Archive mensuelle 27 avril 2019

Les 5 raisons pour lesquelles vous devriez parler de Godzilla en soirée

Cette année, débarque sur nos écrans un nouveau film de monstre, ou même de monstreS devrait-on dire. “Godzilla, King of monsters” qui va réunir les plus grands bestiaux légendaires du cinéma nippon.

Toutes ces charmantes créatures se regroupent sous le terme générique, et japonais, de Kaiju ! Et les films où ils s’illustrent sont des Kaiju Eiga. Jusqu’ici, tout va bien.

Et donc, se préparent avec ce roi des monstres un beau Kaiju Eiga Américain. Car il faut préciser que pendant des années, les japonais avait la main mise sur ce type de film, à quelques exceptions près, comme l’inoubliable King Kong de 1933 réalisé par Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper.

Mais les kaijus, faut reconnaître qu’on les adore, et on en parle depuis un petit moment dans notre série, comme vous avez pu le découvrir dans l’épisode 12 de la saison 1 “Kaiju, Just Run” :

Et quitte à parler de Kaïju, on pourrait s’attarder un instant sur le plus célèbre d’entre eux, le bizarrement nommé GODZILLA !

Le seul monstre qui a réussi à nous rappeler à travers les âges les méfaits du nucléaire et le riff mortel de Led Zeppelin qui lance leur cultissime Kashmir !

Alors un Kaiju écolo-rock qui a atteint l’âge de la retraite, ça se fête.

Hé oui, on vous parle de retraite car le petit Godzilla vit le jour en 1954 dans le film éponyme de Ishiro Honda. Ce qui lui fait soixante-cinq ans au compteur. Ah, nous avons parlé trop vite, avec la retraite à soixante-sept ans, Godzilla va devoir encore se remuer un peu le popotin avant de se reposer.

Et c’est ce qu’il compte faire cette année en organisant une méga teuf avec tous ses potes dans “Godzilla King of monsters”.

1. GODZILLA, C’EST TOUJOURS D’ACTUALITE, COMME LE NUCLEAIRE

I can’t believe that Godzilla was the only surviving member of its species… But if we continue conducting nuclear tests, it’s possible that another Godzilla might appear somewhere in the world again.” – Kyohei Yamane-hakase

 

Sur le pont d’Avignon, on y danse…, sur celui de Tokyo, c’est plus chaud…

Mais bon, revenons en 1954 où un film sort sur les écrans japonais, qui va changer la face du monde. En tout cas celle de Tokyo. En effet, petit résumé, les essais nucléaires américains dans le pacifique ont eu une conséquence désastreuse, ils ont réveillé un monstre souterrain, Godzilla. Assez agacé d’être interrompu en pleine sieste millénaire, Godzilla va ravager tout ce qu’il trouve sur son chemin. Ca tombe bien, y a un petit archipel à piétiner pas loin. Bon, cet archipel, c’est le Japon, et Godzilla va se lâcher. Heureusement, à la fin, une puissante arme l’atomise et tout rentre dans l’ordre. Bref, un film de monstre. Mais en y regardant de plus près, ça va un peu plus loin. Tout d’abord, Godzilla, né du nucléaire, en devient le symbole tout puissant. Il ravage tout dans sa fureur aveugle comme le ferait une bombe. Il crache un souffle radioactif.

Les images des blessés débordant les hôpitaux renvoient les spectateurs à un triste passé qui a à peine plus de dix ans.

Dans le film, les Etats-Unis sont responsables de ce bazar. Là encore, le message sous-jacent est assez clair.

Mais les messages ne s’arrêtent pas là. Il faut inventer une arme plus puissante pour arrêter le Kaiju. Rappelant que la violence engendre une violence plus dure encore. Et le savant qui fait ce choix dans l’histoire prend une décision lourde de conséquence, il se sacrifiera avec son arme en arrêtant Godzilla car il sait que l’humanité n’est pas prête à disposer de quelque chose de plus puissant que le nucléaire.

Derrière la victoire sur le monstre, il y a un message fort pour les générations à venir qui n’est pas uniquement “attention, le nucléaire c’est mal”.

Le film fut un succès considérable.

Tellement considérable qu’il a déclenché un souffle godzillien sur le monde. Pas moins de seize films sur vingt-et-un ans, jusqu’en 1975 où tout tourna court avec “Mecha Godzilla contre-attaque” de Ishiro Honda. La boucle est bouclée. En effet, Jun Fukura, Motoyoshi Oda et Ishiro Honda ont réalisé à eux trois les seize films.

Tous ces films sont regroupés sous le nom de films de l’ère Showa.

Godzilla confirme aussi la technique de tournage, loin des images de synthèse, où un acteur enfile une lourd costume solidement charpenté par des armatures, le tout pouvant atteindre les cent kilos.

Le comédien qui joue Godzilla teste le costume !

2. LES COMBATS DE GODZILLA, C’EST AUSSI SEXY QU’UN MATCH DE CATCH. 

He’s a product of civilisation. Men are the only real monsters. Godzilla’s more like a nuclear weapon.” – Dr. Hayashida

Là, pendant neuf ans, plus de Godzilla. Le monstre serait-il reparti pour une sieste éternelle ?

C’était compter sans le fait que l’année 1984 marque, non pas l’arrivée de l’année effroyablement décrite par Georges Orwell dans son roman éponyme, mais bien les trente ans de Godzilla !

Godzilla en couleur, ça fait peur.

Et pour fêter ça, Koji Hashimoto réalise “Le retour de Godzilla”. Film qui marque le début des films de l’ère Heisei, avec pas moins de sept opus au compteur entre 1984 et 1995.

Tout cela finit en apogée avec “Godzilla versus Destroyah” de Takao Okawara en 1995.

