on voit Bruce Wayne, on se dit assez vite que le justicier, ben, c’est un psychopathe qui est juste du bon côté de la barrière. A peu de choses près !

Mais tout cela n’a pas empêché le justicier masqué d’avoir encore de beaux jours devant lui, comme l’ont prouvé les décennies suivantes. Et DC Comics avait enfin trouvé une nouvelle license à succès qui fait encore son bonheur !

Ce justicier masqué, pourchassé par l’ordre autant que par ses ennemis criminels, cet homme qui pourrait gagner une dizaines de séances gratuites chez le psy, nous a servi d’inspiration pour Bruce mais surtout pour son avatar masqué, BatBruce, traqué autant par Charwin et ses robots patrouilleurs que par Peter Pan Pan et son gang !

Un justicier solitaire, c’est solitaire, ça peut être con, voire psychopathe et il y a un autre problème à jouer les justiciers…

Raison 04 Un justicier solitaire, ça meurt

De Bruce l’émeu à Bruce Lee : Bruce Lee, le petit dragon, naquît le 27 novembre 1940 à San Francisco. Il grandit à Hong-Kong avec ses quatre frères et soeurs, où il s’initie adolescent au Wing Chun, forme de Kung-Fu enseigné par Yip Man – homme de renom auquel a été consacré plusieurs films de Kung-Fu -. Bruce fut donc à bonne école. Il a commencé à jouer très tôt dans des films, des rôles d’enfants, orphelins  ou autres. Et en plus, Bruce faisait du Cha Cha Cha. Il a même remporté le Hong Kong Cha Cha championship de 1958 ! Mais malgré ses débuts impressionnants, le succès arrivera plus tard avec son premier film en tant que personnage principal, « Big Boss », réalisé par Lo Wei, en 1971. S’ensuit les mythiques « La Fureur de Vaincre » et « La Fureur du Dragon », « Opération Dragon » et « Le Jeu de la Mort », tout cela rien qu’en… 1972. Cinq films pour créer le mythe du petit dragon. Un héros qui vient aider les faibles et les opprimés contre les grands méchants, escrocs, racketteurs, et autres empêcheurs de vivre tranquille.

« Il n’y a plus de loi dans cette concession? A quoi sert la police? » – Chen Zhen

Mais au-delà du justicier, Bruce Lee incarne le héros vengeur. Schéma classique : On tue ses proches (frère, sœur, mère, oncle au troisième degré, maître de Kung-Fu…), il s’énerve, vient, atomise tous les méchants et s’en va. Ouaouh, ça calme. La meilleure illustration de ce parcours du justicier vengeur est « la Fureur de vaincre » réalisé aussi par Lo Wei, avec des interventions de Bruce pour les chorégraphies, et la présence d’un jeune cascadeur le temps d’une scène, le petit… Jacky Chan !

Mais revenons sur le film. Nous sommes dans les années trente. Huo, grand maître d’arts martiaux, meurt et laisse son école de Shanghaï orpheline. C’est la vie. Mais Le jeune Chen Zhen, le plus doué de ses élèves,  revient au pays et refusant la triste vérité, enquête pour découvrir que son maître n’est pas décédé de mort naturelle mais qu’il a été empoisonné par des sbires des odieux Japonais. De là, le personnage de Bruce Lee n’a qu’un but : Remonter la piste et défoncer les assassins, quelque soit le prix, quitte à défier tous les Japonais, la loi et l’ordre, à finir pourchassé par la police, l’armée japonaise, et par les autres élèves de son école qui voudraient bien calmer le jeu et couler des jours paisibles. Et après moult combats et cassages de tronches, une fois son maître vengé, Bruce se rend. Mais il finit par une dernière charge qui lui vaudra une fusillade. Et le héros… meurt ! oui, parce que les héros vengeurs, ben, souvent, ça finit mal.

