Archive mensuelle 11 mai 2019

Comment le cinéma a appris à aimer la bombe… ou pas.

La bombe nucléaire, ça crée des radiations, ça provoque des cancers, ça explose à tort et surtout à travers, ça donne des milliers de morts d’un coup, ça marche au nucléaire qui génère des déchets dont on ne sait plus quoi faire, à part pourrir la planète avec. Bref, la bombe nucléaire, c’est pas le must du top cool. Il paraît même que son utilisation fait bondir en avant l’horloge de l’apocalypse, celle qui sonne la fin du monde à minuit, c’est vous dire. Mais contre toute attente, la bombe a un avantage ! Elle a donné pléthore et kyrielle de scénarios et de situations dramatiques qui ont abouti à d’innombrables films dont quelques oeuvres immortelles qui marqueront l’histoire du septième art, sans laisser de déchets nucléaires derrière elle.

Elles auraient été quatre avec des chevaux, on les aurait appelées les quatre cavalières de l’horloge de l’apocalypse. Mais bon…

Comme source de film catastrophe, on s’en doute, la bombe nucléaire se pose là.

Et Dieu seul sait que des films catastrophes, on peut en faire à partir de tout et n’importe quoi. Mais de tout cela, nous reparlerons dans un autre article. La bombe donc, on l’a traité de plusieurs manières au cinéma. Et tout d’abord, comme cause de la fin du monde !

La bombe, responsable de la fin du monde !

Do you think you’re the only one that’s suffered ? We’ve all been through it in here. But we haven’t give up. We’re still human beings, with dignity. But you ? You’re out there with the garbage. You’re nothing.” – Papagallo

Notons que le premier film à traiter du nucléaire date de 1951. Il a été écrit et réalisé par un homme nommé Arch Oboler et se nomme “Les cinq survivants”.

Le film met en scène les cinq derniers survivants (à juste titre) du cataclysme nucléaire. Quatre hommes et une femme enceinte (ça ferait pas six, ça ?) ! Comment vont-ils (sur)vivre maintenant ? La réponse fera ressortir les travers et autres défauts de l’humanité. je ne vous en dirait pas plus pour ne pas spoiler.

William Phipps, Earl Lee et Susan Douglas Rubes, Trois survivants  sur cinq…

De manière plus fantastique, “Day The World Ended”, sorti en 1955 et réalisé par Roger Corman, met en place un groupe de survivants après l’holocauste nucléaire. Mais ceux-ci se retrouvent face à un homme irradié qui a muté et devient petit à petit… cannibale.

Mais si pendant un temps, les survivants de l’apocalypse ont été les premiers à être filmés, après, c’est la nouvelle société issue du chaos nucléaire qui fut montrée et analysée.

Comme dans l’anticipation de manière générale, l’idée est de faire ressortir les travers de l’humain voire même au sens plus large les dérives de la société.

D’ailleurs, ce type de film montrant un monde post-apocalyptique a pris un nom: les films post-apo.

Mad Max 2, le défi” de Georges Miller sorti en 1981 en est un bel exemple. La société s’est reconstruite petit à petit mais de manière primitive, avec quelques objets modernes, voitures, armes à feu… et dans cette société, règne la loi du plus fort, et parfois du plus malin, s’il a de bonnes jambes ! Bref, un monde brutal et sans pitié.

Le monde post-apo de MadMax 2, The Road Warrior -1981

Mais de manière plus sophistiquée, on peut penser aussi à “Equilibrium”.

Ce film, réalisé par Kurt Wimmer et sorti en 2002, met en scène une société déshumanisée où les hommes ont décidé de se priver de leurs émotions à l’aide d’une drogue, le prozium – toute ressemblance avec le prozac serait purement fortuite ou pas -.

Le monde post-apo d’Equilibrium -2002

Mais pourquoi donc cette lubie bizarre ? Tout simplement car un conflit nucléaire a ravagé le monde et que les survivants se sont dits que l’usage de la bombe, c’est la faute à l’émotivité et aux émotions négatives. Alors autant supprimer les émotions et tout ira mieux !