Notons que sorti du retour de Godzilla, tous les autres films de cette période oppose Godzilla à d’autres Kaijus pas piqué des hannetons, citons dans le désordre, Biollante, Space Godzilla (sérieusement ? Oui), MechaGodzilla (oui, encore lui), King Ghidorah et Mothra (La mite géante, si, si), tous deux aussi déjà présents dans l’ère Showa.

Notre Kaiju serait devenu juste bon à enfiler des gants et à affronter des adversaires dans des matchs de catch dont les tours de Tokyo formeraient le ring ?

Les films de l’ère Heisei semblent avoir perdu le message de la première période. Et aussi Ishiro Honda, qui ne reprendra pas le flambeau. Et qui d’ailleurs ne le reprendra plus car il nous quitte en 1993, l’année où sort “Godzilla versus Mechagodzilla 2”. Deux ans avant la fin de l’ère Heisei et un nouveau sommeil du monstre.

Mais cette deuxième pause permet à Roland Emmerich, en 1998, de sortir son Godzilla, mettant en scène Jean Reno (non, pas dans le rôle du monstre mais d’un agent secret Français).

Jean Reno agent secret français dans le Godzilla de Roland Emmerich 

Ce Godzilla dont la musique restera iconique pour les puristes, car elle fait se rencontrer Puff Daddy et Led Zeppelin sur une adaptation du Kashmir évoqué en intro. La boucle serait bouclée ?

3. GODZILLA, C’EST LE MONSTRE ULTIME DE l’UNIVERS DES MONSTRES (OU MONSTERVERSE).

We scientists produced this monster… Godzilla. And ever since, we tried to destroy him.” – Shiro Miyasaka

Rien n’est moins sûr. Les Japonais décident de reprendre la main en 1999 avec “Godzilla 2000” de Takao Okawara.

Et c’est reparti pour de folles années jusqu’en 2004 avec “Godzilla final Wars” de Ryuhei Kitamura où tout se mélange : vaisseau spatial, manipulation génétique, monstre, aliens, minigodzilla et on en passe. Ce film sorti pour les cinquante ans de Godzilla marque la fin de l’ère des films Millenium entamée avec “Godzilla 2000”.

Et le montre se rendort. Un court retour en 2007 pour un petit caméo (ou apparition fugace) et puis plus rien.

Gareth Edwards, en profite pour réaliser son Godzilla aux US en 2014 qui prépare le terrain au “Kong, Skull Island” de Jordan Vogt-Roberts sorti en 2017. Les deux films lancent le monsterverse !

Le monsterverse, ça peut donner ça :

C’est mieux que ça, après tout:

Ca va se compliquer encore un peu, car si les états-unis lancent le MONSTERVERSE, à l’image du cinematic universe de marvel et de celui de DC, mettant en scène des monstres issus de différentes licences dans un même film, les Japonais n’ont pas dit leur dernier mot avec en 2016 “Godzilla Resurgence” de Shinji Higuchi et Hideaki Anno qui va être suivi de trois films en deux ans marquant le retour en fanfare de Godzilla sur l’archipel.

Et nous voilà aujourd’hui, avec “Godzilla : King of monsters” de Michael Dougherty qui débarque, réunissant Godzilla, donc, mais aussi King Ghidorah, Rodan et l’inévitable Mothra (rappelez-vous, la mite géante). Ce film s’intègre au monsterverse évoqué plus haut et annonce “Kong Versus Godzilla” prévu pour 2020 et réalisé par Adam Wingard.

A la lecture de tout cela, vous comprendrez que la série mythique des Sharknado devient d’une simplicité consternante. (pour ceux qui ne connaissent pas il s’agit d’une série où des requins tombent du ciel au large du Mexique). 

Mais laissons là les requins volants pour revenir au Kaiju.

Godzilla est le phare de ces monstres et en introduit même certains d’entre eux dans ses films (on ne citera pas à nouveau Mothra, c’est promis). En-dehors des longs métrages, il y a eu des séries et des jeux vidéos (le plaisir incroyable de pouvoir jouer Mothra avec votre manette PS4 mais bref…)

Mothra, du pur gameplay ! On vous avait prévenus…

4. AVEC SES 37 FILMS, GODZILLA EST LE KAIJU INCONTOURNABLE 

In a word… her birth was an accident, and so was her death. Old people have always said… that an animal which kills a human… should be torn limb from limb. That it’s a human’s duty to do so. Until I slit that beast’s stomach… and at least find Hyun-seo’s body… I’ll never leave this world in peace.” – Park Hie-bong

A côté de cela, dans l’ombre de Godzilla, il y a aussi d’autres licences. Gamera, par exemple, et ses treize films ! King Kong et ses dix films (dont “King Kong contre godzilla” de Ishiro Honda sorti en 1962). Mais avec ses 37 films, il va être difficile de détrôner Godzilla, le patriarche des Kaiju !

Et dans la trace du patriarche, un lot de films mettant en scène un monstre apparaissant le temps d’une pellicule, comme “Cloverfield” de Matt Reese en 2008 ou aussi notre petit chouchou, “The Host” de Bong Joon-ho sorti en 2006, qui nous offre un film aux multiples lectures doté d’un humour grinçant et d’un sens du contretemps admirable.

Mais où il est parti le monstre de « The Host » ?

Bien sûr, on pourrait parler de Pacific Rim où les Kaijus jouent un rôle clé, mais nous gardons cette exception pour un autre article à venir afin de revenir à Godzilla.

Godzilla, dont le nom serait dû au mix entre celui de baleine et de gorille (en japonais of course), n’a pas fini de faire parler de lui.