D’ailleurs, Bruce Lee meurt en 1973, – soit un an après son maître, Yip Man, décédé en 1972 -. Son succès fulgurant aura duré trois ans…  Le Petit Dragon nous laissera cette image mythique de la dernière charge du héros vengeur sur le son des fusils qui claquent… et le recul pour réfléchir au fait qu’être justicier, si c’est pour être abattu en plein vol, ça craint !

Bon, un justicier, ça prend des balles et ça va pas très loin. voilà une information qui calme. Notre émeu, lui, a hérité de Bruce son talent pour le Kung-Fu ! Parce que les émeus, en terme de jeu de jambes, ça se pose un peu là.

 

Raison n°5 Un justicier solitaire, ca fait bien rire… 

De Batman à BatBruce : Why do we fall? So we can learn to pick ourselves back up.” – Thomas Wayne

Cette phrase du papa de Bruce Wayne pourrait tout à fait s’appliquer à notre Bruce l’émeu. Capturé, torturé, évadé, poursuivi, il pourrait se terrer dans un coin et attendre que l’orage passe mais non ! Il enfile son costume – son Batcostume devrions-nous dire – de super-héros et repart traquer les méchants.

David Chamalet la voix de notre Bat Bruce dans Pamela Target- photo JCHBeauvallet

Notre BatBruce, incompris, ne lâche rien et court sauver ses amis, sa copine, les habitants de l’arche, la terre entière. Parce que ce devoir de protecteur, ce sentiment de justice à rendre est dans son sang. BatBruce se portera toujours au secours des innocents, soit sous son costume, soit sans masque. Par contre, il faut bien reconnaître que le justicier masqué, ça fait un peu rire, et notre Bruce, perdu dans sa mission, ne se rend pas compte du regard des autres sur lui. Après tout, un émeu déguisé en justicier chauve-souris, ça peut faire bizarre et surtout, ça peut faire sourire. Mais quoiqu’il en soit, il n’est pas au bout de ses peines, comme vous allez le découvrir dans le nouvel épisode de la saison deux justement intitulé “BatBruce Returns” :

PTS02E06 : BatBruce returns.

Voilà, vous savez tout sur Batbruce, en fait, non, il vous reste encore des tas de choses à apprendre. Pour en savoir plus sur les origines mystérieuses de Bruce, sur son passé, il va falloir suivre les prochains épisodes de notre série…

Et vous, que pensez-vous de BatBruce et de sa quête effrénée pour arrêter Peter Pan Pan ? Voyez-vous une autre raison pour laquelle ça craint d’être un justicier masqué ? Venez nous le dire en écrivant un commentaire.

La PT-Team

S02 E05 : Pourquoi les lapins sont tous des salauds ? 

Dans ce nouvel article, nous nous penchons sur le cas de Peter Pan Pan, le lapin de Pamela Target. Pourquoi ? Parce qu’en cette période de Pâques, il nous semblait essentiel de vous expliquer, pourquoi les lapins sont les meilleurs salauds.

Peter Pan Pan le lapin est la fusion improbable entre Le gardien de la caverne de « la quête du Graal » et le « Joker ».
Si vous percutez sur ces deux références, vous êtes bien un enfant de la culture pop dans ses deux extrêmes, iconoclastes-absurde et machiavélico-destructrice.
Mais rentrons un peu dans le détail…

S02 E04 : Comment Baywatch atteint le rang de série mythique… avec un ralenti.

Aujourd’hui, penchons-nous sur une série mondialement connue, dont une des comédiennes a inspiré le nom de notre série audio barrée et funky. Le choix est vaste et on ne va pas tourner autour du pot avant de tout vous dévoiler.

Retour donc sur le succès planétaire qu’a été « Baywatch », plus connu en France sous le titre « Alerte à Malibu ».

Alerte à Malibu, une référence interplanétaire !