Christian Bale et Sean Bean font les frais de cette décision, faisant partie de la brigade chargée de chasser ceux qui refusent de brider leurs émotions, les viles racailles !

Dans les deux premiers cas, on est pile poil après la fin du monde et ce sont les quelques survivants qui nous intéressent. Puis, ce sont des sociétés reconstruites un certain temps après la guerre nucléaire. Et finalement, des sociétés reconstruites longtemps après la bombe.

Elle reste la source de destruction qui donne un monde nouveau, à bâtir, en construction ou totalement finalisé. La bombe au cinéma, c’est la mort mais parfois, c’est aussi la menace de mort.

La bombe comme menace à enrayer

Gentlemen, you can’t fight in here ! This is the war room !” – President Merkin Muffley

En effet, de nombreux films se sont penchés sur comment empêcher que la bombe explose. Ou comment la faire exploser !

En 1964, un ovni sort sur nos écrans, “Docteur Folamour ou comment j’ai appris à aimer la bombe” de Stanley Kubrick. Satire militaire mordante mettant en scène un personnage de savant fou, joué par Peter Sellers, qui va pousser tout le conseil de guerre des Etats-Unis à utiliser la bombe pour régler les problèmes de guerre froide avec les russes.

Et le film finira effectivement par des bombardements. Mais pas avant que le docteur Folamour et l’élite de la nation se soient réfugiés en sécurité, se préparant à devenir les survivants de l’apocalypse évoqué dans le chapitre précédent.

Lâcher de bombe dans Dr Folamour ou comment j’ai appris à aimer la bombe  – 1964

Après cette explosion de comédie, la bombe atomique est abordée sous l’angle de la peur. Plusieurs films vont mettre en scène de vaillants héros chargés d’empêcher que de vils trafiquants, terroristes, maniaques psychotiques et autres foudingues assoiffés de fin du monde fassent exploser des ogives nucléaires pour meubler leur week-end.

On peut penser à titre d’exemple à “La somme de toutes les peurs”, nouvelle aventure de Jack Ryan, réalisée par Phil Alden Robinson en 2002. Avec dans le rôle de Jack Ryan, non plus Harrison Ford mais… Ben Affleck. Ce dernier, aidé par un autre agent de la CIA, va tenter de déjouer un complot visant à commettre un attentat nucléaire contre les Etats-Unis.

Autre exemple, moins connu, “Le pacificateur”, film de Mimi Leder sorti en 1997. Là encore, vol de têtes nucléaires par des terroristes plutôt russes d’ailleurs. Mais dans ce film, une fois n’est pas coutume, c’est une femme qui va être l’héroïne sauveuse du monde, le Docteur Julia Kelly jouée par Nicole Kidman, bon, aidée pour la circonstance par le lieutenant colonel Thomas Devoe, incarné par Georges Clooney.

La bombe nucléaire représente toujours l’ennemie, mais celle qu’on peut combattre, pas celle qui nous a détruit d’entrée. Et parfois, elle devient même un allié !

La bombe comme moyen de détruire le danger !

Life is a journey, not a destination” – Armageddon

Hé oui, cette bombe nucléaire qu’on craint, et bien devant des ennemis encore plus dangereux qu’elle, elle devient le dernier recours pour se défendre.

Tout d’abord, le cas de la menace impossible, nos éternels ennemis les aliens ! Quoi de mieux qu’une bonne ogive nucléaire dans la tronche pour leur dire gentiment de rentrer chez eux et d’aller envahir ailleurs !

C’est le défi que relèvent les héros de “Independance Day”, film de Roland Emmerich sorti en 1996. Avec Will Smith en pilote de chasse au taquet pour dégommer de l’alien et Bill Paxton en président des Etats-Unis prêt à tout pour donner l’exemple.

Il faut reconnaître que la partie de chasse entre Will Smith, alias le capitaine Steven Hiller et les aliens en chasseurs stellaires aurait pu figurer dans notre article sur les films d’aviation. (rappelez-vous, c’était ici).