5. PAMELA TARGET ENTRE DANS LE MONSTERVERSE AVEC SON GODZILLAPIN 

Et avec de telles sources animalières, et surtout pour marquer notre profonde admiration à ses films, nous ne pouvions faire moins que de placer une référence dans le nouvel épisode de Pamela Target intitulé sobrement “Godzillapin, Fuyez” :

PTS02E08

Et pour finir sur une note d’humour :

Non, ce n’est pas une parodie, c’est un extrait de “Invasion planète X” de Ishiro Honda, sorti en 1965 ! resté dans les annales sous le titre de la danse de Godzilla.

Et vous, quel est votre kaiju préféré ? Venez nous le dire en commentaire !

 

A bientôt,

la PT-Team

Ce que votre mère ne vous a jamais raconté sur les courses poursuite à pied

Vous avez compris le sujet du jour :  on va se pencher sur les “Foot Chase” – traduction de Course-poursuite à pied en Anglais, tellement plus classe à dire – au cinéma.

La course à pied, c’est bon pour la santé. Une fois qu’on a dit ça, on peut aller passer une paire de baskets, un survêtement jaune et partir pour un jogging ou aller se coucher… Aller se coucher, oui mais devant votre écran. Non pas pour regarder des kilomètres de marathon ou des sprints des Jeux olympiques, mais bien pour vous régaler des courses-poursuites à pied émaillant l’histoire du cinéma.

Parce que si la course à pied, c’est bon pour la santé, et bien la course-poursuite à pied, c’est vraiment le pied !

  • LA FOOT CHASE, C’EST FUN !

Ces fameuses courses insensées, le cinéma nous en propose de magnifiques depuis plus d’un siècle. Charles Chaplin, créateur de Charlot le vagabond, nous a offert quelques belles surprises, comme dans “The Adventurer”, petit film de 1917. Mais il faut noter que là, il joue plus sur la bousculade et la course-poursuite en elle-même est certes drôle mais limitée.

L’année suivante, Harold Lloyd nous fait découvrir, dans “Why pick on me”, une course-poursuite de folie avec deux policiers pas très malins. Course, acrobatie, gag, cascade, tout y passe pour échapper à ses deux représentants des forces de l’ordre.

Mais le maître incontesté de la course poursuite et de la cascade toute catégorie de cette époque, le créateur original de tellement d’images entrées dans l’inconscient collectif et reprises par tant et tant de films, séries ou autres œuvres audiovisuelles reste Buster Keaton. Surnommé l’homme qui ne sourit jamais, Buster était acteur, réalisateur, scénariste et producteur. Rajoutons Cascadeur ! Il a joué dans plus de soixante courts-métrages, et plus de soixante long-métrages.

 

A comedian does funny things. A good comedian does things funny.” – Buster Keaton

 

Avant de signer un contrat à la MGM, qui a bridé son talent et l’a réduit à devenir un simple “faiseur de films”, Keaton a signé certaines des plus belles pépites du cinéma muet d’humour, où son talent pour le gag mais aussi pour les foot-chase et les cascades resta presque inégalé dans l’histoire du cinéma.

A titre d’exemple, ce petit bijou extrait de “Cops”, film de 1922, vous donnera une idée des compétences athlétiques du bonhomme, sous son costume trop large.

On parlait des compétences athlétiques de Buster Keaton. Car dans la Foot-Chase, c’est aussi cela qui nous touche : l’homme face à l’adversité, et qui va s’en sortir en alliant sa ruse et son physique.

Si Harold Lloyd, Buster Keaton sont des sacrés acrobates, c’est aussi par des coups de génie qu’ils parviennent à se dépêtrer des pires situations. Ces pionniers du début du siècle dernier ont posé les bases de la course poursuite à pied. L’effort physique incroyable, les renversements de situation inattendus, tout cela au service du rire !

Le mélange entre l’humour et l’action trouve sa source chez eux. Une recette qui marche toujours un siècle plus tard.

  • LA FOOT CHASE, C’EST UN DEFI SANS VIOLENCE

Mais rire d’une bonne foot-chase, est-ce simplement cela qui la rend si attractive ? Non, il y a autre chose.

Parfois, je me dis que je vais partir sur un road-movie à la cool avec une équipe réduite. Je commence à écrire, mais je finis toujours par taper : « Et Là, une armée de Vikings entre dans le champs » – Alain Chabat

Contrairement à la horde sauvage de Vikings, l’intérêt qui nous emmène dans la course poursuite, c’est le héros seul, qui va affronter la nature, ses adversaires, le monde, non dans un combat violent où les coups volent et le sang gicle, mais bien dans une course contre la montre, et souvent contre la mort. C’est là qu’on vibre avec lui.

 

La Cité de la Peur – Serge Karamazov – https://www.youtube.com/watch?v=Frhx3p-yyus

Peut-être que le héros va se blesser, mais paradoxalement, le but est d’arrêter l’autre, ou d’éviter de se faire arrêter, mais pas de détruire dans un combat sanglant un adversaire.

Et du coup, l’humour peut rester toujours de mise, comme l’ont montré les Nuls dans “La Cité de la Peur” film de Alain Berbérian sorti en 1994 et écrit par le trio des Nuls (et non plus le quatuor, Bruno Carette étant décédé en 1989). Dans cet extrait, Alain Chabat, jouant le rôle de Serge Karamazov, court après un tueur en série.

Pour la petite histoire, cette course-poursuite pleine d’humour et de cascade, comporte quelques références, comme son final qui renvoie à la fin de la course-poursuite de Point Break, réalisé par la talentueuse Kathryn Bigelow et sorti en 1991 :

Course poursuite de Point Break https://www.youtube.com/watch?v=VF7dPKXwag4

Cette action simple de courir, que nous avons tous connu, voire pratiqué pour attraper un bus, un métro, arriver avant la fermeture des magasins, valider son épreuve d’EPS pour le bac, devient tout d’un coup pour le héros la dernière ressource pour atteindre son but – dans les deux cas précédents, capturer un méchant -.