« Alerte à Malibu » a débarqué en France le 2 janvier 1991 et a permis à Pamela Anderson avec son maillot rouge de devenir l’égérie de toute une génération (et même plus encore). Tout cela grâce à ces scènes de jolies blondes – et brunes parfois – courant au ralenti sur les plages de Malibu, où s’est échoué quelques décennies plus tôt l’homme à tête de Chou de Gainsbourg, mais ça, c’est une autre histoire…

Si on connaît tous ces scènes de sauveteurs en maillot rouge courant sur la plage, c’est peut-être parce que cette série, avec ses onze saisons,  a été un succès PHENOMENAL. Il faut dire qu’elle a été diffusée dans 142 pays et a atteint des audiences de 1,1 milliard de personnes dans le monde !

L’inconscient collectif, on le comprend mieux à la vue de ces chiffres, non ?

« Are you sure that is a life guard initiation thing ? »

David Hasselhoff and Pamela Anderson- Pearson Television

Comment cette série qu’on connaît tous, sans connaître une seule personne qui la suivait hebdomadairement, a pu lancer Pamela Anderson sur le devant de la scène ?

Cette série met en scène David Hasselhoff dans le rôle de Mitch Buchannon et Pamela Anderson dans le rôle de CJ Parker. Avec d’autres vaillants comédiens et comédiennes à la plastique onirique, ils interprètent un groupe de sauveteurs sur la plage de Malibu. Enfin, pour neuf saisons, puisque pour les deux dernières, tout le monde a migré à Hawaï. Dommage pour le titre français qui est devenu « Alerte à Hawaï » ! Ont-ils rencontré le paisible retraité Jack Lord, héros de « Hawaï police d’état » ? rien n’est moins sûr mais ceci est à nouveau une autre histoire.

Les ralentis légendaires de Baywatch

Mais revenons à Pamela Anderson. Son personnage de CJ Parker n’apparaît que dans les saisons 3 à 7, soit moins de la moitié de la durée de la série. Et pourtant, aujourd’hui, on se souvient beaucoup plus de Pamela Anderson que des autres actrices de la série. Plus fort que pas mal d’autres personnages de série, non ? Hé oui, plus blonde, mais moins rapide que Jason Bourne (ralenti oblige), Pamela Anderson nous a donc tous marqué.

On pourrait se demander comment une scène si simple, si banale même, a pu marquer autant de gens.

Connaissez-vous la véritable raison de ces scènes de ralenti qui ont même marqué les héros de Friends ?

Joey et Chandler regardant Baywatch, avec sous titre espagnol parce que c’est plus fun 

Voilà comment David Hasselhoff, qui, en passant, a chanté le générique de fin de la série, explique les origines de ces ralentis : La production n’avait pas assez d’argent pour tourner des épisodes correspondant à la durée de diffusion. Passer des scènes au ralenti, ça permettait d’économiser de l’argent et d’atteindre la durée d’épisode voulue !

Le tour est joué, et le monde ne sera plus jamais pareil…

Comment ne pas sourire à l’idée qu’une série aussi populaire qu’Alerte à Malibu puisse autant inspirer ? 

La série ayant bien fonctionné, on n’est guère surpris qu’elle ait donné lieu à quatre téléfilms, une autre série dérivée mettant en scène David Hasselhoff (encore lui), retrouvant pour l’occasion le même blouson noir qu’il portait alors qu’il incarnait Michael Knight dans K2000… Mais on s’éloigne du sujet.

La série est finalement remontée à la surface en 2017 avec l’adaptation cinéma sobrement appelée « Baywatch ». Film pour lequel une ligne éditoriale claire a été définie.

Comme le dit Dwayne Johnson, alias The Rock, alias Mitch Buchannon, « Dès le départ, l’une de mes préoccupations était que le film puisse être interdit aux mineurs de moins de 17 ans non accompagnés. Il fallait mettre le paquet ! ».

« Baywatch » : une des affiches américaines © Paramount Pictures

Le producteur Beau Flynn précise : « On s’est donc permis beaucoup de choses au niveau des dialogues et de la nudité des acteurs comme des actrices. On est fiers des moments un peu osés pour lesquels on s’est battus. »L’affiche se passe d’ailleurs de commentaire.