Will Smith, le petit cigare avant le gros boum !

Et deux ans après, en 1998, un nouvel ennemi surgit qui va nécessiter qu’on ressorte le nucléaire. Des aliens encore plus sauvages ? Non, juste un gros météorite qui va percuter la terre ! Dans le célèbre “Armageddon” réalisé par Michael Bay qui a valu à Bruce Willis un nouveau succès dans le rôle du sergent Harry Stamper, notre sergent va mener une équipe au cœur du météorite agressif pour y déposer une charge nucléaire qui est censée régler le problème.

Dans les deux opus cités, la bombe nucléaire va tout résoudre et se débarrasser des ennemis. Mais à côté de ces films où le spectaculaire joue la surenchère et où le nucléaire sauve le monde, il est d’autres films qui n’oublient pas que la bombe, ça peut faire mal, pas seulement dans l’immédiat mais aussi sur le long terme.

La bombe nucléaire comme cause de maladie et mutation

J’ai vécu l’enfer de la bombe ! Rien me fait peur maintenant ! Je peux affronter toutes les difficultés ! Je vais avoir la belle vie !” – Gen d’Hiroshima

  • De manière symbolique.

On pourrait citer Godzilla de Ishiro Honda de 1954, où les essais nucléaires américains donnent naissance à un monstre assoiffé de destruction qui vient… détruire le japon. Mais pour en savoir plus sur Godzilla, vous pourrez lire notre article traitant de ce Kaiju qui a traversé les ans ici.

  • De manière beaucoup plus dramatique, mais fictive

On ne peut parler de la bombe nucléaire et de ses effets au cinéma sans citer “Pluie Noire” de Shohei Imamura, sorti en 1989 et tiré du roman de Masuji Ibuse. Tout commence le 6 aout 1945 à Hiroshima. Explosion, destruction. Et alentour, des campagnards qui vivent leur vie sous la pluie noire tombant après le désastre.

Mais cette pluie noire porte la radiation à ceux qu’elle touche, et donc la maladie. Et effectivement, quelques années après, ces personnages vivant dans un village paisible vont voir leur vie décliner, happée par la maladie, la méfiance de ceux qui les entourent, la folie qui s’étend. Parmi eux, la jeune Yasuko, qui voit petit à petit son monde péricliter, en plus des privations d’après-guerre. Un drame dur sans jamais tomber dans le mélo. A voir, ou à revoir…

Yoshiko Tanaka, qui joue Yasuko. Une goutte de pluie noire, et toute une vie bascule…

Et comment évoquer les effets du nucléaire sans parler du film d’animation “Gen d’Hiroshima”, réalisé par Mamuro Shinzaki et sorti en 1983, adapté du manga de Keiji Nakazawa publié entre 1973 et 1985.

Les premières minutes du film, sur l’explosion d’Hiroshima, devrait convertir n’importe quelle personne ayant toute sa tête à la destruction massive des armes nucléaires.

Dans le film, après le drame, c’est Gen, son frère et leur tentative de survie dans un japon détruit que nous suivons au jour le jour.

Ce film a eu une suite sortie en 1986 et, ce que l’on sait moins, a été précédé d’une trilogie en prise de vue réelle sortie en 1976, 1977 et 1980.

Et si ça ne vous suffit pas, allez donc voir “Dans un recoin de ce monde”, réalisé par Sunao Katabuchi, sorti en 2016 et adapté du manga de Fumiyo Kono. Ce film racontant la vie dans la région d’Hiroshima avant, pendant et après la bombe au travers du quotidien de la jeune Suzu a récolté le prix du Jury au festival du film d’animation d’Annecy.

  • Et encore plus dramatique, mais malheureusement réel.

Pour ceux qui croient que les effets néfastes de la bombe nucléaire c’est de la fiction, il faut parler du film “Le Conquérant” de Dick Powell sorti en 1956.