Une dernière ressource que nous partageons tous.

Mais cette ressource, on peut l’utiliser aussi pour fuir, car la Foot chase peut mettre en scène la course du héros pour attraper son ennemi ou bien pour le fuir.

Est-ce que voir une Foot chase renvoie notre cerveau reptilien au temps où nous fuyions devant les fauves affamés ou les mammouths enragés ? Peut-être bien…

Dans tous les cas, entamer une course-poursuite va revenir à se dépasser !

 

  • LA FOOT CHASE, C’EST LE DÉPASSEMENT DE SOI

La Foot Chase, c’est aussi reculer ses limites pour atteindre son but, c’est le dépassement de soi.

Quand le combat ne fonctionne plus, il ne reste que la course ou la cavalcade comme le constate Jackie chan dans “Police Story 4 : First Strike”, réalisé par Stanley tong en 1996. 

On écrivait tout à l’heure que Buster Keaton était presque inégalé. Le presque faisait allusion à Jackie Chan. Comme Buster, il est acteur, scénariste, réalisateur, producteur… Et cascadeur ! Il faut dire que de sept à dix-sept ans, il est formé à la China Drama Academy où il s’entraîne rigoureusement et devient très fort en acrobatie et arts martiaux. Puis, il se lie d’amitié avec Sammo hung et Yuen Biao.

Ce petit trio sera surnommé plus tard les trois frères ou encore les trois dragons.

Nothing is impossible. Even the word itself says “I’m possible”- Jackie Chan

Avant sa majorité, Jackie aura joué dans “l’Hirondelle d’Or” en 1966 et dans “Touch of Zen” en 1971, deux films de King Hu qui vont devenir cultes. Et il enchaîne comme cascadeur sur “la Fureur de Vaincre” et “Opération Dragon” avec Bruce Lee l’année suivante.

C’est en 1978 que sa carrière se lance avec “Le Chinois se déchaîne”. Jackie Chan, après un premier tour aux Etats-Unis sans réussir vraiment à percer, revient à Hong Kong. Il va enchaîner alors sur une série de comédie à succès avec la complicité de ses deux frères dragons, Sammo Hung et Yuen Biao. Le premier film de cette alliance prometteuse sera “le marin des mers de Chine” en 1985. Les dés et la carrière de Jackie sont lancés.

Ce cocktail d’action, d’humour, de combats comiques, de cascades improbables et de valeurs positives resteront les marques de fabrique de ses plus grands succès.

Comme Buster, Jackie Chan a poussé loin l’art de la cascade et de la course poursuite tout en y intégrant, comme son illustre prédécesseur, de bonnes touches d’humour mais aussi des techniques moderne, comme le câblage.

Par exemple, dans “le Médaillon” film réalisé par Gordon Chan en 2003, Jackie s’illustre dans cette poursuite où il mélange acrobatie, parcours, et câbles :

 

Avec Buster Keaton, Jackie Chan restera lui aussi une star inégalée du mélange réussi du rire et de l’action !

En gardant des doses d’humour, mais en beaucoup plus violent et moins pacifiste, cette même année 2003, le jeune Ting, un autre personnage de justicier, courait aussi sur les têtes, mais dans une course poursuite incroyable réalisée quasi sans trucages grâce aux prouesses physiques de l’acteur Tony Jaa. Tout cela se passait dans “Ong Bak” de Prachya Pinkaew. Il court, il court, Tony Jaa, regardez-le donc :

Dans la réalisation, c’est moins réussi que les films de Jackie Chan mais ça n’enlève rien au dynamisme de cette chasse de rue.

Jackie Chan n’a pas hésité à se dépasser pour créer des Foot chase incroyables. Et parfois sans trucage. Mais d’autres fois, le trucage ne sert pas à amplifier les effets de la course mais à recréer l’impossible. et l’impossible, c’est quand…

 

  • LA FOOT CHASE, C’EST L’HORREUR

Hé oui, dans les films d’horreur, le héros (ou l’héroïne) est souvent appelée à courir sans fin pour échapper à un tueur en série qui, lui, marche pesamment. Et pourtant, il n’est jamais semé par ses victimes.

Mais outre ce curieux code du film d’horreur, on peut assister à de monstrueuses (au sens premier du terme) – courses-poursuite dans ce genre de récit.

On peut penser à « 28 semaines plus tard », réalisé par Juan Carlos Fresnadillo et sorti en 2007. Lui-même la suite de « 28 jours plus tard » le film de Danny Boyle sorti en 2002, où les zombies en ont marre de marcher et apprennent à courir. Et même à sprinter !

Robert Carlyle va vite le comprendre, mais pas à ses dépens : https://www.youtube.com/watch?v=VVnz6hlC3pQ

Dans ce cas, la fuite prend son sens à cause de la masse d’adversaire. Une masse qu’on peut retrouver dans d’autres films de Zombies, comme World War Z réalisé par Marc Forster en 2013. Là, les héros sont poursuivis par des hordes indénombrables de Zombies affamés. Et ça fait peur !

World war Z

Mais l’horreur peut se resserrer sur un personnage. Repensez au final de Shining de Stanley Kubrick, film de 1980 où Danny fuit son père, totalement possédé par la folie ou le mal, voire les deux ! Cette course-poursuite filmée au niveau du regard de Danny laisse des frissons inoubliables…

La course-poursuite, dernier moyen d’échapper à la mort ? On peut le voir comme ça. Mais ce serait oublier une nouvelle vague – non, pas celle de Godard, Truffaut et leurs amis – qui nous propose un retour aux sources.