Si vous voulez voir le film, vous êtes prévenus. Ca n’a pas empêché plus de 1,5 millions de personnes de se ruer dans les salles de cinéma française.

Mais Pamela Target la série audio dans tout ça ?

Pamela Anderson / Pamela Target, c’est quoi le rapport ?

Connaissez-vous Pamela Anderson ?

Pamela Anderson aurait pu devenir saxophoniste… Hé oui, dans sa jeunesse, elle a pratiqué cet instrument. Mais elle devint mannequin, puis fut repérée pour faire de la publicité et enchaîna comme playmate avant d’être engagée dans une première série. On vous entend vous exclamer « Ben oui, c ‘était Alerte à Malibu, je connais ! ». Perdu, il s’agit de « Papa Bricole ». Ce n’est qu’après qu’elle interprètera CJ Parker et qu’elle connaîtra la célébrité dans « Baywatch ».

Maintenant, vous concluez : « Ben oui, elle a sauvé des gens sur la plage dans Baywatch, c’est normal qu’elle puisse sauver des animaux dans l’arche ! Et que ces derniers décident de faire une soirée Baywatch. » Mais là encore, ce serait allé un peu vite en besogne. Si Pamela Anderson est une idole pour certains de nos animaux, au point d’être l’invitée d’une soirée dans l’arche, ce n’est pas uniquement pour son rôle légendaire en maillot de bain rouge.

« My gut says there’s some bad shit going on over there and my balls say we need to check it out. »

Ce que l’on sait moins, c’est que Pamela Anderson se bat pour la cause animale. Elle a rejoint PETA, l’association fondée en 1980 qui lutte contre, principalement, l’élevage industriel, l’élevage d’animaux à fourrure, les expérimentations sur les animaux et les spectacles avec les animaux. Mais l’activité de l’association s’est élargie et tout combat pour aider et défendre la cause animale s’ajoute à cette courte liste.

Pamela Anderson défendant les mêmes idées que PETA, la rencontre était inévitable. Notons que l’actrice boycotte KFC pour leur mauvais traitement des volailles et qu’en 2016, elle s’exprime contre le gavage des oies à l’Assemblée Nationale Française. Pamela défend les animaux, à sa manière, sans violence.

Laissons-lui la parole : « Kindness is the mightiest force in the world. Sensuality is a sexy kindness. I hope I’m a part of the sensual revolution that holds us together, instead of this bizarre divisiveness tearing loved ones apart.* »

Même quand elle est découpée en morceaux de boucherie, elle est sexy !

Pamela Anderson la cible idéale pour Pamela Target.

Si Pamela sauve des vies humaines dans Alerte à Malibu, elle sauve des vies animales dans la vraie vie. Maillot de bain rouge mythique  et icône protectrice des animaux  : voilà les deux raisons pour laquelle elle prend un rôle si important et symbolique pour les animaux de l’arche dans Pamela Target. Voilà pourquoi nous avons eu l’idée, en découvrant cette partie de sa vie, de l’intégrer dans notre série. Et ce dès le titre même « Pamela Target ».

Dans la série, elle arrive très tôt, puisque dès l’épisode 1, « J’suis pas venu pour beurrer des sandwiches », si vous tendez savamment l’oreille aux propos de Riton le chaton, elle est évoquée très rapidement :

Et tant qu’à faire, réécoutez l’épisode 23, « une situation de crise à la 24H chrono » là, ce n’est plus de l’indice, mais de l’annonce déclamée :

 

Dans une série, tout se construit petit à petit. C’est aussi ce genre de surprise que permet la narration s’étalant sur de nombreux épisodes et plusieurs saisons.

Mais pourquoi vous parler de tout cela maintenant, après un an de diffusion ?

D’après vous ? Allez donc écouter le quatrième épisode de la nouvelle saison de « Pamela Target » intitulé «Alerte à la soirée BAYWATCH » :

Maintenant, vous savez !

A bientôt,

La PT-Team !

PS : Et vous, que pensez-vous de Pamela Anderson ? Dites-le nous en commentaire.

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