Le film raconte la vie de Temujin – incarné par John Wayne -, qui deviendra le redoutable Genghis Khan (Temujin, hein, pas John Wayne). Quel rapport a le nucléaire avec la vie des hordes de Genghis Khan ? Aucun.

Mais le tournage de ce film est tristement instructif à plus d’un titre. Le tournage s’est déroulé en 1954 aux environs de Yucca Flats, site d’essai nucléaire de l’armée américaine dans les années cinquante.

L’équipe de tournage, sans le savoir, est donc exposée aux radiations soufflées par les vents de l’Utah. Et à de grosses doses de radiations, du genre à affoler les compteurs Geiger.

 

Sur les deux cent vingt personnes présentes pour le tournage, quatre-vingt onze auront un cancer dans les années qui suivent et quarante-six en mourront, dont… John Wayne en 1979.

Le nucléaire ne détruit pas seulement nos vies, et les menaces alentours, dans une explosion cataclysmique, mais il grignote nos corps de l’intérieur par l’intermédiaire des radiations, petit à petit, dans la souffrance, inexorablement.

S’il ne faut pas oublier ces faits graves, on peut néanmoins reconnaître au cinéma de savoir aussi atténuer l’impact de l’horreur. En effet, parfois, la bombe nucléaire, c’est juste, pour de vaillants héros, un obstacle à surmonter.

La bombe comme obstacle à affronter

Quand on parle du loup, on en voit le masque.” – Bane

Hé oui, on peut citer deux héros, à la limite du super-héros, qui ont affronté la bombe et y ont survécu haut la main.

Tout d’abord, Batman dans “The Dark Knight rises” de Christopher Nolan, film sorti en 2012, où le justicier masqué, joué par Christian Bale, s’envole dans les airs en Batplane pour emmener loin de Gotham une bombe nucléaire. Explosera-t-il avec ? La réponse est déjà connue de tous.

Tom Hardy et Christian Bale, une petite valse avant la fatidique Heure H ?

Et le second, non le moindre, c’est Indiana Jones dans “Indiana Jones et le royaume du crâne de Cristal” sorti en 2008 et réalisé par Steven Spielberg. Là, Indy se retrouve dans une fausse ville destinée à être soufflée par la fameuse bombe ! Notre héros a le réflexe de se réfugier dans un frigidaire pour se protéger. Bonne idée car le frigo est soufflé dans les airs et s’écrase plus loin. Indiana n’a plus qu’à s’extraire de l’appareil électro-ménager et à reprendre la course folle de ses aventures.

 Karen Allen et Harrison Ford, après l’explosion nucléaire et d’autres déboires, le grand sourire !

Et c’est ce clin d’oeil que nous avons choisi comme référence pour le nouvel épisode de Pamela Target “Les X-Animen et le frigidaire de cristal” :

Ce que l’on peut dire c’est que la bombe nucléaire est bonne pour la santé du cinéma bien plus que pour la nôtre. Et vous avez remarqué, on a pu vous présenter tout un article sur la bombe sans une seule image de champignon nucléaire. Comme disaient les anciens d’avant l’apocalypse, quand on veut…

Et vous, quels sont vos souvenirs de films traitant de la bombe ? Votre vision de la bombe nucléaire au cinéma ? Dites-le nous en commentaire…

Comment bluffer votre manager sur les Films d’aviation avant la sortie de Top Gun 2 ?

Top gun 2 sort cet été. C’est le moment de faire un retour sur les meilleurs films d’aviation depuis leur création. Aujourd’hui, on peut voir voler à travers l’espace infini des chasseurs spatiaux détruisant à coups de lasers photoniques les navettes aliens malgré leurs champs de force. Tout ça, vous vous en doutez, réalisé en image de synthèse. 

Rien de surprenant. De même, des chasseurs F-Cat tirant à coup de roquettes ou de missiles exocet sur des avions ennemis, au hasard, les Messerschmidt allemands ou les Mig russes, Les avions atteints qui explosent en flammes, qui s’écrasent au sol ou disparaissent en vrille vers un destin inconnu, rien de surprenant à savoir que tout cela relève aussi de l’image de synthèse.