 

  • LA FOOT CHASE, C’EST UN RETOUR AUX SOURCES

Aujourd’hui, à l’heure du numérique, des câbles, des CGI, de la Motion Capture, que reste-t-il de nos amours de jeunesse, ces scènes de course poursuite incroyable réalisées à la force des jambes ? A quoi peut-on se fier aujourd’hui ? La course poursuite à pied, c’est pas un peu dépassé ? Contre toute attente, la réponse à la question précédente est non.

A notre époque de cinéma numérique où le trucage devient l’essence et non plus l’exploit des images visionnées, on constate un retour aux sources. Au-delà de la technologie, des pouvoirs incroyables, des voitures rugissantes, prenez une paire de jambes, de bras, et tout est remis en jeu !

Et certains réalisateurs l’ont très bien compris. 

Prenons deux exemples. Vous vous rappelez Matrix, le film sorti en 1999 des ex-frères Andy et Lary, aujourd’hui Lana et Lilly Wachowski ?

Ce film de science-fiction nous présentait un univers, ou plutôt deux univers, l’un âpre et plutôt bleu, la réalité où les hommes sont emprisonnés et exploités par les machines comme piles et l’autre plutôt vert, rêve d’une société où évoluent les esprits des hommes, les empêchant de prendre conscience de leur condition véritable ?

Ce monde méga high-tech nous offre une belle scène de course poursuite à pied. La technologie n’y est présente que par le biais d’un radioguidage, permettant à l’Elu, Néo, joué par Keanu Reeves, de fuir les agents de la matrice. Sinon, ben, il court, et les agents tentent de le tuer :

 

« Mister Wizard, get me out of here » – Néo – https://www.youtube.com/watch?v=RwtifqCmGuw

 

Au milieu de tout ces technologies à la fois dans le film et autour du film, pour le réaliser, on a un gars qui court sans autre pouvoir avec un téléphone à l’oreille et des poursuivants qui le rattrapent sans cesse. En fait, le seul pouvoir utilisé dans cette scène est celui de ne pas s’essouffler dans une course interminable.

Prenons un autre exemple où l’objectif de la course est inversée. Le héros ne cherche pas à fuir des adversaires trop dangereux pour lui, mais à rattraper un ennemi pour l’empêcher de mener à terme ces plans.

Mais là aussi, on est dans un film mettant en scène une technologie hyper-poussée, super gadgets, masques de latex, méga capteurs, bombe atomique de poche, vous nous avez compris, on parle de “Mission Impossible”.

Bon, “Mission Impossible”, c’est vaste, entre les deux séries télé et les films, il faut s’y retrouver. Alors précisons.

On parle de “Mission Impossible : Fallout” avec Tom Cruise, film réalisé par Christopher Mac Quarrie et sorti en 2018.

Aucun rêve n’est jamais qu’un rêve.” – Tom Cruise

La scène qui nous intéresse est celle où l’agent Ethan Hunt prend en chasse son impitoyable adversaire (oui, il change à chaque épisode, vu qu’il se fait dégommer à la fin du film et qu’il en faut donc un nouveau pour le film suivant, mais là n’est pas notre débat du jour) sur les toits de Londres. Il est soutenu par son collègue et ami Benjamin Dunn, interprété par Simon Pegg, qui radio-guide à distance Tom Cruise pour qu’il ne perde pas la trace de sa cible.

Là aussi, on abandonne véhicule et gadget, Tom court, et bon dieu qu’est-ce qu’il court ! Seules traces de technologie, c’est le contact radio avec Dunn et le GPS de ce dernier pour guider Ethan Hunt.

Et voilà le résultat :

Là aussi, on revient à l’essentiel dans cette scène incroyable. Là aussi, c’est le retour aux sources d’un homme et de ses jambes, et là aussi, mine de rien, se glisse un peu d’humour permettant de détendre les nerfs des spectateurs mis à rude épreuve, et laissant l’occasion à Tom Cruise de reprendre son souffle.

Cette course est la référence que nous avons voulu évoquer dans le nouvel épisode de Pamela Target, “Battrape-moi si tu peux”. Un épisode qui démarre par une course poursuite pédestre où notre héros, BatBruce le justicier solitaire, est guidé par radio pour retrouver la trace de l’horrible Peter Pan Pan le lapin péteur et psychopathe !

Pour en savoir plus, venez écouter l’épisode 7 de Pamela Target, Battrape moi si tu peux ! :

Et vous, que pensez-vous de la Foot chase ? Ca vous manque ? Et quelle a été votre course poursuite à pied préférée au cinéma ou à la télévision ? Dites-le nous en commentaire.

A bientôt,

la PT-Team

S02E06 : Bruce ou Les 5 bonnes raisons pour ne pas être justicier

Aujourd’hui, nous allons nous attarder sur un autre héros de Pamela Target. Rien moins qu’un des personnages clés – de voûte, pourrions-nous ajouter – de la série, il s’agit de Bruce l’Emeu. De qui s’inspire Bruce l’émeu ? Comment sa lourde destinée de justicier a-t-elle été imaginée ? et quelles sont les 5 bonnes raisons pour lesquelles il ne fait pas bon être un justicier.

Un émeu ça n’émeut pas !

Avant de  commencer, voici un cours accéléré de zoologie, car il faut lever avant tout toute équivoque sur  la question de base qui revient souvent chez certains d’entre vous : mais par tous les dieux, c’est quoi un émeu ?

« Ce que vous appelez l’enfer, il l’appelle chez lui » – Colonel Trautmann – Rambo.