« Mais tout cela, c’est du budget ! » Et vous avez raison, ça coûte cher les CGI.

Mais revenons à un temps plus ancien, et pas si lointain, où ces avions de guerre étaient vraiment utilisés sur les tournages et où des pilotes expérimentés et des cascadeurs aériens experts intervenaient sur les plateaux pour réaliser ces scènes de combat et d’acrobatie.

Plongeons-nous aux sources du film d’aviation…

LES FILMS D’AVIATION : LA FOLIE DES GRANDEURS ?

Passion will make you crazy, but is there any other way to live?” – Howard Hughes

Le premier à mettre les pieds dans le plan, ou plutôt, les ailes dans les airs, c’est William Wellman dans un film de la paramount sobrement baptisé “Wings” et sorti en 1927, enfin, remonté et ressorti en 1929, pour s’adapter à l’arrivée du parlant. 

L’idée est de raconter les épisodes de la première guerre mondiale au travers d’une escadrille d’aviateurs en France.

Et donc de filmer des avions comme jamais ! Parce qu’en 1926, pas d’images de synthèse ! Et les maquettes n’étaient pas au programme de ce film.

Voilà ce que c’est que filmer dans les airs dans les années vingt

Wellmann n’a que deux films à son actif. Mais il a un atout majeur, c’est un ancien pilote médaillé de la première guerre mondiale et un cascadeur aérien !

La réalisation du film part dans une direction qui en surprendrait plus d’un aujourd’hui.

Imaginez, les acteurs vont devoir apprendre à piloter, car ils vont voler dans les airs et être filmés dans leurs batailles aériennes.

Les personnages principaux sont donc d’abord un ancien pilote devenu acteur (Richard Arlen), puis un jeune acteur qui va se former sur le tas Charles Rogers. Le premier rôle féminin sera attribué à Clara Bow.

Wellmann et ses comédiens de « Wings »- 1930

Sans oublier tout un tas de figurants pour piloter les avions formant les deux flottes qui vont s’opposer dans les airs, et les techniciens embarqués dans des avions pour capter tout cela.

Le film reçoit le soutien logistique et humain de l’armée de l’air.

Et bien, pour une première de ce type, tout aurait pu se passer au mieux mais malheureusement, si seulement un cascadeur se blesse, un des pilotes décède dans une chute mortelle.

Reste la première bataille aérienne de l’histoire du cinéma réalisé entièrement avec des vrais avions. Caméras embarquées pour filmer les acteurs, et chorégraphies ahurissantes pour l’époque et pour un budget de Deux millions de dollars au total.

Le film restera dans les annales du cinéma, non seulement pour cette prouesse de mise en scène aérienne, mais aussi pour ces choix de réalisation dans les scènes terrestres. Succès public, mais aussi succès critique car il fut le premier film à gagner l’oscar du meilleur film !

Et il ouvre la voie à tout un tas de successeurs.

En 1930, on peut citer le film “Les Ange de l’enfer” de Howard Hughes, qui excelle dans la folie des grandeurs, puisque Hughes rachète des avions à tire-larigot pour meubler son film, et qu’il réalise lui-même une cascade qui lui vaudra un accident et un morceau de métal dans le crâne. Alors qu’on le pensait perdu, Howard se lève un matin à l’hôpital et veut retourner tourner son film. Mais ce morceau de métal influencera probablement la santé mentale du milliardaire.

La voie s’ouvre alors aux films monumentaux sur les batailles aériennes.

Mais à un moment, un autre souci va s’imposer, une envie de revenir à une réalité plus documentée.

LES FILMS D’AVION : DE LA FICTION DOCUMENTEE ?

I fear all we have done is to awaken a sleeping giant and fill him with a terrible resolve.” – Amiral Isoroku Yamamoto

Ce sont les Anglais qui vont prendre le pli. Un besoin de raconter la guerre d’un autre point de vue. En revenant aux hommes et aux missions, à un aspect plus documentée, pas forcément d’une fidélité historique incontestable, car nous sommes toujours dans la fiction.