Et pour cause, l’émeu est un animal vivant uniquement sur le continent Australien. En d’autres termes, peu de chance qu’on en croise chez nous.  C’est un des trois plus gros oiseaux au monde. Avec qui partage-t-il cette place sur le podium ? Rien moins que l’autruche et le casoar. Si le casoar ne vous évoque rien, l’autruche vous parle sans doute plus. L’émeu, lui non plus, ne peut pas voler. Il est de la famille des ratites, comme… L’autruche et le casoar.

Casoar ? Emeu ? Ratites ? Bon, ça va cinq minutes les noms d’oiseaux que personne connaît, mettons des images sur tout ça :

 

Si Autruche et Emeu ne peuvent voler, une différence notable les oppose. L’autruche a des ailes alors que l’émeu ne dispose que de tristes embryons d’aile tout petits petits petits ne pouvant même pas servir à chasser une mouche ! Par contre, comme l’autruche, un émeu, ça trace ! Voyageur infatigable, l’émeu peut parcourir de grandes distance allant jusqu’à cinq cent kilomètres et même sprinter à plus de cinquante kilomètre / heure.

Vous comprenez d’autant mieux la situation mettant en scène Darryl Charwin en voiturette de golf et Bruce à pied, enfin, plutôt à pattes dans l’épisode 5 de la saison 1 de Pamela Target « Le Pet, mon professeur » :

Mais l’émeu, animal grégaire, est aussi bon père de famille. Et il ne rigole pas avec ses responsabilités. C’est lui qui couve les oeufs sans jamais quitter sa place, quitte à ne pas s’alimenter. Puis, papa émeu protège sa portée, une fois éclose, de tous les curieux et même… des dames émeu ! Il peut accueillir d’autres petits émeus dont les nids ont été attaqués et ravagés, augmentant la taille de sa famille.

Voilà une des raisons pour laquelle nous avons placé Bruce comme chef de la sécurité de l’arche, et pourquoi il décide de protéger ses ouailles, les animaux hébergés par Charwin, vaille que vaille, contre vents, marées et… Purin comme le montre l’épisode 9 de la première saison « Oh My god, pas la fosse à Purin » :

Mais bon, il faut bien l’admettre, malgré tout ça, un émeu, ça n’émeut pas et c’est sans doute pour cette raison que nous lui avons donné un autre dimension en l’appelant Bruce et en le transformant en justicier. Mais était-ce vraiment une bonne idée ? Selon nous, non. Et voilà les 5 raisons pour lesquelles il ne fait pas bon s’appeler Bruce et être un justicier. 

Raison 01 Un justicier solitaire, ben c’est solitaire

De Bruce l’émeu  à Bruce Willis : Hé oui, Bruce l’émeu est directement inspiré de Bruce Willis. L’acteur aux multiples rôles qui a incarné le modèle du héros solitaire des années quatre-vingt dix, celui qui ne lâche jamais rien, policier de la série de films “Die Hard”, agent de sécurité dans “Incassable” ou encore plus récemment agent secret retraité dans “Red”. Mais avant de devenir le modèle du action man de la fin du siècle précédent, Bruce s’est illustré en jouant le rôle de David Addison Junior, détective privé désinvolte à l’humour cinglant, dans les soixante-six épisodes (dont un pilote d’une heure et demie) de la série “Clair de Lune” diffusée à partir de 1987 sur M6. Rien qu’à évoquer cette série, “Moonlighting”, son générique chanté par Al Jarreau et écrit par Lee Holdridge et Al Jarreau, vient bercer nos oreilles… “Some walk by night, Some fly by day…”

 

Revenons à Bruce Willis. Raflant quelques prix au passage, le comédien se tourne alors vers des rôles plus musclés et devient, contre toute attente, le héros de “Die Hard”, plus connu en France sous le titre “Piège de Cristal”, film de John McTiernan sorti en 1988. Casting qu’il remporte de manière totalement inattendu, car étaient pressentis avant lui pour incarner John Mac Lane, dans le désordre : Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone, Clint Eastwood, Burt Reynolds et même Charles Bronson ! Et finalement, Bruce Willis récupère le rôle !

John Mac Lane, ce flic solitaire et intraitable, aux répliques caustiques, qui va risquer sa vie pour sauver sa famille tout au long de la pentalogie “Die Hard”, est basé sur le détective Joe Leland du roman Nothing Lasts Forever écrit par Roderick Thorp dont le film Piège de Cristal est une adaptation.

 

« La dernière fois que je l’ai vu, elle était dans une cage d’ascenseur avec un 4X4 dans le cul. » – John Mac Lane

Bon, faut reconnaître aussi que John Mac Lane a un léger souci. Sa femme le quitte tout le temps, ses enfants veulent plus lui parler, et ses amis, ben, on ne les revoit jamais dans le film suivant ! Oui, notre bon vieux Bruce Willis fait ressortir un point important, ben le justicier solitaire, il est solitaire. pas de vie de famille pépère pour lui !Même quand on est le roi de la super-vanne comme Bruce Willis.

Du coup, le côté intrépide, risque-tout, solitaire malgré lui de John Mac Lane nous parlait comme auteurs de Pamela Target pour servir de modèle à Bruce l’émeu. Par contre, l’aspect caustique du policier new-yorkais, son humour ravageur ne nous convenait pas pour notre Bruce, ancien militaire qui a fait le Vietnam, L’Indochine (un véritable aventurier, même s’il s’appelle pas Bob, vous voyez le clin d’oeil), la Corée et que sais-je encore, pour finir actuellement nouveau chef de la sécurité de l’arche.

Pour tout avouer, on imaginait même pendant un temps Bruce avec la voix rocailleuse de Sly – Sylvester Stallone pour les intimes ! On a quand même eu une sacrée voix grave, jouée par notre cher David Chamalet. 

Sly ayant failli incarner John Mac Lane, la boucle était bouclée… Mais la solitude est pas la seule raison pour laquelle ça craint d’être un justicier masqué. Pour illustrer une autre raison, nous avons pensé à un autre Bruce.  celui joué par Jim Carrey dans le Film « Bruce Tout-Puissant » sorti en 2003.

Raison 02 Un justicier solitaire, ça peut devenir très con

De Bruce Willis à Bruce Tout Puissant : Imaginez un Bruce à qui on donne le pouvoir d’un Dieu ! Que va faire notre héros ? Sauver le monde ? Arrêter la famine sur terre ? mettre fin aux guerres ? Non, rien de tout ça, il va juste changer son quotidien pour que la vie soit plus cool !

« Je suis l’alpha et l’omega, baby !  » – Bruce

Jim Carrey, donnant toute sa fougue comique à ce personnage, offre donc de belles tranches de fou rire. Mais le scénario du film va le confronter au parcours initiatique qui va le sortir de son égoïsme  pour l’amener à assumer ses pouvoirs, à la Spider-Man, « grands pouvoirs, grandes responsabilités ». Mais Bruce va bien sûr tout faire planter.

Parce qu’il faut bien reconnaître une chose, c’est que parfois, un justicier solitaire, ça peut devenir très con ! Et Bruce tout-Puissant en tient une sacrée couche. Et là, vous pouvez penser « Non, c’est la comédie qui fait qu’il est con, mais ils sont pas tous comme ça, les justiciers ». Alors petite question, pourriez-vous compter le nombre de fois où voyant un film ou un téléfilm et suivant avec passion (ou avec un plateau-repas, au choix) les déboires du héros, vous vous êtes dits « Mais il est con ou quoi, c’est pas ça qu’il faut faire ! » ou alors « Mais quel crétin, pourquoi y fait pas ça ? »

Quand vous aurez répondu honnêtement à cette question, vous réaliserez que effectivement, parfois, un justicier, ça peut devenir très con !

Donc, Bruce tout-puissant est un bonne exemple illustrant magistralement à quel point un justicier peut être con. MAis pour revenir à Bruce, ce n’est pas Bruce tout-puissant qui nous a inspiré pour compléter l’aspect Bruce Willis,  mais c’et un autre Bruce. Dans la lignée du héros solitaire toujours, mais moins drôle, plus sombre. Il s’agit non plus d’un héros de cinéma, mais bien d’une autre figure de la pop culture, issu du comics. On parle de Bruce Wayne !

Raison 03 Un justicier solitaire, c’est un psychopathe en puissance !

De Bruce Tout Puissant à Bruce Wayne He fights against all injustices in the world. He fights the battle for the little man. » – Bob Kane

Bruce Wayne, l’homme qui la nuit enfile son costume de Batman pour aller rendre la justice et chasser les truands. Mais Batman, d’où viens-tu ?

 

Batman vient au monde le 30 mars 1939 dans le magazine de comics “Detective Comic” N° 27 ! Ces heureux parents, Bob Kane au dessin et Bill Fingers au scénario, furent très heureux de voir leur enfant trouver la route du succès dès ses premiers mois, détrônant même en popularité les autres séries bien ancrées du magazine pour finir par flirter avec un autre héros de la maison : Superman himself !

Mais si Superman est un extra-terrestre doté de pouvoir le rendant invulnérable, porté par une vision positive de la justice, et volant sous un soleil éclatant entre les gratte-ciel lumineux de Metropolis, son petit cousin, Batman, est un humain sans pouvoirs, aidé par la technologie, agissant au départ par vengeance et louvoyant à la lueur de la lune dans les rues poisseuses de la sinistre Gotham City. Il faut en effet préciser qu’à ses débuts, Batman use de violence et parfois achève même ses adversaires sans pitié !

Sa véritable identité est Bruce Wayne, et il a assisté enfant au meurtre de ses parents et depuis… Mais tout ça, entre les comics, les séries télé et les films sur Batman, vous le savez déjà et on va pas s’attarder sur les origines du marasme psychologique de Bruce Wayne.

Mais parlons des sources ayant inspiré Kane et Fingers pour leur personnage ! On peut citer pêle-mêle “Le masque de Zorro” un film des années vingt, un feuilleton radio des années trente nommé “The Shadow” (personnage qui finira aussi en comics d’ailleurs, et incarné à la radio par… Orson Welles) et un film de 1930 appelé “The Bat Whispers” de Roland West qui met en scène un criminel doté d’une cape et d’un signe de chauve-souris qu’il projette sur les murs avant de frapper ! Quel hasard !

Bon, vous noterez que dans ces sources d’inspiration, y avait quand même des gens pas très équilibrés dans leur tête : Le tueur à la chauve-souris, le shadow qui abat les criminels et Zorro, le type qui s’entoure d’un cheval et d’un valet muet pour rendre la justice ! On voit le résultat, car comme on l’a dit, Batman a démarré en étant dur et sans pitié avec ses ennemis. D’ailleurs, quand on voit Bruce Wayne, on se dit assez vite que le justicier, ben, c’est un psychopathe qui est juste du bon côté de la barrière. A peu de choses près !

Mais tout cela n’a pas empêché le justicier masqué d’avoir encore de beaux jours devant lui, comme l’ont prouvé les décennies suivantes. Et DC Comics avait enfin trouvé une nouvelle license à succès qui fait encore son bonheur !

Ce justicier masqué, pourchassé par l’ordre autant que par ses ennemis criminels, cet homme qui pourrait gagner une dizaines de séances gratuites chez le psy, nous a servi d’inspiration pour Bruce mais surtout pour son avatar masqué, BatBruce, traqué autant par Charwin et ses robots patrouilleurs que par Peter Pan Pan et son gang !