Rien ne vaut un bon exemple. Alors en route !

En 1955 sort “Les briseurs de barrage”, de Michael Anderson. Le film raconte les opérations Anglaises qui ont visé à bombarder les barrages allemands pour ralentir la production industrielle nazie pendant la seconde guerre mondiale.

Visant la sobriété, il relate les différentes étapes de la mission, de la conception de la bombe, aux discussions pour convaincre les têtes décisionnaires du bien fondé de la mission, sans oublier les entraînements à l’utilisation et au lancement de ce type de bombe pour les pilotes et bien sûr, les missions de bombardements.

Des avions en mission secrète dans la nuit noire de l’Allemagne

Mais Anderson ne voulait pas uniquement faire un documentaire, il s’investit pour donner au film rythme et énergie, sans trop donner dans le spectaculaire.

L’homme, aux différents postes, qu’il soit pilote, concepteur, ou autre, reconnus ou anonymes, reste au centre du film. Même si les avions ont une belle part !

Les Américains prennent le pli et décident de parler d’un drame de la deuxième guerre mondiale, le bombardement de Pearl Harbor.

Mais bien avant le film du même nom de Michael Bay sorti en 2001, c’est une collaboration franco-japonaise qui donnera naissance à un film réalisé en 1970 par Richard Fleischer, Kinji fukasaku et Toshio Masuda et qui s’appellera “Tora ! Tora ! Tora !”.

Le film « Tora !Tora ! Tora !  » réalisé par Richard Fleischer et Kinji Fukasaku – 1970

Oui, vous avez bien lu, Richard Fleischer, qui réalisera plus tard entre autres“Soleil Vert” et “Conan le Destructeur” puis nous quittera en 2006 et Kinji Fusakaku qui réalisera entre autres “Le cimetière de la morale” et “Battle Royale” avant de s’éteindre en 2003.

Le film mettra en scène certes de vrais avions, mais aussi de nombreuses maquettes, parfois énormes.

Paradoxalement, s’il ne fut pas un énorme succès aux Etats-Unis, il a cartonné au Japon.

Nous n’irons pas jusqu’à dire que le côté documenté des films d’aviation en prit un coup mais dans les années quatre-vingt, on allait partir sur de nouvelles bases.

LES FILMS D’AVIATION : DE LA CLASSE ET DU STYLE ?

Et ces nouvelles bases, ce sont Jerry Bruckheimer et Don Simpson qui allaient les poser avec des films d’action calibrés pour le grand public, des blockbusters qui dépotent. Premier exemple, “le Flic de Beverly Hills”. Mais qu’est-ce que ça peut donner version film d’aviation ? Et bien le devenu cultissime “Top Gun” de Tony Scott sorti en 1986.

Cultissime, mais possible grâce au soutien de l’armée de l’air américaine, à nouveau, la boucle est bouclée avec “Wings” dont on parlait plus haut.

Remember, boys, no points for second place.” – Slider – Topgun

Deux autre points commun, “Top Gun” est aussi un film Paramount. Et le scénario comporte également une histoire d’amour.

Mais après, on change de registre. Nous ne sommes plus en guerre mais bien dans une école chargée de former la crème des pilotes.

Et si l’histoire s’inspire d’un fait réel, la fameuse école de formation Marine Corps Air Station Miramar, elle part ensuite dans la fiction totale.

Une des contraintes des scènes d’avion a été les changements depuis la deuxième guerre mondiale. Les chasseurs modernes se combattent dès huit cent mètres de distance pour pouvoir s’envoyer des roquettes dans le cockpit ! Certains avions ont été abattus par des tirs effectués à plus de deux kilomètres de distance.

On vous laisse imaginer ce que ça peut rendre à la caméra… Si les avions sont trop proches, ils ne peuvent pas tirer de missiles, c’est trop risqué pour les deux ! Ils ont recours au mitrailleuses incorporées.