Un justicier solitaire, c’est solitaire, ça peut être con, voire psychopathe et il y a un autre problème à jouer les justiciers…

Raison 04 Un justicier solitaire, ça meurt

De Bruce l’émeu à Bruce Lee : Bruce Lee, le petit dragon, naquît le 27 novembre 1940 à San Francisco. Il grandit à Hong-Kong avec ses quatre frères et soeurs, où il s’initie adolescent au Wing Chun, forme de Kung-Fu enseigné par Yip Man – homme de renom auquel a été consacré plusieurs films de Kung-Fu -. Bruce fut donc à bonne école. Il a commencé à jouer très tôt dans des films, des rôles d’enfants, orphelins  ou autres. Et en plus, Bruce faisait du Cha Cha Cha. Il a même remporté le Hong Kong Cha Cha championship de 1958 ! Mais malgré ses débuts impressionnants, le succès arrivera plus tard avec son premier film en tant que personnage principal, « Big Boss », réalisé par Lo Wei, en 1971. S’ensuit les mythiques « La Fureur de Vaincre » et « La Fureur du Dragon », « Opération Dragon » et « Le Jeu de la Mort », tout cela rien qu’en… 1972. Cinq films pour créer le mythe du petit dragon. Un héros qui vient aider les faibles et les opprimés contre les grands méchants, escrocs, racketteurs, et autres empêcheurs de vivre tranquille.

« Il n’y a plus de loi dans cette concession? A quoi sert la police? » – Chen Zhen

Mais au-delà du justicier, Bruce Lee incarne le héros vengeur. Schéma classique : On tue ses proches (frère, sœur, mère, oncle au troisième degré, maître de Kung-Fu…), il s’énerve, vient, atomise tous les méchants et s’en va. Ouaouh, ça calme. La meilleure illustration de ce parcours du justicier vengeur est « la Fureur de vaincre » réalisé aussi par Lo Wei, avec des interventions de Bruce pour les chorégraphies, et la présence d’un jeune cascadeur le temps d’une scène, le petit… Jacky Chan !

Mais revenons sur le film. Nous sommes dans les années trente. Huo, grand maître d’arts martiaux, meurt et laisse son école de Shanghaï orpheline. C’est la vie. Mais Le jeune Chen Zhen, le plus doué de ses élèves,  revient au pays et refusant la triste vérité, enquête pour découvrir que son maître n’est pas décédé de mort naturelle mais qu’il a été empoisonné par des sbires des odieux Japonais. De là, le personnage de Bruce Lee n’a qu’un but : Remonter la piste et défoncer les assassins, quelque soit le prix, quitte à défier tous les Japonais, la loi et l’ordre, à finir pourchassé par la police, l’armée japonaise, et par les autres élèves de son école qui voudraient bien calmer le jeu et couler des jours paisibles. Et après moult combats et cassages de tronches, une fois son maître vengé, Bruce se rend. Mais il finit par une dernière charge qui lui vaudra une fusillade. Et le héros… meurt ! oui, parce que les héros vengeurs, ben, souvent, ça finit mal.

D’ailleurs, Bruce Lee meurt en 1973, – soit un an après son maître, Yip Man, décédé en 1972 -. Son succès fulgurant aura duré trois ans…  Le Petit Dragon nous laissera cette image mythique de la dernière charge du héros vengeur sur le son des fusils qui claquent… et le recul pour réfléchir au fait qu’être justicier, si c’est pour être abattu en plein vol, ça craint !

Bon, un justicier, ça prend des balles et ça va pas très loin. voilà une information qui calme. Notre émeu, lui, a hérité de Bruce son talent pour le Kung-Fu ! Parce que les émeus, en terme de jeu de jambes, ça se pose un peu là.

 

Raison n°5 Un justicier solitaire, ca fait bien rire… 

De Batman à BatBruce : Why do we fall? So we can learn to pick ourselves back up.” – Thomas Wayne

Cette phrase du papa de Bruce Wayne pourrait tout à fait s’appliquer à notre Bruce l’émeu. Capturé, torturé, évadé, poursuivi, il pourrait se terrer dans un coin et attendre que l’orage passe mais non ! Il enfile son costume – son Batcostume devrions-nous dire – de super-héros et repart traquer les méchants.

David Chamalet la voix de notre Bat Bruce dans Pamela Target- photo JCHBeauvallet

Notre BatBruce, incompris, ne lâche rien et court sauver ses amis, sa copine, les habitants de l’arche, la terre entière. Parce que ce devoir de protecteur, ce sentiment de justice à rendre est dans son sang. BatBruce se portera toujours au secours des innocents, soit sous son costume, soit sans masque. Par contre, il faut bien reconnaître que le justicier masqué, ça fait un peu rire, et notre Bruce, perdu dans sa mission, ne se rend pas compte du regard des autres sur lui. Après tout, un émeu déguisé en justicier chauve-souris, ça peut faire bizarre et surtout, ça peut faire sourire. Mais quoiqu’il en soit, il n’est pas au bout de ses peines, comme vous allez le découvrir dans le nouvel épisode de la saison deux justement intitulé “BatBruce Returns” :

PTS02E06 : BatBruce returns.

Voilà, vous savez tout sur Batbruce, en fait, non, il vous reste encore des tas de choses à apprendre. Pour en savoir plus sur les origines mystérieuses de Bruce, sur son passé, il va falloir suivre les prochains épisodes de notre série…

Et vous, que pensez-vous de BatBruce et de sa quête effrénée pour arrêter Peter Pan Pan ? Voyez-vous une autre raison pour laquelle ça craint d’être un justicier masqué ? Venez nous le dire en écrivant un commentaire.

La PT-Team