Le parcours initiatique de Mitchell, joué par Tom Cruise, qui va acquérir son surnom de Maverick au fur et à mesure de du film, reste classique.

Le film marquera par

  • sa bataille aérienne,
  • Tom Cruise (qui commença par refuser le rôle, jusqu’à l’arrivée d’un chèque d’un million de dollar)
  • et la BO de Berlin “Take my breath away”.

A quoi voit-on qu’un film est devenu cultissime ? Quand il devient l’objet d’un parodie !

Et donc, en 1991, débarque sur les écrans “Hot Shots” de Jim Abrahams. Confirmant le statut de film culte de « Top Gun » !

Tout est dit…

Si le film est truffé de gags et de détournement de pleins de scènes cultes d’autres films, sa base est essentiellement de parodier “Top Gun” et Charlie Sheen reprend le rôle de Tom Cruise.

Contre toute attente, ce film aussi met en scène de vrais avions. Certes, faute de budget, la fidélité historique n’est pas de mise (et puis on est dans la parodie) mais le matériel est là.

Et vu l’ambiance, on peut se douter que l’aéronavale américaine n’était pas partante pour prêter des avions.

Mais voilà, les images numériques commence à se déverser sur les écrans, et il devient plus facile de créer des avions virtuels que d’en sortir des véritables.

LE FILM D’AVIATION : DES PROUESSES VIRTUELLES ?

We shall never surrender.” – Soldier

Dans les années qui suivirent, on peut lister nombre d’exemples de films dotés d’avions virtuels, où les acteurs pilotent dans la sécurité des studios et des fonds verts.

Au hasard, “Flyboys” sorti en 2006 et réalisé par Tony Bill avec James Franco et Jean Reno. Retour à la première guerre mondiale avec l’escadrille d’Américain envoyé en France.

Ou bien “Baron Rouge” sorti en 2008 et réalisé par Nikolai Mullerschon qui raconte l’histoire de l’as de l’aviation allemande de la première guerre mondiale, le baron rouge, de son vrai nom Manfred Von Richthofen.

Ou encore “Red Tails” sorti en 2012, réalisé par Anthony Hemingway, raconte l’histoire de la première escadre de pilotes de chasse Afro-Américains pendant la deuxième guerre mondiale. Notons que Georges Lucas est à la production et qu’il aurait réalisé quelques scènes du film. Et que l’on est peu surpris du coup par la présence des effets spéciaux et des images numériques.

Mais la question n’est pas tant la présence d’images numériques que de savoir si le résultat final est crédible et qu’il vous entraîne dans l’appréhension de ces combats aériens. Là, ce sera à vous de vous faire votre avis !

Une exception de taille : Dunkerque de Christopher Nolan en 2017

Notons qu’il reste quelques exceptions. On pourrait citer le “Dunkerque” de Christopher Nolan sorti en 2017 et qui nous immerge au côté des pilotes. Christopher Nolan a voulu limiter au maximum les images de synthèses pour immerger au mieux le spectateur.

Exception de taille : Dunkerque (Dunkirk en VO) de Christopher Nolan

Le film comporte donc de vrais avions et aussi son lot de modèles réduits. Mais le résultat fonctionne à merveille, et par un vrai travail sur l’image et surtout sur le son, vous vous retrouvez en plein coeur de ces carlingues brinquebalantes, dans l’inquiétude de savoir si votre avion tiendra jusqu’à l’atterrissage.

 

Les ravages de l’aviation sur les troupes Anglaises. On frissonne avec eux.

Fasciné par toutes ces scènes cultes d’avions fendant les cieux, nous ne pouvions faire autrement que de placer une référence à un film d’aviation dans Pamela Target. Et forcément, que choisir comme clin d’oeil sinon le classique “Top Gun” pour le nouvel épisode de Pamela Target, TopGuts :

Et vous, quel est votre film d’aviation préféré ? Celui que vous avez le moins aimé ? Celui qui vous a marqué à jamais ? Dites-nous donc tout cela en commentaire.

A bientôt,

La PT-Team